vendredi 27 mars - par Dany-Jack Mercier

Quoi, l’inclusion impacterait le résultat des autres élèves ? On nous aurait menti ?

Tout le monde en parle, mais personne n'ose dire la vérité sur le terrain. Alors que l'inclusion scolaire est érigée en dogme indépassable, que devient le niveau global de nos classes ? Entre témoignages poignants d'enseignants à bout de souffle et études américaines révélant un impact direct sur les résultats en mathématiques et en lecture, il est temps de briser l'omerta. Et si l'obsession de l'hétérogénéité totale était l'une des causes majeures du naufrage de l'Instruction nationale au XXIe siècle ? Plongée au cœur d'un système qui, à force de vouloir inclure sans moyens, finit par exclure la transmission des savoirs pour tous.

Les MégaMathiens ont du talent

Il y a quelques jours, j'ai relayé un post de X sur la page Facebook MégaMaths, ce qui a déclenché une avalanche de réactions. Certains réclamaient les sources, d'autres livraient des témoignages vécus, de ceux dont on ne parle jamais. Car c'est un péché de critiquer l'inclusion ! C'est même devenu un tabou tel qu'on finit par s'autocensurer.

Pourtant, dès qu'une étude ose suggérer, avec d'infinies précautions oratoires, que l'accueil d'élèves en situation de handicap dans une classe ordinaire peut engendrer des difficultés, la machine à minimiser s'emballe. On nous ressort le refrain habituel : le problème, c'est le budget ! Si l'on gonfle les enveloppes pour un accompagnement "universel et systématique", tout sera résolu. Les syndicats les plus en vue ne disent pas autre chose : avec plus de moyens, on achète la paix sociale et pédagogique.

Mais la réalité est plus brutale. Et si cette obsession de l'hétérogénéité totale, imposant des classes à niveaux multiples où l'enseignant doit gérer l'ingérable, était l'une des causes premières du naufrage global de l'Éducation nationale ? Une collègue, dont vous lirez le témoignage plus bas, explique qu'à force de faire de l'inclusion à marche forcée, elle n'a pu traiter que la moitié du programme. À force de faire de la discipline ou de l'assistance sociale, on ne transmet plus rien.

Ce sont des milliers de classes qui, chaque année, sacrifient la moitié de leurs savoirs sur l'autel du dogme. S'étonner ensuite de la chute du niveau ou du désintérêt des élèves pour des cours qui stagnent sans rien apporter, c'est faire preuve d'un aveuglement coupable. C'est pourtant là que se joue l'une des faillites majeures de notre système au XXIe siècle.

Je suis allé chercher la référence de l'étude pour les sceptiques. Mais franchement, a-t-on encore besoin de preuves quand on a déjà mis les pieds dans une salle de classe ? Ou alors, c'est qu'on s'est habitué à ne traiter que la moitié du programme, année après année, ce qui explique exactement où nous en sommes !

[Référence de l'article]

Une citation d'un des auteurs de cet article : “I knew it would be controversial because the results ... do show a direct negative effect,” Gottfried said. “I don’t think that kids with disabilities should be segregated as they have in the past, but that doesn’t mean we should ignore what the results are saying.”

Traduction : « Je savais que ce serait controversé parce que les résultats... montrent bel et bien un effet négatif direct, a déclaré Gottfried. Je ne pense pas que les enfants en situation de handicap devraient être ségrégués comme ils l'ont été par le passé, mais cela ne signifie pas que nous devions ignorer ce que disent les résultats. »

Merci pour tous vos commentaires. On ne parle jamais de l'impact de cette inclusivité sur l'ensemble d'un contingent d'élèves ! C'est pourtant une donnée cruciale qui devrait mettre le feu aux poudres chez nos bataillons de chercheurs en didactique.

 

Le Post X qui a tant fait écrire :

Quoi, l'inclusion impacterait le résultat des autres élèves ? On nous aurait menti ?

Citation : "Des chercheurs ont constaté que les élèves qui partageaient une classe avec des élèves souffrant de troubles émotionnels et comportementaux avaient plus d'absences, des résultats plus faibles en mathématiques et en lecture, et étaient plus susceptibles d'avoir des comportements perturbateurs en classe ou d'éprouver des difficultés relationnelles."

 

Les réactions des MégaMathiens :

Réaction 1

Je ne sais pas si ces recherches existent, mais voici mon expérience de l'année dernière : j'avais cinq enfants à profil particulier dans ma classe de double niveau à 25 élèves. Parmi eux, une suspicion d'autisme, une suspicion de TDAH et un enfant souffrant d'un trouble du comportement très lourd. Tous étaient en cours de diagnostic, donc sans aucune AESH. Ce qui est certain, c'est que je n'ai pas fait la moitié du programme habituel, car j'étais occupée à gérer les cris, les crises et les tentatives de fuite. L'année s'est d'ailleurs terminée avec des remplaçants à cause de mon burn-out. Je n'ai rien contre l'inclusion, mais certainement pas dans ces conditions où personne n'y gagne rien : ni les enfants porteurs de troubles à qui l'on ne peut pas donner ce dont ils ont besoin, ni les autres qui ne peuvent pas avancer, ni l'enseignant qui y laisse sa santé s'il veut essayer de faire au mieux pour tous.

Réaction 2 :

Je ne sais pas qui sont les "chercheurs" en question, mais mon simple bon sens me dit que si vous réduisez de moitié le temps consacré à l'enseignement, les résultats seront mécaniquement plus faibles en maths et en lecture. Et que font les profs pendant l'autre moitié du temps ? Ils font le boulot des AESH inexistantes. Quant aux élèves qui n'ont pas besoin d'accompagnement, que font-ils pendant ce temps ? Ils s'ennuient, donc ils s'agitent, comme tous les enfants livrés à eux-mêmes sans occupation.

Réaction 3 :

Attention, "inclusion" est un mot déguisé pour dire économies ! De nos jours, on nous demande d'apprendre le saut de haies à des élèves paraplégiques sans aucun matériel adapté. Ah si, on compte sur mon dévouement et mon incroyable bienveillance ! Ils ont dû croire que les professeurs étaient des X-Men.

Réaction 4 :

Le problème, ce n’est pas seulement l’inclusion mal pensée, c’est aussi un système qui veut faire entrer tous les élèves dans le même moule. Certains élèves ont besoin d’un cadre différent, plus concret, plus actif. Les forcer à rester assis toute la journée, ce n’est pas les aider : c’est les mettre en échec.

Réaction 5 :

Enseignante et maman de deux ados TDAH, dyslexiques et dyscalculiques, je constate que le collège est une période très compliquée pour eux comme pour moi qui les accompagne autant que possible. Vivement la voie technologique ou professionnelle, qui conviendront tellement mieux à ma fille et à mon fils !

 

Plus d'infos sur l'article en questions

L'article a été publié par Education Week le 6 septembre 2016. Il s'intitule « Studies Flag Potential Downside to Inclusion » et a été écrit par Carmen Constantinescu et Christina A. Samuels.

Résumé de l'article

L'article traite de l'impact de l'inclusion scolaire, particulièrement lorsque des élèves souffrant de troubles émotionnels et comportementaux (EBD) sont intégrés dans des classes ordinaires. Bien que la loi fédérale américaine (IDEA) encourage l'inclusion, l'article met en avant des recherches suggérant des effets négatifs collatéraux sur les élèves sans handicap (ce que les chercheurs appellent des « retombées » ou spillover effects).

L'étude principale citée dans cet article est celle de Michael Gottfried, chercheur à l'Université de Californie (à l'époque à l'UC Santa Barbara).

  • Référence complète : Gottfried, M. A. (2014). « Classmates with Emotional and Behavioral Disabilities and Their General Education Peers : A Contextual Examination. » Social Science Research, 47, 126-140.

  • Principales conclusions : L'étude a révélé que les élèves sans handicap ayant des camarades de classe avec des troubles comportementaux avaient des scores aux tests de lecture et de mathématiques légèrement inférieurs, et étaient plus susceptibles de s'absenter ou d'avoir des problèmes de comportement eux-mêmes.

On retrouve le texte original d'Education Week ici.

Les auteurs soulèvent les points clés suivants :

  1. Le manque de ressources : Le problème ne vient pas nécessairement de l'enfant inclus, mais du manque de soutien (aide-enseignants, formation) pour gérer les comportements perturbateurs.

  2. L'effet de contagion : Les enseignants passent parfois plus de temps à gérer la discipline qu'à enseigner le programme.

  3. Nuance importante : L'article précise que ces résultats ne doivent pas servir à exclure les élèves, mais à réclamer de meilleurs moyens pour que l'inclusion soit une réussite pour tout le monde.

 

D'autres études sur ce sujet : 

Visitez le site MégaMaths (Attention aux contrefaçons)



22 réactions


  • SilentArrow 27 mars 13:36

    @Dany-Jack Mercier

    Il n’y a pas que l’inclusion d’enfants handicapés (autisme, etc.) qui plombent les classes et produisent un nivellement par le bas.

    Il y a surtout, et massivement, l’immigration en provenance des pays arabo-islamiques.

    Il faut être de gauche pour penser que mélanger de populations au QI moyen de 85 avec des populations au QI moyen de 100 ne va pas faire plonger le niveau.

    La solution est évidemment un système à plusieurs vitesses : les cancres d’un côté et les élèves doués de l’autre.


    • Eric F Eric F 27 mars 18:15

      @SilentArrow
      Chronologiquement il y a d’abord eu l’instauration de la filière unique regroupant les moins doués ou motivés, avec les élèves moyens et les élèves brillants. Et ensuite l’inclusion d’élèves handicapés selon l’utopie qu’ils seront « normalisés » par mimétisme et émulation. 
      On se plaint du manque d’accompagnateurs individuels, il y en a pourtant, notamment auprès d’élèves migrants maîtrisant mal la langue.

      Le concept de classes de niveau n’existait pas jadis dans le primaire, mais il y avait moins d’élèves réfractaires, non pas décrocheurs mais n’ayant jamais accroché. 
      Dans le secondaire, cela avait existé mais a été abrogé. Il y a eu parfois des subterfuges, les plus doués étaient incités à faire du grec à parti de la 4 ème. Il y a eu aussi les classes dites « bilingues » (anglais renforcé).


    • ahtupic ahtupic 27 mars 18:39

      @Eric F
      les plus doués étaient incités à faire du grec


      Pas du tout, le Poudré n’a jamais été doué mais Jean Mimi lui a appris à l’âge de 14 ans ce que c’était d’aller se faire voir chez les Grecs.


    • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 27 mars 23:12

      @SilentArrow
      Bien vu. Vous mettez le doigt sur un autre problème.
      La disparition d’un minimum de sélection, au moins celle qui subordonne le passage en classe supérieure à l’acquisition suffisante de certaines notions qui permettront de ne pas perdre son temps dans une classe où l’on se trouve comme un cheveu dans la soupe, est aussi une autre cause de la débandade.


    • Eric F Eric F 28 mars 09:38

      @ahtupic
      Timeo Danaos et dona ferentes


    • ahtupic ahtupic 28 mars 09:52

      @Eric F
      Je n’ai jamais fait de latin ni de grec. Tu parles de cheval de Troie et moi je parlais plutôt d’un organe à Bribitte. Mais je ne sais pas la correspondance de taille avec le cheval. smiley 


  • Brunehaut 27 mars 16:50

    L’école n’intéresse ( presque ) personne.

    Sauf à servir encore de champ de bataille idéologique ... Mais les vieux combats sont d’arrière-garde.

    Même les parents ( qui devraient pourtant avoir de justes exigences ) soutiennent lâchement un système que Chéri peut traverser de bout en bout sans connaître l’effort, ni la contrainte. Surtout sans se faire mal ! 

    Les élèves font semblant de travailler ; les professeurs d’enseigner. Et ça vaut pour la majorité.

    Il faut d’ailleurs souvent du courage aux uns et aux autres pour entretenir ce simulacre.

    J’ai bien peur que la réalité ne vienne un jour, de façon brutale, tout faire basculer. Car, enfin, à qui ce système de formation, qui, à force de se renier lui-même, ne forme plus grand monde, quand il ne déforme pas, à qui profite-t-il aujourd’hui ?


    • ahtupic ahtupic 27 mars 18:43

      @Brunehaut
      Les sous doués sont tous au gouvernement et tous les ministres ne savent même pas placer l’Iran sur une carte muette de géographie. 


    • ahtupic ahtupic 27 mars 18:44

      @ahtupic
      Et les journaleux qui ont trouvé Téhéran, capitale du Liban ! smiley


    • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 27 mars 23:15

      @Brunehaut
      Raison de plus pour en parler et rapeler les fondamentaux.
      Cela montre que certains ne sont pas dupes, et risque d’entraîner d’autres prises de conscience. Prêcher, même dans le désert, peut rapporter « gros ». Il n’y a qu’à se souvenir des religions du livre :)


  • Zolko Zolko 27 mars 17:22

    ... où l’enseignant doit gérer l’ingérable, était l’une des causes premières du naufrage global de l’Éducation nationale ?

     

    Vous pourriez aller un cran plus loin : et si c’était un des objectifs premiers ? Vous ne pensez pas sérieusement que l’objectif de l’éducation nationale actuellement est de créer des citoyens alertes et instruits, au lieu de consommateurs obéissants ? Vous pensez que vous pourriez faire avaler les énormités du covid ou de la guerre en Ukraine à des personnes informées ayant un regard critique ?


    • ahtupic ahtupic 27 mars 18:48

      @Zolko
      Bien sur que c’était un objectif et la réalité a dépassé la fiction. Tous des crétins. Les jeux, la pornographie, le wokisme,... tout a été programmé


    • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 27 mars 23:20

      @ahtupic
      Oui. Alors je remue le couteau dans la plaie. Il faut en parler et faire connaître tout ça. Pas sûr que ça ait été programmé : évolution naturelle peut-être ? La recherche du moindre effort est quelque chose de très naturel. Alors on tord le système pour que cela passe...


    • ahtupic ahtupic 27 mars 23:55

      @Dany-Jack Mercier
      Oh que si cela a été programmé.
      Brighelli a écrit un livre : La fabrique des crétins
      Des personnes sans esprit critique, sans culture, ca se manie facilement. Ainsi on installe la dictature.
      Il suffit d’écouter les conversations des personnes sans culture, c’est désolant.
      Et la drogue du sport ! Et ceux rivés devant leur télé avec des émissions débiles.
      Ils ont même virés de la télé ceux qui présentaient des émissions culturelles comme Lepers par exemple. Ils ont viré également les comiques trop critiques.


    • ahtupic ahtupic 27 mars 23:58

      @ahtupic
      2009 la propagande H1N1 n’a pas fonctionné
      11 ans après, plus de crétins et la plandémie Covid a fait un tabac


    • Francis Francis 28 mars 10:09

      @ahtupic
       
      bien vu


  • Com une outre 27 mars 17:33

    La question est plutôt « Pourquoi a-t-on forcé à l’inclusion alors qu’on savait depuis des décennies qu’elle impacterait les autres élèves ? ». Et vous n’y répondez pas malheureusement.


    • Eric F Eric F 28 mars 09:36

      @Com une outre
      La démagogie et les « bons sentiments » bisounours de la gauche sociétale terranoviste ont conduit à la parité, l’inclusion, le nivellement.


  • ETTORE ETTORE 27 mars 18:08
    SilentArrow 27 mars 13:36

    @Dany-Jack Mercier

    «  »« Il y a surtout, et massivement, l’immigration en provenance des pays arabo-islamiques. »"

    ...................................................................... .........................

    Voilà, ce qu’il fallait dire !

    C’est bien cette assertion essentielle, qui était manquante dans le texte de l’auteur, et qui malgré tout, ressortait en force, comme une pudeur, ou, un classement, qui aurait fait gicler le podium des vérités, dans l’arrière cour des responsabilités non dites.

    Quand on en arrive à cacher une telle réalité, par des défilés de handicaps....

    C’est que la raison de faire elle même, ne tient plus qu’avec des bequilles !


  • Mustik 28 mars 11:34

    Il me semble que tout a été dit et écrit au moins en matière de politique intérieure.

    Surtout après la leçon des récentes élections.....

    Sur un ton désabusé, on peut se poser une question légitime :

    qu’est-ce qui va bien en France pour les gens de bonne volonté, i.e. ceux qui se lèvent encore tôt le matin pour faire tourner la machine ou ce qu’il en reste ?...

    Accessoirement, je viens d’entendre le discours du Monarque monégasque à l’occasion de la visite papale... j’ai été bluffé : quel progrès par rapport à ses débuts bafouilleurs. Notre évaporé de l’Elysée devrait en prendre de la graine, plus ça va plus il est minable... idem ceux qui l’entourent et préparent ses discours fumeux !

    Ce matin, j’ai envié les Monégasques !


  • ETTORE ETTORE 28 mars 11:52

    Avez vous VU ou , PU écouter, le Macaroneux, sur la déBANDADE de ses collistiers groupies sympathisants, lors de cette élection ?

    Moi, non !

    C’est comme si le gnouffi, habitait sur une autre planète nommé ;

    « Porte z’avions-mais n’avons plus  »

    Ce porte moumoutte, est devenu le belphéGORE de la Raie Publique.

    Apparaissant toujours avec un micro comme tuteur utile, et des phrases qui doivent porter loin, alors que LUI, est le parfait symbole de l’immobilisme statique qui rate absolument tout.

    Peut être futur dame pipi, au CONseil Z’ob rope &Hein ?


Réagir



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/