jeudi 29 octobre - par politzer

Que veut Mélenchon ?

 Un Grenelle 2027

 

De Mao à Mélenchon : la jeunesse comme instrument de pouvoir

 

La politique n'est pas une affaire de programmes.. Les programmes servent principalement à habiller des stratégies de pouvoir fondées sur les intérêts des classes sociales.

Les élections à venir ne constituent probablement plus l'enjeu principal. Selon moi, la victoire de Marine Le Pen à la prochaine présidentielle apparaît comme l'issue la plus probable. La véritable bataille se joue donc ailleurs : dans la désignation du futur chef de l'opposition et dans la recomposition politique qui suivra.

C'est sous cet angle qu'il faut analyser la stratégie de Mélenchon.

Mao ou la mobilisation de la jeunesse sans mémoire manipulable

Lors de la Révolution culturelle, Mao Zedong choisit de s'appuyer sur la jeunesse contre une partie des instances du Parti communiste chinois.

À mes yeux, cette orientation constitua une déviation gauchiste et aventuriste qui coûta très cher à la Chine. En contournant les mécanismes collectifs de décision du parti, Mao fit de la jeunesse un instrument de lutte contre une ligne politique qu'il considérait comme un obstacle à la sienne.

 

L'intérêt de la comparaison avec la France contemporaine n'est évidemment pas institutionnel. Il est stratégique.

 

Dans les deux cas, la jeunesse apparaît comme un levier permettant de contourner les syndicats ouvriers les partis traditionnels et d'imposer un nouveau rapport de force en s appuyant sur leurs revendications mais avec des arrières pensées politiciennes.

Le produit politique de deux traditions

Jean‑Luc Mélenchon est selon moi l'héritier de deux traditions.

D'une part, celle du trotskysme, dont il a conservé les méthodes de mobilisation permanente, de radicalisation de la conflictualité et d'encadrement militant.

D'autre part, celle de François Mitterrand, incarnation de la gauche bourgeoise française qui lui a ouvert les portes du système institutionnel ( député sénateurs) avec les privilèges associés (9000€ de retraite biens immobiliers à Paris et en province).

Le trotskysme lui aurait apporté les techniques de mobilisation des masses. Le mitterrandisme lui aurait apporté les mandats, les fonctions, les réseaux et les avantages matériels de la carrière politique.

Il en résulte une synthèse particulière : un discours de rupture porté par un acteur parfaitement intégré au système qu'il prétend combattre.

 

Une coalition sociale de substitution

 

La particularité du mélenchonisme est de ne plus s'appuyer principalement sur la classe ouvrière organisée qui pour l'essentiel a rejoint le RN qui prétend la rejoinde dans son opposition aux flux migratoires.

Sa base repose davantage, selon moi, sur une coalition associant :

la gauche bourgeoise ;

les organisations trotskystes et post‑trotskystes ;

des groupes anarchistes ou ultra‑gauchistes ;

divers réseaux communautaires ;

des courants islamistes ou islamo‑politiques ;

une partie de la jeunesse étudiante et urbaine plus ou moins infectée par l ideologie americaine wokiste et black lives matters, étrangères à la culture française.

 

Cette coalition est très hétérogène.

Son unité ne repose pas sur une doctrine économique commune mais sur l'opposition à un adversaire désigné, aujourd'hui le RN et la classe ouvrière qui l'a rejoint, supposée raciste homophobe patriarcale depuis l'équipe Mitterrand Dray qui ont construit les bases de cette accusation discréditante pour l'isoler et briser son parti traditionnel le PCF.

Le rôle de l'immigration dans cette stratégie

 

La question de l'immigration constitue à mes yeux le cœur du débat.

Je ne l'analyse pas principalement sous l'angle moral ou humanitaire mais sous l'angle économique.

La mondialisation économique recherche des flux permanents de main‑d'œuvre. Une partie du patronat favorable à cette mondialisation trouve dans l'immigration un intérêt objectif : élargissement du marché du travail, pression accrue sur les salaires dans certains secteurs et fragmentation du monde du travail.

Dans cette lecture, la gauche mélenchoniste et le patronat mondialiste ne poursuivent évidemment pas les mêmes buts mais peuvent converger sur certains résultats.

Les uns y voient une ressource économique.

Les autres y voient la base sociologique d'une nouvelle coalition électorale.

La classe ouvrière française devient alors la variable d'ajustement d'un système dont elle n'est plus le centre.

 

Le front républicain comme alliance de circonstance

 

L'épisode récurrent du « front républicain » constitue, selon moi, la manifestation visible de cette convergence.

Des forces politiques, médiatiques, patronales, associatives et communautaires extrêmement diverses se retrouvent périodiquement réunies autour d'un même objectif : empêcher l'accession du RN au pouvoir.

 

Leur accord ne porte pas sur un projet économique commun mais sur l'existence d'un adversaire commun.

Cette logique de coalition permet à des intérêts parfois contradictoires de coexister temporairement.

Le soutien de certaines élites économiques

Cette analyse conduit à s'interroger sur les prises de position de certaines figures du grand patronat ou de leur entourage lorsqu'elles expriment leur hostilité au RN ‘Madame Arnault le multimilliardaire affichant sa prise de parti pour Mélenchon qui ne s’en vante pas !.

Je n’y vois ni vois nullement une adhésion aux idées de la gauche radicale mais un soutien à un cadre politique et économique compatible avec la mondialisation actuelle.

 

Dans cette logique, une contestation spectaculaire mais contrôlée apparaît souvent moins menaçante qu'une remise en cause profonde des mécanismes économiques existants.

 

Le véritable objectif : un Grenelle de la jeunesse

 

La clé de compréhension du mélenchonisme est, selon moi, ailleurs.

Je pense que Jean‑Luc Mélenchon ne cherche pas prioritairement à résoudre les contradictions actuelles.

 

Il chercherait plutôt à devenir l'interlocuteur incontournable d'une future explosion sociale.

D'où l'importance stratégique de la jeunesse.

D'où l'importance des mobilisations étudiantes qui n en finissent pas .

D'où également la faible appétence pour les compromis permettant une stabilisation durable de la situation économique et sociale.

J'appelle cela le scénario du « Grenelle de la jeunesse ».

Dans une crise majeure, celui qui apparaîtra comme le représentant politique naturel de la jeunesse mobilisée deviendra le chef incontesté de l'opposition.

 

Voilà l'enjeu réel.

 

Et pourquoi Les gisements financiers ignorés

 

C'est dans ce cadre que je m'étonne du silence entourant les travaux de Charles Prats, Gabriel Zucman et Jean Peyrelevade. Au moins 100 milliards, excusez du peu !!!

 

Leurs analyses sont différentes mais elles ont un point commun : elles mettent en avant l'existence de ressources financières importantes ou de réformes susceptibles, selon eux, d'améliorer significativement les finances publiques françaises.

 

Si ces pistes étaient réellement explorées, elles pourraient contribuer à réduire la tension sociale.

Or ces questions demeurent marginales dans le débat public.

Elles sont ignorées par la gauche mélenchoniste.

Mais elles le sont aussi par le RN.

 

Deux silences, deux motivations

 

Je considère que les raisons diffèrent.

 

-Le RN évite ces sujets parce qu'il ne souhaite pas s'aliéner certaines fractions aisées de l'électorat ou des milieux économiques.

 

-Mélenchon les évite parce qu'une sortie positive de la crise affaiblirait le scénario conflictuel dont dépend sa stratégie de conquête du leadership de l'opposition.

 

Ainsi, chacun laisse de côté des questions qui pourraient pourtant modifier profondément le débat national.

 

La politique réelle

 

Au fond, la question n'est pas de savoir qui possède le meilleur programme ni même qui tient le discours le plus radical.

 

La question est : qui gagne du pouvoir ?

Qui contrôle les mobilisations ?

Qui profite des recompositions sociales en cours ?

Qui bénéficie de la mondialisation, de l'immigration de masse et du déplacement des conflits sociaux vers les conflits identitaires ?

 

À mes yeux, la politique réelle commence là.

 

Et c'est à cette lumière que doit être jugée la stratégie de Jean‑Luc Mélenchon, non à partir de ses déclarations, mais à partir des intérêts sociaux qu'elle renforce et des rapports de force qu'elle contribue à construire.



16 réactions


  • Fergus Fergus 29 octobre 19:42

    Toujours trop de lignes sautées. C’est pénible à lire !


  • Octave C Lebel Octave C Lebel 29 octobre 20:23

    Ici un antidote à la caricature dont a tant besoin quelques familles politiques parties à la dérive. À la recherche d’un canot de sauvetage nommé coalition des droites de tous poils avec l’extrême-droite dont ils semblent avoir perdu le mode d’emploi depuis que la supercherie a été bien comprise par nos concitoyens de la classe populaire et moyenne, 3 générations confondues avec bien d’autres couches sociales aussi . Censés jouer dans l’affaire les couillons de service.

    Mathilde Panot nous rappelle que  « Détester Mélenchon n’est pas un programme  »dans une vidéo de 55 mn. Entre autres choses bien dérangeantes pour ceux qui ont besoin de ce genre de sport pour exister.

     

    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/mathilde-panot-detester-melenchon-nest-pas-un-programme-y9L-kI-uTICofG7K01sgsg

     

    Cette jeune responsable politique déjà très expérimentée ne ressemble pas du tout à la caricature que certains lui fabriquent et possède un authentique bons sens et beaucoup de finesse politique. Avec beaucoup de simplicité et de clarté elle nous livre un nombre impressionnant d’informations et de réflexions dans un format de 55 mn. Des informations qui méritent d’être connues et discutées sérieusement ce qui ne peut que nourrir le débat démocratique qui manque de plus en plus cruellement dans notre pays.


    • Louis 30 octobre 10:58

      @Octave C Lebel
      « nourrir le débat » t’as vu le prix des légumes des fruits .j’ai assez de mal à me nourrir si en plus je dois nourrir débat où va t’on ?« J’ai bien conscience de la manière dont cela abîme notre relation avec les auditrices et les auditeurs. Je m’engage à tout faire pour que cela ne se reproduise jamais »,disait un journaliste de confession hébraïque après avoir fabriqué un montage tendant à faire passer melenchon pour un antisémite.je ne fait que reprendre ce que je lis https://fr.news.yahoo.com/sport/apres-sequence-jean-luc-melenchon-203241542.html


  • jakem jakem 29 octobre 20:40

    Charles Prats n’est pas ignoré par le RN ; il était candidat à la députation.

    Selon certains journalistes il pourrait faire partie d’un Gvnt de Bardella.

    L’exécrable Méluche exploite l’inquiétude des jeunes face à un avenir incertain.
    Mais il leur ment.
    Et compte sur leur fougue, leur exubérance juvénile et aussi sur une sacrée dose de connerie pure de certains pour devenir leur gourou absolu.
    Il les veut d’ailleurs de plus en plus jeunes puisqu’il réclame le droit de vote dès 16 ans.


    • Octave C Lebel Octave C Lebel 30 octobre 08:03

      @jakem
      Intéressant, si vous en aviez d’autres ne vous gênez-pas.Cela fera réfléchir ceux qui ont pu voter un jour RN sans bien savoir.Eh oui, c’est ça les coulisses et les gens qui font la queue pour qu’on leur donne du pouvoir.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Prats


    • jakem jakem 30 octobre 13:21

      @Octave C Lebel
      J’ai emmené mon kangourou chez la couturière pour qu’elle lui confectionne un maillot de bain.
      Car j’ai l’intention de l’emmener à la piscine ...


  • BRUNO BRUNO 30 octobre 08:16

    J’ai voulu savoir si J.L.Mélenchon avait un programme économique. Il a une équipe d’économistes ( profs de fac notamment) dont Eric BERR qui a écrit «  Mélenchonomics » (en opposition aux reaganomics), clair et lisible. Son programme de 2017,« l’avenir en commun », très élaboré, avait été construit , pour l’essentiel par Jacques Généreux ( qui porte bien son nom.) (1) et dont la réflexion dépasse très largement le domaine économique.

    On a le droit de ne pas partager ces approches, simplement je crois pour ma part que vouloir le faire passer pour un ignare, le positionner hors système, aura l’effet contraire à celui recherché : il offre ainsi une alternative notamment chez les jeunes.

    (1) un de ses nombreux bouquins :« quand la connerie économique prend le pouvoir »....


    • Eric F Eric F 30 octobre 12:20

      @BRUNO
      LFI a un programme économique assurément généreux, mais absolument chimérique dans le monde réel. Dépot de bilan assuré dans l’année qui suit.


  • Louis 30 octobre 10:46

    mon pauvre tu as toujours l’esprit confus .un migrant ça vote pas mais ça bosse dur, boueux ou vigile. 45 ans plus tard ses descendants français votent . je voudrais aussi te conseiller de mettre une chemise, c’est l’hivers et c’est la saison des bronchites


    • Eric F Eric F 30 octobre 13:29
      @Louis

      « un migrant ça vote pas mais ça bosse dur, »

      Si ce n’est qu’en 2026, seulement 17,5% de nouveaux visas sont des visas de travail


  • Eric F Eric F 30 octobre 12:34

    En effet, la cible électorale de Mélenchon est avant tout la jeunesse et la « diversité », utilisant désormais une tactique quasi insurrectionnelle. C’est électoralement une stratégie de premier tour par « par coalition des mécontents virulents », mais aussi un obstacle pour le second tour (rejet par les réfomistes, les libéraux, les conservateurs, les nationaux). 
    Ce sera donc bien le leader d’opposition sur la ligne la plus radicale, cherchant une forme de troisième tour par la bordélisation, devenue désormais sa spécialité


    • Octave C Lebel Octave C Lebel 30 octobre 12:57

      @Eric F
      L’extrême-droite qui promeut l’honnêteté et met en garde contre la violence.Sutout ne changez rien smiley
      Vous pouvez rajouter un petit coup de bordelisation si vous voulez.


    • Eric F Eric F 30 octobre 13:33

      @Octave C Lebel
      La véritable extrême droite, celle des milices et des forcenés racistes, pratique la violence et doit être condamnée.
      L’extrême gauche pratique, soutient, ou justifie l’émeute violente, et elle a une emprise considérablement supérieure


  • ddacoudre ddacoudre 30 octobre 14:57

    bonjour

    Avec des bouts de réalité, tu fais une sacrée salade. Oui dans la vie on évolue au contact des autres et de l’évolution que dessine la réalité de nos actions ; c’est comme cela la vie, et nous le vivons avec tous les souvenirs toutes les connaissances que nous avons emmagasinées pour acquérir de l’expérience. Heureusement que pour l’avenir il faut s’appuyer sur la jeunesse, mais encore faut-il savoir de quoi elle a été instruite, avec quels concepts elle a été nourri et ceux qu’elle gardera toute sa vie. Est aujourd’hui elle n’est le fruit d’aucune espérance tout ce qu’elle sait faire c’est se nourrir des informations médiatiques des études d’opinions qu’elle relaie sur les réseaux sociaux, elle est comme tous les citoyens elle reçoit sa nourriture des médias du monde transmis par l’information et vie dans une fracture intellectuelle qui limite la capacité de la pensée associative, la critique et diminue la réflexion, depuis le développement des médias. c’est observable sur des courbes d’évolutions. Alors les grandes stratégies se font dans un périmètre de suggestion permanente depuis 1990. celui qui s’en est sorti le mieux est Mélenchon, car il est resté accroché au socialisme historique et n’a pas glissé vers la social-démocratie comme les trois personnages que tu cites.

    Ils ne font que recomposer la redistribution ce que nous faisons depuis 1945 avec un aboutissement bénéfique en 1976 puis une aggravation avec les critères de Maastricht. Tu as raison sur un point, le débat risque de glisser sur des sujets cristallisant et non programmatique, car sauf Mélenchon personne n’a intérêt à parler de son programme qui n’est qu’un bisrépéta de tout ce qui se fait depuis 1990. celui de Glucksmann je l’analyserai bien tôt et je serais surpris d’y trouver une nouveauté à moins qu’il soit allé à lourdes avec le pape. Il a reçu mon projet d’un modèle économique poste-capitaliste il ne peut donc pas dire qu’il veut remettre en question le capitalisme. Hors le capitalisme n’est pas social et les capitalistes ne financent rien tout ce qu’ils avancent il le récupère majoré, c’est ce qu’a compris Arnault. Quant au programme de la RN dont j’ai fait l’analyse, il transfère une partie des services publics au privé pour faire des économies budgétaires, ce qui réduira les ressources des salariés qui paieront plus cher que le coût de la dette.

    L’immigration est un vrai problème d’intérêt économique. La réduction de la population salariale que va continuer le développement technologique va créer un appel d’emplois, ce n’est pas seulement une histoire de salaires moindres. c’est une question de capacité à produire, avec le projet RN on la perd. Depuis 1870 la machine remplace des emplois et si nous n’avions pas produit avec la machine aujourd’hui nous serions 700 millions de citoyens et imagine sur la planète. Mais tout cela dépasse un peu le RN et les autres, mais Mélenchon le sait, car je le lui ai dit et il en fait ce qu’il veut. Mais c’est le seul qui distribue le plus, c’est un risque qui dépend de ce que feront les salariés, achat en France ou à la chine, quant aux patrons s’il achètent en France avec 100 distribués ils récupèreront 300. Arnault c’est compter, car lui il ne vend pas du chinois.je te, mets deux liens

    https://ddacoudre.over-blog.com/2026/10/au-dela-de-la-fachosphere-rn.html

    https://ddacoudre.over-blog.com/2026/06/lire-la-societe-en-image.html

    Cordialement.


  • sylvain sylvain 30 octobre 18:03

    pou info, le patron du medef a deja declare « nous allons devoir prendre le risque du RN », RN soutenu par la moitie des milliardaires francais. Autant pour les forces patronales coalisees contre le RN, c’est une pure vue de l’esprit. 

    Ensuite, la classe ouvriere n’est plus au centre parcequ’elle est en chine, en inde, ou tu veux mais elle est partie avec les usines. 

    Et puis, se reposer sur les partis et syndicats traditionnels pour changer le systeme ?? Tu en veux de la pensee absurde.. genre le PS et la CFDT ? oui si tu veux absolument rien changer tu peux compter sur eux.

    L’obsession melenchoniste vous rend de plus en plus incoherent politzer, et vous n’etes pas le seul dans ce cas la. A force de sortir des absurdites pour ne parler que de lui, vous tous risquez de lui rendre bien plus service qu’autre chose


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