mercredi 13 juillet 2016 - par Saltz

Retraite : un rapport à COR et à critiquer

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Le rapport annuel 2016 du COR (format Flipbook), «  Évolutions et perspectives des retraites en France  » , s'inscrit dans le cadre du processus de suivi et de pilotage du système de retraite français mis en place par la loi retraite du 20 janvier 2014, qui confère au Conseil la mission « de produire chaque année, au plus tard le 15 juin, un document public sur le système de retraite, fondé sur des indicateurs ».

Et si vous continuer à lire la page, vous verrez comment en modifiant certains paramètres, vous pouvez constater de l'impact de vos réformes sur la situation financière du système de retraite et sur la situation des retraités actuels et futurs, avec le simulateur de pilotage du COR :

  • Situation financière du système de retraite
  • Niveau de vie des retraités par rapport à l’ensemble de la population
  • Durée de la vie passée à la retraite
  • Récapitulatif des valeurs des trois leviers selon votre simulation

 

Le rapport du Conseil d'Orientation des Retraites rappelle la situation actuelle. Le système de retraite dépend de plusieurs facteurs :

  • la population – qui détermine le nombre de personnes en âge de travailler et celui des personnes en âge d’être retraitées ;
  • les comportements d’activité et le chômage – qui déterminent le nombre de cotisants du système ;
  • et la productivité – qui détermine le niveau des salaires et, partant, les masses de cotisations.

 

Dès le début, je m'insurge.

Le deuxième point est incohérent avec le monde dans lequel nous vivons.

Il pose comme loi intangible que les pensions sont basées uniquement sur le nombre de cotisants. Passons sur le secteur public pour lequel c'est faux puisque c'est le budget de l'état qui règle la facture.

Pour le secteur privé, l'environnement s'est complètement transformé depuis la Libération.

Le protectionnisme a succombé devant le libéralisme, avec pour conséquences :

  • la déportation du travail à l'étranger, sans aucune cotisation à nos caisses de retraite,
  • le chomage, accompagné d'une baisse des cotisations.

 

Le troisième point postule que la productivité augmente les salaires.

Je m'insurge à nouveau.

La productivité s'est accrue grâce entre autres au remplacement de l'homme

  • par la mécanisation, par exemple, dans l'agriculture, avec la moissonneuse batteuse et les autres machines qui ont vidé les campagnes en divisant le nombre de travailleurs,
  • par l'automatisation, qui a carrément supprimé l'agent, comme dans la banque, avec le distributeur automatique de billets qui a tué le métier de caissier,

 

La productivité n'a pas augmenté le salaire des paysans et des agents bancaires.

Pour l'un, dont le père était paysan, il est devenu agriculteur, et son fils chômeur ou candidat au suicide.

Pour l'autre, je vous laisse en discuter avec votre conseiller bancaire, tant que votre agence n'est pas encore fermée pour cause de profit insuffisant et de versement de dividendes trop faible au regard des actionnaires.

 

L'automatisation a supprimé des emplois, tout en augmentant la quantité de richesse produite qui a été distribuée en partie de plus en plus importante aux détenteurs du capital.

C'est bien la preuve qu'il faut repenser le financement des pensions, non plus à partir des cotisants, mais à partir de la richesse créée.

 

Il existe déjà un outil fiscal mis en place depuis des décennies et qui s'appelle la TVA, Taxe sur la Valeur Ajoutée.

La suppression des cotisations retraites sur les salaires permettrait de baisser les coûts de production, de contribuer à baisser le chômage (bien que ce ne soit pas mon objectif), et d'aider à s'aligner sur les pays qui ignorent la composante retraite dans le calcul du prix de vente. Pour mémoire, la TVA est appliquée aussi sur les produits importés.

 

La consécration d'une partie de la TVA aux pensions, tant publiques que privées, permettrait de répartir harmonieusement la création de richesses.

 

Elle permettrait aussi de rectifier le débat que répètent les commentateurs télévisuels :

  • le chomage est un problème : c'est faux
  • le chomage est un problème de société : c'est une erreur
  • l'emploi (le contraire du chomage) est une obligation économique : c'est archi faux

 

Du point de vue économique à l'échelle d'une nation, ce qui compte c'est la création de richesse, quel que soit l'acteur, humain ou machine.

 

Du point de vue social, ce qui compte, c'est la répartition de la richesse produite :

  • avec ou sans égalité
  • avec ou sans la satisfaction des besoins élémentaires des individus.

 

Répéter que le chomage est un mal, c'est lui attribuer une valeur morale, et cela implique que le travail est une valeur positive, du seul fait que ce travail procure un emploi à quelqu'un.

L'objectif d'un travail est de créer une richesse, quel que soit le nombre d'humains concernés.

 

Procurer un emploi n'en est qu'une conséquence. Si le travail peut être remplacé par un automate, c'est mieux. Si vous en doutez, discutez avec la caissière de votre hypermarché de son épanouissement personnel lors de ses tâches routinières.

 

Chomage, emploi, travail.

Trois mots que le libéralisme a traduits en maux.

 

Il nous a écrit une autre bible.

Mais les préceptes restent identiques à celle de la Genèse (chapitre 3, verset 19) : le travail est une fatalité et s'y soustraire, même involontairement, est un péché.

C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.

 



10 réactions


  • Login 13 juillet 2016 10:54

    Jusqu’a 50% de l’emploi en proportion va disparaitre d’ici 2030, nul besoin d’etre visionnaire. La ou il faut l’etre c’est pour anticiper la disparition de l’entreprise elle-meme, telle que nous la connaissons. Autant dire que le bla bla du COR se resume à un exercice comptable en rien basé sur un plan réaliste et responsable. Refus des évidences et de la responsabilite pour ceux qui l’ont choisie.


  • Robert GIL Robert GIL 13 juillet 2016 11:31

    voici une petite serie d’articles sur les retraites pour essayer de comprendre ...


  • Spartacus Lequidam Spartacus 13 juillet 2016 12:35

    Amis du COR j’ai 2 questions publiques à vous poser  smiley  smiley  smiley


    1-Le modèle social est tellement « for-mi-dable ». Pourquoi donc à titre personnel préférez vous un régime spécial que de profiter de ce régime général qui est votre modèle social ?

    L’hypocrisie ou la conscience intellectuelle de la gamelle à titre personnel et l’idéologie de la rente à charge ?

    2-Que penser du conflit d’intérêt qui vous invite à minimiser les méfaits pervers d’un système de répartition et que visiblement vous n’avez aucun intérêt a charge des choses ?

    A vous mes amis membres du COR parlementaires ......
    Pierre-Louis Bras Président....inspecteur général des Affaires sociales. Représentant des régimes spéciaux....
    Marie-France Beaufils, sénatrice d’Indre-et-Loire Représentante des régimes spéciaux....
    Jacqueline Fraysse, députée des Hauts-de-Seine Représentant des régimes spéciaux....
    Jean-Christophe Fromantin, député des Hauts-de-Seine Représentant des régimes spéciaux....
    Michel Issindou, député de l’Isère Représentante des régimes spéciaux....
    Denis Jacquat, député de la Moselle Représentante des régimes spéciaux....
    Georges Labazée, sénateur des Pyrénées-Atlantiques Représentant des régimes spéciaux....
    Catherine Procaccia, sénatrice du Val-de-Marne Représentant des régimes spéciaux....
    Gérard Roche, sénateur de la Haute-Loire Représentant des régimes spéciaux....

    • Spartacus Lequidam Spartacus 13 juillet 2016 12:38

      Amis du COR j’ai 2 questions publiques à vous poser   


      1-Le modèle social est tellement « for-mi-dable ». Pourquoi donc à titre personnel préférez vous un régime spécial que de profiter de ce régime général qui est votre modèle social ?

      L’hypocrisie ou la conscience intellectuelle de la gamelle à titre personnel et l’idéologie de la rente à charge ?

      2-Que penser du conflit d’intérêt qui vous invite à minimiser les méfaits pervers d’un système de répartition et que visiblement vous n’avez aucun intérêt a charge des choses ?

      A vous mes amis représentants des partenaires sociaux au COR  smiley  smiley  smiley
      Virginie Aubin, secrétaire confédérale de la CFDT assimilé fonctionnaire (sécu), Représentante des régimes spéciaux


      Pierre-Yves Chanu, conseiller confédéral de la CGT assimilé fonctionnaire (sécu), Représentante des régimes spéciaux


      Valérie Corman, conseillère pour la protection sociale du MEDEF Syndicat financé par le paritarisme. Aucun intérêt a faire bouger les choses.


      Yves Decalf, représentant de l’UNAPL medecin du secteur public Représentant des régimes spéciaux
      Thierry Douine, secrétaire général adjoint confédéral de la CFTC dirigeant d’une société privée avec client la sécu, représentant de la résistance aux changements

      Françoise Dupont, secrétaire fédérale de FGF-FO fonctionnaire Représentant des régimes spéciaux- Aucun intérêt a faire bouger les choses.

      Annick Fayard, représentante de l’UNSA fonctionnaire Représentant des régimes spéciaux. Aucun intérêt a faire bouger les choses.

      Serge Lavagna, secrétaire national du pôle protection sociale de la CFE-CGC fonctionnaire Représentant des régimes spéciaux. Aucun intérêt a faire bouger les choses.

      Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT Représentant de la différenciation des régimes pour les cadres... Aucun intérêt a faire bouger les choses.

      Régis Metzger, représentant de la FSU fonctionnaire Représentant des régimes spéciaux. Aucun intérêt a faire bouger les choses.

      Roger Mongereau, président de l’Union Territoriale du Commerce de la CGPME. Papy ancien assureur. Retraité du RSI.... Retraité n’ayant ni l’ambition ni un intéret a faire bouger les choses.. Aucun intérêt a faire bouger les choses.

      Philippe Pihet, secrétaire confédéral de FO Ex cadre de la sécu... Représentant des régimes spéciaux. Aucun intérêt a faire bouger les choses.

      Albert Quenet, président de la commission sociale de l’UPA Artisan proche de la retraite... Aucun intérêt a faire bouger les choses.

      Nadia Salhi, membre du bureau confédéral de la CGT collectiviste . Aucun intérêt a faire bouger les choses.


      Claude Tendil, président de la commission protection sociale du MEDEF . Syndicat financé par le paritarisme. Aucun intérêt a faire bouger les choses.


      Robert Verger, représentant de la FNSEA d’un Syndicat adepte de l’interventionnisme d’état.  Aucun intérêt a faire bouger les choses.


    • Spartacus Lequidam Spartacus 13 juillet 2016 12:39

      Amis du COR j’ai 2 questions publiques à vous poser 


      1-Le modèle social est tellement « for-mi-dable ». Pourquoi donc à titre personnel préférez vous un régime spécial que de profiter de ce régime général qui est votre modèle social ?
      2-Que penser du conflit d’intérêt qui vous invite à minimiser les méfaits pervers d’un système de répartition et que visiblement vous n’avez aucun intérêt a charge des choses ?

      L’hypocrisie ou la conscience intellectuelle de la gamelle à titre personnel et l’idéologie de la rente à charge ?

      2-Que penser du conflit d’intérêt qui vous invite à minimiser les méfaits pervers d’un système de répartition et que visiblement vous n’avez aucun intérêt a charge des choses ?Les représentants des associations familiales et de retraités 
      Sylvain Denis, vice-président du Comité national des retraités et personnes âgées (CNRPA) représentant de ceux qui touchent la gamelle de la réparation sur le compte des générations futures.... Aucun intérêt a faire bouger les choses.
      Maurice Odin, conseiller technique de l’Union nationale des associations familiales (UNAF)...Syndicat financé par l’état et principal financier des emplois fictifs et associations bidons de prosélytisme gauchisme en France. Aucun intérêt a faire bouger les choses.

      Les représentants des administrations 
      Carine Chevrier, déléguée générale à l’Emploi et à la formation professionnelle 
      Thomas Fatome, directeur de la Sécurité sociale . Aucun intérêt a faire bouger les choses.
      Michel Houdebine, chef économiste à la direction générale du Trésor fonctionnaire. . Aucun intérêt a faire bouger les choses.
      Thierry Le Goff, directeur général de l’Administration et de la fonction publique 
      Denis Morin, directeur du Budget . Fonctionnaire . Aucun intérêt a faire bouger les choses.
      Jean Pisani-Ferry, commissaire général à la Stratégie et à la prospective Fonctionnaire . Aucun intérêt a faire bouger les choses.
      Franck Von Lennep, directeur de la Recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques Fonctionnaire . Aucun intérêt a faire bouger les choses.

      Les personnalités qualifiées 
      Sylvie François, directrice des ressources humaines et des relations sociales du Groupe La Poste assimilé fonctionnaire Fonctionnaire . Aucun intérêt a faire bouger les choses.
      Anne-Marie Guillemard, professeur émérite des universités en sociologie Fonctionnaire . Aucun intérêt a faire bouger les choses.
      Jean-Jacques Marette, directeur général honoraire de l’AGIRC et de l’ARRCO Fonctionnaire . Aucun intérêt a faire bouger les choses.
      Étienne Marie, inspecteur général des Affaires sociales Fonctionnaire . Aucun intérêt a faire bouger les choses.
      Monika Queisser, chef de la division des politiques sociales de l’OCDE Fonctionnaire . Aucun intérêt a faire bouger les choses.
      Serge Volkoff, chercheur invité au Centre d’études de l’emploi (CEE) Fonctionnaire . Aucun intérêt a faire bouger les choses.


  • Saltz Saltz 14 juillet 2016 14:54

    Faut-il modifier l’âge de départ à la retraite ?

    C’est non, pour l’économiste libéral Jacques Bichot, professeur à l’université Lyon-3 et spécialiste du régime des retraites :
    « Il n’y a aucune raison que la classe politique s’occupe d’un levier technique comme celui-ci, que ce soit pour le mettre à 60, 62 ou 65 ans. Ils s’intéressent à ce curseur qui ne devrait être manœuvré que par les responsables techniques du système de retraites. »
    .
    .

    Si, pour Henri Sterdyniak, directeur de département à l’OFCE et signataire du manifeste des économistes atterrés

    « c’est la responsabilité et le rôle de l’Etat de fixer l’âge de départ »,

    la question d’un report, brandi par la droite, est également hors-propos.

    «  On est encore dans une situation de chômage de masse, donc parler de repousser l’âge de la retraite paraît tout à fait contre-productif, car cela augmentera encore la difficulté des jeunes à trouver un emploi et des seniors à s’y maintenir, explique-t-il. Ce n’est pas d’une actualité brûlante, il faut attendre et voir. »

     Au contraire, pour lui, s’il doit y avoir modification, c’est dans le sens d’un abaissement pour les situations particulières :

     « Il faut, si possible, ouvrir des conditions de retraites favorables aux personnes qui, à partir de 58, 60 ans, ne trouvent pas d’emploi. Il faut des mécanismes de préretraites pour ces personnes usées physiquement et moralement. »

     cf http://www.20minutes.fr/economie/1888171-20160712-pourquoi-repousser-age-retraite-fausse-bonne-idee


    • Théophile (---.---.49.19) 19 juillet 2016 17:18

      @Saltz
      L’âge ne doit pas tenir compte du chômage. En toute rigueur il devrait être libre (on touche ce qu’on a cotisé)...mais cela n’est gérable qu’en capitalisation pure. Le seul critère incontestable sinon et sociologiquement acceptable c’est que la pyramide des âges doit avoir toujours la même forme et doit se dilater avec le vieillissement et l’accroissement de la population exactement comme la part de sa surface qui est en retraite (pourcentage de retraités).


  • Théophile (---.---.49.19) 19 juillet 2016 16:45

    Je souscris totalement à cet article tellement rare qui défend comme moi la TVA sociale pour la retraite alors que la droite soutient habituellement la TVA sociale pour la famille. La famille pour moi, c’est de la solidarité comme la santé ou le RSA et pour la solidarité, c’est bien la CSG le système le plus juste (pour les bas salaires, si on met en place le revenu de base, il y a annulation de la CSG). Par contre la retraite est un coût de production qui est toujours incorporée dans les prix. Les consommateurs payent toujours la retraite mais ce coût plombe aujourd’hui la production en France (notamment dans l’agriculture). Un socle de retraite (par exemple la retraite du smicard) correspondant au régime général et au « bas de l’Arrco » pourrait être repris par la TVA. Pour faire cela, il faudrait une contribution importante sur les activités non délocalisables de tertiaire et de BTP payée par les entreprises de ces secteurs reprenant la CVAE (en totalité) et le montant des cotisations de retraite de ces secteurs, pour financer les dotations de l’état aux CL ainsi qu’une plus forte décentralisation (routes nationales, culture, économie...). En complétant cette mesure d’une hausse de 5 points de la TVA sur les produits (on rappelle que les scandinaves sont souvent à 25%), on dégagerait globalement un budget de l’état suffisant. Ensuite pour « le haut de l’Arrco » et l’Agirc on pourrait créer un fonds de pension géré par les partenaires sociaux (en l’initialisant par exemple avec les participations de l’état) alimenté par des vraies cotisations cette fois-ci mais assises sur la différence entre le salaire et le SMIC...


    • Saltz Saltz 19 juillet 2016 18:07

      @Théophile

      20 % me parait un taux de TVA suffisamment élevé pour les produits « normaux ».

      Il existait dans les années 70 une TVA de luxe à 33%


    • Théophile (---.---.102.147) 20 juillet 2016 13:15

      @Saltz
      Si vous considérez (comme moi) que la TVA sur les produits finance en particulier la protection des biens achetés, il n’est pas anormal que la TVA soit élevée pour les produits de luxe...


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