lundi 3 mars 2008 - par TSAKADI Komi

Quel avenir pour les accords militaires franco-africains ?

L’annonce du président Sarkozy devant le Parlement sud-africain le 28 février dernier de renégocier les accords militaires signés par la plupart des pays africains francophones au lendemain de leur indépendance avec la France, est en adéquation avec l’opinion africaine bien éclairée qui a toujours réclamer la redéfinition voire la suppression de ces accords de coopération en matière de sécurité et de défense. Accords qui ont permis à la France d’être le gendarme des dirigeants africains.

Cette annonce intervient au lendemain de l’intervention française au Tchad où le soutien de l’armée française aux forces du président Deby, lors d’une attaque des rebelles début février, a permis à ce dernier de se maintenir au pouvoir.

Elle intervient également sept mois après le discours choquant tenu à Dakar par lequel Sarkozy avait dit que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire.

Mais pour autant, on doit rester sceptique. Car l’objectif de la politique de coopération militaire (outil de la politique étrangère d’un pays) française en Afrique a eu toujours pour objectif d’entretenir l’influence française sur le continent, d’où le consensus en la matière sous toutes les présidences (de droite comme de gauche) de la Ve République.

Les différents accords militaires

Les accords militaires signés entre la France et la plupart des pays africains francophones sont sous deux formes : les accords de défense et les accords d’assistance militaire technique.

Les accords d’assistance militaire conclus avec vingt-six pays africains permettent à la France d’intervenir dans trois domaines :
- l’assistance militaire technique ;
- la formation des cadres militaires africains en Afrique et en France ;
- l’aide en matériel.

Quant aux accords de défense, signés avec neuf Etats (Sénégal, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon...) qui avaient fait l’objet du scénario 4 du Livre blanc de la défense de 1994, ils prévoient :
- l’aide et l’assistance de la France en cas de troubles intérieurs ;
- le stationnement de plusieurs milliers de militaires français sur des bases ;
- des interventions militaires.

Quel bilan pour ces accords ?

Au regard d’un simple bilan de cette coopération (ayant pour cadre juridique ces accords précités), on peut relever sa grande ambiguïté car elle n’a jamais été dans le sens de la démocratisation des pays africains. Pis, elle a servi les intérêts d’un certain nombre de chefs d’Etat protégés et soutenus par la France en dépit de leur politique désastreuse.

Sur le plan de l’aide à la formation des armées africaines, cette coopération a abouti à la constitution des armées mono-ethniques et tribalisées à la solde de ces chefs d’Etat. Elle a eu aussi pour dérive le développement d’une forme de mercenariat. En effet, les anciens coopérants militaires à la fin de leur mission préfèrent rester sur place pour continuer à remplir approximativement les mêmes tâches à titre privé, notamment : formation des armées, formation à l’utilisation des armements, conseil pour les états-majors et le gouvernement.

La remise à plat des accords de défense implique aussi celle des accords d’assistance miliaire qui permettent à la France de continuer à former des militaires africains agissant comme des gardes prétoriennes ou des miliciens au lieu d’être de véritables forces républicaines et patriotiques travaillant pour des intérêts globaux de l’ensemble des populations.

La renégociation de nouveaux accords ne doit pas se faire sans qu’un bilan exhaustif ne soit fait des 50 ans de coopération militaire et de ces accords.

Quid de la transparence ?

Le président Sarkozy a promis qu’une fois les nouveaux accords renégociés, ils seront publiés « dans la transparence  ».

Cette transparence implique le contrôle du pouvoir législatif en ce qui concerne les opérations extérieures résultant des accords précités. La mission d’information sur l’amélioration du contrôle parlementaire des opérations extérieures (Opex) conduite par la commission de la défense de l’Assemblée nationale avait fait la proposition de contrôler ces opérations mais ce dispositif n’a jamais été mis en place. Les députés n’ont pu se prononcer sur l’opération « Licorne » qui avait mobilisé des milliers de soldats français en Côte d’Ivoire. Pas plus que l’intervention française au Tchad pour soutenir Deby n’a fait l’objet de débat à l’Assemblée nationale. Les députés se contentant de poser de temps en temps des questions écrites ou des questions d’actualité. Mais quelques minutes par semaine ne suffisent pas pour comprendre cette politique et encore moins pour la contrôler.

La mission d’information avait aussi recommandé la publication des accords de défense avec leurs clauses secrètes. Recommandation qui n’a toujours pas eu d’application. Toute renégociation implique la publication de ces précédents accords.

La transparence doit aussi porter sur les archives de l’Etat portant sur les vingtaines d’actions militaires directes de France en Afrique, d’où la nécessité de déclasser ces dossiers pour être consultables par tout le monde.

Renégocier les accords militaires avec les pays africains revient aussi à reposer le problème de la conception générale de l’Afrique dans la stratégie de la France comme puissance et acteur des relations internationales, au moment où les Etats-Unis cherchent à implanter une base militaire sur le continent.

Les forces armées et de sécurité en Afrique ont été à l’origine de beaucoup de crises et continuent d’être des menaces à la démocratisation de nos pays. La renégociation des accords militaires doit se faire dans une perspective de prévention de ces crises et la démocratisation effective de nos pays.

Cela permettra d’éviter des situations comme le renversement du président élu Mahmane Ousmane au Niger (qui avait voulu reformer l’armée nigérienne par une restructuration de la configuration du commandement), l’assassinat du président hutu élu démocratiquement Melchior Ndadaye au Burundi par des militaires tutsis, les répressions sanglantes post-électorales traditionnelles...

La rupture tant attendue dans la politique africaine de la France va-t-elle se faire avec la renégociation des accords militaires ? Nous attendons les actes pour y croire.

Avec qui va-t-on renégocier ces accords ? Quelle sera la légitimité de nos dirigeants dans ces négociations ? Quel est le calendrier ? Autant de questions dont dépendra l’avenir des accords militaires de la France avec les pays africains.

Komi TSAKADI, Lomé.



23 réactions


  • tvargentine.com lerma 3 mars 2008 10:15

    Le Président Nicolas SARKOZY ne considére plus que l’Afrique doit etre financé a fond perdu avec des dictateurs à la tête de ses pays. 

    Seul la démocratie permettra un développement équitable si les africains se souhaitent,mais la France n’a plus rien à faire militairement en Afrique et c’est vraiment une bonne chose

     


    • thirqual 3 mars 2008 11:07

      Il y a à négocier, tartuffe, parce que la France en tirait (et en tire toujours), en contrepartie, des avantages, des implantations facilitées, des contrats pour du matériel, des formations, etc.


    • Makan 3 mars 2008 13:04

      @Seb59

      Qui vous demande d’aider ?

      Au contraire, vous maintenez au pouvoir des hommes honnis par leur peuples contres les intérêts de ces derniers, comme on l’a encore recemment vu au Tchad.

       

       


    • Makan 4 mars 2008 15:19

      @Seb59

      "Mais attention : vous n’aurez plus ni aide militaire, logistique, medicale, humanitaire, financiere ! On est bien d’accord !!!! "

      On s’en fou. Ces aides n’existent que dans votre imagination et dans vos médias mensongers.

       


  • CAMBRONNE CAMBRONNE 3 mars 2008 12:12

    BONJOUR L’AUTEUR

    Vous avez raison , il faut attendre pour voir .

    Un point sur lequel je veux apporter un démenti : Vous dites que les coopérants militaires prennent leur retraite sur place pour continuer le même travail en catimini . C’est faux .

    Une exception : Le Gabon où le président Bongo confie sa sécurité à des militaires français hors cadre car il n’a pas confiance dans ses compatriotes trop enclins au tribalisme et à la vénalité .

    La plupart des chefs d’etat africains choisissent des gens de leur ethnie pour faire ce travail , ce que n’a pas voulu le président Bongo ..Il a probablement eu raison car il est toujours en place et en vie .

    Vous bavez sur la France , c’est une habitude en Afrique mais je souhaite que nous vous laissions et nous verrons bien . Nous avons évité dans notre" pré carré" des massacres (le Rwanda ne faisait pas partie de ce prés carré ).

    Comme disent quelques intervenants sur ce site , que l’Afrique vole de ses propres ailes , RETIRONS NOUS .

    Vous nous reprochez de fausser le jeu normal de la démocraie en Afrique ! C’est quoi,le jeu normal de la démocratie en afrique ?

    Au Zimbabwe par exemple , nous n’avons jamais mis les pieds et les Anglais s’en sont retirés depuis longtemps , quel gachis . Le pays le plus riche d’afrique crève de faim .

     

    Salut et fraternité .


    • Makan 3 mars 2008 13:13

      Oui.

      Sauf que la prétendue "richesse" du pays reposait sur l’exploitation des populations noires expropriées par des colons blancs. Ces Blancs n’ont eu que ce qu’ils méritaient. Leurs ancêtres étaient des criminels qui ont exterminé les populations noires pour s’installer.

      Si vous préférez avoir le ventre plein et vivre éternellement dans l’humiliation, ce n’est visiblement pas le cas de tout le monde. Certains peuples se battent et préfèrent crever de faim que de maintenir le statu-quo.

      Et puis, les Anglais ne se sont pas retirés, ils ont été chassés. Nuance.


    • CAMBRONNE CAMBRONNE 3 mars 2008 14:06

      MAKAN

      Si vous êtes un africain , ce que je crois , vous faites partie des imbéciles de ce continent manipulés par les gauchistes européens . Les vrais africains d’afrique ne pensent pas du tout comme vous .

      Le Zimbabwe est en train de crever parceque les habitants de ce pays sont incapables de faire des choses sérieuses sans les blancs . Hé oui la culture cela demande du savoir faire et surtout une qualité rare en afrique : la capacité de se projeter dans l’avenir . L’Africain vit au jour le jour et de préférence il fait labourer son champ par les femmes pendant qu’il discute à l’ombre .

      Vous pouvez me traiter de raciste , toute personne qui a mis les pieds en afrique a pu le constater .

       

      Vive l’afrique quand même .


    • mandrier 3 mars 2008 14:09

      Bonjour Cambronne !

      Oui ! Ils crachent tous sur la France et ses soldats...

      Ils sont toutefois très contents de les voir arriver quand les coupe-coupes ressortent pour un de ces massacres inter-tribaux dont les Africains ont le secret...

      L’Armée francaise depuis les Indépendances a empêché beaucoup d’exactions grace à ses "vieilles" méthodes bien éprouvées . Les Soldats francais n’ont pas le comportement non plus de certaines troupes (USA, arabes, castristes, russes (eh oui on a vu cela dans les années 1970) , allemands de l’Est, tchèques, ou chinoises maintenant.... Nos soldats sont en uniforme, les autres ont des accoutrement de "consillers" ou de mercenaires. Et encore nos mercenaires comme Bob avaient la classe et même un certain honneur...

      Tous ces faux-culs vont regretter l’Armée francaise et la paix qui allait avec quand les chinois ou les mercenaires privés américains vont déferler.... Là ils vont morfler.... et émiger pour essayer de se réfugier en France...

      Méditez l’exemple de la Rhodésie devenue le Zinmbabwé ! ....


    • Makan 3 mars 2008 14:53

      @CAMBRONNE

      Bien sûr vous savez comment pensent les Africains, vous qui avez beaucoup de sang africain sur les mains pour avoir servi dans ces pays où vous protégez les dictatures.

      Votre racisme ne me fait ni chaud ni froid.

      Le destin de l’Afrique et des Africains ne dépend pas des Blancs. Mais vous êtes trop con pour vous en rendre compte.

       

       


    • CAMBRONNE CAMBRONNE 3 mars 2008 17:35

      MAKAN

       

      Se faire traiter de con par un imbécile est une satisfaction de gourmet !

       

      Ma grande satisfaction est de voir que ce sont les chinois qui vous colonisent . Là vous allez rigoler !

      Vous allez regretter le coup de pied au cul du blanc !

       

       

       


    • CAMBRONNE CAMBRONNE 3 mars 2008 17:37

      SALUT MANDRIER

       

      Tout à fait d’accord avec vous . 


    • Makan 3 mars 2008 17:45

      @CAMBRONNE

      Et vous, ce sont les musulmans qui sont entrain de vous coloniser.

      Attendez qu’ils aient mis toutes vos femmes et filles sous burqa et on verra bien qui va rigoler.

      Déjà, vos flics se font tirer dessus dans les quartiers. Apparemment, Ils sont bien plus vaillants pour arrêter à 8 une pauvre fille désarmée, fut-elle athlète, par contre face "à de vrais garçons" comme diraient les Ivoiriens, ils n’en mènent pas large. smiley


    • mandrier 3 mars 2008 22:39

      Vous me faites bien rigoler....

      Pour l’instant il y a des ordres pour "rester l’arme au pied".... Mais dans ce pays , il y a des forces qu’il ne faut pas chatouiller .... Car ce que vous décrivez peut être réglé en quelques heures. Il y en a même qui aiment aller au charbon...


    • Makan 4 mars 2008 09:31

      @mandrier

       

      Rigolera bien qui rigolera le dernier. :))


    • Makan 4 mars 2008 15:22

      Oui. On voit ça tous les jours sur vos télés dans vos banlieues islamisés.

      L’Afrique n’as pas besoin de vous. Cassez-vous, pauvres c... !


  • jer 4 mars 2008 05:31

    Au sortir de la decolonisation, les opinions publiques etaient unies contre l’ancien colon. ce dont elles avaient besoin etaient un devellopement economique, en reponse de quoi, on a vendu des armes a l’Afrique, Aujourd’hui un grand nombre de pays africain sont au bord ou dans le chaos, et ont besoin de forces de stabilisation, et voila qu’on leur propose le devellopement economique, sans les forces de securite.

     

    A part les chinois qui laisseront leurs compatriotes sur place en cas de probleme, je doute fort qu’il y ait de nombreuses personnes desireuses d’aller dans des pays a fort potentiel de crise. ou qu’il y ait de nombreux investisseurs dans ces pays sans un minimum de securite. En supposant a l’extreme que les dangers terroristes planetaires d’origine extremisme religieux, ne s’appliquent pas a l’Afrique, ce qui semble ne pas etre le cas, le Darfour en etant un exemple, meme si le pillage d’un village n’est pas du terrorisme au sens occidental du terme, mais en est bel et bien dans le sens de terroriser les populations civiles a des fins politiques, en supposant donc que l’Afrique ne soit pas le proie du terrorisme, les guerres civiles d’origine ethniques sont assez nombreuses pour prouver que les pays africains ne sont pas en mesure de garantir leur securite. Le kenya en est le dernier exemple en date.

    La nouvelle diplomatie sarkozy, consistant en un retrait a priori des forces en l’absence d’accord prealable de defense, repond a plusieurs choses ; une demagogie certaine de penser que sans force militaire d’interposition blanche ou noire, l’Afrique s’en sortira mieux, nous y reviendrons, et a une approche plus materielle du fait que privee de la conscription, l’armee francaise n’a pas les moyens de rester en Afrique si elle veut de plus s’installer au Quatar comme annonce recemment et augmenter sa presence en Afghanistan comme annoncee officieusement avant l’annonce officielle en avril au sommet de l’Otan. On voit que ce dernier est urgemment necessaire puisqu’il doit s’inscrire dans le calendrier de communication du president. On mesure aussi toute les contradictions de cette voie, Sarkozy appelant par exemple les factions du Tchad a l’entente alors que l’on s’apprete a aller casser du taliban, une des factions afghanes, la ou les russes et les USA se sont casser les dents, la ou l’etat afghan ne controle que 30% de son territoire, la ou la reconciliation au sud de ce pays se fait avec une entente avec les chefs de clans locaux, la ou donc seule la voie politique d’une federation est la solution. ( mais notre sarko repond aux appels de la diplomatie militaire US, dont les interets d ;un engagement/enlisement europeen dans le pays sont nombreux, le plus important etant celui ouvrant la porte a un desangement US annonce dans les 7 mois prochains (je vous laisse compter et regarder le calendrier), pour une possibilite d’engagement eventuel en Iran ? en tout cas pour planter un coin dans la politique de defense europeenne par un enlisement qui ne fait aucun doute et en appuyant sur les discenssions intra europeennes, les USA souhaitant toujours une Europe forte, mais pas trop quand meme. Excusez pour la disgression, mais c’est pour etre complet). Pour la base du Quatar, c’est tout benefice pour notre armee que d’aller y surveiller le detroit d’Ormuz, la ou les marines US, russes, chinoises, y font deja la meme chose en nombre bien plus important, d ;autant que cette base ne risquera rien en terme militaire, le Quatar n’etant pas une zone de conflit potentiel. Des vacances assurees pour nos militaires par rapport a une base africaine.

    Cela vous rejouira peut etre que La France abandonne des bases africaines, mais d’un point de vue moral, que l’armee francaise surveille les routes petrolieres plutot que de sauver des vies humaines, je trouve personnellement cela deplorable et choquant.

    Car je cois que vous vous meprenez. L’armee francaise comme toutes les forces en presence en Afrique n’a pas que des faits d’arme glorieux, mais croire par exemple que la derniere intervention au Tchad est uniquement une position de defense du regime est erronee. Si vous etes reellement en Afrique vous savez ce qu’il advient des villes en proie a une attaque rebelle, sans compter les pertes militaires, ce sont les populations civiles qui souffrent et ce dans un ratio nettement plus eleve. N’Djamena a feu et a sang, avec des refugies partant encore plus a l’ouest par milliers, tel aurait ete sans doute l’image de cette ville si il n’y avait pas eu intervention, comme cela aurait ete l’image de la C’ote d’Ivoire sans l’interposition qui y a fige les positions militaires epargant les civils des deux cotes.

    Une action militaire ne se fait jamais sans victime, ni sans que l’on puisse la deplorer, du point de vue moral comme etant un echec politique, ni de point de vue de ceux a qui l’on s’oppose. La France soutient les gouvernements en place (...) par souci de legitimite politique, la conception de l’alternance politique etant qu’elle se fait par les urnes et non par les armes. Cela deplait evidemment aux rebelles, ou aux opposants, mais le choix des armes par ceux ci dans n’importe quel pays est le point de depart du chaos et non l’intervention pour defendre un regime.

    Cette politique a ses limites, puisqu’elle s ;apparente parfois a soutenir des regimes dictatoriaux, puisque lorsque cela aurait ete necessaire, il eut fallu qu’elle prenne partie pour l’opposition pour eviter un bain de sang plus terrible comme au Rwanda. C’est aise a dire a posteriori, mais comment etre juge sur le moment, du bien et du mal, du regime ou de l’opposant ? Comme ce probleme est quasi insoluble, il est certes plus aise de partir et de laisser l’Afrique a elle meme avec les chinois. Mais est ce vraiment satisfaisant, humainement parlant que de sa passer d’une force qui sauva quand meme des vies humaines, le Tchad en est l’ultime exemple, et d’une force qui puisse garantir aux expatries eventuels francais et aux investisseurs un minimum de securite. Au Kenya, il a fallu toute la force d’une diplomatie americaine dans un moment d’election presidentielle pour un parti en quete de succes pour une cessation pour le moment des exactions. Qu’en serait il advenu autrement ??

    La vison d’une armee francaise supportant le regime en place au Tchad pour s’arreter davantage sur cet exemple est eronnee, puisqu’il a fallu attendre le dernier moment, le moment ou la capitale jouait sa survie, le moment ou les pertes humaines eurent put etre exponentionnelement multipliee pour que La France intervienne faiblement, alors qu’elle aurait pu le faire par voie aerienne beaucoup plus tot sur une colonne de vehicule dans le desert, ce n’est pas bien complique, ou le faire depuis des mois, depuis que les rebelles ont franchi la frontiere, et commencer le pilage des villages et des camps de refugies du Darfour installes au Tchad, La France aurait pu et aurait du intervenir des le passage de cette frontiere pour garantir la souverainete du gouvernement en place sur le territoire. Mais ce faisant elle aurait porte davantage le flanc a votre critique de garantir la survie du regime et d’un point de vue humanitaire aurait fixe la position des refugies, dont dans chaque crise on espere le retour vers leur pays d’origine, en essayant de ne pas pereniser une situation sinon l’on s’expose a la critique de favoriser l’epuration et la separation ethnique. Mais tout ceci aurait neanmoins sauve des vies humaines en nombre consequent et permis d’eviter le deplacement des camps de refugies plus a l’ouest comme le terrible malheur de ces villages pilles et des populations civiles tyrannisees.

     

    Alors quelle solution choississez vous ? celle qui donne leur chance aux opposants de prendre le pouvoir et de mettre a feu et a sang le peu de richesse qui subsite encore dans les grandes villes ou bien celle de deplaire a tout le monde en intervenant ? Si cela peut vous rassurez si vous etes partisan de la premiere solution, Paris devrait rapidement se rendre compte de la limite de son amitie avec le regime tchadien, celui ci devant rapidement se trouver en opposition avec La France sur le sujet des amnesties a delivrer aux emprisonnes de l’arche de Zoe, le pouvoir de N’Djamena ayant du se rendre compte du fort potentiel de pression sur le gouvernement Sarkozy, par la publicite dramatiquement demagogique attribuee aux affaire d’otages par ce pouvoir. Ayant deja reussi a detourner l’avion presidentielle sur l’aeroport de la capitale malgre une promesse presidentielle, pour que le president remette les demandes de grace, il y a fort a parier que N’Djamna ne demande maintenant beaucoup plus en retour de cette grace. Les premiers otages d’un pouvoir etranger sur le sol francais... Faut il parler des FARC... ? De l’avancee des forces militaires autour de La Colombie qui fait suite a l’escalade emotionnelle sur le sujet des otages ? des otages valent ils une guerre ? Des opposants baillonnes valent ils une population civile reduite a l’etat de refugies affames ? Rien n’est simple. mais souffler sur la braise comme vous le faites en ne voyant que le pire dans tout ce que La France peut ou a pu faire en Afrique ne me semble pas etre la meilleure des solutions.

    Un blanc francais, pour que des militaires blanc francais continue de se faire tuer pour proteger l’Afrique de ses demons.


    • Makan 4 mars 2008 09:30

      @jer

      "Un blanc francais, pour que des militaires blanc francais continue de se faire tuer pour proteger l’Afrique de ses demons."

      Non, merci. Les militaires blancs français font partie du problème en Afrique et non de la solution.

      Votre post est inutilement long et aurait bien pu se résumer en quelques phrases. La seule idée avec laquelle je suis d’accord, c’est que si la France retire ses troupes, c’est qu’elle n’a plus les moyens de les maintenir sur place. Cela commence à coûter cher de maintenir toute cette armée en Afrique pour un retour sur investissement qui se réduit de plus en plus. Sans compter, comme vous l’avez si bien souligné, le problème d’effectif.

      Et puis, "protéger nos ressortissants" à chaque fois qu’il y a quelques coups de feu en Afrique doit coûter pas mal d’argent aussi. Lesquels ressortissants sont des milliers à fuir à chaque fois. Il n’y a que la France qui joue à ce petit jeu d’un autre âge.   :))

       


    • jer 5 mars 2008 01:32

      Je note que vous n’avez pas ecrite les 3 phrases de resume. suis preneur.


  • CAMBRONNE CAMBRONNE 4 mars 2008 15:21

    BONJOUR JER

     

    Je vous ai lu et j’ai apprécié vos efforts pour convaincre notre "ami"Manka ;

    Vous êtes probablement insomniaque et cela vous a aidé à passer la nuit mais vous avez perdu votre temps .

    A titre indicatif nous n’avons pas plus de problèmes d’effectifs qu’avant, à l’époque du service militaire , bien au contraire ; en effet à cette époque les appelés ne pouvant être engagés en zones de combat seuls étaient opérationnelles les unités des troupes de marine ,légion étrangère , et quelques engagés par ci par là . Sauf évidemment l’armée de l’air et l’ALAT .

    Aujourdhui on voit en Afrique des chasseurs alpins ! Marrant non ? Ce sont d’ailleurs des chasseurs alpins qui ont "assassiné" un rebelle ivoirien l’année dernière .

    Ce n’est donc pas une question de moyens mais de volonté politique et je ne trouve rien de scandaleux de prendre quelques distances avec l’afrique sans pour autant tout lacher .

    La base de Dubai nous permet de faire l’économie d’un porte avion au cas ou n’auriez pas fait le rapprochement .

    Bien à vous Jer

    Salut et fraternité .


    • jer 5 mars 2008 01:49

      c’est la combinaison du nombre de "theatres d’actions" sur lesquels La France est engagee et de la fin de la conscription qui font que l’armee francaise a bel et bien des problemes d’effectifs.

      Si pour vous voir des chasseurs alpins n ;est que marrant sans que vous n’y voyez un probleme d’effectif, je ne peux rien pour vous.

      Enfin remplacer un portre avion par une base fixe, je n’y avais pas penser.... Sans doute en terme la de budget il faudra choisir. Je vous rapelle que La France n’a plus de porte avion operationnel depuis que le CDG est a Toulon en revision depuis quelques mois. La France ne s’en porte pas plus mal. Un second porte avion non nucleaire partage avec les grands bretons qui partagent les memes visions diplomatiques que La France, autant que je suis moi meme senegalais, c’est une fumeuse idee.


  • kandy 4 mars 2008 20:04

     Tout d’abord bravo pour le respect des intervenants concernant les conditions d’intervention (propos injurieux racistes etc...) Ce notaire (etudes en France ?) temoigne de la position de nombre d’africains dont les motivations meriteraient d’etre approfondies(sans suspicion) mais temoigne d’une realite .L’afrique regle ses comptes et n’a sans doute pas fini de les regler avec elle meme et ses ex colonisateurs et nous Francais nous voila bien marris d’etre pris a temoin des turpitudes du colonialisme et de ses representants ,colons et fonctionnaires pas seuleument militaires .C’est du ’digest ’ d’histoire en fait car il y eu bien sur des choses dont nous n’avons pas a rougir .Le travail de documentation d’enseignement n’a pas ete fait et la nous devons en accuser nos politiques .Evacuee par la porte l’Histoire nous reviens par la fenetre de l’immigration ,autre Histoire tout aussi mal inventoriee ,expliquee et cadree . Je suis pour la suppression de toute presence militaire en afrique et ailleurs sauf a minima dans le cadre de missions en partenariat ’\,sous egide europeenne ou ONU .Cassons l’image de l’Afrique terrain d’interventions post coloniales pour soldats en mal d’exotisme et de sable chaud . Les americains souhaitent y aller pas de probleme (en fait ils sont deja a Djibouti) et envisagent une base de commandement dans UN pays d’afrique .L’Allemagne nous taille sur ce continent des croupieres au plan commercial depus bien longtemps ,les chinois arrivent en rouleau compresseur avides des matieres premieres .Laissons les Africains accueillir et gerer ces nouvelles donnes .L’economie a ses generaux et ses troupes ses desirs d’expansion et sa violence ,il serait facile de dire et redire "vous verrez que c’etait pas si mal avec les blancs " en fait peu importe l’Histoire est en marche notre Histoire ici en France et en Europe avance aussi .Le monde se retrecit (a la facon d’un vetement ?) les Africains sont ici nombreux maintenant et ouvrent de nouvelles pages ,l’amerique fait rever a Bamako ,a Dakar les babioles chinoises et les grands chantiers (a petits prix !) mais qui finiront peut etre par couter chers. J’aime ce continent je lui souhaite un avenir favorable ,des elites responsables une diminution du tribalisme du nepotisme de la violence fille de l’ignorance ;une explosion de ses talents createurs .Ce genre de debat ici vaut par sa necessite factuelle et je pense que l’heure est venue de le depasser et surtout qu’on ne vienne pas me dire que je prefere l’oubli 


  • jer 5 mars 2008 02:14

    Cohen : African genocide averted

    By Roger Cohen (The New York Times) SUNDAY, MARCH 2, 2008
    The power-sharing agreement in Kenya is Kofi Annan’s R2P marker.
     
    By Nicholas D. Kristof (The New York Times) SUNDAY, MARCH 2, 2008
    It is still possible to avert a new war in southern Sudan, but only if there is an international effort to ensure that the Sudanese government will pay a price for its attack.
     
    By Lydia Polgreen (The New York Times) SUNDAY, MARCH 2, 2008
    ... earth attacks is an ominous sign that the fighting in Darfur is entering a new and deadly phase.
     
    By Lydia Polgreen (The New York Times) SUNDAY, MARCH 2, 2008
    Aid workers, diplomats and analysts say the fighting is entering a new and deadly phase as efforts to find a negotiated peace founder.
     
    La crise du Darfour qui evolue rend plus que jamais cruciale une presence militaire solide au Tchad pour proteger les populations civiles des villes, des villages, et des camps de refugies dans l’est du pays. refuser cette presence et des actions militaires d’envergure contre toute incursion exterieur est tout simplement meutrier. Il n’est plus question d’opposition a un regime, mais de complicite de genocide.

    • Makan 5 mars 2008 09:53

      @jer

      Tout le monde sait que le sort des réfugiés du Darfour n’intéresse pas la France. Elle cherche seulement à positionner l’EUFOR pour maintenir son influence dans la région. Et accessoirement à entraîner les Européens dans ses aventures africaines dont elle a de plus en plus de mal à assumer toute seule la charge.


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