Rapport sur l’utilité des guerres
Le « Rapport sur l’utilité des guerres », fut préfacé par J. K. Galbraith (Calmann-Lévy, 1968), auteur également des « Mensonges de l’économie », critique désespérée du monde des affaires, quarante ans plus tard.
Le « Rapport sur l’utilité des guerres », secret à l’époque, était destiné au gouvernement des Etats-Unis. L’industrie de l’armement est en effet le principal facteur du développement de l’économie, de la finance et donc de la "croissance".
Sous prétexte de lutter contre l’avancée du communisme, il y eu la guerre en Indochine puis celle en Afghanistan, avec les résultats que l’on connaît.
Afin d’étendre la zone du pétrodollar, sous le faux prétexte d’éradiquer le terrorisme islamique après le 11 septembre 2001, il y eu la guerre en Irak, puis en Libye, avec les résultats que l’on connaît. Le mensonge attesté des "armes de destructions massives" devait justifier une guerre contre les pays qui tentaient de vendre leur pétrole contre des devises autres que le dollar, contrevenant ainsi au "Pacte de Quincy", résultat d’un accord entre ibn Séoud et Franklin Roosvelt en 1945.
Même en Syrie, où l’intervention de la coalition permit à un islamiste prétendument repenti, Ahmed Al-Charaa d’occuper la présidence de transition. Malgré ses promesses, un décret impose la charia, dictant aux citoyens musulmans, ce qu’ils doivent manger, boire et comment se vêtir, interdisant également aux femmes fonctionnaires de se maquiller au travail, et pour se baigner à la plage, de revêtir le burkini, etc., en contradiction totale avec la déclaration constitutionnelle (Le Monde du 20 mars 2026).
Ce qui se passe avec l’Iran, si grave, si traumatisant pour les peuples concernés, si dangereux pour le monde, est le symbole de l’effrayante incohérence de la volonté de puissance et de domination qui ne repose que sur des stratégies et des processus économiques, financiers et mégalomaniaques.
Mohamed Reza Pahlavi, dernier chah d’Iran, régna de 1941 à 1979. Après la guerre, il fait entrer l’Iran dans le monde moderne, se rapproche des Etats-Unis, fait plusieurs fois la "une" de Paris-Match avec sa femme, se déplace dans les grandes capitales occidentales, libère les mœurs, achète des armes. Les réformes qu’il entreprend provoquent évidemment une certaine opposition. Mais son premier ministre, Mohammad Mossadegh, approuvé par le parlement iranien, nationalise l’industrie pétrolière du pays. En 1953 les services secrets américains, craignant que les pays voisins imitent la décision du premier ministre, soutiennent l’opposition aux réformes. Les religieux sont contre le vote des femmes et la modernisation du système judiciaire mettant en cause la charia coranique. Ils fomentent un coup d’État et le chah est obligé de limoger Mossadegh. L’ayatollah Khomeini réclame aussi le retour de l’obligation pour les élus locaux et provinciaux de prêter serment sur le Coran. Khomeini est envoyé en exil. Il se rend en Turquie, puis en Irak, puis en France. Il s’installe à Neauphle-le-Château, près de Paris, où il est soutenu par des intellectuels, de Jean-Paul Sartre à Michel Foucault. Il y précise son idéologie de l’Etat islamique, Gouvernement de Dieu. Son mouvement, victorieux, il rentre en Iran, le 1er février 1979 et la République islamique est proclamée fin mars. La constitution prévoit alors, que la loi doit être en accord avec la charia. Contraint à l’exil, le chah meurt en Egypte un an plus tard.
« L’enfer est pavé… du cynisme le plus honteux.
Philippe Annaba.


