Que devient la démocratie participative ?
Deux ans après les élections municipales, au moment du vote des budgets, quelques militants s’interrogent : que devient donc cette démocratie participative dont on nous « rabattait parfois les oreilles ? »
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LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE EN PANNE Au moment des élections municipales de 2008 de nombreuses équipes se sont engagées à - ancrer leurs politiques dans la défense et le développement des services publics, dans la lutte contre l’exclusion sociale et pour une démarche participative. Il s’agit là de trois bras de leviers indispensables et indissociables. Ce sont des enjeux sociaux qui doivent distinguer une politique de gauche d’ une politique de simple gestion loyale et honnête d’une collectivité.
L’accès aux structures de loisirs, à la restauration scolaire à tous les enfants de la commune et non aux enfants ayant leurs deux parents qui travaillent doit être effectif malgré les difficultés budgétaires.
Cette orientation est portée par de nombreuses municipalités qui, malgré la crise, la baisse des dotations d’Etat ( Dotation globale de fonctionnement) et la hausse de coûts comme celui de l’énergie et notamment du gaz, maintiennent le cap. Ces municipalités qui doivent faire voter leur budget avant le 31 mars 2010, résistent et continuent à remplir leur mandat en adéquation avec les valeurs qu’elles affichent Une municipalité ancrée à gauche doit favoriser l’implication participative de tous les citoyens et de toutes les citoyennes habitant dans la commune, sans distinction de nationalité. Elle se doit d’adopter une démarche d’éducation populaire "L’éducation populaire est le développement des capacités de chacun à comprendre son environnement, à pouvoir s’y situer pour agir à le transformer." Voici là une démarche intéressante et éminemment révolutionnaire par essence qui doit guider notre réflexion et notre action. La démocratie participative pensée et organisée non pour répondre à un effet de mode mais pour associer le plus grand nombre de personnes aux prises de décisions qui les concerne peut être un levier de transformation sociale locale... Il faut pour ce faire chasser les faux amis et ils sont nombreux, se fixer des objectifs et dégager les moyens permettant de faire aboutir le projet initié. Il existe des mots clés, des mots du moment permettant d’ être à la page, de passer pour moderne. Ils constituent parfois des clés pour obtenir des financements ! Il en est ainsi pour la citoyenneté parfois dite active, le développement durable et la démocratie participative... Aujourd’hui, beaucoup d’équipes se revendiquent de la démocratie participative. Pour certains les comités consultatifs ouverts à tous ceux qui s’y inscrivent procèdent de la démocratie participative. Il s’agit là parfois d’un vecteur important de la démocratie participative quand ces comités ne sont pas seulement des espaces d’informations mais des lieux de propositions soumises au conseil municipal Dans certaines localités existent des comités de quartiers qui se réunissent là aussi très irrégulièrement pour la plupart , il s’agit pour l’équipe municipale de prendre le pouls de la population, de pouvoir ainsi après régler les questions de sécurité ou de voisinage. Quand, à la suite de ces réunions de démocratie « participative » le Maire et ses adjoints tirent un bilan et qu’un conseiller ose proposer d’aller au-delà , il a droit aux sarcasmes : personne ne vient, les gens ne s’intéressent pas à la vie communale, il n’y a que des grognons, quelques retraités de souche ou des membres de l’opposition venus là pour nous emmerder ! Argument imparable s’il en est ! Effectivement, déjà un militant très actif se démobiliserait très vite après avoir assisté à deux ou trois réunions de ces pseudos conseils, véritables coquilles vides, constituant un simple miroir citoyen. Quant à l’habitant, au travailleur, à la travailleuse comment voulez vous qu’il ait envie de consacrer une de ses soirées. ? Il faut préciser les objectifs que l’on vise et se donner les moyens de sa politique. S’il s’agit, au-delà de la simple concertation, obligatoire à certains moments de rendre les habitants les plus acteurs possibles et de les associer aux choix municipaux, il faut prendre des risques et créer des entités démocratiques Le public visé est l’ensemble de la population et non pas les « technotables »ou les professionnels de la parole, ce qui suppose une campagne d’information auprès de la population et que la structuration en unité humaine puisse faciliter la parole de tous. AUJOURD’HUI LA GAUCHE DOIT REPONDRE AUX ENJEUX DEMOCRATIQUES ET PROPOSER UNE DEMARCHE INNOVANTE DE DEMOCRATIE PARTICIPATIVE Les Conseils de quartiers en constitution doivent pouvoir disposer d’informations, de lieux de réunion et pouvoir délibérer. Les Conseils de quartiers doivent obligatoirement se réunir trois ou quatre fois par an et non quand la Municipalité le propose Ils doivent être ouverts à tous les habitants du quartier Les relevés de proposition des réunions doivent être publiés dans la presse municipale Les propositions émanant des différents conseils doivent être portées à la connaissance du Conseil Municipal et se traduire après débat et si le conseil en est d’accord en délibération Voici là quelques clés de réussite, parmi beaucoup d’autres, le restant relevant plus des modalités, qu’il s’agisse des statuts, de l’élection éventuelle d’un bureau de conseil, voire même d’un président. Si une municipalité ancrée à gauche se doit de favoriser la participation du plus grand nombre dans les choix à prendre, elle ne peut pas rester neutre et simplement valider dans le cadre de leurs champs de compétence les propositions des différents conseils. Il faut qu’elle défende son orientation, des valeurs et explique aussi à certains moments pourquoi elle demande au conseil municipal de ne pas voter telle proposition soumise par un comité. On pourrait par exemple se retrouver devant un comité de quartier s’opposant à la construction de logements sociaux... Le populisme alors conduirait à s’aligner sur ce « véto » alors que l’application du programme municipal et les principes qui guident l’action municipale exigent que les logements sortent de terre. Si l’exécutif municipal se doit d’être pédagogue en explicitant sa politique, il doit résolument s’engager. La démocratie participative doit devenir et rester un vecteur de transformation sociale permettant l’expression et l’implication des habitants et leur mobilisation consciente et réelle pour un mieux vivre ensemble, sans démagogie ni faux semblant.
Jean-François CHALOT |
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