jeudi 17 décembre 2015 - par VICTOR Ayoli

Question de gros sous !

Au bistro de la toile :

 

- Oh, Loulle ! Tes collègues gargotiers vont tirer la gueule je crois.

- Pourquoi Victor ?

- Parce que la Cour des Comptes remet grave les pendules à l'heure concernant la baisse de la TVA concédée aux restaurateurs, passée de 19,6 à 5,5 % sous l'ère Sarko, ceci évidemment « pour soutenir l'emploi » dans un secteur gourmand de main d’œuvre. En échange, les professionnels s’étaient engagés à répercuter la baisse de TVA sur au moins sept produits, ce qui devait profiter aux consommateurs et à créer 40.000 emplois supplémentaires sur deux ans.

- Et alors ? Ce n'est pas le cas ?

- Ben, il semble bien que non ! Et que c'est même un fiasco assez scandaleux. Cette baisse ressemble à une baise. Du con-sommateur comme du con-tribuable ! Elle a surtout permis « d'améliorer la marge des entreprises du secteur », qu'ils disent les comptables de la Cour. Et à quel prix ! Cette mesure a coûté chaque année en moyenne 2,6 milliards d’euros à l’État, bien que ce taux intermédiaire ait été relevé deux fois depuis (à 7 % en 2012 puis 10 % en 2014). Et elle n’a pas eu l’effet escompté sur l’emploi. Selon les études, cette mesure aurait permis de créer de 6.000 à 9.000 emplois supplémentaires par an entre 2009 et 2012 par rapport à la tendance naturelle. Résultat, le coût par emploi créé est estimé entre 175.000 et 262.000 euros ! A rapprocher du coût, toutes charges comprises, d'un salarié au Smic, qui tourne autour de 30.000 euros par an ! Six à huit fois plus...

- Bonjour l'efficacité. C'est du Sarko pur jus. Note que Hollande n'a pas abrogé cette mesure... Les me(r)dias restent singulièrement discrets à ce sujet.

- Bof ! Sarko, Hollande, c'est « bonnet blanc et blanc bonnet ». Tè ! Il y a une autre histoire de sous, un peu plus médiatisée : c'est celle de l'abandon des « parachutes dorés » par PSA, c’est-à-dire Peugeot-Citroen. L'entreprise devrait ainsi économiser 34 millions dès cette année, et ce pognon sera distribué aux salariés à travers les primes de participation ou d’intéressement. Soit environ 450 euros par salarié. Rappelons tout de même que les salaires sont gelés depuis pas mal de temps.

- En voilà une nouvelle qu'elle est bonne !

- En effet. Et c'est assez rare pour qu'on le souligne. « Le nouveau dispositif sera plus transparent, moins coûteux et plus directement lié à la performance économique de l'entreprise » qu'il dit Louis Gallois, le président du directoire de PSA. Et les syndicats applaudissent. Difficile de ne pas approuver. Mais qu'est-ce que ça cache ? Dans ces grosses entreprises, on n'est pas habitué à l'altruisme et à la recherche de la justice dans les rapports avec les salariés...

- Ah ! Il y a un loup ?

- Eh bien, la taxe sur le montant de ces pensions haut de gamme, payée par l'employeur, est passé, grâce aux sénateurs, de 12 à 24 %.. Ainsi pour 100 euros de retraite complémentaire (net de taxes et d'impôts) payés à un ancien cadre supérieur, l'entreprise doit maintenant s'acquitter de 316 euros, contre 285 avant la taxe sénatoriale, alors que 100 euros de salaire lui en coûteraient "seulement" 256 ! Payer une rente devient ainsi très coûteux pour l'entreprise. C'est plus cher qu'un salaire...

- Je me disais aussi... Allez, à la nôtre.



4 réactions


  • alain_àààé 17 décembre 2015 15:28

    excellent article c est vrai a les écouter ses artisans de la bouffe se sont bien régaler j espére que le gouvernement va remettre du menage dans tous cela ?


    • jean-marc D jean-marc 18 décembre 2015 11:59

      @alain_àààé
      Bonjour,

      « le gouvernement va remettre du menage » :
      Vous avez déjà vu une seule remarque de la Cour des Comptes suivie d’effet, vous ?
      Bien à vous,

  • Le421... Refuznik !! Le421 17 décembre 2015 18:07

    Un peu l’histoire des 35H que tous les dirigeants de droite et du Medef se sont mis à saboter illico-presto.
    L’optique, c’était une idée de partage du travail.
    Le résultat ??
    Pas d’embauche ou peu, et à coup d’aides coûtant un bras à la nation...
    Les ouvriers se sont retrouvés avec un cahier de charge identique, mais en 35H uniquement.

    Et pour ceux qui ont eu à faire 39H, soit 4H sup, la moindre occasion était sujet à la suppression de ces heures sup. Je parles du paiement, bien sûr !! C’est fou les astuces comptables qui existent !!
    Par contre, j’ai constaté sur le terrain - expérience personnelle - que nous n’avons jamais fait 39 mais mini 42 voire 43H !!
    Et oui !!
    La différence entre les discours à la télé et la réalité.

    Quand aux restaurateurs, vu leur façon de « restaurer » le client, pour la plupart, on se doute que la gestion du personnel tient aussi du « fait maison » !!
    Secteur en grande difficulté. A Sarlat, les restos se touchent. Pouvez m’expliquer M’dame !!


  • Samson Samson 17 décembre 2015 22:06

    « En échange, les professionnels s’étaient engagés à répercuter la baisse de TVA sur au moins sept produits, ce qui devait profiter aux consommateurs et à créer 40.000 emplois supplémentaires sur deux ans. » smiley

    Même chose que pour les promesses des $ociali$tes à Gattaz et au Medef : elles n’engagent que ceux qui feignent d’y ajouter foi et ne vident jamais qu’un peu plus le le trésor public !
    On n’arrête pas le progrès ! Nul doute que la baisse de TVA aura bien profité aux restaurateurs soucieux d’investir dans des caisses électroniques suffisamment « intelligentes » pour automatiquement trier entre les rentrées à déclarer et les autres ! Faute de conditionner l’octroi des cadeaux de l’état, nul n’ignore qu’il est bien plus logique et rentable d’investir dans l’automation et l’informatisation de la production, ce qui permet de débaucher plutôt qu’embaucher des salariés, et le coup de pouce n’aura pas manqué d’y contribuer.

    Si conformément à leurs incantations périodiques, nos gouvernants étaient réellement soucieux de l’intérêt national ou de promouvoir ou relancer l’emploi, il n’y aurait jamais eu lieu d’un « sursaut républicain » pour résister aux sirènes électorales des mères-fouettard et par là à l’expression de la colère et du désespoir des « sans-dents ».

    On nous prend vraiment pour des billes ! smiley

    Allez, santé quand même ! smiley


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