jeudi 22 février - par C BARRATIER

Réformer vraiment notre Ecole, donc examens, vacances scolaires, etc..

 

 

Réformes scolaires

 

Plus de la moitié des admis aux baccalauréats actuels échouent à l’université, et abandonnent. On a fait croire aux familles que les bacs pros permettaient autre chose que travailler immédiatement (un bac pro 2018 n’est pas plus difficile qu’un BEP 2000….mais ce n’était déjà pas mal de pouvoir accéder au marché de l’emploi).

Les BEP permettaient aussi un détour par une classe de première d’adaptation dans un lycée technique pour accéder au bac de technicien, puis, assez facilement à un Brevet de Technicien supérieur. Sélectionnés parmi les meilleurs lauréats au BEP à partir de leurs bulletins scolaires ces élèves parvenaient tous par la première d’adaptation à être admis à un BTS.

Les bacs professionnels étaient bien conçus, deux ans d’études après BEP obtenu, et on en restait là, avec un emploi accessible. Las, le BEP a été supprimé et remplacé par un bac pro en 3 ans rendant théoriquement accessible universités, DUT, BTS… Les familles ravies de voir leur enfant entrer en « seconde  », pour faire un bac pro en 3 ans, faute de pouvoir être admis en seconde générale ou technologique, acceptaient ce mirage…On peut toujours rêver.

 

Les demandeurs d’emploi qui font un CV sont éventuellement conscients de leur insuffisance.. Les bacs sont des diplômes de niveau dit QUATRE, les BTS de niveau dit TROIS. Au lieu de mentionner leur diplôme obtenu, pour le bac raté, ils notent qu’ils sont de niveau 4 (alors qu’ils sont en niveau cinq, cap/bep) pour le BTS ou DUT raté, ils notent niveau trois….Leur CV est bien entendu compris par les employeurs « collé au bac ou au bts »…Mais leur attitude traduit un manque, une déception.

 

La réforme BLANQUER prévoit de réformer le bac, et je la trouve plutôt positive en raison du « grand oral » qui sera préparé sur un thème propre à chaque élève qui s’y mettra dès la classe de première. Le problème du bac actuel, surtout les bacs généraux, est qu’ils mesurent la capacité d’un élève à se couler dans une sorte de « moule » et à « régurgiter » des acquis parfois très superficiels, voir récents, du fait de la période de révision, supprimant des cours bien sûr, car dans cette période les élèves ne sont pas tenus de venir au lycée.

Sur un thème qui sera donc du cru de l’élève, interdisciplinaire, le grand oral mesurera l’activité créatrice de l’élève, les professeurs le notant en fonction de potentialités personnelles. Il ne sera pas piégé, les examinateurs étant à son écoute.

 

L’examen détermine ce qui se passe en amont. Ni les élèves ni les professeurs ne travailleront de la manière actuellement répandue, ils se mettront au travail en équipe (ce qui était prévu dans la réforme des collèges que pourtant Blanquer a abandonnée).

 

En symbiose avec cette nouvelle donne, l’entrainement à l’expression orale sera développé.

 

Professeur de lettres sensibilisé par mon travail approfondi passé en pédagogie Freinet, et aux Centres d’Entrainement aux Méthodes Actives (Formations aux enseignants déléguées par le Ministère), j’avais travaillé dans ce sens, que ce soit pour les études de textes du programme ou pour les dissertations,- une par quinzaine. Le travail personnel des élèves supplantait largement le cours théorique. J’avais même en première et terminale réinstauré la récitation choisie par chacun ou en petite équipe garçons filles (Théâtre de Racine par exemple). Je notais ce « spectacle » qui ouvrait chaque début de travail sur les textes, en mettant une note entre 15 et 20, ou rien si c’était raté… Un appel à volontaire(s) donc en début de cours. Ceux là disaient leur texte d’une voix forte, car ils s’adressaient à une salle, des classes de 35 élèves et plus, se regardant et s’écoutant. Emotion réelle de tous, attentifs, et songeant à ce qu’ils feraient quand viendrait leur tour. Applaudissements spontanés à la fin parfois. Si ça coinçait, trou de mémoire, possibilité de recommencer en fin de cours ou une autre fois, et pas de note…

 

Devenu Proviseur de lycée, j’ai développé ces méthodes actives en m’appuyant sur les CDI qui avaient remplacé les bibliothèques de lycées, en particulier en les ouvrant beaucoup en dehors des heures où les élèves avaient cours, y compris le soir jusqu’à 20 h pour les internes. Voici un travail d’équipe du secteur Pédagogie de mon syndicat de Chefs d’Etablissements, le SNPDEN, que j’ai finalisé, rédigé, en 1992.

 

Pédagogie et méthodes actives, le lycée de demain ?

http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=198

 

Voilà pourquoi j’adhère à cette partie de la réforme BLANQUER. J’adhère aussi à sa déclaration sur l’importance des bases à l’école primaire, et à des dédoublements de classes de cours préparatoire. Mais le Ministre ne change rien au mal essentiel de l’école élémentaire, la concentration actuelle de l’apprentissage du programme sur 4 jours avec des journées de 6 heures de cours, là où il en faudrait 4 , pour éviter la saturation, là où il faudrait beaucoup plus de semaines de 16 heures, donc moins de vacances scolaires qui actuellement nous placent dans les derniers dans le monde développé, et font de notre école un e préparation à la paresse tout en étant inefficace pour les apprentissages. Parents, enseignants, citoyens ont ainsi ce qu’ils méritent aujourd’hui, avec toutes les conséquences de l’échec scolaire dans l’atmosphère des classes… et déjà dans l’Economie du pays.

 

J’adhère enfin aux déclarations du Ministre sur les lumières, la République de la liberté de conscience, de l’égalité, de la Fraternité, donc de la laïcité. Reviendra-t-il sur un point délicat de la classe hors les murs, dans les sorties scolaires. La loi n’interdit pas aux parents accompagnateurs de ces sorties de faire, directement ou indirectement par leur tenue, du prosélytisme. Je souhaite que la loi précise désormais que pour les sorties d’encadrement scolaire chacun soit tenu, le temps de la sortie, aux règles de neutralité qui s’imposent aux enseignants. Voici pourquoi :

 

Accompagnement scolaire, élus faites votre travail

http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=295



12 réactions


  • Diogène Diogène 22 février 11:14

    L’instauration du « BAC PRO » n’a été rien d’autre qu’une forme de « discrimination positive », une illusion inventée comme d’autres outre-atlantique sous le nom d’« affirmative action » pour se donner un peu de répit et faire patienter les couches sociales défavorisées en leur faisant croire que la mise en place de quotas pouvaient régler d’un coup de baguette magique la question de la lutte des classes. Le PS français a mis en oeuvre les astuces du parti démocrate américain et Jospin a fait croire qu’il avait inventé l’eau chaude alors qu’il n’avait fait que photocopier le brevet américain qui était déjà lui-même une escroquerie.

    L’école n’est pas autonome, elle ne corrige pas les injustices sociales, et l’ascenseur social qu’elle a offert aux générations nées entre les deux guerres mondiales correspondait à un besoin de qualification demandé par le patronat pendant le développement de l’industrie. Ce besoin n’existe plus ! L’illusion non plus, sauf celle créée par des manipulateurs professionnels qui ont la capacité de faire prendre des vessies de cochons pour des lanternes pendant quelques années. 


  • Pour les rythmes de l’école primaire, on revient aux quatre jours car on ne peut faire autrement, sans alourdir les semaines des mômes... Il est tabou de rappeler que chez nos voisins les femmes s’occupent des enfants l’après-midi, ou qu’ils font du sport et du catéchisme...


    •  C BARRATIER C BARRATIER 22 février 15:37

      @France Républicaine et Souverainiste
      Les femmes travaillent et ne sont plus cantonnées à s’occuper des momes. Les pères pourraient prendre la relève un siècle ou 2.

      Il y a effectivement l’idée que l’école doit être une garderie...on voit le resultat


  • Rincevent Rincevent 22 février 11:54

    @ l’auteur

    Pour avoir du travail, les BTS, sont encore efficaces. Après, on peut toujours continuer vers le master, voire le doctorat. Dans votre profil, vous évoquez les CEMEA, qu’est-ce que ça devient ? J’ai appartenu, il y a longtemps, à la branche Santé Mentale. Ça m’avait apporté beaucoup dans ma pratique, alors que ma formation initiale avait été relativement ‘’basique’’.


    •  C BARRATIER C BARRATIER 22 février 15:43

      @Rincevent
      Les CEMEA existent toujours et gardent le cap à ce que je sais. Leur pédagogie est fondée sur l’activité
      Je les ai un peu perdu de vue, j’ai travaillé dans les équipes de Grenoble et Montpellier avant de devenir permanent de la délégation générale, alors rue st Placide à Paris. J’étais responsable du secteur enseignement.
      Pour des raisons familiales j’ai dû stopper mes déplacements incessants en France et à l’étranger. Il m’est resté une forte capacité d’organisation, et des méthoses qui ont fait leurs preuves.
      Vous étiez où ?


    • Rincevent Rincevent 22 février 17:15

      @C BARRATIER

      Nancy, membre non permanent de la branche Santé Mentale, basée au château de Lunéville. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Lun%C3%A9ville

      Je travaillais principalement avec Christian Gérardin, infirmier psy et rédacteur à VST. Une époque riche…


  • Alren Alren 22 février 13:10

    « Plus de la moitié des admis aux baccalauréats actuels échouent à l’université, et abandonnent. »

    Cela devrait remettre en cause la pédagogie dans l’Université, NON ?

    Or cela n’est jamais fait. Quand on a fait entrer massivement les primaires dans les collèges, les professeurs de ces derniers se sont plaints de l’inadaptation des écoliers à leurs pratiques.
    Puis ils ont modifié leur accueil, comprenant que les élèves ne savaient pas à l’avance ce qui était au programme de la sixième !
    Le même phénomène a été observé lors de l’entrée au lycée avec le même contrainte pour les enseignants de s’adapter à la masse de leurs élèves.

    Le redoublement ayant de fait été supprimé pour faire des économies et fermer des classes, les étudiants de première année à l’université sont plus immatures aujourd’hui qu’il y a trente ans.
    La relation totalement impersonnelle entre les conférenciers et les auditeurs de leur grand amphi ne convient pas à ces adolescents attardés qui ont besoin d’être reconnu individuellement.

    Cette relation plus personnelle entre professeur et étudiant existe dans les écoles du supérieur et même les IUT. Et ça change tout.

    Il faut une révolution pédagogique dans les facs.


    • pipiou2 22 février 13:21

      @Alren

      « Cela devrait remettre en cause la pédagogie dans l’Université, NON ? »

      Et non, quand on a arrive à un tel déchet c’est qu’il y a un problème de fond, invoquer un problème de pédagogie n’est vraiment pas sérieux.

      D’ailleurs vous dites vous-même que « les étudiants de première année à l’université sont plus immatures aujourd’hui qu’il y a trente ans. »


    •  C BARRATIER C BARRATIER 22 février 15:49

      @Alren
      Je n’y avais pas songé, mais c’’est juste. Il y a quand même à la Fac autre chose que les grands amphis pleins à craquer quand le professeur est excellent. Il y a les TP, le travail personnel.
      C’est vrai qu’on pourrait reprendre à la fac les bases (orthographe déjà..) Mais alors on trournerait en rond..
      Déjà l’université est parente pauvre des écoles d’ingénieur ’elle en a dans sons sein parfois)
      Alors si elle doit s’adapter aux plus faibles, elle est morte !


  • velosolex velosolex 22 février 13:19

    Effectivement, comme vous le soulignez, le problème majeur vient de la base : Le nombre de jours scolarisés, a, depuis que la France était déjà champion du monde en la matière, était encore diminué. Et l’on se fout totalement que la journée de classe, soit , elle, la plus longue au monde !

    Qui parlera autant que les enseignants du CP ont encore tout liberté pour imposer leur livret d’apprentissage de la lecture, celui ci se référant encore souvent à la la méthode globale, ou apparentée, totalement inepte et même criminelle, car source de pathologies qui feront la fortune des orthophonistes et autres cliniciens ? On sait pourtant que les sciences cognitives montrent que les terminaisons neurologiques d’un enfant de 5 ans ne sont pas compatibles avec les postulats requis ! 
    Je remarque que les expériences dites « de Singapour », qu’on semble découvrir comme le dernier must, était l’ordinaire des classes de CP il y a 40 ans !
     Expérimentations pratiques avec des cubes, des contenants, des poids....Cette éducation nationale marche toujours à l’allure d’un char tiré par des bœufs borgnes, et fait tout un baroufle dés qu’il lui faut un tant soi peu dériver de sa route. 
    On repeint en neuf le jour d’hier, et l’on fait semblant de découvrir la lune en lui donnant un nouveau nom, plutôt que d’avouer son erreur. 
    Toute cette société corsetée par des principes éducatifs « mieux disant »qui peut être excellente pour ceux qu’elles flattent, et confortent le modèle, ne produit que de l’exclusion, quand on manque une marche, où quand on n’est pas bien né. 
    Je remarque que mon parcours de bac moins trois, datant d’un demi siècle, qui a pu ensuite se rattraper aux branches ne serait plus possible actuellement. Très tôt, un enfant qui saisit que la porte lui sera fermée, où qu’il est dans une filière « bidon », où les profs désabusés lui renvoient autant une image négative d’eux même, se met en position de mort apparente.
     L’expérience des « ex cancres » serait parfois au moins autant salutaire, que celle de ces élites qui ont eu un parcours d’excellence, et qui portent trop souvent un regard chargé de morgue sur les exclus d’un système dont il ne connaissent qu’une seule porte, celle qu’ils ont empruntée.
    Se pose donc le problème du recrutement, un sujet encore tabou, faisant même dans la surenchère en la diplomite aiguë, confondant notes, diplômes, et intelligence ( la vraie, celle de l’adaptation aux autres) . 

  • Jean Roque Jean Roque 22 février 14:11

    « notre » École ?
    Fini, il y a mon école et celle des « autres ». Que l’enseignement soit privatisé.
     
    60 postes d’instituteurs supprimés dans la Somme, pour les 15 élèves par classes des chéris du système.


  • Gatling Gatling 22 février 15:22

    Oui et greffons un cerveau aux professeurs de l’éducation nationale


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