samedi 15 mai 2010 - par christian

Réponse à a la crise : relance de la croissance par la consommation.....

Relance de la croissance par la consommation.....

Nous employons chaque jour des mots dont nous ignorons pour grande partie la définition, et pour presque totalité l’implication de ceux-ci !

medium_demographie_vs_consommation2.pngUn exemple avec le mot consommation : une définition moderne issue de wikipédia :

Une société de consommation est une société dans laquelle l’achat de biens de consommation est à la fois le principe et la finalité de cette société. Dans celle-ci, le niveau moyen de revenu élevé satisfait non seulement les besoins considérés comme essentiels (alimentation, logement, éducation, santé,…) mais il permet aussi d’accumuler des biens (par plaisir, pression sociale ou publicitaire) et de les utiliser ou juste les montrer (pour des raisons esthétiques ou autres), dépenses que certains jugent superflues[4]. Son symbole est l’objet « consommable » qui s’use et qu’il faut renouveler, voire l’objet jetable. S’il est possible de produire des objets plus résistants, celà augmenterait leur coût et leur durée de vie, ce qui nuirait alors à la consommation.

Une autre définition plus large : Action de se servir des choses qui se détruisent par l’usage. Les dépenses de simple consommation sont des dépenses qui s’anéantissent elles-mêmes sans retour .

Ces deux simples définitions nous font toucher du doigt ce qu’implique la consommation de masse, son corollaire immédiat et constitutif c’est la destruction.

Première évidence : destruction de l’objet ou service consommé par le consommateur ( soit immédiatement, soit à plus ou moins long terme, mais destruction quand même)

Deuxième évidence : la production de l’objet ou service consommé entraine de fait la destruction d’un certain nombre de biens naturels considérés comme gratuit, ou quasi gratuit : de l’énergie (gaz,charbon,pétrole,uranium,etc..), de l’eau, de l’air, la terre, le sous-sol.

Troisième évidence : la production d’objets ou service de consommation de masse entraine de facto une déstructuration de l’espace social, une destruction du lien social (horaires cadencés, délocalisation, chômage), et de fait induit une destruction du lien familial.

Alors quid de parler de croissance de "relance par la consommation" ?

Si on prend réellement conscience de toutes ses implications, il est facile de comprendre que la destruction de masse ne peut-être compensée que par la production de masse, car sinon par son effet destructif, constitutif de sa définition, la consommation s’arrêterait d’elle même.

La question n’est plus de se dire arrêtons de consommer, mais regardons ce que nous consommons, pour comprendre ce que nous détruisons, et pour comprendre comment de con(s)ommateurs nous pouvons devenir des co-producteurs.

----------------------------------------------------------------------------

Pour ceux qui ne pensent pas plus loin que leur caddie, ou "panier" internet, je préciserai que le mouvement des "Amap" qui connait un développement fulgurant, prouve que nous pouvons cesser de d’être des "cons" pour devenir des "co".

La aussi définitions : Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne., Système de partenariat entre une ferme locale et des consommateurs.

  • Les AMAP responsabilisent les acteurs. Le producteur se sent responsable de la nourriture qu’il fait pour ses partenaires consommateurs ... (D. Vuillon, initiateur du concept en France)

Ces initiatives se développent en dehors du système, (institutions, syndicats, représentants professionnels, élus, administration...)

Elles sont l’illustration même que tout ce qui entre aujourd’hui dans le champ de la consommation de masse, peut parfaitement passer dans celui de la co-production engagée.

Il est bien évident que de telles démarches mettraient en péril tous les acteurs de la consommation de masse (multinationales et financiers) et par voie de conséquence tous nos appareils politiques.

Devant l’effondrement qui se prépare d’une ampleur jamais vu, chacun d’entre nous a la réponse, passer de "cons.." à, "co-".

Sachez que pour ceux qui ne peuvent sortir de leur schéma mental de fonctionnement ( cela équivaut quand même de passer de la terre plate à la terre ronde !) que ce modèle "co" ce n’est pas le communisme, ce n’est pas l’anarchie, très loin de là et qu’il nécessitera au contraire une très forte participation et implication démocratique de chacun dans son fonctionnement social et économique, pour réaliser que la satisfaction, bien évidemment primordiale, de ses besoins, ne peut plus continuer, si cette satisfaction se fait au détriment de tous et, au final, par la destruction de notre environnement personnel.

Pour être encore plus concret, sachez "blogueurs, blogueuses" que vous faites du "co" sans le savoir en intervenant au quotidien sur internet, par la publication d’articles, de photos, de vidéos, vous participez, donc à une révolution qui se met en place ! ( enfin je l’espère )



13 réactions


  • miel de fiel miel de fiel 15 mai 2010 11:41

    15 Mai 2010 - Je viens d’écouter l’excellente émission REPLIQUES : 

    http://www.franceculture.com/emission-r%C3%A9pliques-le-d%C3%A9samour-vis-%C3%A0-vis-de-l-%C3%A9quipe-de-foot-de-france-avec-paul-yonnet-et-karim-ned  

    qui traitait aujourd’hui d’une réflexion croisée entre l’équipe nationale française et l’état de notre société plurielle au travers du prisme de « la main de T.HENRY ». Je n’aime que le rugby et suis donc incapable de parler de foot.... Donc, si un amateur éclairé veut reprendre la balle .... au pied et en faire un sujet, le débat lucide mérite que l’on s’y attarde.

    Avec mes excuses à CHRISTIAN pour avoir « squatté » son sujet. Cordialement.


  • dupont dupont 15 mai 2010 11:46

    La physiocratie : le retour ?

    Les hypers et supermarchés ont encore de beaux jours devant eux surtout dans les mégalopoles où aller chercher son poireau pour la soupe du soir se révèlera problématique. D’autre part ce ne sont pas tant nos besoins essentiels (nourriture) qui posent problème mais les superflus : voiture, télé- vision- com, mode en tous genres...

    D’autant plus que pour se rendre à la ferme, le 4*4 est parfois nécessaire... 


  • finael finael 15 mai 2010 13:06

    Excellente façon de remettre à sa place le mot « consommation » dans son acceptation actuelle !

    Par exemple l’industrie automobile : après une période d’équipement (années 50 - 60) on aurait dû passer à une période d’entretien et de renouvellement, c’est à dire construire beaucoup moins de voitures (après tout les avions, bien plus complexes, sont faits pour durer 30, 40 ou 50 ans).

    Au lieu de cela « nos industries » veulent qu’on « consomme », donc détruise, de plus en plus d’automobiles pour vendre leurs nouvelle production. La production, toujours la production. Ma télé a 20 ans, parce qu’il y a 20 ans on fabriquait encore des choses pour durer toute la vie. Un ordinateur est dépassé au bout de 3 à 4 ans (si ce n’est moins).

    Et nos décharges s’emplissent de reliques insalubres, polluantes, résultat d’un gaspillage inouï. Et pour couronner le tout, outre les lois destinées à obliger à racheter (des voitures neuves par exemple) ces décharges deviennent « interdites au public », la « récupération » devient chaque jour plus difficile et la réparation exceptionnelle.

    Mais tant que détruire fera monter « le PIB » la « consommation » restera beaucoup de gaspillage.


    • Peretz Peretz 15 mai 2010 20:34

      L’idée est bonne, mais le raisonnement ne va pas au bout. Il faudrait déjà remplacer le mot consommation qui effectvement a trop une connotation de gaspillage, de destruction, par « dépenses ». C’est en gros sur le PIB, qui représente lui, l’economie réelle qu’il faudrait agir. mais c’est là où le bât blesse : qui et comment on dépense ? Il faudrait approfondir, mais bravo à l’auteur d’avoir resitué le problème à son origine.


  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 15 mai 2010 14:42

    Globalement d’accord avec l’auteur.

    Reste un problème de mise en pratique, et pas des moindres. « L’implication démocratique de tous » risque d’être douloureuse quand on sait qu’il faudra arracher les cerveaux disponibles de devant leur écran télé.

    Le jour venu il ne faudra pas surtout oublier de mettre en place des cellules d’urgence médico-psychologique. Une fois confrontés à la finitude des ressources naturelles, ils n’auront plus le choix.


  • fifilafiloche fifilafiloche 15 mai 2010 19:02

    Christian, un petit hors sujet si vous me le permettez, concernant votre profil. En 1996/97, il y a 200 000 internautes en France et les modems venaient d’être propulsés de 33 kb/s à 56 kb/s. Le USRobotics 56k était alors une bête de course recherchée smiley


    • finael finael 16 mai 2010 10:44

      en 94 quand j’ai commencé, on avait des modems à 9600 bauds, et on n’était pas plus de 1000 ou 2000 en France, en 96 on avait des modems à 14,4 kb/s, les premiers 56k ne sont arrivés en France que fin 97 et c’était du haut de gamme !

      Et il n’y avait pas 200 000 internautes (sauf peut-être dans la propagande)


  • jef88 jef88 16 mai 2010 18:53
    Réponse à a la crise : relance de la croissance par la consommationCette soi disant « relance » est une anerie :
    - si nous consommons plus nous importerons plus
    - nous ne produisons presque plus rien en France

    Le raisonnement qui définissait la croissance par l’augmentation du PIB ne tient plus :
    -Dans le temps c’était la production intérieure brute
    - Maintenant c’est le produit intérieur brut donc la valeur ajoutée
     La (super)marge que fait la grande distribution en achetant en Chine pour des clopînettes et en revendant à prix d’or entre donc dans ce produit intérieur brut !

    Il faudrait qu’enfin on comprenne que seule une production française et européenne sauvera la France et l’Europe de la crise....


  • ZEN ZEN 16 mai 2010 20:00

    seule une production française et européenne sauvera la France et l’Europe de la crise....

    Le bon sens vosgien...
    Mais c’est un peu tard !
    Comment réindustrialiser nos pays, détricoter la mondialisation sauvage, aubaine des financiers, à l’origine des délocalisations en cascade... ?
    On n’a guère écouté Maurice Allais


  • ZEN ZEN 16 mai 2010 20:15

    La mondialisation, telle qu’elle nous a été imposée, c’est d’abord l’intérêt des multinationales


  • jef88 jef88 17 mai 2010 00:50

    Tout à fait d’accord avec toi Zen !
    En plus des multiunationales il y a eut aussi la grande distribution...

    J’ai vécu 43 ans d’industrie.... les affaires françaises n’étaient jamais assez grosses, qu’ils disaient et des gouvernements ont repris cela en choeur... On était dans une société post -industrielle......................................... !!!!!!!

    Les banques ont alors aidé le système pour permettre (?) quelques centaines de mises en liquidation et maintenant on a du chomage, du chomage, des déficits, des déficits .............


Réagir