Question de vocabulaire...
En réponse à Delphine Batho qui évoquait, lors de sa conférence de presse, "un tournant de l'austérité ou de la rigueur qui ne dit pas son nom", le premier ministre Jean Marc Ayrault se défend comme il peut et préfère, lui, parler de "sérieux budgétaire."
"Ce que nous faisons, ce n'est pas de l'austérité, c'est le sérieux budgétaire", a affirmé le chef du gouvernement lors d'une intervention à l'occasion de la sixième édition du Conseil stratégique des industries de santé. "L'austérité, c'est autre chose. C'est la déconstruction d'un système social historique...", a-t-il précisé.
Austérité, sérieux budgétaire ? Les français accablés de difficultés, au chômage, en fin de droits ne voient pas trop la différence : quand les fins de mois sont serrés, que les prix du gaz, de l'électricité augmentent, face à une énième réforme des retraites prévue à la rentrée, les français peuvent se dire qu'il leur faut encore subir des restrictions...
Le sérieux budgétaire est sans doute nécessaire mais s'applique-t-il aux plus nantis ? Ce sont les français les plus fragiles qui sont soumis à l'austérité et c'est sur eux que pèsent le plus souvent toutes les mesures d'économies envisagées par l'état.
Jean Marc Ayrault se défend aussi de vouloir déconstruire un système social mais c'est pourtant ce qui risque de se produire, si le gouvernement lance une nouvelle réforme des retraites avec un nombre d'annuités toujours croissant jusqu'à 43 ou 44 ans...
De fait, beaucoup de salariés auront des difficultés à faire une carrière complète et verront leur retraite diminuée...
L'austérité est désormais le maître-mot de l'Europe : comment pourrions-nous y échapper ? Par quel miracle ? Bruxelles nous impose, sans arrêt, des mesures qui visent à diminuer tous les acquis sociaux.
Nivellement des retraites par le bas, flexibilité, impôts et taxes en augmentation, les français ont l'impression que la pression de l'austérité se fait toujours de plus en plus grande.
L'explication donnée par Delphine Batho est éloquente : elle dénonce les forces de la finance, les lobbys qu'il s'agit de satisfaire.
L'Europe reste sous l'emprise de ces financiers pour qui comptent surtout les profits, les dividendes, la spéculation...
Alors, sérieux budgétaire ? Austérité ? Peu importent les mots, il est facile de jouer et de jongler avec eux, mais les français doivent se plier à des mesures qui oppressent certains, qui les contraignent à vivre sur le fil, à désespérer parfois...




