mardi 5 novembre 2013 - par VWALUMA Augustin

RD Congo - M23 : Le piège du cessez-le-feu

Les combattants du M23, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, ont demandé un cessez-le-feu. Il s’agit d’une demande qui ne risque pas d’aboutir, pour des raisons de crédibilité, parce que le passé ne plaide pas pour eux.

Il y a tout d’abord le fait qu’en juin 2012, le même mouvement avait formulé une demande similaire auprès des soldats congolais, officiellement pour permettre aux élèves de cette même ville (Bunagana) de passer les examens d’Etat (examens du Bac). Les soldats congolais avaient accepté la demande. La suite leur fut fatale. Les combattants rwandais profitèrent de la trêve pour accumuler des armes et recruter au Rwanda et en Ouganda. Le 06 juillet 2012, l’armée congolaise fut surprise par une foudroyante attaque, là même à Bunagana. Plusieurs soldats congolais et un casque bleu indien furent tués.

Les soldats congolais furent jetés dans la nature, certains demandant asile en Ouganda. Le M23 progressa vers le Sud et finit par s’emparer de la ville de Goma, en novembre 2012. Les Congolais ont toujours en mémoire ces images de Goma où les casques bleus de l’ONU avaient assisté, les bras croisés, à la chute de la plus grande ville de l’Est du Congo. L’histoire retient que des dizaines de femmes congolaises furent violées (voir rapports des ONG et de l’ONU) tandis que les combattants rwandais emportaient des stocks de minerais et des meubles, pillés dans la ville, de l’autre côté de la frontière, au Rwanda.

Une situation dramatique s’en est suivie, particulièrement avec des lourdes conséquences humanitaires sur la vie des femmes et des enfants. Plusieurs cas d’enlèvements suivi d’assassinat, de viols, et de recrutements forcés des enfants et jeunes dans les rangs des rebelles du M23, selon plusieurs.

Toujours, sur le passé, il ne faut pas oublier l’affaire de Mushake. Les Congolais avaient reçu l’ordre de stopper les opérations militaires. Les combattants du CNDP, le mouvement dont est issu le M23, en profitèrent pour se renforcer. En décembre 2007, une attaque fulgurante fut lancée contre la localité. Plus de 2.600 soldats congolais furent massacrés.

Ces mauvais souvenirs du passé ne plaident donc pas en faveur des combattants du M23. Ils devraient, peut-être, accepter la demande des autorités congolaises.

Après avoir visité les fosses communes de Kibumba, le Gouverneur du Nord-Kivu a demandé aux membres du M23 de se rendre.

Le mouvement, quasiment fini, selon Martin Kobler (le patron de la Monusco), est appelé, par les Congolais, à se dissoudre et à disparaître pour épargner à nos enfants et nos femmes, du Nord-Kivu, le martyre des guerres à répétition.

Augustin VWALUMA

 EADEV (Enfants pour l’Avenir et le Développement)

 




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