vendredi 9 août 2013 - par PRCF

Re-nationaliser !

Les nationalisations effectuées dans le cadre d’un régime capitaliste sont loin d’être une panacée : en dehors des périodes où elles sont imposées par le mouvement ouvrier et démocratique, comme ce fut le cas à l’époque où Croizat, Thorez, Tillon et autre Marcel Paul étaient ministres et appliquaient le programme du CNR, ces nationalisations sont souvent une manière de socialiser les pertes quand un secteur capitaliste indispensable est en perte de vitesse.

N’empêche : ce n’est pas rien, dans le principe, et bien souvent dans la réalité, que de voir la puissance publique relever un secteur industriel mis à mal par la course au profit privé. Il y eut même des époques où, de Colbert à 1937 (SNCF), la mainmise de l’Etat sur un secteur économique essentiel a eu d’incontestables effets positifs sur le développement des forces productives et partant, de la nation elle-même.Et surtout, ce n’est pas parce que la nationalisation est insuffisante, parce qu’elle ne peut déboucher sur le socialisme sans la conquête du pouvoir politique par la classe travailleuse, sans la socialisation proprement dite des grands moyens de production et d’échange, sans la planification socialiste au service des besoins sociaux, que le mouvement ouvrier conscient doit rester passif face aux privatisations du secteur public industriel, des banques nationalisées ou des principaux services publics. Au contraire de telles privatisations, inscrites en filigranes dans l’odieux Traité de Maastricht (qui impose la destruction des « monopoles publics »… au profit des monopoles capitalistes PRIVES), sont maximalement réactionnaires :

  • elles aboutissent à privatiser les profits une fois que la nation a collectivement payé, par le biais des nationalisations, les investissements lours nécessaires à mettre en place le réseau électrique, téléphonique, ferroviaire, autoroutier, portuaire et aéroportuaire, etc. Le public est ainsi spolié deux fois.
  • malgré tout le matraquage propagandiste des euro-privatiseurs, les privatisations et autres « partenariats public-privé », aboutissernt immanquablement à d’énormes hausses de prix ; c’est évident dans le domaine de l’énergie mais aussi du ferroviaire, car même quand une entreprise reste nominalement publique, comme la SNCF, sa logique devient privée dans le cadre de la « concurrence libre et non faussée » ; la tendance devient alors évidente à augmenter toujours les prix, à abandonner l’esprit de service public (retards, privilèges incroyables pour les lignes de prestige, abandon des dessertes non immédiatement rentables, recul des investissements lourds et de la sécurité…), voire à piller purement et simplement les « clients », comme chacun peut le voir avec l’augmentation galopante des tarifs EDF, GDF-Suez, sans parler des autoroutes où les énormes augmentation injustifiées des droits de péage ont même provoqué une mise en garde de la très libérale « Cour des comptes » !
  • abandon de tout esprit national  ; comme nous l’avons vu plus haut, on ne peut retirer à Colbert, si favorable qu’il eût été à l’absolutisme royal et aux priviliégiés d’Ancien Régime, d’avoir favorisé le développement de l’économie française, dont l’industrie fut littéralement créée par l’Etat ; mais quel esprit national espérer des actionnaires des sociétés privatisées qui sont là pour obtenir à n’importe quel prix le plus grand retour sur investissement possible ;
  • désertion accrue de la production industrielle proprement dite ; en effet, quand les énormes capitaux des parasites du CAC-40 peuvent, sans risque aucun, s’emparer des anciens services publics, pourquoi diable s’embêteraient-ils à chercher, à produire, à promouvoir le progrès technique ? Ce sont les mêmes qui licencient les travailleurs industriels, qui délocalisent à l’étranger, et qui font main basse, en France métropolitaine, sur feu le secteur public ;

Au final, les privatisations actuelles ne sont qu’une des facettes de la politique générale de démantèlement de la nation et de dénationalisation de la France : casse du secteur public industriel et financier, dénationalisation de la France, basculement rapide de l’Euro-Frenchland du français au tout-globish, mise à mal revendiquée comme telle des acquis de 1945 et même, de 1789-94, tout cela ne fait qu’un car l’oligarchie capitaliste, de plus en plus semblable à l’oligarchie nobiliaire du 18ème siècle, se détourne à la fois de la Nation, du développement des forces productives, sans parler du monde du travail, plus méprisé qu’il ne fût jamais.

Qu’il s’agisse de Rocard, qui engagea la privatisation de RENAULT, de Jospin, qui avec la complicité du « communiste » Gayssot, privatisa Air-France, France-Télécom, la SNECMA, etc., de Villepin, qui privatisa GDF pour favoriser ses amis de Suez, de Sarkozy, qui bafoua honteusement sa promesse de ne pas toucher au caractère public d’EDF, de Hollande qui, sur injonction de Bruxelles et de Berlin, s’apprête à brader les participations publiques à RENAULTt et à EDF, toute cette oligarchie maastrichtienne et atlantique est l’aile marchante de la casse nationale et sociale de notre pays.

La conscience de classe prolétarienne, le civisme républicain et le patriotisme le plus élémentaire nous commandent donc tous trois de LISTER les entreprises privatisées depuis 1992 (date de l’entrée en vigueur de Maastricht), d’exiger leur retour plénier à la nation sans indemnité pour les grands actionnaires (auxquels il faut au contraire faire rendre gorge), de revendiquer une gestion démocratique associant les travailleurs et les usagers, dans l’esprit du Programme du CNR qui préconisait le « retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés« .

Prémices de la nationalisation franche de l’ensemble du crédit et du CAC-40, ces renationalisations ne constitueraient pas un but en soi mais un tremplin pour la réindustrialisation du pays sur la base d’un puissant secteur public dans la perspective d’une société socialiste où l’économie serait dirigée par et pour les besoins des travailleurs.

Bien entendu, ces nationalisations porteraient le préalable d’une sortie de l’euro et de l’UE par la voie progressiste : tant il est vrai que la « construction » européenne est conçue de A à Z comme une machine à privatiser et à financiariser l’économie.

Par Floreal

PRCF - www.initiative-communiste.fr



16 réactions


  • Mr Dupont 9 août 2013 02:45

    D’accord avec l’article : il faut nationaliser

    D’abord une première nationalisation s’impose :

    Celle de c’gouvernement socialiste et pendant qu’on y sera celle du président Hollande

    Une fois nationalisé Mr Hollande ne pourra plus sortir d’énormités

    Comme celle-ci :

    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/francois-hollande-a-marly-pas-de-competitivite-pas-d-emplois_397975.html#xtor=AL-189

    Qui a du lui être soufflée par M Gattaz, président des pourris du MEDEFF

    Vive le camarade Thorez !!!!

    A bas les Jospin et Rocard  smiley  smiley  smiley


    • taktak 9 août 2013 11:57

      Démosthène,

      je saisis pas bien le sens de votre réflexion que je trouve pourtant intéressante

      L’article vise ici en priorité deux type d’entreprises :
      - les anciens monopoles publics (énergie, transport, télécoms...) ainsi que les monopoles de fait (eau) : cela ne sont pas délocalisés ni délocalisable et il n’y a aucune difficulté à les nationaliser. Preuve en a été faites par les ministres communistes à la libération
      - les moyens de production industriels sur le sol national en train d’être dépecer. Là non plus aucune difficulté puisque ces usines existent. Vous donnez l’exemple de Total. Il n’est pas pertinent à mon sens. Si les pétroliers présent en France veulent se tirer, on annonce qu’on garde les usines. Comme on aurait pu le faire pour Petroplus ou les raffineries de Berres. Comme on pourrait le faire pour les hauts fourneaux... comme on peut le faire pour des dizaines d’entreprises (cimenterie, mécanique, automobiles, textiles....). Ces premières nationalisations serait d’ailleurs comme l’explique fort bien l’article l’opportunité de reconstituer des pôles de productions industriels de façon à sortir du cycle mortifaire anti écologique qui veut que pour maximiser les profits de quelques un on soit obliger de dépenser des trésors d’énergie en transports ultra polluant

      Dernier point, il me semble que vous rêvez les yeux ouverts en imaginant que l’UE puissent être un espace de résistance à la mondialisation capitaliste. Puisque dans les faits c’est un instruments de cette remondialisation ; une bonne part des délocalisations en France est en fait intra UE pour profiter du dumping social organisé par l’UE. Je me souviens d’une pub dans les journaux d’une compagnie aérienne européenne vantant les mérites des délocalisations en Slovaquie et d’autres pays de l’est.

      Par ailleurs, l’UE interdit l’intervention de l’état et on l’a vu à mainte reprise (Alstom... et dernièrement florange) la nationalisation. Vos préconisation de nationalisation sont impossible à mettre en œuvre en restant dans l’UE.

      Il faudra bien un jour que vous ouvriez les yeux sur le caractère intrinsèquement capitaliste de la construction européenne et la grave illusion qui consiste à sacrifier l’ensemble de nos conquête sociale sur l’autel du mirage de l’UE sociale. On ne peut remettre en cause le capitalisme sans sortir de l’UE.

      Quand à votre description d’une UE sociale close telle le village d’asterix, votre commentaire indique lui même pourquoi c’est absurde. Je vous rappelle d’ailleurs que l’UE n’a pas de pétrole.

      Alors, oui il faut sortir de l’UE mais par la voie progressiste comme le propose le PRCF et bien d’autres communiste réunis lors des assises du communismes en juin chez les Fralib à GEMENOS


    • foufouille foufouille 9 août 2013 13:44

      "Lorsque vous aurez constaté qu’il n’y en a pas, vous comprendrez alors la nécessité de transformer l’actuelle fédération qu’est l’ UE en une véritable entité sociale, industrielle, économique et fiscale."

      mdr car cette europe n’existera jamais. il y a même pas de smic et si il y en avait un, tous les charognards partiraient

       


    • taktak 9 août 2013 17:37

      Je ne suis pas économiste Demosthène.

      néanmoins, il n’est pas possible de concevoir un monde où tous les pays devrait avoir un solde de balance commerciale positif de façon à avoir une monnaie forte.
      par ailleurs, le fait d’avoir une monnaie forte, en soit n’est absolument pas une garantie de progrès.

      Nous le vivons chaque jour avec l’Euro. Il s’agit bien d’une monnaie forte. Et c’est pour garantir sa force auprès des marchés financiers que nous nous voyons imposer chaque jour une purge d’austérité supplémentaire.

      Alors entre la possibilité d’une politique progressiste et patriotique s’appuyant sur un internationnalisme façon ALBA en sortant de l’UE et la certitude que les travailleurs se fassent toujours plus exploité dans le cadre d’une UE et d’un euro qui sont intrinséquement capitaliste, mon choix est fait.

      Comme le dit le PRCF, il faut en sortir pour s’en sortir


  • spartacus spartacus 9 août 2013 09:46

    Seules les structures imposées par la collectivité coercitive sont des freins pour l’initiative et le développement de la concurrence.


    On va expliquer au marxiste, c’est le monopole qui fait augmenter les prix.
    La concurrence dans une économie de marché libre fait évoluer les prix vers le bas.

    • Robert GIL ROBERT GIL 9 août 2013 10:25

      sparagus,
      plus on privatise plus ça va mal, voici un petit recapitulatif :

      voir : LA LIQUIDATION DES BIENS PUBLICS EN FRANCE


    • spartacus spartacus 9 août 2013 19:21

      Il semble que la grossièreté et l’insulte ad hominem soit un critère d’affiliation communiste.

      Spartacus, vous n’avez pas appris à l’écrire à l’école ?

      Ou alors il semble que vous ne respectiez pas la règle collective qui dit « Evitez toutes les insultes ou tous les qualificatifs outranciers ».

      Ce qui tends donc a prouver que chaque chose collective (le collectivisme) est toujours détourné pour des groupes de pression....Votre attitude devrait vous convaincre ?



  • Gabriel Gabriel 9 août 2013 10:19

    A ce que je vois, sur Agoravox la vie suit son cours. Monsieur Dupont ex Calmos est toujours atteint de socialistite aigüe associée à une hollandorigène prononcée qui ne fait qu’empirer jusqu’au ridicule quant à notre inénarrable Spartacus, lui est toujours en pleine crise d’acné libéral accompagnée d’une inflammation anticollectivite de la cornée. Manque plus que Joletaxi pour nous faire sa nucléose variqueuse….     


  • LE CHAT LE CHAT 9 août 2013 11:17

    une manière de pouvoir créer de nouveaux emplois d’avenir pour gens voulant se tourner les pouces .....


  • Mr Dupont 9 août 2013 11:28

    Re-bonjour Mr Cognot

    Vos posts me sont comme des loukoums : dont jamais je ne me lasserais

    Ah  !!!! Mr Cognot : comme je vous aime  smiley 

    ( Dupont ; tempères tes élans : il va te demander en mariage )


    • Mr Dupont 9 août 2013 13:38

      Quand on pense que Mr Cogno était ou est (je m’en fout) instituteur

      Que son rêve est d’avoir un 4x4 qu’il n’aura peut-être jamais puisque ayant pétoché d’aller exercer dans le 9/3 : on est en droit de se dire que le vocabulaire des classes ou il aurait pu enseigner y a beaucoup perdu

      Le 9/3 ne s’en remettra pas


  • antyreac 9 août 2013 12:52

    On a déjà nationaliser toute l’économie d’un pays c’était le cas en urss puis dans les autres pays de l’est européen

    Ça s’est mal terminé ,pour tous ces pays, c’était la banqueroute au final
    Pendant le temps de nationalisations les populations de tous ces pays vivaient dans une grande pauvreté ils étaient bien plus pauvres que la classe la plus pauvres en France par exemple
    Les pénuries étaient généralisé on faisait la queue pour n’importe quel article et au bout du compte on l’obtenait pas toujours sans parler de la qualité médiocre des ces articles
    Après l’écroulement du communisme ces pays sont devenus les plus indigents de l’Europe
    Mais aucun d’entre eux n’a plus jamais rénationalisé son économie.

    • taktak 9 août 2013 17:42

      comme quoi le capitalisme, on le voit bien en Bulgarie, arrive a faire bien pire que le communisme...

      Par ailleurs, le népotisme et l’incompétance sont une tendance lourde également du capitalisme monopoliste d’état

      Souvenons nous des Enron, Vivendi, GM sans parler des sauvetages à gogo des banques too big to fail...


    • antyreac 9 août 2013 18:26

      Ce qui arrive a la Bulgarie est la conséquence de son passage à l’économie communiste

      Elle se retrouva en 1992 à la tête d’une économie totalement obsolète dont il fallait se débarrasser.
      Quant aux entreprises qui ont fermé chez nous c’est le lot commun de tous les entreprises mal gérés dans une économie libre
      Mais d’une façon générale dans un système libre les entreprises fonctionnent mieux que dans une économie collectiviste ce n’est même plus à démontré depuis la disparition du communisme qui a laissé derrière lui un champ de ruine...


  • antyreac 9 août 2013 14:09

    L’aspect négatif de la nationalisation, c’est bien évidemment ce que l’on a vu au cours des soixante dernières années : le but n’étant pas de faire des bénéfices, l’entreprise devient une gabegie administrative qui parvient même à perdre de l’argent ! C’est l’effet résultant du népotisme et de la corruption. En effet, ces entreprises étant nationalisées sont contrôlées par les politiciens qui y placent ceux de leurs amis en fonction des arrangements obtenus en échange. Car si ces entreprises ne recherchent pas le bénéfice, rien n’interdit à celles qui traitent avec elles d’en faire. Et c’est là qu’est le truc : on place un ami à la tête de l’entreprise en lui recommandant d’acheter tel produit à telle compagnie, et c’est ainsi que la corruption s’installe rapidement au niveau de toutes les activités des entreprises nationalisées, favorisée par tous les ratés de la politique ou des bonnes familles qu’on recase dans ces compagnies où ils seront rentables, sans parler de la multitude de faux emplois !.


  • libertus 9 août 2013 19:29

    Donc la SNCF est publique, les trains déraillent parfois et arrivent en retard souvent, mais c’est juste parce qu’elle n’est « pas assez publique » ?

    Donc Edf et Gdf augmentent leurs tarifs, mais c’est parce qu’elles sont privées et pas du tout parce qu’elles doivent assumer les coûts du renouvelable ou le refus du gaz de schiste ?

    Donc les banques publiques ne font pas n’importe quoi comme les banques privées (Dexia, c’est quoi exactement ?).

    D’accord, les autoroutes privatisées, c’est n’importe quoi, car il n’y a pas de possibilité de concurrence libre et non faussée, c’est juste qu’il a fallut les vendre pour payer les déficits (donc à cause du fait que les retraites et la santé ne sont pas privatisées), mais sinon, faites un comparatif honnête entre un secteur réellement privatisé, et un secteur publique, et vous verrez que le privé amène baisse des prix et augmentation des services (télécom par exemple), alors que le public n’amène que stagnation et gaspillage.

     


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