samedi 27 mars 2010 - par CHALOT

Que devient la démocratie participative ?

Deux ans après les élections municipales, au moment du vote des budgets, quelques militants s’interrogent : que devient donc cette démocratie participative dont on nous « rabattait parfois les oreilles ? »

 

 

LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE EN PANNE

Au moment des élections municipales de 2008 de nombreuses équipes se sont engagées à

- ancrer leurs politiques dans la défense et le développement des services publics, dans la lutte contre l’exclusion sociale et pour une démarche participative.

Il s’agit là de trois bras de leviers indispensables et indissociables. Ce sont des enjeux sociaux qui doivent distinguer une politique de gauche d’ une politique de simple gestion loyale et honnête d’une collectivité.

  • En cette période où l’Etat et la Caisse Nationale d’Allocations Familiales réduisent d’une façon drastique les subventions publiques en direction de l’enfance et de la jeunesse, cet engagement de maintien et de développement de services à la population exige une volonté politique très forte.

L’accès aux structures de loisirs, à la restauration scolaire à tous les enfants de la commune et non aux enfants ayant leurs deux parents qui travaillent doit être effectif malgré les difficultés budgétaires.

  • La lutte contre l’exclusion passe par le développement de solidarités et par la construction de logements sociaux en nombre suffisant. Aucune commune ne doit être en dessous du seuil des 20%

Cette orientation est portée par de nombreuses municipalités qui, malgré la crise, la baisse des dotations d’Etat ( Dotation globale de fonctionnement) et la hausse de coûts comme celui de l’énergie et notamment du gaz, maintiennent le cap.

Ces municipalités qui doivent faire voter leur budget avant le 31 mars 2010, résistent et continuent à remplir leur mandat en adéquation avec les valeurs qu’elles affichent

Une municipalité ancrée à gauche doit favoriser l’implication participative de tous les citoyens et de toutes les citoyennes habitant dans la commune, sans distinction de nationalité.

Elle se doit d’adopter une démarche d’éducation populaire

"L’éducation populaire est le développement des capacités de chacun à comprendre son environnement, à pouvoir s’y situer pour agir à le transformer."

Voici là une démarche intéressante et éminemment révolutionnaire par essence qui doit guider notre réflexion et notre action.

La démocratie participative pensée et organisée non pour répondre à un effet de mode mais pour associer le plus grand nombre de personnes aux prises de décisions qui les concerne peut être un levier de transformation sociale locale...

Il faut pour ce faire chasser les faux amis et ils sont nombreux, se fixer des objectifs et dégager les moyens permettant de faire aboutir le projet initié.

Il existe des mots clés, des mots du moment permettant d’ être à la page, de passer pour moderne.

Ils constituent parfois des clés pour obtenir des financements !

Il en est ainsi pour la citoyenneté parfois dite active, le développement durable et la démocratie participative...

Aujourd’hui, beaucoup d’équipes se revendiquent de la démocratie participative.

Pour certains les comités consultatifs ouverts à tous ceux qui s’y inscrivent procèdent de la démocratie participative.

Il s’agit là parfois d’un vecteur important de la démocratie participative quand ces comités ne sont pas seulement des espaces d’informations mais des lieux de propositions soumises au conseil municipal

Dans certaines localités existent des comités de quartiers qui se réunissent là aussi très irrégulièrement pour la plupart , il s’agit pour l’équipe municipale de prendre le pouls de la population, de pouvoir ainsi après régler les questions de sécurité ou de voisinage.

Quand, à la suite de ces réunions de démocratie « participative » le Maire et ses adjoints tirent un bilan et qu’un conseiller ose proposer d’aller au-delà , il a droit aux sarcasmes : personne ne vient, les gens ne s’intéressent pas à la vie communale, il n’y a que des grognons, quelques retraités de souche ou des membres de l’opposition venus là pour nous emmerder !

Argument imparable s’il en est !

Effectivement, déjà un militant très actif se démobiliserait très vite après avoir assisté à deux ou trois réunions de ces pseudos conseils, véritables coquilles vides, constituant un simple miroir citoyen.

Quant à l’habitant, au travailleur, à la travailleuse comment voulez vous qu’il ait envie de consacrer une de ses soirées. ?

Il faut préciser les objectifs que l’on vise et se donner les moyens de sa politique.

S’il s’agit, au-delà de la simple concertation, obligatoire à certains moments de rendre les habitants les plus acteurs possibles et de les associer aux choix municipaux, il faut prendre des risques et créer des entités démocratiques

Le public visé est l’ensemble de la population et non pas les « technotables »ou les professionnels de la parole, ce qui suppose une campagne d’information auprès de la population et que la structuration en unité humaine puisse faciliter la parole de tous.

AUJOURD’HUI LA GAUCHE DOIT REPONDRE AUX ENJEUX DEMOCRATIQUES ET PROPOSER UNE DEMARCHE INNOVANTE DE DEMOCRATIE PARTICIPATIVE

Les Conseils de quartiers en constitution doivent pouvoir disposer d’informations, de lieux de réunion et pouvoir délibérer.

Les Conseils de quartiers doivent obligatoirement se réunir trois ou quatre fois par an et non quand la Municipalité le propose

Ils doivent être ouverts à tous les habitants du quartier

Les relevés de proposition des réunions doivent être publiés dans la presse municipale

Les propositions émanant des différents conseils doivent être portées à la connaissance du Conseil Municipal et se traduire après débat et si le conseil en est d’accord en délibération

Voici là quelques clés de réussite, parmi beaucoup d’autres, le restant relevant plus des modalités, qu’il s’agisse des statuts, de l’élection éventuelle d’un bureau de conseil, voire même d’un président.

Si une municipalité ancrée à gauche se doit de favoriser la participation du plus grand nombre dans les choix à prendre, elle ne peut pas rester neutre et simplement valider dans le cadre de leurs champs de compétence les propositions des différents conseils.

Il faut qu’elle défende son orientation, des valeurs et explique aussi à certains moments pourquoi elle demande au conseil municipal de ne pas voter telle proposition soumise par un comité.

On pourrait par exemple se retrouver devant un comité de quartier s’opposant à la construction de logements sociaux... Le populisme alors conduirait à s’aligner sur ce « véto » alors que l’application du programme municipal et les principes qui guident l’action municipale exigent que les logements sortent de terre.

Si l’exécutif municipal se doit d’être pédagogue en explicitant sa politique, il doit résolument s’engager. 

La démocratie participative doit devenir et rester un vecteur de transformation sociale permettant l’expression et l’implication des habitants et leur mobilisation consciente et réelle pour un mieux vivre ensemble, sans démagogie ni faux semblant.

 

Jean-François CHALOT

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12 réactions


  • joelim joelim 27 mars 2010 13:11

    La démocratie participative ne permet pas aux politiques d’obtenir les avantages en nature qu’ils estiment naturels de pouvoir bénéficier en tant que politiques.

    Voilà pourquoi çà ne les intéresse pas, pour la grande majorité d’entre eux.

    • joelim joelim 27 mars 2010 13:12

      Sauf pour faire croire qu’ils s’y intéressent, afin d’obtenir un avantage personnel. smiley


  • viva 27 mars 2010 14:24

    On peut rêver, comme le dit joelim, donner aux citoyens les moyens de contrôler les politiques et de mettre leurs nez dans les petites affaires des élus n’est pas pour demain. C’est plutôt pour jamais ...


  • CHALOT CHALOT 27 mars 2010 14:32

    sans rêver, il est possible aussi que les élus ouvrent un champ limité mais réel de démocratie participative


    • Romain Desbois 30 mars 2010 03:40

      bonjour Chalot
      Comme l’on peut le constater les français n’en sont pas friands de cette démocratie participative.

      Le peu d’ élus qui portent le projet ne sont pas soutenus par les électeurs, préférant s’abstenir pour la plupart.

      Royal portait une avancée en ce domaine mais , le vote et le non vote en ont décidé autrement.

      Et pourtant l’on entendra les mêmes se lamenter du manque de démocratie.

      Des vrais démocrates il y en a peu. La plupart des gens acceptent les règles que lorsqu’ils ont un avantage à les appliquer.

       smiley


  • CHALOT CHALOT 27 mars 2010 18:24

    sur la laïcité j’aimerais que vous précisiez un peu
    Pour la démocratie paricipative je suis d’accord avec vous mais comme force de proposition réelle, la décision revenant au conseil municipal en dernière analyse car il faut faire attention aux intérêts particuliers


    • Ouallonsnous ? 28 mars 2010 19:53

      Il faudrait aussi que les élus se comporte comme leur devoir de représentant des électeurs les engagent, hors comme pour la démocratie tout court et à fortiori participative, il me semble qu’il n’y rien à attendre des élus actuels.

      A preuve la laïcité, dont le port de la burqua, de la kippa ou des autres attributs d’une aliénation à une théocratie niant les principes mêmes de la République, devenus des problémes récurrents de notre société, tant que nous les citoyens français n’exigerons pas des autorités à qui nous avons dévolu l’application de ces principes, l’application des lois susdites avec avec une tolérance nulle pour les édiles trop laxistes et défaillants !

      En premier lieu, ce ne sont pas les adeptes de ces pratiques anachroniques dans un état moderne au XXI iéme siécle, les principaux responsables, mais nos représentants élus, chargés de la défense de la république et de l’ordre publique.

      Pour les « religionnaires », notre histoire nous a appris la valeur de la tolérance dans la conception du principe de laïcité,.
      Il convient donc de ne pas le dénaturer comme d’aucuns, trés haut placés en ont le projet !


    • Ouallonsnous ? 5 avril 2010 14:16

      J’ajoutes à l’attention de @Chalot une citation, d’Einstein il me semble ; « Dans les sociétés humaines, ce ne sont pas ceux qui agissent les plus dangereux, mais ceux qui regardent et ne font rien ! ».
       
      Surtout quand il s’agit de ceux qui sont investis des moyens pour agir et défendre l’ordre public républicain !


  • CHALOT CHALOT 27 mars 2010 19:31

    Vous êtes là dans la laïcité dite ouverte et non dans la laïcité
    le refus de la burqa qui devrait être effectif ne procède pas de la laïcité mais de l’égalité des droits !
    oui pour les minarets, les églises et autres lieux si’ils sont payés par les musulmans ou les chrétiens mais pas un centime public, c’est cela la séparation des églises et de l’état

    mais revenons à la démocratie participative qui devrait justement nous permettre de discuter publiquement avec les citoyens de ces questions.


  • CHALOT CHALOT 27 mars 2010 20:55

    elle est dit ouverte mais ceux qui prônent cette ouverture envisagent de liquider la laïcité
    sinon pour rester sur cette démocratie participative, je ne crois pas qu’un référendum rentre dans cette catégorie !


  • CHALOT CHALOT 27 mars 2010 22:08

    parce que la votation c’est une forme de populisme qui peut mener à tout : imaginons que l’on pose la question-et ceci au bon moment :
    « Etes vous pour restaurer la peine de mort pour les crimes odieux » !?


  • CHALOT CHALOT 28 mars 2010 11:31

    Je pense que dans ce cas là, il faut interpeller la municipalité pour obtenir le minimum, une réponse quelques soient les questions posées !


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