vendredi 25 octobre 2013 - par PRCF

Refusons l’eurométropolisation (acte III de la décentralisation)

Dans la perspective d’une République sociale et souveraine en marche vers le socialisme, refusons l’euro-métropolisation de la France et la mise en place de l’Europe des Länder.
Que vivent les Communes et la République sociale, souveraine, une et indivisible ! le 21 octobre 2013

Réclamé à cor et à cris par l’U.E., qui veut imposer le modèle fédéral allemand à l’échelle du sous-continent européen, porté par le MEDEF, qui réclame honteusement « la suppression des communes et des départements » (P. Gattaz), un projet monstrueux de « métropolisation » du territoire national prend forme à la veille des municipales sous l’égide du Parti socialiste et de l’UMP.

Complétant les lois dites de décentralisation qui, depuis le 1er gouvernement Mitterrand-Defferre, ont miné la République une et indivisible en transférant un nombre croissant de compétences aux féodalités locales (régions et euro-régions « transfrontalières », structures supra-communales imposées qui réduisent les compétences des communes), adossé à l’ « Acte III de la décentralisation » et aux pressions que multiplie le Parlement européen pour imposer à la France la « charte européenne des langues minoritaires et régionales »*, il s’agit pour l’Elysée de mettre en place d’énormes agglomérations à l’américaine qui videraient la démocratie communale de tout contenu, qui signeraient la mort des département et qui achèveraient de dessaisir les citoyens, et spécialement le monde du travail, de toute influence sur les décisions locales.

En réalité, la mise en place des métropoles, et tout particulièrement, du Grand Paris, du Grand Lyon, du Grand Marseille, etc. serait avant tout une aubaine pour les monopoles capitalistes : ils feraient plus aisément main basse sur les marchés publics, ils pourraient plus aisément prendre appui sur les super grandes villes pour contourner l’échelon national et ils influenceraient encore plus directement les décideurs, au besoin par la corruption, en drainant l’argent public vers des projets pharaoniques dénués d’intérêt pour la vie quotidienne des gens.

C’est pourquoi le PRCF invite les communistes, les syndicalistes, les patriotes républicains, les élus locaux attachés à la commune, ce fil rouge de l’histoire progressiste française, à se DRESSER contre ce projet monstrueux au nom de…

  • La démocratie communale, qui doit se maintenir à l’échelle locale ; l’intercommunalité choisie et « projet par projet » doit l’emporter sur la supra-communalité imposée ; celle-ci ne doit plus réduire les conseils municipaux à « inaugurer les chrysanthèmes » ;
  • De la défense des services publics d’Etat et de la fonction publique territoriale : le but des métropoles est de parachever l’actuel dégraissage massif de la fonction publique et parapublique par leur désossage en règle (notamment, « rationalisation » et « concentration » de moyens publics dans les « villes-centres ») ; non seulement cela comporte un danger majeur pour les emplois, les statuts, les conditions de travail des personnels, mais cela signifie qu’ensuite, « à l’américaine », il faudra faire des kilomètres de voiture pour faire ses courses, ou pour accomplir telle ou telle démarche qu’on peut faire aujourd’hui dans sa ville ;
  • De la défense de l’industrie et de la classe ouvrière : la plupart du temps, ces métropoles seront tournées vers le tout-financier et le tout-tourisme ; elles accompagneront la casse des industries et la relégation sociale des ouvriers et de leur famille ; il faut au contraire une véritable République une et indivisible planifiant de manière harmonieuse la ré-industrialisation du territoire national. Refusons des « super-villes » voisinant avec le « désert français ». Exigeons une réindustrialisation équilibrée des territoires sur la base d’un large secteur public et nationalisé d’Etat donnant des droits démocratiques élargis pour les travailleurs et pour leurs syndicats ;
  • De la défense des PME, des artisans, des petits commerçants et des petits entrepreneurs ; dans un tel schéma d’organisation territoriale, les PME seraient broyées ou transformées en variables d’ajustement des donneurs d’ordres du grand capital
  • De la défense des départements, cet acquis de la Révolution française essentiel pour faire échec à l’ethnicisation des territoires, aux euro-régions, c’est-à-dire à l’écartèlement du territoire national démoli à la fois du dehors par l’Europe des régions et du dedans par le morcèlement et par la concurrence accrue entre les mégalopoles inhumaines
  • Du pouvoir d’achat populaire : car ces nouvelles structures créeront inévitablement de nouveaux impôts payés par la classe ouvrière et par les couches moyennes, tout en finançant de mille façons la course au profit capitaliste en puisant dans l’argent public
  • De la défense du mouvement ouvrier et populaire, car de tels monstres urbains réduiraient à néant le champ d’action des municipalités populaires et communistes actuelles ou à venir ;
  • De la défense de la langue française et des cultures nationale et régionales de notre pays : car ce maillage territorial métropolitain ajusté à l’échelle européenne et transatlantique privilégierait le basculement du pays au tout-anglais, les langues régionales (qu’il faut développer dans un cadre national et républicain) n’étant qu’un prétexte pour faire éclater la France et imposer sournoisement la langue de l’Empire transatlantique
  • Du respect dû au peuple français et au suffrage universel ; chaque fois qu’il l’a pu (constitution européenne, mais aussi référendum aux Antilles, en Corse, en Alsace), notre peuple s’est prononcé pour les structures républicaines et nationales, contre les structures euro-fédérales : il est lamentable que cet été, les députés PS – sans être dénoncés très fort par les autres forces politiques de gauche – aient supprimé la nécessité institutionnelle du passage par un référendum local pour fusionner des structures existantes. Ne laissons pas s’institutionnaliser une politique territoriale faussement moderne qui donnerait tout le pouvoir aux féodalités politico-financières ! Dans cet esprit, exigeons que soit retiré de la Constitution l’amendement Raffarin de 2003 qui stipule de manière contradictoire que « la France est une république une et indivisible dont l’organisation est décentralisée » ; surtout, exigeons une Constituante rendant au peuple sa souveraineté.

 

EN RESUME,

  1. défendons les Communes, socle d’une future République sociale et souveraine, fil rouge de toute notre histoire progressiste depuis le Moyen Âge, la Révolution française et la Commune de Paris ;
  2. dans le cadre de la campagne municipale, exigeons que les listes se réclamant de la gauche et de la République dénoncent l’euro-métropolisation des territoires, refusons tout soutien à des listes dirigées par le PS pro-UE et pro- métropoles, ne soutenons que des listes se prononçant nettement (entre autres conditions : c’est une condition nécessaire mais pas suffisante) pour le respect de la commune et de la République et indivisible.

En particulier, il est inconséquent pour le PCF national de prétendre combattre les métropoles tout en s’associant électoralement à Paris et ailleurs à des municipalités PS dont l’objectif, une fois passées les municipales, sera de mettre en place des mégalopoles, lesquelles n’auront de cesser d’étouffer les municipalités ouvrières des banlieues.

La commission exécutive nationale du PRCF, 21 octobre 2013

*dont le but réel est de dés-officialiser le français au profit du tout-anglais en instrumentant les langues régionales de France pour ethniciser le territoire national.

PRCF - www.initiative-communiste.fr



11 réactions


  • Antenor Antenor 25 octobre 2013 13:02

    On ne peut pas comparer les métropoles françaises et les Lander allemands. Une métropole fait la taille d’un arrondissement, un Länder c’est l’équivalent d’une région française.

    Les métropoles / pays sont au contraire la meilleure protection qu’on puisse trouver contre les dérives euro-régionalisantes.

    Remplacer 100 départements et 2500 communautés de communes par 300 à 400 métropoles/pays est la meilleure chose qu’on puisse faire.

    Les Français sont attachés à leurs communes et elles sont l’échelon par excellence du maintien du lien social. Pourquoi vouloir les supprimer ? Il suffit de transférer aux pays / métropoles les compétences qu’elles ne sont pas en mesure d’assumer.

    Communes-Métropoles-Etat : voilà un découpage clair où les compétences de chaque échelon pourront être nettement définis et seront lisibles pour tous les citoyens.


    • taktak 25 octobre 2013 13:38

      Antenor

      Il n’échappe à personnes que les métropoles ne concernent que les capitales régionales et leurs banlieues et zones d’influences. De fait, la métropolisation va de pair, et c’est ce que l’on constate dans les faits avec la régionalisation.

      Un découpage, solidaire et démocratique, au plus proche de la souveraineté populaire, c’est le triptique commune/département/etat.


    • Antenor Antenor 25 octobre 2013 23:13

      Pas d’accord, les régions (Rhône-Alpes et l’Ile de France en tête) sont les premières victimes de la métropolisation. Les métropoles permettent de fusionner à l’échelon de l’arrondissement les compétences des communautés de communes et des départements (voir des régions avec un peu de courage politique) et concernent aussi bien les grandes agglomérations que les villes moyennes.

      L’arrondissement/pays/métropole est un échelon très intéressant dans la mesure où il suit un schéma identique partout : une agglomération-centre et des cantons ruraux autour. Cela permet un découpage national homogène avec des territoires relativement égaux.

      Le département est un agrégat de trois ou quatre arrondissements. Il peut-être difficile de trouver une dynamique commune à des territoires pas forcément confrontés aux mêmes problématiques.


  • Michel DROUET Michel DROUET 25 octobre 2013 18:32

    Mettre « euro » devant métropolisation est une forme de manipulation des esprits.

    On tente de faire croire au peuple que la métropolisation est la porte ouverte vers la dillution dans une europe totalement en panne globalement rejetée âr les citoyens.

    Bon, maintenant, expliquez moi comment une commune de moins de 1000 habitants (ou 2 3000) peut vivre ?

    Même dans une intercommunalité librement consentie, il faudra toujours des financements qui viennent du département et/ou de la Région et de l’Etat pour pouvoir continuer à faire des ronds points, ce qui veut dire tutelle du département et/ou de la Région et de l’Etat sur les communes.

    Où est la liberté : totalement illusoire !¨

    Pour le maintien du Département, subdivision de l’Etat, je suis d’accord. C’est le Département/Conseil Général qu’il faut supprimer


    • Antenor Antenor 25 octobre 2013 23:35

      Ce qui simplifierait bien les choses serait que les collectivités locales (métropoles/pays) coïncident exactement avec le découpage des arrondissements. Cela améliorerait la synergie entre l’Etat-central représenté par le sous-préfet et les élus locaux. On supprime les préfets de départements et on ne conserve que les préfets de régions pour chapeauter les sous-préfets d’arrondissement.

      La région et le canton ne sont conservés que comme échelons administratifs. La région comme subdivision de l’Etat-central et le canton comme subdivision des pays/arrondissements. On pourrait d’ailleurs fusionner certaines petites régions pour se retrouver avec une quinzaine d’entités à peu près égales.


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 26 octobre 2013 11:39

      Michel Drouet,

      La décomposition des Nations européennes est bien dans les objectifs de l’ UE.
      Pierre Hillard a expliqué cela, cartes à l’appui dans son livre « La décomposition des Nations européennes » et François Asselineau en a fait une conférence :

      http://www.upr.fr/videos/conferences-en-ligne/euro-regions-allons-nous-laisser-detruire-les-nations

      Dans le projet en cours, (j’ai un peu suivi les débats sur la chaîne LCP), il s’agit d’en finir avec les Communes, structure à laquelle les Français sont très attachés, pour donner les pouvoirs aux regroupement de Communes, laissant aux Maires le droit d’inaugurer les chrysanthèmes...


  • HELIOS HELIOS 25 octobre 2013 23:01

    En lisant votre « article », je n’en conclu qu’une seule chose :
    Qu’attentez vous pour aller discuter une alliance objective de fait avec Marine Le Pen ?


  • Christian Labrune Christian Labrune 26 octobre 2013 01:11

    "C’est pourquoi le PRCF invite les communistes, les syndicalistes, les patriotes républicains, les élus locaux attachés à la commune, ce fil rouge de l’histoire progressiste française, à se DRESSER contre ce projet monstrueux au nom de…"

    Qu’est-ce qui est monstrueux ? La Corée du Nord ? Cuba ? Le Kampuchéa démocratique du citoyen Pol Pot ?

    Et le PRCF, qui soutient toutes ces sortes de monstruosités, il ne serait pas un peu monstrueux, lui aussi . Et même carrément totalitaire et dégueulasse ?


  • tf1Goupie 26 octobre 2013 11:42

    « Dans la perspective d’une République sociale et souveraine en marche vers le socialisme, »

    Qu’est-c’est que cette farce ??
    L’auteur s’est trompé de région du Monde : qu’il retourne en Chine ou en Corée du Nord s’il veut célébrer le socialisme et le totalitarisme.


  • Captain Marlo Fifi Brind_acier 26 octobre 2013 11:46

    Hélios et Labrune,

    S’il y a une chose que l’on peut reprocher à cet article du PRCF, c’est de ne pas expliquer que le seul moyen de mettre fin à toutes ces magouilles, c’est de sortir de l’ UE, de l’euro et de l’ OTAN.

    Certains confondent le nationalisme du FN, raciste et xénophobe, avec le patriotisme qui est l’amour de son pays et le souhait qu’il défende ses intérêts contre une Europe ultralibéraliste.

    Libre à vous de confondre les deux, Chavez ne faisait pas un discours sans parler de son patriotisme et de la défense de la souveraineté vis à vis de l’ Impérialisme américain. Vous feriez bien d’en prendre de la graine...


    • taktak 26 octobre 2013 21:40

      Bien dit Fifi...

      @ helios.
      Le FN est LE parti du système, celui qui défend l’oligarchie capitaliste, l’ordre établi. Pour cela il divise les travailleurs en alimentant la xénophobie, pointant du doigt l’immigré ou le musulman plutôt que le financier (remplacer dans le discours du FN immigré ou islam par juif... vous verrez ce qu’est le fond de sons discours).
      Quand à M Le PEN, elle a très clairement déclaré - conformément au programme du FN - qu’elle élue, elle ne sortirait pas de l’euro ni de l’UE. Mais négocierait..... avec l’Allemagne partenaire privilégié. Bref le FN ne veut pas sortir ni de l’UE ni de l’euro.

      Le FN n’est pas patriote ni progressiste. Il est profondément réactionnaire, nationaliste, xénophobe, contre les travailleurs et pour les patrons

      @ Labrune.
      La corée du nord ou cuba n’ont JAMAIS nuit de quelque manière que ce soit à la France.
      Pol Pot ? l’ami des américains, du camps capitaliste... assumez vos montres.

      Ce qui est bien avec vous c’est que vous ne cachez pas l’anticommunisme primaire et virulent de l’extrème droite et du FN osant - sans peur du ridicule - traiter de soviétique les anti communiste de france inter. Cet anticommunisme qui montre que l’extrème droite n’a en fait rien renié de son fond des années 1930.


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