lundi 14 mai 2007 - par Forest Ent

Refonder l’opposition ?

J’ai suggéré dans un article précédent que le PS a échoué en 2007 pour n’avoir pas purgé les échecs de 2002 et 2005, clarifé sa doctrine, ni eu de message clair aux électeurs. Mais quel aurait pu ou dû être ce message ? J’ai parlé « d’antilibéralisme » et ai été assailli de critiques sémantiques. Le présent article a pour but, au-delà de la terminologie, inefficiente dans la novlangue politique, d’énumérer les valeurs que le PS aurait pu défendre, que l’UMP détruit, et qui peuvent servir à refonder une opposition.

Ces « valeurs antilibérales » s’inscrivent dans un cadre « libéral » et « capitaliste ». Le communisme est bien mort depuis vingt ans et rien ne le ressuscitera. Ce n’est pas pour autant la « fin de l’histoire », car il existe autant de formes de capitalisme que de fromages. Et la fin du communisme met plus en évidence leurs perversions singulières.

Nous partageons tous globalement les mêmes valeurs : liberté, égalité, solidarité, besoin de sécurité, de reconnaissance, d’accomplissement, d’initiative... Une orientation politique est le choix de mettre en avant les valeurs qui semblent les plus urgentes dans le contexte. Cela impose de porter un diagnostic sur son époque. Je commencerai par proposer des « valeurs urgentes », puis expliciterai le diagnostic qui les sous-tend, et enfin la manière dont elles pourraient être mises en oeuvre.

Première partie : des valeurs refondatrices

Les points qui me semblent urgents sont les suivants :

  • la séparation des pouvoirs, y compris le pouvoir d’informer,

  • l’impartialité économique de l’Etat,

  • l’intangibilité des biens collectifs,

  • l’interdiction des monopoles et oligopoles,

  • la régulation efficiente et équilibrée des revenus du capital et du travail.

Ce choix subjectif découle d’un diagnostic.

Deuxième partie : qu’est-ce que « l’ultralibéralisme »  ?

L’« ultralibéralisme » se présente extérieurement comme un conte de fées.

« Imaginez un monde sans douanes, où le commerce serait libre sur toute la planète. La multiplication des échanges entraînerait celle de la production, un enrichissement et une démocratisation généraux, la diffusion optimale du progrès technique. Bien sûr, des emplois disparaîtraient un peu partout, mais chaque nation se spécialiserait dans quelque domaine, et recréerait plus d’emplois qu’elle n’en a perdu, à condition de ne pas y faire obstacle, et de comprendre qu’elle est en concurrence avec toutes les autres, ce qui l’amènera à donner le meilleur d’elle-même. »

Ce tableau doit rassurer tout le monde, puisqu’il est l’objet d’un consensus dans tous les pays civilisés de tous les sachants et de tous les gens raisonnables, de tous les partis modérés, et de toutes les institutions. Il sous-tend les publications et programmes de l’OCDE, du FMI, de la BM et de l’UE.

Naturellement, il s’agit d’un mensonge, dont les effets pervers sont d’une rare violence sociale, ce qui fait que, curieusement, aujourd’hui les vrais extrémistes s’appellent eux-mêmes « modérés », « centristes », « progressistes »,... En pratique, ce « consensus » consiste en un retour au capitalisme déséquilibré d’il y a deux cents ans. Les perversions principales en sont les suivantes :

  • création d’oligopoles et monopoles internationaux,

  • destruction du rôle régulateur des Etats,

  • corruption des élus,

  • impôts assis surtout sur les revenus du travail et évasion fiscale généralisée des revenus du capital,

  • création permanente de domaines marchands au détriment des biens collectifs.

Comprenons bien ce que l’on appelle maintenant la « compétitivité » d’une nation. Les investissements iront dans un pays à condition qu’ils n’y soient pas trop taxés et que la main-d’oeuvre n’y soit pas trop chère. C’est-à-dire qu’ils iront là où les revenus du capital sont les mieux avantagés par rapport à ceux du travail.

Il n’y a pas de compétition des capitaux entre eux : ce sont les mêmes dans tous les pays, et ils sont en majorité domiciliés offshore. Pourquoi les nations « civilisées » acceptent-elles l’existence de paradis fiscaux comme les Bermudes ou Cayman ? La majorité du capital flottant des grandes entreprises françaises est non-résident. La « compétition » des nations est en fait une mise en concurrence des seuls salaires contournant l’ensemble des législations nationales au profit des revenus du capital.

Tout ceci est-il vraiment un problème ? N’est-ce pas un facteur d’enrichissement général, comme annoncé par la doxa ? Le bon sens dit déjà qu’un système qui n’a pas de mécanismes d’équilibrage est dangereux. Aucun argument factuel ne vient par ailleurs confirmer le « consensus ». Certaines richesses augmentent, mais avec elles les disparités et la pauvreté, et certaines richesses disparaissent, comme tout simplement les arbres. Enfin, deux exemples doivent nous interpeller sur les dangers potentiels du consensus. Le cas de l’Argentine montre les dangers d’une classe dirigeante dont les intérêts ne sont pas ceux de la nation. La guerre d’Irak montre les dangers d’un Etat trop soumis à des enjeux industriels contrôlant les moyens d’information. En pratique, le conte de fées vire souvent au cauchemar. Historiquement, le seul régulateur d’un capitalisme totalement incontrôlé a été la guerre.

Troisième partie : l’ultralibéralisme en France

Le « consensus », assez opposé à la culture française, a été mis en oeuvre à travers l’UE, avec un travail patient et progressif du PS puis du RPR/UMP. Les douanes intérieures ont été supprimées, sans que des douanes extérieures ne se créent, au contraire : la participation au GATT puis à l’OMC a contribué à les détruire. Aucune mesure n’a été prise pour contrôler l’évasion fiscale et les flux de capitaux, ni assurer un revenu du travail, ou un minimum de fiscalité commune. L’absence de procédures de contrôle et de déontologie propres à l’UE a encouragé la corruption.

Dans le même temps où le PS tenait un discours de « gauche », il votait à Bruxelles toutes les dérégulations. M Chirac a fait semblant de s’étonner de la première directive Bolkenstein votée par M Barnier. La démarche générale a ainsi consisté à dire « c’est la faute à Bruxelles » quand il s’agissait de mesures que l’on n’osait pas avouer avoir soutenues.

L’« ultralibéralisme » ne consiste pas à libéraliser, mais à encourager la formation de monopoles ou oligopoles privés. Le PS n’a pas remis plus que l’UMP en cause les oligopoles de l’eau, du téléphone, du BTP, et les dérégulations en cours visent à encourager leur formation, par exemple dans un domaine aussi critique que celui de l’énergie.

Quelques exemples classiques pour montrer le double langage des partis « modérés ». MM Thiollière et Collomb, sénateurs UMP et PS, ont signé, en tant que maires respectivement de Saint-Etienne et Lyon, des accords de partenariat priviligié avec Microsoft, alors qu’en tant que membres de la commission des affaires culturelles du Sénat, ils aménageaient des lois au bénéfice potentiel de la même société, reine de l’évasion fiscale payant ses impôts européens en Irlande. Et, pour ne pas faire de jaloux, Mme Fourtou, député UDF au Parlement européen, initiatrice de directives comme « IP enforcement » et fervent soutien de la brevetabilité des logiciels, animatrice du groupe de travail du CNAC sur la législation de la propriété intellectuelle, se trouve être à la ville l’épouse du président de Vivendi.

Un pas important vient pourtant d’être encore franchi avec l’élection de M Sarkozy, qui n’hésite pas à afficher sa proximité avec les propriétaires d’un certain nombre d’oligopoles et monopoles : M Bouygues (BTP), M Lagardère (médias), M Dassault (armement), et des candidats à la création de nouveaux, comme MM Desmarais et Frère dans le domaine de l’énergie. Je ne conteste pas ici pour autant la sincérité des électeurs qui ont voté UMP, mais je ne vois pas qu’ils aient des chances raisonnables d’être moins déçus que les électeurs de MM Mitterrand, Chirac et Bush, qui ont fait, une fois élus, le contraire de ce qu’ils avaient promis en tant que candidats.

Derrière les discours portant, selon les bords, sur la solidarité ou l’initiative, on voit se renforcer depuis vingt ans le verrouillage de pans entiers de l’économie. Il n’y a pas en France de grand parti libéral.

Quatrième partie : les objectifs de l’opposition

Pour remettre un peu d’équilibre dans tout cela, nous disposons de suffisamment de lois, qu’il suffirait d’appliquer. Nous ne le faisons pas pour deux raisons. La première est qu’il est facile de contourner via l’UE les parlements nationaux. La seconde est que la justice et les médias ne font pas leur travail. Notre priorité doit être de redéfinir nos rapports avec l’UE, et de rendre une certaine indépendance à la justice et aux médias. Plus précisément, nous devons viser à ce que :

  • les médias, qui sont une activité très capitalistique, ne donnent pourtant pas que le point de vue des détenteurs de capitaux ;

  • le pouvoir exécutif ne puisse empêcher le déroulement d’enquêtes judiciaires portant sur son propre fonctionnement ou sur l’évasion fiscale et les ententes commerciales ;

  • nos relations avec l’UE prennent en compte la nécessité de grands équilibres sociaux.

Ce dernier point est bien sûr le plus critique, dans la mesure où l’UE n’est pas un système politique, et où notre possibilité d’action y est réduite et peu transparente.

Cinquième partie : un « programme d’action »

Les objectifs ci-dessus, simples à exprimer, sont ardus à mettre en oeuvre.

En ce qui concerne les médias, l’évolution technologique pourrait offrir une opportunité de remettre à plat le système, de manière à garantir une certaine pluralité. Une solution pourrait être de supprimer la notion de « chaîne de télévision », si elle ne devient d’ailleurs pas caduque d’elle-même. Il est possible de séparer entièrement les métiers de diffuseurs et producteurs de contenus, et de garantir la diffusion de tout contenu. Ce serait mieux que rien.

Pour la justice, on ne peut pas échapper à une réforme constitutionnelle majeure. Elle n’a jamais, dans l’histoire séculaire de notre pays, été indépendante de l’exécutif. Pour qu’elle le soit, il lui faut une légitimité qui ne peut être obtenue en démocratie que de manière électorale.

Accessoirement et pour éviter une profusion de lois de circonstances, l’indépendance du législatif pourrait aussi être utile, qui n’est aujourd’hui que faciale. Les projets de loi d’initiative populaire et l’usage plus fréquent de référendums seraient une bonne chose, mais le point clé serait de rendre à l’Assemblée la maîtrise de son ordre du jour, et il faudrait aussi imposer un délai minimal d’élaboration des lois pour rendre au débat sa sérénité.

Enfin, en ce qui concerne les rapports avec l’UE, je souhaite ardemment qu’un gouvernement pénétré d’honnetêté puisse la réorienter dans un sens acceptable. Mais ce ne sera certes pas facile avec 28 pays ou plus. Il me semble donc qu’il faudra dénoncer un grand nombre de traités et reprendre notre autonomie sur beaucoup de sujets. Ceci concerne en particulier la circulation des marchandises et des capitaux et sans doute le traité de Maastricht.

Conclusion

J’espère avoir ci-dessus clarifié mon opinion, et surtout expliqué comment je me sentais à la fois libéral et antilibéral. Mais tout ceci pourrait se résumer à dire que, quel que soit notre système politique, il n’est viable qu’avec une pratique de vertu et d’honnêteté. Je ne surestime pas les chances d’un tel point de vue de se répandre. Il faut pour cela un soutien d’institutions et de médias, où Bouygues, Lagardère, Bolloré et d’autres ont verrouillé les choses. Si je suis encore là dans dix ans, j’actualiserai cet article.



28 réactions


  • Marsupilami Marsupilami 14 mai 2007 11:13

    Très bon papier. Analyse impeccable, propositions raisonnables.

    Malheureusement tout ce qui intéresse les éléphants et la gazelle ce sont les investitures des prochaines législatives. Demandez le programme...


  • ZEN zen 14 mai 2007 11:13

    Cher Forest,

    J’espère que tu seras encore là dans dix ans ..et que les tendances que tu dénonces justement n’auront pas ramené l’Europe à la situation de l’Argentine..Mais c’est à une « révolution » mondiale que tu appelles...

    « Dans le même temps où le PS tenait un discours de « gauche », il votait à Bruxelles toutes les dérégulations. M Chirac a fait semblant de s’étonner de la première directive Bolkenstein votée par M Barnier. La démarche générale a ainsi consisté à dire « c’est la faute à Bruxelles » quand il s’agissait de mesures que l’on n’osait pas avouer avoir soutenues. » Excellent ce passage...

    Allez sur le blog bien informé de l’auteur, et parcourez l’analyse serrée qu’il fait de la « forêt des medias ». Passionnant !


    • lezard 15 mai 2007 10:36

      Visiblement, vous ne connaissez pas bien le dossier de l’Argentine...

      Sinon, très bon article de l’auteur. J’ai beau être de droite, ça me fait plaisir que certains socialistes reprennent du poil de la bête pour définir un vrai projet et non pas juste une opposition à projet.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 mai 2007 14:09

      A ZEN : Oui, en effet, c’est bien à une « révolution mondiale » que conduit ce diagnostic que je partage. Le défi est de mettre en place une stratégie efficace pour le changement. J’ai fait quelques propositions. http://www.nouvellesociete.org Je vais du prochain clic voir sur son blog ce que l’auteur en dit.

      Pierre JC Allard


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 mai 2007 14:25

      A Ent Forest. Excellent article. Je partage le désir de cette refondation que vous proposez. Comment l’insérer hic et nunc dans le paysage politique du monde tel qu’il est devenu ? Je crois que nous en sommes là. Apportons chacun notre pierre au chantier. http://www.nouvellesociete.org/901.html

      Pierre JC Allard


  • docdory docdory 14 mai 2007 11:52

    Salut , Forest !

    Merci pour cette excellente analyse , à laquelle je souscris entièrement . J’ai dévéloppé des arguments différents , portant sur d’autres refondations nécessaires de la gauche , mais qui me semblent complémentaires aux tiens , dans un article récent sur Agoravox :

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=23959


    • Forest Ent Forest Ent 14 mai 2007 13:07

      J’étais globalement d’accord avec ton article, qui me semble en effet complémentaire. De sensibilités différentes, nous n’avons pas mis les urgences aux mêmes endroits. C’est bien normal.

      Nous sommes d’accord sur le fait que nous n’avons pas besoin d’une gauche qui défend les particularismes, la droite y suffit. Et nous constatons ensemble que la « vertu républicaine » est un concept en voie de disparition.

      A titre de « petite histoire », je ne pense pas que Jules Ferry s’intéressait vraiment à la formation des esprits. Il me semble que ses buts étaient plus prosaïques. Déjà ...


  • Jimd Jimd 14 mai 2007 12:00

    L’article est intéressant car il présente clairement vos idées. Je suis d’accord pour dénoncer la collusion entre medias et grands groupes. Je ne suis en partie pas d’accord avec votre vision du capitalisme. J’aime votre introduction car elle démonte les arguments béas de ceux qui croient a un modèle parfais.... Mais. Il faut bien une méthode pour organiser l’allocation des ressources et la production de biens et services. Les monopoles et les oligopoles sont des exploitations de distorsions de concurrence. Il ne sont pas le but du capitalisme. S’ils existent et se développent il y a généralement deux approches, croyance en leur disparition par les forces du marche ou intervention de l’état. Mais je reste un peu sur ma faim car vous vous placez dans un cadre ‘libéral et capitaliste. Mais comment alors dépasser les errements de ces modèles sans vouloir revenir aux idées révolutionnaires des années 1920. Concrètement comment rendre ce capitalisme plus juste, par exemple que proposez vous pour échapper a cette formation d’oligopoles et de monopoles ? Et par rapport a la concurrence internationale, je reconnais le problème de la différence de salaires entre les pays mais que faire, le protectionnisme est il une solution ?


    • Forest Ent Forest Ent 14 mai 2007 12:50

      Si j’avais voulu développer tous les points, il m’aurait fallu un livre en entier. C’est du très très résumé.

      Pour lutter contre les monopoles, il « suffit » à mon avis de l’indépendance des médias et de la justice, car ils sont déjà interdits non seulement par nos lois, mais même par le préambule de notre constitution (l’ancienne rappelée par la nouvelle).

      Pour ce qui est « d’équilibrer la mondialisation », il suffit de le vouloir, et pour l’instant c’est l’UE le problème. C’est un maniement simple des impôts et douanes.

      Une remarque : pendant cette campagne, tout le monde s’est excité sur l’impôt sur le revenu, la TVA, la TIPP, ... tous impôts sur les salaires, mais personne n’a parlé de l’impôt sur les revenus du patrimoine. Il subit pourtant une évasion de 70%, à l’opposé de l’impôt sur le revenu. Pas un sujet ?


    • Jimd Jimd 14 mai 2007 16:36

      merci pour votre reponse.

      pour les monopoles, je pense qu’historiquement c’est souvent l’etat qui a ete a l’origine des monopoles (air france, FT...), plus que le ’laissez faire’.

      je suis d’accord pour l’independance des medias et de la justice ce sont des points centraux.

      pour la mondialisation, je comprend le danger d’exploitation des pauvres et des faibles par les plus riches...mais je ne crois pas au systeme des impots ou droit de douane car ce sont des actes qui appauvrissent les pays pauvres et entraine un cycle de retaliation..

      comme vous l’ecrivez le sujet est vaste et j’espere que nous aurons l’occasion d’en debattre de nouveau.


    • Forest Ent Forest Ent 14 mai 2007 19:10

      « historiquement c’est souvent l’etat qui a ete a l’origine des monopoles »

      Je ne crois pas. La plupart sont apparus au 19ème siècle, dans un contexte où tout était d’initiative privée : industries, banques, énergie, chemins de fer, ...

      Thème de PhD ?


    • Forest Ent Forest Ent 14 mai 2007 22:02

      « ce sont des actes qui appauvrissent les pays pauvres et entraine un cycle de retaliation »

      C’est à mon avis faux. Si l’on considère par exemple les échanges avec l’Afrique, elle se porterait beaucoup mieux sans échanges avec nous, pourvu qu’on lui laisse choisir ses propres gouvernements.

      Quand aux « représailles », c’est à mon avis un gag. Le plus à même d’en entraîner, c’est l’écroulement de grosses bulles mercantilistes, comme fin 19ème et en 1930.


  • LE CHAT LE CHAT 14 mai 2007 12:13

    y’a pas que le PS dans l’opposition , il y encore des communistes , si ! c’est vrai .ici même dans la 13eme des BDR et qui risque d’être la seule à rester à gauche .

    mais il faut croire que le piteux score de mg Buffet les inscite à être discret . Mon député , michel Vaxès a un chouette site plein de marteaux et de faucilles , mais dans la pub qu’il distribue sur les marchés , c’est sous le sigle agir 2007 et sans mentionner le mot communiste une seule fois sur 8 pages ! eux aussi sont en train de se reconstruire ..


    • ZEN zen 14 mai 2007 20:48

      @ Le Furtif

      Bel exercice de style ! Et en plus, c’est vrai...

      Cordialement


  • Tristan Valmour 14 mai 2007 12:45

    Bonjour Forest,

    J’avais déjà lu une grande partie de votre article sous forme de commentaire, et vous approuve. L’apport de Jimd est également intéressant.

    Pour ma part, je crois les choses suivantes :
    - la situation actuelle est insatisfaisante ;
    - nous pouvons changer les choses ;
    - nous devons nous prendre en main et agir plutôt que de constater et s’en remettre aux politiques. Cela signifie créer des entreprises qui vont respecter le consommateur, le salarié, l’environnement. Nous pouvons nous modérer nous-mêmes pour éviter de tomber dans les excès que l’on dénonce quotidiennement. Au final, c’est le consommateur qui décide. Ne l’oublions pas. En tant que consommateur, nous sommes tous responsables. C’est à nous de proposer des solutions alternatives.

    Avec mes sincères amitiés.


  • alberto alberto 14 mai 2007 13:20

    M. Forest Ent, vous avez très bien montré dans votre excellent article comment le fonctionnement du capitalisme international pèse sur la politique des états du monde, de l’Europe et donc de notre pays.

    Et ainsi que vous le faites remarquer justement, ce système fonctionne « en boucle ouverte » (selon la terminologie des servomécaniciens) sans régulations autres que les accidents engendrés par ses propres outrances : guerres, faillites, désertifications...

    « Interdiction des monopoles et des oligopoles » dites-vous, ok ! mais comment fait-on ?

    Il y a un peu plus d’un siècle, la formule :« prolétaires de tous les pays unissez-vous ! » a eu un certain succès avec des résultats mitigés...

    Peut-on, aujourd’hui, osez une formule du genre :« consommateurs de tous les pays, unissez-vous ! » ?

    Car, puisque la puissance des groupes capitalistiques internationaux qui entravent la politique des états a pour origine notre argent de citoyen-client-consammateur, pouquoi ne pas se servir de l’arme du boycott en supplément de notre bulletin de vote ?

    Peut-être une idée à creuser.

    Bien à vous.


    • Jimd Jimd 14 mai 2007 13:51

      d’accord avec Tristan et Albero pour ce qui est du pouvoir du consommateur. nous sommes la cle, mais nous sommes ’atomiques’ dans le sens diffus, tres petits.

      par contre pas d’accord avec l’idee de Forest et Alberto de roue libre ou de non regulation endogene du capitalisme.

      cette regulation existe. un exemple. easyjet et les compagnie a bas cout qui sont nees ces quelques annees. elles sont endogene au systeme, n’ont pas ete imposees ni financees par un etat. elles sont venues briser des monopoles ou oligopoles avec l’aide de decisions de justices ouvrant la concurrence.

      un autre exemple. France Telecom. le monopole etait le fait de l’etat. l’introduction du capitalisme, c’est a dire la liberalisation, a detruit le monopole. Le monopole ou l’ologopole sont plus souvent le resultat de l’interventionisme que du laissez faire.

      dernier point. cette regulation endogene, parfois, echoue. elle prend mal en compte les phenomes d’externalites, de biens publics, de rente. Une intervention est parfois necessaire toutr en sachant que toute distortion ne peut etre neutre et porte un cout (le terme anglais est Trade Off). les politiques oublient souvent de nous parler de ce cout.


    • Tristan Valmour 14 mai 2007 13:52

      @ Alberto

      Effectivement, le boycott doit être employé. Ce n’est certes pas dans la culture française, mais cela donne des résultats ailleurs. Surtout aux USA. Le boycott plus que les grèves.

      Mais le boycott ne suffit pas. Il faut être consommacteur et dicter notre manière de consommer, fonder une consocratie, sorte de démocratie directe. Pour le moment, nos comportements sont étudiés par une armée de sociologues, psychologues, etc. Et des produits et services viennent répondre à nos besoins, voire en susciter d’autres. Tout cela se fait dans des cadres (exploitation des salariés ici, mensonges publicitaires là-bas, destruction de l’environnement ailleurs, produits avec des composants nocifs pour la santé, etc.) qui ne nous plaisent pas forcément. Nous devons donc créer des activités économiques citoyennes qui vont répondre à nos besoins de façon respectueuses de tous les acteurs, en imposant une rémunération maximale aux dirigeants. Rien ne peut justifier qu’un homme gagne des dizaines de millions d’euros quand d’autres ne peuvent même pas manger.


    • Tristan Valmour 14 mai 2007 14:07

      @ Jimd

      Nous ne sommes pas petits, contrairement à ce qu’on nous laisse croire. Si nous sommes assez nombreux pour créer une entreprise x qui répondra à nos critères de départ (respect des salariés, de l’environnement, des consommateurs, plafonnemend des rémunérations, etc.), et consommer les produits de ladite société, les sociétés existantes vont perdre des clients. En consommant de façon captive, on élimine de nombreux coûts : publicité, conditionnement, dividendes, intermédiaires, etc. Je rappelle qu’un costume Kenzo coûte 110 euros à fabriquer en France (matières premières et coût salarial), et une paire de Nike 40 cts à l’étranger. Combien nous les vend-on ? En plus la qualité a beaucoup baissé.

      Il ne faut pas croire que l’on ne peut pas changer les choses : c’est faux.

      Et instaurer un cadre restrictif susnommé permettra un libéralisme éclairé, c’est-à-dire débarrassé des excès liés aux initiatives individuelles.


  • Johan Johan 14 mai 2007 18:03

    Bonjour à tous,

    1 En ce qui concerne le pouvoir du consommateur :

    Effectivement nous sommes beucoup. Mais ce n’est pas une démocratie que le pouvoir au consommateur, mais une ploutocratie (une action égale un vote). Maintenant, c’est vrai que ce pouvoir est plus favorable aux plus modestes que l’actionariat. Pour être actionnaire, il faut pouvoir bloquer ses revenus sous la forme d’épargne. Or en France, comme aux USA ou en GB, un nombre de plus en plus faible de personne truste de plus en plus les capitaux disponbles, et un nombre croissant de personnes plus modestes sont obligées de s’endetter pour vivre (la dette privée n’a jamais été, en % du revenu annuel, aussi forte en France).

    L’intérêt c’est de jouer sur les flux plutôt que les valeurs abolues.

    2 La dérégulation... et le dumping judiciaire. On applique plus nos lois en France : l’inspection du travail, la répression des fraudes et le conseil de la concurrence sont sous financés, tout comme notre Justice à 3 vitesse (qui permet de promettre tous les droits opposables que l’on veut smiley ).

    Combien de personnes travaillent en heures sup sans être rémunérées ? Si on veut que travailler plus permette effectivement de gagner plus, ça passe aussi par là.

    3 Améliorer la distribution des marges.

    Le programme de Bayrou était à mon avis le mieux à même de relancer les petites et moyennes entreprises. Cependant il manquait une chose essentielle : comme faire cesser le mouvement d’aspiration des marges des petits vers les gros ?

    Une piste : laisser aux sous traitants de produits manufacturés un espace pour développer leurs marques sur les emballages de leurs distributeurs (genre obligation légale d’un quart de la boîte), limiter les clauses de non concurrence...

    4 Rénover le jeu des responsabilités

    La mode est à l’externalisation. On commande, on sous traite. On laisse les autres prendre les risques pour mieux fonctionner à flux tendu. Et quand la croissance est en berne, on les laisse fermer, licencier, faire faillite, sans en assumer les conséquences. Aibus supprime des postes, mais va sous traiter d’avantage à l’avenir.

    Donner un plus grand pouvoir requalificateur au juge, et reconnaitre expressément cette responsabilité.

    5 Régler le souci du financement dans une approche durable

    Le financier ne se préoccupe que de la rentabilité de l’activité, et le plus souvent de la rentabilité à court terme. Or le dveloppement durable ne peut pas s’aligner avec de tels taux. Il faut nécessairement un régulation de ce fait, par un accès privilégié aux financements.

    Par ailleurs, les prets sont beaucoup plus chers pour les petites structures que pour les grosses, ce qui accrue la concentration sous forme d’oligopoles.

    Maintenant, comme faire concretement pour ça, je ne sais pas encore. Mais je cherche...


  • herbe herbe 15 mai 2007 08:57

    Un reproche à faire à votre article :

    Trop bon smiley

    J’ai lu un reproche récent sur l’agora qui « sommait » aux auteurs de fournir des articles de qualité.

    en voilà encore un de plus...


  • Johan Johan 16 mai 2007 16:01

    Bonjour à tous,

    1 En ce qui concerne le pouvoir du consommateur :

    Effectivement nous sommes beucoup. Mais ce n’est pas une démocratie que le pouvoir au consommateur, mais une ploutocratie (une action égale un vote). Maintenant, c’est vrai que ce pouvoir est plus favorable aux plus modestes que l’actionariat. Pour être actionnaire, il faut pouvoir bloquer ses revenus sous la forme d’épargne. Or en France, comme aux USA ou en GB, un nombre de plus en plus faible de personne truste de plus en plus les capitaux disponbles, et un nombre croissant de personnes plus modestes sont obligées de s’endetter pour vivre (la dette privée n’a jamais été, en % du revenu annuel, aussi forte en France).

    L’intérêt c’est de jouer sur les flux plutôt que les valeurs abolues.

    2 La dérégulation... et le dumping judiciaire. On applique plus nos lois en France : l’inspection du travail, la répression des fraudes et le conseil de la concurrence sont sous financés, tout comme notre Justice à 3 vitesse (qui permet de promettre tous les droits opposables que l’on veut smiley ).

    Combien de personnes travaillent en heures sup sans être rémunérées ? Si on veut que travailler plus permette effectivement de gagner plus, ça passe aussi par là.

    3 Améliorer la distribution des marges.

    Le programme de Bayrou était à mon avis le mieux à même de relancer les petites et moyennes entreprises. Cependant il manquait une chose essentielle : comme faire cesser le mouvement d’aspiration des marges des petits vers les gros ?

    Une piste : laisser aux sous traitants de produits manufacturés un espace pour développer leurs marques sur les emballages de leurs distributeurs (genre obligation légale d’un quart de la boîte), limiter les clauses de non concurrence...

    4 Rénover le jeu des responsabilités

    La mode est à l’externalisation. On commande, on sous traite. On laisse les autres prendre les risques pour mieux fonctionner à flux tendu. Et quand la croissance est en berne, on les laisse fermer, licencier, faire faillite, sans en assumer les conséquences. Aibus supprime des postes, mais va sous traiter d’avantage à l’avenir.

    Donner un plus grand pouvoir requalificateur au juge, et reconnaitre expressément cette responsabilité.

    5 Régler le souci du financement dans une approche durable

    Le financier ne se préoccupe que de la rentabilité de l’activité, et le plus souvent de la rentabilité à court terme. Or le dveloppement durable ne peut pas s’aligner avec de tels taux. Il faut nécessairement un régulation de ce fait, par un accès privilégié aux financements.

    Par ailleurs, les prets sont beaucoup plus chers pour les petites structures que pour les grosses, ce qui accrue la concentration sous forme d’oligopoles.

    Maintenant, comme faire concretement pour ça, je ne sais pas encore. Mais je cherche...


  • JL JL 17 mai 2007 18:59

    Bien, bravo. «  »certaines richesses disparaissent, comme tout simplement les arbres«  ». Ou bien les cours d’eau, autre exemple !

    «  »Le cas de l’Argentine montre les dangers d’une classe dirigeante dont les intérêts ne sont pas ceux de la nation«  » L’Argentine, n’est-ce pas là ce refuge des anciens dirigeants nazis ? Et quel rapports entre Tvargentine.com, et « notre » très étrange Lerma, qui propose systématiquement ce lien ? Bizarre.

    Sur l’UE : «  » Il me semble donc qu’il faudra dénoncer un grand nombre de traités et reprendre notre autonomie sur beaucoup de sujets. Ceci concerne en particulier la circulation des marchandises et des capitaux et sans doute le traité de Maastricht.«  »

    De fait, on (et j’en fais partie), s’est réveillés un peu tard, en 2005. Dommage que cette prise de conscience ne soit pas intervenue au moment du référendum précédent, le traité de Maastricht !


  • dan 18 mai 2007 16:43

    Excellent article-------On sent que l’auteur est un homme épris de vérité et de justice.


  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 mai 2007 17:52

    Remarquable article qui fait mesurer la démesure des tâches qui restent à accomplir pour civiliser en un sens plus juste le capitalisme financier mondial en cours de dérégularisation qui soumet les états et les sociétés de plus en plus ouvertes et interdépendantes à sa domination.

    Mais, me semble-t-il, il est vain et naïf de chercher dans les partis ou les syndicats dits de gauche et leurs dirigeants les boucs emissaires de l’impuissance de la politique à réguler l’économie. Il est plus réaliste de voir dans le destruction des solidarités sociales que produit un système dans lequel les ir-responsables économiques sont non-identifiables et non localisables, la condition fondamentale de la difficulté de lutter pour la préservations et à plus forte raison l’extension des droits des salariés. Les luttes contre le chômage et la précarité par exemple semblent, dans les conditions actuelles, vouées à l’échec ; ce qui oblige à accepter des conditions de travail et des revenus pires que les actuels.

    Il conviendrait alors de considérer que cette mondialisation économique exige une mondialisation politique démocratique et que celle-ci commence par la politique internationale à laquelle doit s’arrimer la politique interne.

    La seule issue de celle-ci reste dans une politique patiente de redynamisation de la vie démocratique au travers d’une participation plus grande des citoyens et des salariés à la définition des règles sociales qui permettent de responsabiliser les entreprises et les transferts de capitaux sur le plan, national, européen et mondial afin de donner des chances de développement à chacun dans le cadre d’une mondialisation irréversible des échanges.

    Cela suppose un mouvement social associatif et syndical mondialement de plus en plus intégré (et d’abord en ce qui nous concerne sur le plan européen), comme force pluraliste de propositions et non de contestation aussi radicales que stériles. cela suppose aussi la participation des salariés à la direction des entreprises comme en Allemagne ou en Suède par exemple (cogestion)

    Dans un tel conyexte l’idée de révolution collective brutale anti-capitaliste qu’elle soit limitée à un pays ou mondiale est absurde, voire catastrophique, sauf à vouloir ressusciter les brigades rouges et leur terrorisme criminel dont on sait où cela les a conduit.

    Seule l’idée d’un réformisme incrémentiel dans un cadre politique européen et syndical ou associatif plus démocratique , en ce qui nous concerne, peut imposer des règles capitalistes dont la légitimité de ce système a besoin pour survivre, comme cela a été le cas du capitalisme sauvage du XIXème, peu à peu social-démocratisé au profit de son dynamisme et de son acceptabilité sociétale.

    Il est illusoire de penser que la politique tomberait du ciel et/ou serait l’affaire des partis et de dirigeants tout puissants, vertueux ou corrompus. Nous avons les dirigeants que mérite notre investissement politique. La politique ne peut retrouver de la puissance d’agir que par le renouveau dynamique de la vie syndicale et associative citoyenne.


  • ddacoudre ddacoudre 2 décembre 2007 23:47

    bonjour forest end.

    mieux vaut tard que jamais.

    je partage ton analyse, même si j’ai quelques aspiration pour que l’on sorte du système dual du travail, source de beaucoup de nos problèmes.

    cordialement.


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