mercredi 8 juillet 2015 - par Daniel Salvatore Schiffer

Référendum Grec : à la recherche de l’humanisme perdu

LE REFERENDUM GREC :

A LA RECHERCHE DE L'HUMANISME PERDU

 

Ainsi le peuple grec, dont on connaît l'indomptable esprit d'indépendance, a-t-il massivement voté « non », comme c'était prévisible, lors du référendum de ce 5 juillet 2015, aux drastiques conditions posées par ses créanciers, dont le FMI et la BCE, afin de pouvoir rembourser sa dette publique.

Une date historique : tout peuple étant en droit libre et souverain, c'est à une éclatante victoire de la démocratie - notion née dans cette même Grèce précisément - que nous aurons tout d'abord assisté là, sous l'égide d'Alexis Tsipras, président de Syriza et Premier Ministre du Gouvernement. Une magistrale leçon de philosophie politique, ce plébiscite, dont nous devrions tous, par-delà nos divergences quant à la manière de solutionner cette crise financière grecque, nous réjouir !

 

DE LA FAILLITE POLITIQUE A LA DICTATURE ECONOMIQUE

Davantage : ce que cet historique vote a ainsi mis en lumière, c'est la volonté, pour tout un peuple quasiment, de retrouver, au sein de l'Union Européenne elle-même, une véritable justice sociale, laquelle s'est trop souvent vue niée, ces dernières années, par une humiliante, parfois écrasante, dictature économique, indigne des valeurs morales, au premier rang desquelles émergent les droits de l'homme, dont cette même Europe se dit être porteuse en même temps que garante.

Car, je l'ai déjà dit à maintes reprises, notamment dans une tribune ayant pour emblématique titre « La Grèce et ses héros de la liberté  » (http://www.lexpress.fr/actualite/la-grece-et-ses-heros-de-la-liberte_1644755.html), l'Europe contemporaine, parce qu'elle a trahi son ancien idéal humaniste, au bénéfice des seules lois économiques, est devenue, malheureusement pour les peuples qui la constituent, un sorte de monstre, technocratique et bureaucratique à la fois, des temps modernes : ce Léviathan, insidieuse et dangereuse matrice d'un totalitarisme qui ne dit pas son nom, que stigmatisait déjà un philosophe tel que Thomas Hobbes.

Car, de fait, l'Europe est passée abusivement là, ainsi que je l'avais déjà dénoncé dans une autre de mes tribunes (http://www.marianne.net/Europe-de-la-faillite-politique-a-la-dictature-economique_a212835.html), d'une faillite politique à une dictature économique.

 

UN ENJEU DE SOCIETE

C'est donc un important enjeu de société, capital pour l'avenir du monde démocratique en son ensemble, que donne à voir également ce référendum grec (qui n'a par ailleurs jamais demandé à ce que ses concitoyens se prononcent sur la sortie de leur pays de l'Europe, mais bien seulement - la nuance conceptuelle est de taille - sur le modèle économique et les méthodes financières de celle-ci) : plus de solidarité et moins d'austérité ; plus de liberté démocratique et moins de libéralisme économique.

 

Ainsi, ce référendum grec ? La recherche de l'humanisme perdu ! Reste à espérer que la démocratie, ce principe théoriquement universel, ait été par la même occasion retrouvée, pour le bien, sinon la sauvegarde, de l'Europe elle-même...

Merci, donc, aux Grecs et à la Grèce, berceau culturel de notre belle et grande civilisation !

 

DANIEL SALVATORE SCHIFFER*

 

* Philosophe, auteur de « Lord Byron  » (Gallimard – Folio Biographies), 



4 réactions


  • César Castique César Castique 8 juillet 2015 16:35

    "...par-delà nos divergences quant à la manière de solutionner cette crise financière grecque, nous réjouir !"

     

    Tant qu’il ne se passe rien, je ne vois rien qui incite à se réjouir.

     

     Parce que, depuis dimanche, il ne s’est strictement rien passé, il faut en être conscient. Que du vent : des discours, des spéculations, des pronostics, des voeux pieux…

     

    Cette journée appartient à l’histoire, et on ne peut qu’attendre pour savoir si ce fut un tsunami ou une tempête dans un verre d’eau. 

     

     Et on ne va pas se risquer à pavoiser pour une tempête dans un verre d’eau, n’est-ce pas ? Ce serait vraiment ridicule. Enfin, selon moi.


  • Le p’tit Charles 9 juillet 2015 07:53

    L’humanisme quand il est question d’argent....de centaines de milliards d’euros.. ?


  • Le421... Refuznik !! Le421 9 juillet 2015 13:34

    Qu’est ce que c’est que ce pays de feignants homosexuels qui s’imagine que c’est le peuple qui commande ??
    Non mais...

    Naannn... Je déconne !!  smiley

    Merci aux grecs de nous rappeler ce qu’est la vie des gens ordinaires, pas celles des plateaux télé et de la City...


  • Elliot Elliot 9 juillet 2015 13:56

    Introduire l’humanisme dans une histoire de gros sous après tout pourquoi pas ? cela changera des comptables bornés qui font la loi et les comptes.

    On glose beaucoup sur la dette grecque - devenue le souci majeur des Harpagon cherchant à sauvegarder leur cassette ( souvent bien mal acquise ) - mais on s’étend moins sur son origine. 

    Il est vrai qu’elle est moins glorieuse quand on sait qu’elle a alimenté le tiroir-caisse des vertueux ( surtout allemands et français ) qui font aujourd’hui la morale mais incitait fortement, dans un passé pas si lointain, leurs banques à financer l’achat par l’état grec de matériel militaire ou autre , inutiles autant que somptuaires.

    Ces petits accommodements avec la bonne gouvernance avait, pour nos donneurs de leçons, l’avantage de leur assurer, par l’endettement des Grecs, quelques décimes de cette sacro-sainte croissance qui est leur indépassable horizon.
    De même qu’aujourd’hui le peuple grec est honteusement mis sous pression parce qu’il déblaie les chemins de la liberté, l’ état grec, victime de sa situation géo-politque, fut mis dans le passé sous pression ( par ses alliés ) pour procéder à des dépenses militaires et d’infrastructures qu’il ne pouvait ni ne devait assumer.

    On ne devrait pas regretter que le peuple ait été appelé à donner son avis dimanche passé mais fustiger le fait qu’il ne fut pas consulté in illo tempore sur l’opportunité de remplir ses arsenaux et d’entretenir une armée pléthorique pour rassurer l’Occident dans une région troublée.

    En réalité, les Grecs n’ont jamais vu la couleur des derniers financements que la générosité de la BCE lui a accordés, ce sont des créances bancaires - surtout allemandes et françaises - qui ont été apurées au prix d’un approfondissement insupportable de la dette grecque.

     


Réagir



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/