RDC – Rwanda : OMERTA, enfin ! (2 de 2)
Dans ma précédente livraison, je m’étais proposé de « produire une récension » de l’avant-dernier numéro d’OMERTA[1] et ce, compte tenu de ce que j’avais émis, peu avant, l’avis selon lequel il était grand temps que ce média aborde, plus explicitement et d’une manière plus documentée, la « question » de l’Afrique des Grands Lacs et du drame qui s’y joue (en silence) depuis plus de trente ans, maintenant.
Ce « travail », portant sur plus de 15 articles, s’est révélé plus long qu’escompté. J’ai donc dû prendre un « certain temps » pour, en fait, tenter d’extraire la substantielle moelle de mes cogitations que ces articles me suggéraient. Je me suis donc limité à un nombre restreint de textes qui m’ont semblé être les plus significatifs soit par leur auteur soit par leur sujet-contenu.
I - A tout seigneur, tout honneur : je commencerai donc par un véritable monument et incontournable connaisseur du Rwanda, en particulier et de l’Afrique en général, dans leurs rapports à l’Occident, à l’Europe et à la France singulièrement. J‘ai nommé Bernard Lugan[2]. J’apprécie Lugan, malgré sa moustache à l’Anglaise[3], par son côté « Vielle France », ses gilets, ses pochettes, ses foulards, ses épingles de cravate et autres attributs vestimentaires bien de chez nous. Mais à côté de ces iconiques manières d’apparaitre et d’être à part, il faut lui reconnaître sa verve succulente et particulièrement ses expressions percutantes de « danseurs à claquettes de sciences po » (pour certains de nos dirigeants)[4] et de ses propositions de « joutes oratoires et autres duels verbaux », avec les mentors du mainstream.
Je conseille à mes lecteurs qui ne connaîtraient pas encore Bernard Lugan de lire ses nombreux livres d’histoire, qui sont tous « passionnants » et à suivre ses interventions sur les réseaux non-officiels [5]
Quant à « Omerta » n°10 et à l’article « Kivu, aux racines du Mal » qu’il y commet, je n’y ferai que 3 commentaires sur des aspects qui, parmi beaucoup d’autres, ne sont pas suffisamment abordés et développés, selon moi, à propos de l’invasion ougandaise du Rwanda, le 1er octobre 1990, et de ses suites jusqu’à aujourd’hui, par les experts, les historiens et autres observateurs.
A - Tous ceux-ci parlent, en effet, de Paul Kagamé et de Fred Rwigema comme acteurs de cette « opération militaire spéciale » qu’est l’invasion du Rwanda par l’Ouganda le 1 octobre 1990. Tous, y compris Lugan, parlent de Kagame et de sa « formation aux US à Fort Leavenworth ». Or il faut savoir que les stages à Fort Leavenworth, qu’organisait le Pentagone, à cette époque, se déroulaient en deux sessions/an, chacune de 6 mois. Il est intéressant à ce sujet de relire Strephen Kinzer[6]. Ce dernier nous apprend que Kagamé n’est resté « en formation », à Leavenworth, réellement, que pendant +/- 3 mois : entrant aux USA, début juillet 1990, en tant que militaire Ougandais et en en ressortant, en tant que citoyen Rwandais …… début octobre 1990 [7] …. Juste après l’entrée du FPR au Rwanda le 1er octobre 1990, l’assassinat de Rwigema le 2 octobre et la nuit « ratée » des tirs à Kigali du 3 octobre ….Donc, pour moi, la « formation US » de Kagamé fait partie de la « Légende » et non de l’Histoire.
B - Lugan prétend qu’au début octobre 1990 « …. l’envoi d’éléments militaires français …. dissuadèrent l’APR de poursuivre sa marche vers Kigali …. ». Mais pas que …. Les paras Zaïrois de la garde Présidentielle Zaïroise (de Mobutu) avaient déjà été parachutés, entre Gabiro et Kayonza, coupant la seule route asphaltée pouvant conduire les effectifs mécanisés Ougando-FPR (ayant franchi la frontière à Kagitumba le 1 octobre), vers Kayonza, Rwamagana et finalement Kigali, qui aurait dû être atteinte (prise ?) en moins de trois jours.
C - « La guerre du Kivu débuta le 14 septembre 1996, quand, armés par les Rwandais, les Banyamulenge …. ». La question des Banyamulenge est à rapprocher de l’individu qu’est Laurent-Désiré Kabila que Che Guevara, dans son « Journal du Congo », décrit comme un personnage privilégiant ses intérêts personnels de petit trafiquant d’or, en lequel « on ne peut avoir confiance »[8].
On retrouve, ici, la tactique de Kagamé d’utiliser sous faux drapeau « Kabila et Banyamulenge » pour renverser Mobutu, et actuellement, toujours sous faux drapeaux, d’utiliser le « M23 » et la soi-disant menace islamique pour s’emparer des régions de l’Ituri et des Kivu. Car Kagamé devait très bien savoir que Kabila n’était pas « l'homme de la situation » manquant de « sérieux révolutionnaire » puisque, suivant Stéphen Kinzer[9], Kagamé se présente comme un fin connaisseur et un grand admirateur du Che. Il ne serait pas étonnant d’imaginer qu’il aurait « prévu », déjà, de faire assassiner Josèphe Kabila, le moment venu……. comme ses autres bras droits… Seth Sendashonga Théoneste Lizinde, Félicien Gatabazi, Patrick Karegeya, etc[10] …...
II – Alexandre Del Valle se présente comme un « géo-politologue franco-italien spécialisé dans l’analyse de l’islam politique » que je ne connaissais pas et dont l’approche des questions relatives à la violence civile et aux confrontations militaires dans l’Ituri et les Kivu, sous l’angle de l’« islamisme ou l’islamisation » m’interpelle. Le titre de son article : « La guerre invisible de l’Est congolais : entre guerres par procuration et djihadisme transnational » contient l’expression « guerres par procuration ». Elle me semble véritablement mettre le doigt sur l’aspect le plus constant de la stratégie du pouvoir rwandais actuel, mise en œuvre par Kagamé = les opérations terroristes, sous faux drapeaux militaires, civils ou religieux. Plus loin, Del Valle, à juste titre, dénonce le fait que l’Union Européenne continue à « financer des projets sécuritaires » (FEP 20.000.000 d’euros, en 2024, destinés notamment aux transports de troupes rwandaises [11]) et à « certifier les minerais du sang » exportés par Kigali. Il souligne, également bien à propos, l’« absence totale de couverture » médiatique adaptée à la réalité de la situation prévalant dans l’Est congolais. Sa position sur l’« Etat délité de la RDC par les ingérence étrangères, offrant des sanctuaires pour les fauteurs de guerres tribales et ……… les djihadistes » me semble exacte pour ce qui du tribalisme mais exagérée pour ce qui a trait justement de l’expansion religieuse de l’islam[12]. Ce dernier danger, mis en exergue, me semble flatter et exacerber, en même temps, les réflexes primitifs d’une islamophobie « élémentairement basic », de plus en plus fréquente chez nous. En effet il faut se rappeler que les premiers missionnaires catholiques (Pères Blancs) et protestants (Anglicans) ont constaté que pour les groupes socio-culturels Tutsis (en général et du Rwanda, en particulier) le choix entre le monde musulman (connu depuis longtemps) et le monde chrétien (nouvellement arrivé) ne faisait pas de doute. La pratique de la circoncision, obligatoire pour les musulmans, n’était pas compatible avec les traditions et les comportements coutumiers sexuels pratiqués chez les Tutsis (gukuna ou kunyaza).
L’attitude récente des gouvernements rwandais a varié au cours du temps : d’Habyarimana (tiède vis-à-vis au kadhafisme libyen) à Kagamé (cul et chemise avec le netanyahouisme israélien). Ne faudrait-il donc pas, d’après moi, focaliser l’analyse d’abord sur la réalité de la diversité des groupements « politico-militaro-industriels actifs » et ensuite, et seulement après, sur la complexité des contextes « pseudo-religieux » ?. Il serait peut-être utile de mettre en perspective les extrêmes telles que le Maï-Maï ; Interamwe et M23 avec les Emmanuel de Mérode et ses gardes du Parc des Virunga, Dr Denis Mukwege et son centre de Panzi et les fidèles du kibanguisme[13].
III – Jacques Hogard, ancien colonel de la Légion étrangère, donne deux interviews à Julie Péron.
Comme beaucoup d’observateurs, il me donne l’impression de prendre le phénomène FDLR[14] comme un « Lord-Maire », alors que ce n’est probablement même pas un fait[15] , mais un mirage, une nébuleuse, créés par les discours d'autorité opportunément claironnés par la propagande Kagaméenne, championne de l’ubengwe, acte perlocutoire par excellence.
Il dit « Paul Kagame a décidé d’en finir avec le pouvoir du Maréchal Mobutu…. ». Ceci semble naïf compte tenu de ce qu’on sait de la géopolitique qui a précédé le génocide et toujours actuellement, moteur de « regime change » et donc du rôle des USA et des autres puissances dans les « guerres mondiales d’Afrique Centrale »[16].
Comme beaucoup d’analystes, il donne du discours de Mitterrand à La Baule l’approche : « d’une faute politique majeure… ». « Responsabilité du discours de La Baule » qui ne correspond pas à la réalité des autres manœuvres en cours via la BM le FMI et les divers lobbies de l’internationale des oligarques corrompus, unie dans le monde entier. Plus loin, Mitterrand aurait dit à Habyarimana : « … je vous aide à stabiliser la situation militaire mais il vous faut faire des concessions au plan politique …. et ouvrir le dialogue …. avec les rebelle du FPR …. ». Pour moi cette assertion est une spéculation, ce qui est réducteur et dommageable pour l’analyse Historique.
Il cite concernant l’opération turquoise Balladur, Juppé, Léotard, Roussin … mais pas Kouchner[17] à propos duquel, les avis semblent avoir évolué en fonction de ses amitiés avec les haut placé(e)s du Régime Kagame (Rose Kabuyé, au secours de laquelle il s’était porté au moment de son arrestation en Allemagne, le 9 novembre 2008 et de son extradition vers la France.)
Hogard cite Patrick de Saint-Exupéry (le neveu du Grand) qui le révolte : on peut le comprendre[18]. Mais il semble oublier Guillaume Ancel[19] qui prétend avoir récupéré le gilet pare-balle d’un camarde belge, compagnon de formation à l’utilisation « des missiles sol-air », il y a quelques années, en Europe[20]. Cette information[21] est semble-t-il capitale si réellement un militaire belge, Patrick Van Moyden, avait été tué au Rwanda aux environs du 6 avril 1994.
Finalement, je voudrais relever un « manquement » dans ce que dit Hogard dans l’interview. Pour moi il est essentiel, quand on cite Mitterrand et le Rwanda de rappeler ce que le Président aurait dit « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. » (Georges-Marc Benamou in « Le Dernier Mitterrand » 199). Ce qui semble être devenu la situation que l’on sait.
IV – Charles Onana est un des auteurs, les plus prolifiques, publiant des études sur le Rwanda et le génocide de 1994. J’ai commis toute une série d’articles[22] auxquels je renvois sur le procès qu’un de ses livres a provoqué et qui est toujours pendant devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Je ne peux qu’ajouter à ces articles-là, le titre de son nouvel ouvrage que je n’ai malheureusement pas encor eu le temps de lire : « Quand l’Afrique Bascule » (chez L’Artilleur). Je conseille cependant d’en lire d’ores et déjà la récension remarquable qu’en a faite Nicoletta Fagiolo.[23]
V – Charles d’Anjou, Président d’Omerta, dans son article « De la stratégie rwandaise et de son proxy le M23 » écrit ; « ….A l’issue de la guerre civile, devenu Président, sa stratégie politique … ». En fait, au Rwanda il n‘y a pas eu de guerre civile c’est-à-dire, guerre entre une partie de la population et de l’armée rwandaises et une autre partie de la population et de l’armée rwandaises (comme dans la guerre civile espagnole et, ce, malgré les interventions étrangères des Brigades Internationales et de la Luftwaffe allemande). Plus loin, Charles d’Anjou constate, d’une manière très lucide[24], que « signer un accord ne veut pas dire garantir qu’on le respectera », comme les accords d’Arusha, comme Minsk 1 et 2…..
VI – Alain Juillet, ancien directeur du renseignement de la DGSE répond à 5 questions que Charles d’Anjou lui pose. L’une de ses réponses est énigmatique : « ….sous Clinton, les américains ont décidé de nommer un ambassadeur sur place et de soutenir Kagamé afin qu’il prenne le pouvoir …. ». David Rawson serait-il cet ambassadeur arrivé fin décembre 1993 à Kigali et ayant eu, semble-t-il, des contacts avec Kagamé avant d’avoir remis officiellement ses lettres de créance au Président Habyarimana et être accrédité dans ce poste ? Il faut aussi rappeler que Rawson avait été un des facilitateurs des pourparlers d’Arusha et sans doute beaucoup « plus »…[25].( ?). Alain juillet semble rester bien évasif en ne s’en tenant aux images d’Epinal de rigueur …..
VII – Felix Tshisekedi, le Président de la RDC termine son entretien avec Omerta par cette « sortie » : « La seule présence islamiste……..n’explique pas tout. Il y a une main noire qui agit et qui a intérêt à une instabilité constante à l’est de notre pays », ce qui rejoint ce que je soutenais, sous le II ci-dessus, à propos d’Alexandre Del Valle. On peut signaler qu’à peine paraphé en juillet 2025 à Doha, et signé par trois chefs d’Etat (USA, RDC, Rwanda) en décembre 2025 l’accord de Washington[26] , pas encore ratifié, était « rendu caduque par des massacres au Nord et au Sud Kivu (Massisi, Rutshuru, Uvira). Dès les premiers jours de 2026 : « ….les observateurs internationaux notent un décalage profond entre les engagements diplomatiques de Washington et les réalités meurtrières du terrain. (Sic IA[27]) » . « Crise humanitaire : L'ONU rapporte environ un demi-million de nouveaux déplacés pour le seul mois de janvier 2026 en raison des combats persistant autour de Goma . (Sic idem) ».
VIII – Dans son article : « Les minerais du sang », Régis Le Sommier, se posait, en septembre, déjà la question : « …l’accord américain suffira-t-il à changer les habitudes dans cette partie du monde ? ». La question n’était même pas prémonitoire vu qu’à peine les accords de Washington signés et la question posée, des massacres aveugles ont immédiatement été « commissionnés ».
Pour terminer par une anecdote à propos du dernier paragraphe de ce billet de Kisangani où Le Sommier explique que l’avion pour se rendre à Kinshasa est un vielle Iliouchine de l’époque soviétique, piloté par un équipage ….. Russo-Congolais …. Cela rappelle évidemment la bonne époque où la flotte de Victor Bout travaillait dur pour le transport de coltan …. du « gouvernement rwandais » …. avant qu’un « deal foireux » de 20.000.000 de US$ ne viennent semer la discorde entre la compagnie Silver Back de Mme Jeannette Kagame et le célèbre « Merchant of Death »[28]…..
[1] N°10 Septembre-Octobre -Novembre 2025
[3] Le Français moyen préfère la moustache en « tablier de sapeur » à la Brassens.
[6] Stephen Kinzer. : « A Thousand Hills. Rwanda’s Rebirth and the Man Who Dreamded it ». (John Wiley & sons 208). Ouvrage dithyrambique sur Kagamé. Après les tentatives d’assassinats sur Kayumba Nyamwassa , « …..Kinzer’s about face is surprising ». . https://www.congoresearchgroup.org/en/2011/01/28/what-happened-to-stephen-kinzer/ et https://www.theguardian.com/commentisfree/cifamerica/2011/jan/27/rwanda-freedom-of-speech#start-of-comments
[7] Il faut le faire. Essaye toujours….
[8] « Kabila and his cohorts were more interested in women and whiskey than politics » Che Guevara
[9] Ouvrage cité (35) ci-dessus P 202
[10] https://www.jambonews.net/en/actualites/20180402-honouring-all-assassinated-political-figures-a-step-towards-achieving-a-solid-reconciliation-in-rwanda/
[12] Si je comprends bien le « concept djihadiste » selon Del Valle
[13] Cf. « Kinshasa Symphony » de Wischmann et Baer. Les Kibanguistes :8 106 de Congolais, 30 106 dans le monde.
[14] Front Démocratique De Libération du Randa.
[15] « ….la réalité concrète l'emporte toujours sur les discours d'autorité »
[17] Attaqué par Pierre Péan (La monde selon K) et décrit par sa propre fille, Camille, dans « La Familia Grande »
[18] Patrick de Saint-Exupéry était présent au Rwanda pendant au moins une semaine en juin 94
Les réponses de l'IA peuvent contenir des erreurs.
C’est lui qui aurait rapporté que Mitterrand aurait dit : « Dans ces pays-là, un génocide, ce n'est pas trop important. »
[19] https://www.youtube.com/watch?v=9p6LfwlFgRg
"J'ai décidé de récupérer le gilet d'un Camarade Belge" Guillaume Ancel qui décrit la Ruzizi alimentant le Kivu !!!!!
[20] « …si vous permettez, à Bruxelles, je suis obligé de raconter un épisode sinistre en fait j'ai retrouvé la trace d'un para commandos belge et je dis ces sinistres parce que cet épisode m'a valu beaucoup de problèmes en France certains le qualifient de crime de guerre moi. Je considère que c'était mon job c'est une question d'interprétation.
Néanmoins j'ai attendu qu’il y ait prescription pour pouvoir l'écrire… »…« …et mon sujet c'est que je n'ai jamais eu de regret d'avoir liquidé cette bande de génocidaires mais vis-à-vis de nos juristes c'est un crime de guerre » https://www.youtube.com/watch?v=9p6LfwlFgRg - Ceci dit devant l’avocat belge de Paul Kagamé : Me Bernard Maingain. Les Crimes de guerre, tels que définis par les Conventions de Genève (1949) et les Protocoles additionnels (1977), sont imprescriptibles. A bon entendeur…..
[22]De https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/onana-j-accuse-257480#commentaires à
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/charles-onana-de-la-pax-americana-262832
[24] Et prémonitoire
[25] CIA ?
[26] Non ratifié jusqu’à présent.
[27] « Les réponses de l'IA peuvent contenir des erreurs ».
[28] Ce ne semble pas improbable que le « Russe » ait changer son « fusil d’épaule ».


