Rêve de souveraineté et d’indépendance
La sujétion envers l’hégémonie étatsunienne erratique, ça suffit. Notre refus de participer à la coalition contre l’Irak de Saddam Hussein est notre dernier acte de souveraineté. Depuis, nous sombrons dans un alignement servile. Qu’il s’agisse des élargissements de l’OTAN depuis 1991 et de notre retour sans réserve en son sein, du traité de Lisbonne (oui, l’UE est une structure de mutualisation des lobbys US et d’intégration fédérale dans une satrapie prenant ses ordres à Washington), de notre suicidaire opération en Libye, de notre déplorable fourberie en Ukraine, de notre lâcheté récurrente comme avec les sous-marins australiens, de notre pitoyable « en même temps » dans le conflit États-Unis + Israël vs. Iran, de notre déclassement diplomatique, de nos capitulations commerciales, juridiques ou culturelles, liste non exhaustive, hélas ! Le constat est déplorable : les intérêts de la France sont devenus accessoires pour l’oligarchie corrompue qui nous gouverne si mal, elle sert d’autres maîtres, les mêmes que la Maison Blanche, à savoir le consensus de Wall Street et des milliardaires américains, et peut-être d’autres pas plus reluisants.
Pour tous ceux qui ne se satisfont pas d’une telle situation, les deux premières décisions à prendre et à mettre en œuvre sont évidentes : sortir de l’Union européenne, elle n’est pas réparable, et sortir de l’OTAN, qui n’a plus les moyens de nous protéger (si tant est qu’elle en eut jamais l’intention). Et tant pis si notre départ tue la première avant qu’elle ne meure d’elle-même, et tant pis ça froisse nos « amis » d’outre-Atlantique. Mais après ? Dans un monde multipolaire en avènement, quelle pourrait être la vocation de la France ? Nous n’avons pas les moyens d’un impérialisme à notre profit, et quitter une sujétion pour une autre, ce n’est pas sortir de l’esclavage.
Sans doute suis-je un doux rêveur, mais j’aimerais que, lors d’un référendum, soit posée la question aux Français : « Souhaitez-vous que la France réinvente pour elle et tous les États qui le souhaiteraient le non-alignement ? »
Un non-alignement qui serait promoteur de la loyauté dans les relations entre États. Elle pourrait bien sûr être trompée par un État félon, mais s’interdirait de tromper son vis-à-vis. Ainsi, la France ne serait pas garante d’un accord de Minsk qu’elle entend ne pas respecter avant que l’encre ne sèche.
Un non-alignement qui refuserait tout dogmatisme en matière d’arbitrage entre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et l’intangibilité des frontières. Ainsi, les accusations de colonialisme au sujet de notre outre-mer pourraient être balayées, et un pragmatisme diplomatique restauré.
Un non-alignement qui interdirait de s’ingérer, ou même de fomenter des troubles dans des pays tiers. Sans forcément s’interdire de nommer les choses comme elles doivent l’être : génocide, impérialisme, crime de guerre… et sans s’interdire une action humanitaire.
Un non-alignement qui viserait à établir des relations commerciales équilibrées, stables dans le temps, sans être figées non plus.
Un non-alignement qui rendrait prioritaire une vraie autonomie stratégique, où les éventuels accords bilatéraux de défense seraient ratifiés par le peuple et revisités au moins tous les dix ans par le parlement, où l’industrie de défense serait aussi indépendante que possible, où l’armée serait au service de la nation.
Un non-alignement qui serait promoteur de la paix, partout, et qu’elle soit durable et juste.
Cette énumération est trop succincte pour être complète. Et je sais, je rêve…


