lundi 15 décembre 2025 - par Alex la Plume

Repentance à sens unique ? Et si Alger payait pour ses esclaves blancs !

C'est la petite musique habituelle, celle qui ne s'arrête jamais. La « rente mémorielle », comme l'appellent certains, bat son plein. Alger exige, encore et toujours, des excuses, des réparations, une génuflexion perpétuelle de la France pour les 130 années de présence sur l'autre rive de la Méditerranée.

Mais dans ce grand bal de l'auto-flagellation nationale, une tribune courageuse publiée récemment dans Le Figaro Histoire par l'universitaire Marie-Claude Mosimann-Barbier vient mettre un grand coup de pied dans la fourmilière de la bien-pensance. Et si, pour une fois, on regardait l'Histoire avec les deux yeux ouverts ? Et si c'était à Alger de nous verser des réparations pour les siècles de razzias et d'esclavage subis par nos ancêtres ?

Le mythe de l'innocence brisé

Il faut avoir le cœur bien accroché pour lire la réalité historique que nos manuels scolaires s'évertuent à gommer. On nous vend une Algérie victime éternelle. Or, comme le rappelle Mme Mosimann-Barbier, avant 1830, la région n'était pas une nation, mais une province sous férule étrangère constante : romaine, arabe, puis ottomane dès 1526.

Mais le plus tabou, c'est l'économie même de cette Régence d'Alger : la piraterie et la traite des êtres humains.

Pour la plupart de nos contemporains, formatés par la repentance d'État, l'esclavage est exclusivement transatlantique et le fait de méchants Européens. C'est un mensonge par omission colossal. La tribune nous rappelle une vérité cinglante : la traite a commencé bien avant, en Afrique, sous l'impulsion des conquêtes arabes. Dès le VIIe siècle, le général Abdallah ben Sayd imposait déjà le bakht aux chrétiens de Nubie : un tribut humain de 360 esclaves par an !

Un million d'Européens aux fers : des chiffres qui dérangent

En creusant un peu le sujet, les chiffres donnent le vertige. Des historiens sérieux, comme Robert C. Davis de l'Université d'État de l'Ohio, estiment qu'entre le XVIe et le XIXe siècle, plus d'un million d'Européens ont été réduits en esclavage sur la côte des Barbaresques (Tunis, Tripoli, et surtout Alger).

Qui étaient-ils ? Des marins, certes, mais aussi des paysans, des femmes et des enfants, enlevés lors de razzias sur les côtes de Provence, de Corse, d'Italie, et même jusqu'en Bretagne ou en Islande !

Prenons quelques exemples concrets qui glacent le sang :

1631 : le sac de Baltimore, en Irlande. Des corsaires algérois débarquent de nuit et enlèvent 107 habitants, hommes, femmes, enfants. Le village est déserté pour des décennies. Ces Irlandais catholiques finiront leurs jours enchaînés à Alger, jamais rachetés.

1544 : l'île d'Ischia, au large de Naples. Le pirate Barberousse (Khayr ad-Din), amiral de la flotte ottomane et basé à Alger, razzie l'île entière : 4 000 personnes sont emmenées en esclavage. Les femmes jeunes finissent dans les harems, les hommes aux galères.

1798 : les côtes de Sardaigne et de Sicile sont encore régulièrement dévastées. Les tours de guet qui parsèment aujourd'hui le littoral méditerranéen ne sont pas décoratives : elles ont été construites pour prévenir les raids barbaresques qui terrorisaient les populations pendant trois siècles.

À Alger, ces "chiens de chrétiens" étaient vendus sur les marchés aux esclaves (le bedesten), traînés dans les rues sous les huées, enchaînés dans des bagnes insalubres, forcés de ramer sur les galères jusqu'à la mort ou de construire les palais des Deys.

« Alger, qui ne cesse de demander réparation [...], semble avoir oublié son active participation à la traite et à l'esclavage. »

C'est là que l'hypocrisie atteint son comble. Alger a bâti sa puissance d'alors sur le vol des cargaisons et la rançon des hommes. En France, des ordres religieux entiers (les Trinitaires, les Mercédaires) passaient leur temps à quêter dans nos villages pour réunir l'argent nécessaire au rachat des captifs. Combien de familles françaises ruinées pour sauver un fils ou un père des griffes du Dey d'Alger ?

Les témoins gênants qu'on préfère oublier

L'image est symbolique : Miguel de Cervantès, l'auteur de Don Quichotte, capturé en 1575 après la bataille de Lépante, présenté enchaîné à Hassan Pacha, le roi d'Alger. Lui-même a passé cinq longues années de captivité à Alger. S'il a survécu pour raconter, combien d'anonymes ont péri sous le fouet ?

Mais il n'est pas le seul. Vincent de Paul, le futur saint patron des œuvres de charité, fut lui aussi capturé en 1605 et vendu comme esclave à Tunis avant d'être transféré vers Alger. Deux ans d'enfer avant qu'il ne parvienne à s'évader.

Emanuel d'Aranda, un Flamand capturé en 1640, a laissé un récit glaçant de ses années d'esclavage à Alger. Il décrit les marchés, les tortures, les conversions forcées, le désespoir absolu de ces milliers de chrétiens oubliés d'Europe.

Et que dire du Père Dan, rédempteur trinitaire, qui négocia le rachat de centaines d'esclaves et qui écrivit en 1637 son Histoire de Barbarie et de ses corsaires ? Un témoignage accablant sur l'ampleur du système esclavagiste algérois.

Ces voix, aujourd'hui étouffées par le politiquement correct, méritent d'être entendues. Elles rappellent une réalité brutale : pendant que l'Europe commençait timidement à abolir la traite atlantique, Alger continuait tranquillement son commerce d'esclaves blancs.

1830 : la France libératrice, version censurée

La colonisation française de 1830 ne s'est pas faite par hasard ou par pure avidité territoriale. À l'origine, l'expédition visait à détruire ce nid de pirates qui terrorisait la Méditerranée depuis trois siècles et à mettre fin à cet esclavage blanc que l'Europe ne supportait plus.

Rappelons les faits : en 1816, une escadre anglo-néerlandaise bombarde Alger pour obtenir la libération des esclaves chrétiens. Le Dey promet, puis recommence. En 1830, la France intervient militairement. C'est la France qui a mis fin à la traite à Alger, pas l'inverse !

Quand les troupes françaises entrent dans la ville, elles libèrent les derniers esclaves chrétiens des bagnes. Ce détail historique, pourtant majeur, est soigneusement évacué des récits officiels. Il ne cadre pas avec le narratif imposé.

L'heure des comptes a sonné : la réciprocité ou rien !

Alors, soyons clairs. Si l'on doit ouvrir les livres de comptes de l'Histoire, ouvrons-les en grand. Pas de repentance à sens unique. Pas de mémoire sélective.

Ce que la France a apporté (qu'on le veuille ou non)

Pendant 130 ans de présence française, l'Algérie a connu :

  • La fin de l'esclavage et de la piraterie
  • La construction de milliers de kilomètres de routes, de voies ferrées
  • L'édification d'hôpitaux, d'écoles, d'universités (l'Université d'Alger date de 1879)
  • L'assèchement des marais, l'irrigation, la mise en valeur de terres arides
  • La vaccination de masse, l'éradication d'épidémies séculaires
  • Une population multipliée par cinq entre 1830 et 1960

Oui, la colonisation a comporté des injustices, des violences, des erreurs tragiques. Personne ne le nie. Mais réduire 130 ans d'histoire à un crime contre l'humanité relève de la falsification pure et simple.

Ce que l'Algérie doit reconnaître (et payer ?)

Si la France doit payer des réparations, alors l'Algérie, héritière de la Régence barbaresque, doit payer pour :

1. Les milliers de Français et d'Européens razziés et réduits en servitude pendant trois siècles. Chaque famille concernée mérite reconnaissance et compensation.

2. Les sommes astronomiques versées en rançons par la France, l'Espagne, l'Italie pendant des siècles. Qu'on en fasse le calcul actualisé, avec intérêts composés. Le résultat sera vertigineux.

3. Le traumatisme séculaire des populations côtières méditerranéennes, contraintes de vivre dans la terreur permanente des razzias. Combien de villages vidés, de vies brisées, de destins anéantis ?

4. La piraterie systématique qui a ruiné le commerce méditerranéen pendant des siècles, appauvrissant des régions entières.

5. Les conversions forcées à l'islam, les humiliations publiques, les tortures infligées aux captifs chrétiens qui refusaient d'abjurer leur foi.

Comme l'écrit si justement l'universitaire Marie-Claude Mosimann-Barbier, la région a "oublié son active participation". Il est temps de lui rafraîchir la mémoire.

Le piège de la repentance unilatérale

La machine à repentance tourne à plein régime. Emmanuel Macron multiplie les déclarations sur les "crimes" français en Algérie. Mais où est la réciprocité ? Où sont les excuses d'Alger pour les siècles d'esclavage infligés aux Européens ?

Cette asymétrie est insupportable et dangereuse. Elle installe dans l'esprit public une vision manichéenne : l'Occident coupable, le reste du monde innocent. C'est historiquement faux et moralement inacceptable.

La vraie réconciliation ne peut se construire que sur la vérité complète, pas sur le mensonge ou l'oubli sélectif.

Si Alger veut sincèrement tourner la page, qu'Alger commence par reconnaître ses propres crimes. Qu'on érige des monuments aux esclaves blancs. Qu'on enseigne dans les écoles algériennes l'histoire complète de la Régence. Qu'on présente des excuses officielles aux descendants des victimes.

Pas de repentance sans réciprocité. C'est la seule voie vers une vraie paix mémorielle.

Conclusion : pour une histoire décolonisée... des deux côtés

Le débat mémoriel franco-algérien est verrouillé par une idéologie qui refuse d'admettre que l'histoire est complexe, que les victimes d'hier furent parfois les bourreaux d'avant-hier, et que la repentance à géométrie variable n'est qu'une nouvelle forme de domination intellectuelle.

Les Français n'ont pas à ramper éternellement devant un pays qui refuse d'assumer son propre passé esclavagiste. L'histoire de la Méditerranée est une histoire de conflits, de dominations croisées, d'atrocités réciproques. Assumons-la entièrement, ou taisons-nous définitivement.

Mais surtout, cessons cette hypocrisie insupportable qui fait de la France le seul coupable d'une histoire millénaire où les rôles de victimes et de bourreaux se sont constamment inversés.

 

Ilustration : Esclaves chrétiens, Maîtres musulmans : L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800) Poche – 7 septembre 2007
de Robert C. Davis (Auteur), Manuel Tricoteaux (Traduction)



23 réactions


  • sylvain sylvain 15 décembre 2025 10:12

    la grande specificite de l’occident n’est pas d’avoir pratique l’esclavage, c’est d’etre entre dans la modernite avant tout le monde


    • Jules Seyes Jules Seyes 15 décembre 2025 10:21

      @sylvain
      Et d’avoir aboli l’esclavage, même si ce fut intéressé.
      Je prépare un article dessus.


    • SilentArrow 15 décembre 2025 12:55

      @sylvain
       

      la grande specificite de l’occident n’est pas d’avoir pratique l’esclavage, c’est d’etre entre dans la modernite avant tout le monde

      Je dirais plutôt que c’est d’avoir inventé la modernité.

  • Jules Seyes Jules Seyes 15 décembre 2025 10:18

    Mon cher, 

    vous avez totalement tort.

    Vous commettez l’erreur de croire le débat public dirigé par l’Histoire telle qu’elle s’est produite.

    Mais non, l’Algérie est une économie de rente où le pouvoir a juste besoin de se maintenir pour la piller : D’où sa mise en valeur permanente de la guerre d’Algérie où ils oublient le massacre de tous les algériens en désaccord avec eux, comme leur défaite militaire.
    Au contraire, en France, il demeure une économie avec de la valeur ajoutée. Il faut donc prélever davantage le français. Quoi de mieux qu’une belle culpabilité pour cela : Paie, pour tes crimes. Enfin, ceux de tes ancêtres, enfin, disons ceux que l’on imputera à tes ancêtres.
    Les gouvernements d’Alger et de Paris ont un intérêt objectif au maintient du narratif.
    Les peuples algérien et français non. mais qui s’en préoccupe ?


    • berry 15 décembre 2025 10:50

      @Jules Seyes
      Je vois bien l’intérêt de la culpabilisation de la France pour le régime algérien, mais pas vraiment le nôtre.
      Peut-être l’intérêt de nous diviser et de nous affaiblir, pour l’Etat profond, au même titre que d’autres aspect de la politique (surendettement, arnaque climatique, guerre contre la Russie, immigration de masse, etc...). 


    • SilentArrow 15 décembre 2025 13:08

      @berry

      Si le gouvernement algérien refuse de reprendre ses merdes de migrants illégaux et criminels, réquisitionnez la grande mosquée de Paris et enfermez-les dedans. Ils seront moins enclins à pisser contre les murs que si vous les enfermiez dans une église.


  • SilentArrow 15 décembre 2025 12:47

    @Alex la Plume

    Dans l’empire romain, le nord de l’Afrique était une région prospère et possédant une culture ancienne. Elle a donné des empereurs à l’empire et des théologiens à l’Église.

    Et puis arrivèrent les invasions hilaliennes. Le Berbères de la côte furent remplacés par des Arabes crasseux, incultes et fainéants, pour qui la seule façon honorable de posséder quelque chose était de le voler. Ces sauvages détruisirent toutes traces de civilisation et avec elle, l’agriculture qui jusqu’à ce jour ne s’en est pas encore tout à fait remise.

    L’économie était désormais basée sur la seule chose que ces nuls en tout les domaines étaient capables de faire : le pillage et le commerce d’esclaves.

    Tout cela, je ne l’ai pas inventé. C’est ce qu’écrit Ibn Khaldoun dans ses Prolégomènes dont vous pouvez télécharger une copie pdf gratuite ici.

    Voilà de quels ancêtres proviennent les Algériens de la côte. Tous les Algériens que j’ai connus étaient des ignorants, des fainéants, des bons à rien et des rouspéteurs perpétuels. Les femmes algériennes que j’ai connues, par contre, étaient toutes beaucoup plus intelligentes et raisonnables.

    L’attitude du gouvernement algérien qui ne cesse de rouspéter, ben, c’est dans leurs gènes et c’est incurables. Il faut les envoyer se faire enc.ler une bonne fois pour toutes pour qu’ils ferment leurs grandes gueules.


    • berry 15 décembre 2025 13:19

      @SilentArrow
      Ah, vous, vous n’aurez pas le label rouge de Reporters Sans Frontières !


    • SilentArrow 15 décembre 2025 13:45

      @berry
       

      Ah, vous, vous n’aurez pas le label rouge de Reporters Sans Frontières !

      Non, mais je leur dirai où ils peuvent se le mettre.

    • Mustik 15 décembre 2025 16:59

      @SilentArrow
      Les femmes algériennes que j’ai connues, par contre, étaient toutes beaucoup plus intelligentes et raisonnables.

      Et mignonnes tout plein, je me demandais parfois comment des mâles exécrables avaient pu engendrer de si belles plantes. Woulah ! smiley


  • Et hop ! Et hop ! 15 décembre 2025 15:10

    Repentance à sens unique ? Et si Tel-Aviv payait pour la traite négrière atlantique !

    Les premiers esclaves noirs ont été déportés d’Afrique et introduits au Brésil avec la culture de la canne à sucre par deux Juifs des Açores. Par la suite tout le marché d’esclave était alimenté par des armateurs juifs jusqu’à ce qu’ils soient bannis du Brésil.

    Certains d’entre eux se sont exilés dans les Antilles françaises où ils ont introduit clandestinement leurs esclaves et l’esclavage qui était interdit par le droit français. Le nombre d’immigrés noir clandestins est devenu tellement important que l’intendant a demandé à Colbert du Terron, ministre de la marine, fils du Grand Colbert, de leur donner un statut légal qui est l’ordonnance royale connue sous le nom de Code Noir. Son article premier bannit les Juifs des îles françaises d’Amérique, il reconnaît que la population indienne caraïbe est libre et possède la naturalité française, il reconnaît une personnalté morales aux esclaves noirs en exigeant leur baptême, leur mariage et leur sépulture, il interdit de les maltraiter et leur donne le droit de s’en plaindre en justice.


    • Alex la Plume Alex la Plume 15 décembre 2025 15:23

      @Et hop !
        

      Ton commentaire est anachronique et donc trompeur.
      Tu parles de Tel‑Aviv et d’Israël en lien avec la traite négrière, alors qu’Israël n’existait pas à l’époque : l’État a été fondé en 1948, soit plusieurs siècles après la traite atlantique. Associer une réalité contemporaine à des faits du XVIIe siècle est une erreur historique grossière. 

        

      Oui, il y a eu des individus de diverses origines impliqués dans le commerce triangulaire, mais réduire ce crime contre l’humanité à une communauté particulière est une simplification abusive. La traite négrière fut organisée par des puissances européennes (Portugal, Espagne, France, Angleterre, Pays‑Bas) et institutionnalisée par des monarchies et des compagnies commerciales. Le Code Noir de 1685, que tu cites, est bien une ordonnance royale française, preuve que l’esclavage était une politique d’État, pas l’affaire d’un groupe isolé.

        

      Accuser Tel‑Aviv ou “les Juifs” aujourd’hui pour des faits historiques relève d’un amalgame imbécile. La mémoire de l’esclavage mérite sérieux et rigueur, pas des raccourcis idéologiques. Si l’on veut parler de repentance, il faut rappeler que ce système fut porté par des nations entières, et non par une ville ou un peuple qui n’existaient même pas à l’époque.

        
      Ton antisémitisme transpire à chacun de tes messages au point de te décrédibiliser complètement. La mémoire de l’esclavage mérite sérieux et rigueur, pas des amalgames idéologiques qui détournent le débat.


    • Et hop ! Et hop ! 15 décembre 2025 22:18

      @Alex la Plume

      L’Algérie non plus n’existait pas à l’époque des Barbaresques, mais je comprends bien le propos de votre article, je ne fais que l’étendre à d’autres pleurnicheurs.
      Vous ne connaissez pas l’histoire des débuts de la traite atlantique, ni l’histoire des Juifs qui ont toujours fait du commerce d’esclaves, dans l’Antiquité et au Moyen-Âge selon l’historien Heinrich Graetz, c’était leur spécialité avec la collecte d’impôts et l’usure. J’ai acheté il y a quelques année une Histoire des Juifs portugais faite par un autre auteur juif dans les années 1990, et il expliquait que tout le commerce d’esclaves transatlantique avait été créé par des Juifs portugais du Portugal, de Hollande et d’Angleterre, il décrit tous les réseaux.
      Lorsque le Code Noir a été édicté pour donner un statut populations noires qui étaient clandestines et donc sans aucuns droits, l’esclavage et l’importation d’esclaves avait toujours été interdit en Nouvelle France. Ce statut rétablit pour cette population le servage personnel qui était aboli en France depuis la Moyen Âge, c’est très différent de la condition d’esclaves dans l’Empire britannique, ou dans le bagne d’Alger. Les mariages entre les noirs et les blancs n’étaient pas interdit. Les châtiments corporels nous paraissent inhumains, mais ils se pratiquaient à l’époque dans les collèges, dans l’armée, dans la marine, et dans les familles.
      La première déclaration royale qui a autorisé un armateur d’un port français a faire du commerce d’esclave date de la Régence, est des lettres patentes qu’on a fait signer à Louis XV qui avait 12 ans, c’était l’époque de Law qui était devenu le directeur général de la Compagnie des Indes. Ce commerce monstrueux s’est organisé au Sénégal autour de l’Ile de Gorée dont le propriétaire était Samuel Gradis apparenant à une famille d’armateur juifs portugais de Bordeaux qui existe toujours. 


    • Alex la Plume Alex la Plume 16 décembre 2025 08:49

      @Et hop !
        

      Votre commentaire mélange quelques faits avec beaucoup de raccourcis, et surtout une vieille ficelle : désigner “les Juifs” comme coupables collectifs.

        

      Dire que “les Juifs ont toujours fait le commerce d’esclaves” et que c’était “leur spécialité” (avec l’usure, etc.), ce n’est pas de l’histoire : c’est du stéréotype.
      Affirmer que la traite transatlantique a été “créée” par des Juifs portugais, c’est historiquement faux : la traite est un système construit par des États et des réseaux européens multiples (Portugal, Espagne, Angleterre, France, Provinces-Unies…), pas par un groupe religieux unique.

        
      Présenter le Code noir comme une mesure “protectrice” qui aurait “rétabli le servage”, c’est une minimisation : il organise et légalise l’esclavage colonial.

        

      La Régence d’Alger (avec d’autres régences barbaresques) a pratiqué la course et la capture d’esclaves ; l’Algérie moderne n’est pas l’auteur direct de ces actes, mais elle peut en traiter l’héritage historique.


    • Et hop ! Et hop ! 16 décembre 2025 14:10

      @Alex la Plume

      Heinrich Graetz est un historien extrêmement reconnu, il ne véhiculait pas des stéréotypes.

      Je considère votre proposition de revendiquer auprès de l’Algérie une indemnistion pour les méfaits des Barbaresques comme ironique, pour clouer le bec aux revendications perpétuelles du gouvernement algérien contre la France, sachant que le Traité d’Évian comportait une clause générale d’amnistie de tous les griefs antérieurs, s’ajoutant aux traités de pacification antérieurs. 

      Les Algériens actuels n’ont pas plus de responsabilité que les Danois pour les pillages des Vikings, ou les Italiens pour la conquête de la Gaule par César, ou les Allemands pour la deuxième guerre mondiale, ou les Juifs pour le commerce d’esclave, il y a prescription. La capture et le commerce d’esclave ne sont pas un crime contre l’humanité, incrimination qui a été créée en 1946 pour le tribunal de Nuremberg, elle est le seul crime qui a été considéré depuis comme imprescriptible, ce qui est insensé.

      Je fais la même proposition ironique avec Tel-Aviv qui a été créée et se revendique comme la capitale ethnique de la Nation juive (Israël), c’est-à-dire des Juifs du monde entier. C’est une bizarrerie.

      La Régence d’Alger était gouvernée par un conseil des capitaines barbaresques qui élisaient l’un d’eux comme Dey (jusqu’à son assassinat), et par le Bey qui était un gouverneur ottoman qui percevait un tribut sur la piraterie. 

      Bravo pour votre article.


  • L'apostilleur L’apostilleur 15 décembre 2025 18:31

    @ l’auteur

    « ..L’heure des comptes a sonné : la réciprocité ou rien !  »

    Trop tard !!

    Avec sa loi Taubira préparait la suite. Un article du projet de loi (2001) instaurait « un comité de personnalités qualifiées chargées de déterminer le préjudice subi et d’examiner les conditions de réparation ». Finalement les réparations retenues par le texte de loi ne seront que « morales » .

    Notre Président probablement pas au fait de cette histoire et son épouse non plus, a déjà engagé un processus en réparation. En février 2017 à Alger, le Président Macron déclarait que « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes ».

    Le Conseil constitutionnel s’exécutait le 8 février 2018 avec la décision (plus de cinquante ans après) d’ouvrir les droits à pensions à toutes les victimes de la guerre d’Algérie qui résidaient dans le pays alors et à leurs ayants droit !!!! au motif qu’il n’est pas possible de discriminer les victimes. Dans la foulée, Tarik ABHARI avocat au barreau de Paris laissera entendre que les victimes algériennes, des forces algériennes de libération pourraient également avoir droit à ces pensions payées par la France .


  • docdory docdory 15 décembre 2025 19:34

    @Alex la Plume

    Excellent article. il faut ajouter à la liste de ces horreurs mahométanes que la castration des esclaves blancs était très fréquente, et qu’elle avait pris un caractère quasi-industriel.


  • Eric F Eric F 16 décembre 2025 15:20

    Le commerce triangulaire a rapporté des fortunes aux trafiquants et aux gros propriétaires fonciers des colonies, mais pas grand chose au pays, et rien à sa population.

    La colonisation en Algérie a rapporté des fortunes aux aux gros propriétaires fonciers des colonies, mais a davantage couté en infrastructure et administration qu’elle n’a rapporté à la France, et rien à sa population.


  • La Bête du Gévaudan 17 décembre 2025 01:46

    D’ailleurs, cette économie du crime est une des causes fondamentales de l’arriération économique, du despotisme et du fatalisme de ces pays...

    Contrairement à ce que pensent les gauchistes, ce n’est pas la pauvreté qui engendre le crime mais le crime qui engendre la pauvreté. 

    L’économie criminelle sape les forces vives, productives, innovantes et entreprenantes. Au bout de quelques générations, c’est l’effacement général et le sous-développement. Et le fatalisme intellectuel qui conduit à l’abandon. 

    La première chose à faire pour développer un pays est de briser par le fer ces pillards et les razzieurs en tous genres... c’est ce qu’on fait les rois chrétiens contre les Barbares, les Vikings et les Sarasins... En brisant ces pôles négatifs, les pouvoirs occidentaux ont permis aux pôles positifs de prospérer et enclencher le progrès économique général. 

    Le premier rôle du pouvoir consiste donc dans la mission régalienne de briser les invasions à l’extérieur et le crime à l’intérieur... à partir de là, les forces économiques peuvent se déployer dans l’autonomie spontanée... C’est le secret de toutes les réussistes. 

    Au contre, l’idée d’aller piller les voisins est à la fois immorale et inefficace. Cela décourage l’entreprise et favorise la paresse et l’orgueil. 


  • njama njama 21 décembre 2025 10:22

    L’esclavage existait bien avant l’islam, c’est même documenté dans l’Ancien Testament 

    La remise des dettes au pays de Canaan au premier millénaire avant l’ère chrétienne
    27 décembre 2024 par Isabelle Ponet

    La justice sociale, particulièrement sous la forme de la remise des dettes qui enchaînent les pauvres aux riches, est un leitmotiv dans l’histoire de l’Israël [1] ancien. 

    Tous les 7 ans, dit le Deutéronome, les Israélites ont l’obligation de libérer les esclaves hébreux qui se sont vendus à eux pour dettes, et de leur offrir quelque produit de leur petit bétail, de leur champ et de leur pressoir afin qu’ils ne rentrent pas chez eux les mains vides (cf. Dt. 15,14 et Ex. 21,2).

    Comme la loi est trop peu appliquée, le Lévitique [2] la réaffirme en la modulant : «  Tous les 50 ans, vous déclarerez une année sainte et proclamerez l’affranchissement de tous les habitants du pays… chacun d’entre vous rentrera dans son patrimoine, chacun d’entre vous retournera dans son clan  » (Lv. 25,10).

    Et pour bien s’assurer que la loi sera cette fois suivie, les codes décrivent en détails comment les achats et les ventes de biens entre particuliers doivent se faire en fonction du nombre d’années écoulées depuis le jubilé précédent (c’est-à-dire du nombre d’années qui subsistent avant de devoir rendre ces biens à leur précédent propriétaire). ...

    https://www.cadtm.org/La-remise-des-dettes-au-pays-de


    • njama njama 21 décembre 2025 13:46

      L’esclavagisme a toujours été le fait d’une classe dominante, l’appropriation d’une force de travail humaine.

      Le phénomène est de nature anthropologique, je ne vois pas l’intérêt de se jeter à la figure des responsabilités à postériori, qu’il faudrait leur donner un ordre de grandeur.

      Plus récemment dans l’histoire, rapport à la traite négrière, elle n’était pas que le fait des « blancs » chrétiens, les marchands ju i fs étaient partie prenante, ça se sait moins... Des historiens ju.i fs attestent du rôle dominant des Ju.i fs dans l’esclavage en occident depuis au moins l’époque des Romains. ICI ICI 

      L’esclavage a revêtu différentes formes de coercition, l’asservissement, la servitude, le joug, le servage, la soumission, l’enrôlement militaire ou civil dans les navires de la marine anglaise, française, hollandaise...

      Il y a l’esclavage, l’état, la condition d’esclave, et l’esclavagisme un système social de domination et d’exploitation fondé sur l’esclavage dans lequel des individus sont privés de leur liberté, de leurs droits fondamentaux et de leur personnalité juridique, les réduisant au statut de biens ou de propriété appartenant à d’autres.

      L’esclavagisme se poursuit encore et partout sous d’autres formes d’aliénation plus soft.


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