mercredi 12 mars 2014 - par Hervé Nifenecker

Revoir les conditions d’évacuation en cas de catastrophe nucléaire

Ce 11 mars 2011, 3ème anniversaire de la catastrophe de Fukushima, nous apprenons aussi, à l’occasion d’un pic de pollution dans la région parisienne, que la pollution atmosphérique conduirait à une perte d’espérance de vie de 6 mois. Ceci étant, la population parisienne ne semble pas tétanisée et les parisiens, même si c’est en pestant contre les limitations de vitesse, continuent à vaquer à leurs occupations, pensant être suffisamment adultes et responsables pour gérer ce risque et l’assumer.

De son côté le gouvernement japonais, obéissant aux normes érigées par la CIPR (Commission Internationale de Protection contre les Radiations), envisage d’autoriser les populations à se réinstaller autour de Fukushima dans des zones caractérisées par une radioactivité inférieure à 20 mSv/an. Rappelons que 110000 personnes ont été évacuées sans autre forme de procès à la suite de la catastrophe. Devant la différence de traitement dans le cas de la pollution atmosphérique et dans celui de la pollution radioactive, on s’attend à ce que le danger de celle-ci soit beaucoup plus important que celui de celle-là. Or, pour atteindre la même perte d’espérance de vie acceptée par les Parisiens, il faudrait qu’une population soir soumise pendant 5 ans à une dose d’irradiation 100 fois plus élevée que la norme (1 mSv/an) et 5 fois plus élevée que la limite de 20 mSv/an vers laquelle tendent les autorités japonaises. Le calcul de la perte d’espérance de vie par suite d’irradiation est disponible sur le site http://vizille-sciences.org/perte_de_vie.php.

Si on peut estimer assez facilement la perte d’espérance de vie due à un supplément d’irradiation (ce qui ne semble, d’ailleurs, jamais fait ni par les autorités ni par les médias) il est plus difficile d’estimer les conséquences sanitaires de l’évacuation elle-même. L’évacuation des populations des environs de Tchernobyl, les arrachant à leur cadre de vie et leur faisant perdre leur emploi, a eu des conséquences durables et considérables : dépressions, troubles psychosomatiques, addictions à l’alcool et aux drogues, désintégration des familles. Une évolution similaire semble se reproduire autour de Fukushima. Toutefois les autorités japonaises envisagent le retour d’une partie des populations, tout en donnant aux candidats au retour les moyens d’évaluer le risque d’irradiation auquel ils seraient soumis. Cette démarche va dans le bon sens, mais pourquoi avoir attendu si longtemps et pourquoi fixer arbitrairement une valeur maximale de l’irradiation à 20 mSv/an ?

Il faut absolument que les dégâts humains des politiques d’évacuation soient évalués. Si, dans le cas d’une catastrophe nucléaire, on peut envisager une évacuation de courte durée (typiquement un mois) en attendant que la situation se stabilise le maintien des mesures d’évacuation doit faire l’objet d’une véritable analyse en termes de coûts et de bénéfices et cette politique doit être discutée par les populations et les individus concernés directement. Certains d’entre eux, après avoir été dûment informés des risques encourus, pourraient décider de rester sur place, d’autres, au contraire, pourraient quitter la région contaminée et être réinstallées ailleurs dans de bonne condition.

Cette réévaluation des politiques d’évacuation se fera d’autant plus vite que les évacués engageront des procédures contre les responsables de ces politiques, comme cela semble se produire au Japon.



36 réactions


  • Gabriel Gabriel 12 mars 2014 10:11

    Revoir les conditions d’évacuations en cas de catastrophe nucléaire. Le sujet est intéressant mais préfigure du fait immuable qu’il ne faut pas remettre en cause la dangerosité du nucléaire civil. Voyez-vous, en France nous somnolons dans une inconscience totale sur une soixantaine de réacteurs nucléaires. Si une catastrophe du style Tchernobyl ou Fukushima se produisait dans l’hexagone, je pense qu’il faudrait vite que vous appreniez une nouvelle langue pour aller vivre sous des cieux plus cléments à moins, que vous ne souhaitiez gonfler les statistiques des consommateurs de chimiothérapie. En proposant de faire réintégrer les zones contaminées de Fukushima par la population, les autorités japonaises vont condamner à une mort cancérigène certaine des milliers de personnes. On pourrait assimiler cela à un crime contre l’humanité mais, vu qu’il y a d’importants intérêts financiers en jeu, ceux-ci seront considérés comme des dégâts collatéraux et d’ailleurs, certains imbéciles connus viendront vous dire que ce n’est pas prouvé et que ce n’est pas si dangereux que cela etc… (Bien entendu, ceux-ci ne sont pas directement concernés par ces problèmes et je doute qu’ils aillent visiter les zones polluées pour des milliers d’années, ce qui leur permet d’étaler leur suffisance avec toute la morgue dont ils sont capables.). Pour finir, comment définissez-vous des individus qui déploient une énergie qui, en cas d’incident, devient incontrôlable ?


    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 10:48

      Personne ne nie que le nucléaire civil entraîne des risques. Sinon il n’y aurait pas d’ASN, et EDF ne dépenserait pas 10 milliards d’euros pour se mettre au niveau Post Fukushima. La question est de savoir comment ces risques se comparent à d’autres risques que nous prenons tous les jours. Dans le simple domaine de la production d’énergie les centrales à charbon sont responsables de 30000 morts par an dans l’Europe (sans parler des accidents dans les mines dans les pays producteurs. Le risque posé par la radioactivité (naturelle ou non) dépend de la dose reçue, et celui qui serait autorisé par les autorités japonaises est extrêmement faible Le nucléaire a un défaut majeur, c’est qu’il rend fous ceux qui en ont une peur panique La panique voilà le vrai danger N’y participez pas 


    • Gabriel Gabriel 12 mars 2014 11:17

      Bien entendu vous pouvez comparer les risques du nucléaire avec ceux du charbon, du gaz etc… Seulement voilà, c’est intellectuellement malhonnête comme démarche Monsieur parce qu’il y a, ce que vous appeler un défaut majeur, un critère qui diffère pour le nucléaire et qui n’est pas neutre. C’est qu’en cas de catastrophe majeure, nous ne savons pas arrêter le réacteur ! Pour rappel, Tchernobyl et Fukushima ne sont pas stoppés. Alors répondez à la question : « comment définissez-vous des individus qui déploient une énergie qui, en cas d’incident, devient incontrôlable ? » Maintenant Monsieur, dés que l’on saura maitriser un réacteur qui s’emballe, je serais pour cet énergie en attendant, je n’aime pas les gens qui hypothèque l’avenir de nos enfants en jouant aux apprentis sorciers.

      Tchernobyl 25 ans après !

      http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/02/14/le-sarcophage-du-reacteur-de-tchernobyl-sous-la-menace-d-un-effondrement_1832714_3214.html

      Fukushima actuellement !

      http://www.youtube.com/watch?v=0cIt0Qfc8UA


    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 14:40

      Je crois que vous confondez l’arrêt d’un réacteur (tous les réacteurs accidentés , TMI, Tchernobyl, Fukushima sont à l’arrêt depuis la catastrophe au sens où la réaction en chaîne est arrêtée et ne peut reprendre) et la gestion des coeurs fondus. Ces coeurs produisent une chaleur décroissant dans le temps. Il faut assurer leur refroidissement pendant quelques années. Après quoi, il faut encore attendre quelques dizaines d’années avant que le coeur fondu puisse être démantelé. Ainsi, une fusion de coeur est arrivée dans le réacteur américain TMI en 1979 (sans conséquence sanitaire, mais avec ruine du coeur et de la cuve). Le démantèlement complet a été constaté en 1993.
      Les autorités japonaises ne forcent pas les évacués au retour mais leur laissent le choix en leur donnant des informations sur les risques (faibles, contrairement à ce que vous croyez et espérez)) qu’ils courent ce faisant. Il n’y aura pas des centaines de milliers de morts (j’espère ne pas vous décevoir), et probablement aucun du fait de la radioactivité. Quant à moi je suis allé à Tchernobyl visiter, non seulement la centrale, mais aussi la véritable réserve naturelle qui s’est créée autour de la centrale, où foisonne une vie animale (bisons, loups, castors, cervidés...) qui se portent parfaitement bien. J’ajoute que, physicien des particules, j’ai moi même été irradié accidentellement (dose reçue modérée) et que je suis toujours là à 78 ans.


    • Gabriel Gabriel 12 mars 2014 15:42
      Monsieur votre ironie sur mon espoir de plusieurs milliers de morts ne me fait pas sourire, elle ne m’étonne pas car elle fait partie de la panoplie des gens comme vous, qui petits savants sont bouffis de certitudes qu’ils ne remettront jamais en cause même leurs nez trempés dans l’erreur. Je suis ravi d’apprendre que les risques de radiations sont faibles pour ceux qui retourneraient dans les zones proches de Fukushima et vous souhaites pleinement d’en profiter pour y passer de longue vacance et pourquoi pas, le restant de votre retraite. Chez nous, lorsque le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière (Merci les douaniers) dans les années qui ont suivi, nous avons noté une recrudescence des dérèglements et des cancers de la tyroïde. Une étude montrait une augmentation de 28 % des cancers de la thyroïde. Publiée en juillet 2013, l’étude réalisée par le groupement Ospedali Galliera de Gênes à la demande de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), pointait une hausse de 28,29 % des cancers de la thyroïde chez les hommes dans l’île après 1986. L’étude, qui était l’addition de trois travaux distincts, estimait "le risque de thyroïdites (inflammation de la glande thyroïde) chez les moins de 18 ans vivant en Corse et exposés au nuage de Tchernobyl augmenté de 62,5%". Mais peut-être, allez vous m’expliquer que tout cela n’est que pur hasard…

    • Ronfladonf Ronfladonf 12 mars 2014 17:44

      L’argument qui sort en général c’est que vu qu’on seurveille plus les cancers de la thyroide, on dépiste ceux qu’on n’aurait pas dépisté en temps normal... d’où l’augmentation...



      De mon coté je pense que même ça explique une partie de l’augmentation, je ne crois pas que ça explique tout...

    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 18:33

      L’incidence des cancers de la thyroïde augmente dans le monde entier depuis 1980, cad avant Tchernobyl. Autour de Tchernobyl ces cancers ont clairement augmenté (actuellement environ 7000 victimes clairement dues à la catastrophe, les premiers cas ayant été signalés en 2000 par l’AIEA). Ces cancers se sont développés chez des enfants qui étaient âgés de moins de 15 ans au moment de la catastrophe. Ces cancers sont curables à 95% moyennant ablation de la thyroïde et prise de médicaments de substitution aux hormones thyroïdiennes.
      L’augmentation s’est révélée plus forte à l’Ouest de la France qu’à l’Est alors que ce fut l’inverse pour les retombées de Tchernobyl. L’augmentation est assez spectaculaire au Canada qui n’a pas été touché par le « nuage ».
      Dans le cas de la Corse je n’ai pas vraiment suivi la question mais je sais que l’Académie de Médecine a émis de graves doutes sur la qualité de l’étude italienne. De même, l’IRSN n’a pas décelé de corrélation entre l’augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïdes en Corse (je pense que cette augmentation est réelle, comme partout ailleurs) et le passage du nuage. Donc, sur ce point, je laisse les experts et la justice trancher.
      Par ailleurs, il y a longtemps qu’il n’y a plus d’iode radioactive à Fukushima. Et mon article concernait une ré-installation dans des terres contaminées, essentiellement au Césium 137


  • jako jako 12 mars 2014 10:12

    Bonjour, « Il faut absolument que les dégâts humains des politiques d’évacuation soient évalués. » il me semble que la population voudrait évacuer le nucléaire tout court, ainsi que semble nous l’indiquer nos amis Finlandais avec l’EPR. A votre connaissance Mr, y a t’il des études sérieuses et proche d’aboutir (disons 10 ans) pour trouver une alternative ?


    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 10:59

      Sans aucun doute la population a peur du nucléaire Mais cela n’empêche pas que de nombreux japonais évacués souhaitent rentrer chez eux et qu’ils devraient avoir le choix de le faire après avoir été dûment informés. Après tout nous prenons des risques tous les jours en prenant notre voiture et nous les assumons.
      Malheureusement la seule alter native crédible et réaliste au nucléaire est de recourir au gaz et au charbon pour produire notre électricité, avec un complément d’énergie renouvelable (hydroélectricité, éolien, solaire). C’est ce qui est en train de se passer en Allemagne et aussi au Japon où l’électricité qui était produite par les réacteurs nucléaires, tous arrêtés, est remplacée par la production de centrales au fioul et au gaz, ce qui met la balance commerciale du Japon dans le rouge, sans parler de l’augmentation des émissions de CO2. Le gouvernement japonais s’oriente d’ailleurs vers une remise en marche des réacteurs nucléaires.


    • jako jako 12 mars 2014 11:44

      Merci de votre réponse, mais vous éludez le problème. Le nucléaire finira comme le pétrole par le tarrissement des ressources ou par une augmentation inssuportable des coûts d’exploitation (il a fallut faire une guerre au Mali, cela ne figure pas sur le facture d’elec.), y a t’il en élaboration une solution de remplacement Nouvelle ?


    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 12:44

      Je n’avais pas bien compris votre message. Ma réponse, en ce qui concerne le nucléaire est oui, il y a une solution pour des milliers d’années, que nous connaissons, que nous avons fait fonctionner en France et que les Russes, les Chinois et les Indiens continuent à faire fonctionner : les surgénérateurs Ces réacteurs permettent de gagner un facteur 100 dans l’utilisation de l’Uranium. En France nous avons 300000 tonnes d’uranium appauvri ou de retraitement stockés à La Hague ou à Pirrelatte. Cet uranium est impropre à la consommations dans les réacteurs REP fonctionnant actuellement en France mais serait parfaitement utilisable dans des surgénérateurs tels que le furent Super-Phénix et Phénix.On pourrait alors faire fonctionner 100 réacteurs pendant 3000 ans. Du fait de l’amélioration de l’utilisation de l’uranium on pourrait même extraire l’uranium de l’Océan (4 milliards de tonnes, alors que chaque réacteur surgénérateur n’utilise qu’une tonne d’uranium par an. C’est là qu’on voit la stupidité d’avoir arrêter Super Phénix en laissant le monopole de la connaissance aux Russes.


    • jako jako 12 mars 2014 12:46

      D’accord, merci à vous


    • jako jako 12 mars 2014 13:02

      aucune porte de sortie donc ( de prévue)


    • amiaplacidus amiaplacidus 12 mars 2014 18:02

      Hervé Nifenecker, je pense que vous faites de la désinformation.

      Parce que, à ma connaissance, il n’existe pas de surgénérateur opérationel (c’est à dire en production et non pas expérimental) dans le monde. S’il en existe, je vous prie d’en parler et d’appuyer vos dires par des références sérieuses !

      Quant à la soi-disant expertise française en matière de nucléaire, elle fait doucement rigoler. La quasi totalité des réacteurs produits par la France le sont sous licence US (Westinghouse), licence payées fort cher d’ailleurs.

      Les deux filières vraiment françaises sont, ou ont été, des foirades monumentales : Creys-Malville et EPR.
      Pour les EPR, la Finlande vient d’y renoncer après de multiples déboires, et des retards invraisemblables (la mise en service était prévue pour 2009 et elle était, avant l’abandon, reportée à une date indéterminée). La Finlande va certainement exiger des indemnités pour non respect de contrat. Pas graves pour le lobby nuke français, et Areva en particulier, c’est les clients EDF qui paieront la facture.
      Quant à la centrale de Flamanville, retards, malfaçons, etc y sont légion. De nouveau, pas grave pour le lobby nucléaire, les clients payeront.


    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 20:20

      Le réacteur BN-600 (puissance 600 MWe) fonctionne très bien depuis 1980
      En construction en Russie BN800 dont 2 ont été commandés par la Chine. Démarrage de BN800 prévu en 2014
      En Chine CEFR (20 MW électrique) démarré en 2010
      En Inde PFTR (500 MW) démarrage prévu en 2014-2015


    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 20:24

      Pour ma part, je ne me réjouis pas des difficultés d’une des seules industries qui restent en France. Effectivement, on peut craindre que dans quelques années EDF devra commander ses réacteurs aux Russes ou aux Chinois. Je ne trouve pas cela réjouissant.


    • amiaplacidus amiaplacidus 12 mars 2014 20:45

      RÉFÉRENCES SVP !

      Pas une simple énumération sans preuves !


    • jmdesp 20 mars 2014 17:56

      Pour l’Iaea, il y a deux surgénérateurs (FBR - Fast Breeder Reactor) actuellement en activité :
      http://www.iaea.org/PRIS/WorldStatistics/OperationalReactorsByType.aspx

      L’un en Chine depuis 2011 :
      http://www.iaea.org/PRIS/CountryStatistics/ReactorDetails.aspx?current=1047
      L’autre en Russie depuis 1981 :
      http://www.iaea.org/PRIS/CountryStatistics/ReactorDetails.aspx?current=484

      Les russes prévoient de mettre en route le réacteur BELOYARSK-4 très, très prochainement, ça a été annoncé pour avril à la fin de l’année dernière. Et l’Inde prévoit aussi de démarrer Kalpakkam cette année.


  • claude-michel claude-michel 12 mars 2014 10:16

    Le jour du grand BOOM ce sera la panique comme à Tchernobyl et à Fukushima...Sur le papier il existe un plan de secours (qui ne correspondra pas a la réalité)... !


    • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 12 mars 2014 19:56

      Etant très documenté sur le sujet, j’affirme qu’à Tchernobyl, aucune panique n’a été constatée, bien au contraire !!!
      Pourquoi racontez-vous n’importe quoi ?

      (pour Fukushima, je laisse aux spécialistes le soin de répondre)


    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 20:40

      Je me suis mal exprimé. Ce sont les autorités qui ont paniqué aussi bien à Tchernobyl qu’à Fukushima en procédant à des évacuations irréfléchies.
      Une panique de la population a été observée à TMI.


    • claude-michel claude-michel 13 mars 2014 08:28

      Par ben_voyons_ !....J’ai encore en mémoire les photos et vidéos sur Tchernobyl...très parlantes de la situation et de la panique générale devant ce désastre... !


  • Ronfladonf Ronfladonf 12 mars 2014 15:36

    Vu que vous avez l’air de maitriser le sujet, une question : comment sont nommés les éléments ? (uranium, plutonium, ...)


    Mon intuition me dit qu’uranium est lié quelque part à Uranus et plutonium à pluton.

    Sachant que dans la mythologie, Uranus est le maitres des illusions et Pluton, le seigneur de la destruction, je me demande quel mécanisme inconscient a pu pousser les physiciens et autres savant à nommer ces éléments ainsi.


    Désolé pour le HS

    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 16:30

      J’apprécie votre humour
      L’uranium a été découvert en 1786 et Uranus en 1781. Je pense que les astronomes se sont conformés à la tradition de donner un nom de la mythologie grecque (Ouranos, ciel et vie). Les chimistes se sont inspirés d’une découverte récente des astronomes pour nommer l’uranium. Et ils ont continué avec le Neptunium découvert en 1940, dont le nom s’inspire de Neptune découverte en 1846, puis avec le Plutonium découvert en 1942 en s’inspirant de la dernière planète découverte (elle a perdu son rang), Pluton. Après les chimistes sont revenus sur terre avec l’Americium, le Curium, le Californium, l’Einstenium, le Fermium etc.


  • Cassiopée R 12 mars 2014 15:55

    Il n’y a aucune issue en cas de fuite aggravée nucléaire, ce sont des mensonges médiatiques que de faire croire que nous pouvons lutter contre le nucléaire.


    Il y a des tremblements de terre dans différentes régions de la planète, et même en France qui n’est pas épargné par ce risque, tous les territoires sont dangereux, et la prolifération atomique est un danger pour l’espèce humaine (sans compter les riches qui se planqueront dans les sous-sols).

    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 16:45

      On ne lutte pas contre la radioactivité (sauf par des transmutations nucléaires difficiles à mettre en oeuvre) mais on peut s’en protéger. Mais ce n’est pas toujours la peine si l’activité est faible (nous sommes nous mêmes tous radioactifs, 100 désintégrations par seconde par kg ). Quant aux tremblements de terre l’endroit le plus sûr est, précisément, l’enceinte d’un réacteur. (A Fukushima, ce n’est pas le tremblement de terre qui a été responsable de la ruine des réacteurs, mais le tsunami). Par exemple, à Grenoble, nous avons un réacteur de recherches international, celui de l’ILL. Il est conçu pour résister à une accélération horizontale de 0,30 G, alors que les tours récentes ne résisteraient pas au delà de 0,12 G. Le jour où l’ILL serait endommagé par un tremblement de terre, il ne resterait pas grand chose de la ville de Grenoble.


  • gaijin gaijin 12 mars 2014 16:37

    hervé
    si tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles alors pourquoi les autorités « compétentes » éprouvent t’ elles le besoin de mentir ?
    pourquoi le japon décide t’ il récemment que toute diffusion ou possession d’information est un crime ?
    pourquoi tepco ment t’ il a tout le monde depuis le début ?

    la confiance voyez vous ne s’impose pas elle se mérite

    par ailleurs
    "à l’arrêt depuis la catastrophe au sens où la réaction en chaîne est arrêtée et ne peut reprendre) et la gestion des coeurs fondus. Ces coeurs produisent une chaleur décroissant dans le temps."
    si la réaction est arrêté pourquoi y a t’ il chaleur ?
    en dehors de la chaleur ils ne ne produisent rien les coeurs arrêtés ?
    ( de la radioactivité par exemple ? )


    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 17:00

      C’est la réaction en chaîne de fission qui est arrêtée. Mais les désintégrations radioactives se poursuivent. Après sa désintégration, un noyau radioactif se transforme en un noyau qui l’est généralement moins jusqu’à ce que l’on arrive soit à des noyaux stables, soit à des noyaux très peu radioactifs parce ce que de période très longue (l’uranium 238, par exemple). C’est pourquoi la production de chaleur due aux désintégrations diminue avec le temps.
      Alors qu’on peut piloter la réaction en chaîne, mais aussi, que celle ci peut s’emballer dans certaines conditions (Tchernobyl), on ne peut guère qu’attendre que « cela se calme » pour la radioactivité.
      Pour les mensonges j’ai suivi heure par heure les informations données par les japonais (et l’IRSN) pendant le catastrophe et je ne crois pas qu’il y ait eu mensonge délibéré. Parfois ils ne comprenaient pas ce qui se passait ou faisaient des hypothèses qui pouvaient s’avérer fausses. Ce n’est pas là que j’ai noté le plus de mensonges, loin de là. Je ne sais pas où vous avez vu que le Japon considérait que la diffusion de toute information était un crime. Avez vous des exemples concrets ?


    • gaijin gaijin 12 mars 2014 18:02

      info ici :
      http://www.sortirdunucleaire.org/Lanceurs-d-alerte-et-antinucleaires-le-Japon

      pour les mensonges on n’a pas du suivre la même aventure mais c’est une constante quand on traite de nucléaire ......

      ( style les arrêts a froid de trucs que l’on est obligé de continuer a refroidir et qui explosent de temps en temps ..... )


    • Hervé Nifenecker Hervé Nifenecker 12 mars 2014 20:36

      Je ne ferais certes pas confiance aux informations données par « Sortir du Nucléaire » dont le fond de commerce est, justement, de démolir le nucléaire. Mon expérience est que, généralement, l’IRSN donne des informations de qualité.
      L’arrêt à froid d’un réacteur signifie que l’eau de refroidissement ne bout plus, alors qu’en fonctionnement elle est à 300 degrés. Mais cela ne signifie pas qu’on peut arrêter le refroidissement. 


    • gaijin gaijin 13 mars 2014 08:58

      ici si vous préférez .....
      http://www.lepetitjournal.com/tokyo/accueil/actualite/177261-rsf-le-japon-tombe-a-la-59eme-place-dans-le-classement-sur-la-liberte-de-la-presse

      pas confiance ? c’est toute la question
      en quoi peut on faire confiance aux promoteurs du nucléaire ?

      si votre définition de froid correspond a la bonne température pour cuire une soupe et que votre définition de ce qui est arrêté a quelque chose qui continue ne vous étonnez pas de ne pas être compris .....
      le problème c’est que vous êtes ( les technonucléaristes ) tellement habitué a désinformer que vous finissez par croire votre propre propagande


    • jmdesp 20 mars 2014 17:31

      Il est faut de penser qu’il y a un lien entre la nouvelle loi sur le contrôle de l’information au Japon et le nucléaire.

      Cette loi a été exigée par les Etats-Unis dans le cadre de l’accord de libre échange qui est actuellement négocié (le gouvernement japonais conservateur actuel est certainement ravi de l’occasion), et est l’exact équivalent de celle qui existe là-bas et a été utilisée pour condamner Bradley Manning à 35 ans de prison pour avoir révélé comment les hélicoptères américains tiraient sur les civils en Irak.


  • joletaxi 12 mars 2014 20:43

    c’est quoi ce nartik ?

    ici Monsieur, on est antinuc, antiwifi, antiOGM, antipesticides, antiintrans ,anti automobile, anti navions, anti aréroports,anti CO2, anti.... bref.

    Et tous ceux qui ont un autre avis sont soit des crétins(mon cas)des menteurs( le vôtre ,du moins c’est ce que je conclus des commentaires ?)ou pire encore,des vendus aux turbocapitalistesmangeurs d’enfants.

    Cela me fait penser aux témoins de Jehovah qui refusent des transfusions sanguines, quitte à rejoindre en direct leur paradis.
    Vous pouvez expliquer, argumenter, prouver, aucune chance.
    Les plus farouches ici refuseraient-ils une radiographie s’ils se cassent une patte ?
    ou un scanner si cela démange un peu fort,ou un antibiotique si cela chauffe un peu fort ?
    Ou encore, en cas de malheur(mais oui, le cancer est aussi lié au vieillissement ) un traitement ou un examens au moyen de produits sataniques ?
    Vous nous dites avoir 78 ans.Félicitations, mais avouez que cette longévité devient problématique, et que pas mal de nos problèmes seraient résolus si l’on en revenait à une société où l’espérance de vie ne dépassait pas 50 ans, non ? allez disons 60

    Ils jouissent d’un moment inespéré dans l’histoire de l’humanité, et ils crachent dans la soupe, quand ils ne participent pas indirectement à de véritables génocides( cas du DDT)
    Ils rêvent d’un paradis perdu, selon eux.
    Curieux que les africains ,qui vivent eux en réel leur société frugale, prennent tous les risques pour venir ici, dans cet enfer.

    Je viens ici pour me distraire, comme on va au zoo(oups, le zoo, encore un truc à éradiquer au plus vite),et votre tentative est courageuse,quoique tout à fait inutile

    merci de ce moment


    • gaijin gaijin 13 mars 2014 09:00

      ben oui on est cons ......
      mais pas au point de foutre une centrale en bord mer dans le pays qui a inventé le mot tsunami .........


    • jmdesp 20 mars 2014 17:36

      C’est surtout Tepco qui est très con. La centrale d’Onagawa géré à la place par Tohokuden et beaucoup plus proche du centre du séisme a parfaitement résisté parceque les ingénieurs avait du départ envisagé un tsunami, et régulièrement renforcé la sécurité.

      Chez Tepco par contre, infestée de hauts fonctionnaires débarqués là bas par amakudari (pantouflage en bon français, jamais de précaution de ce typ.


  • s4m0 18 mars 2014 13:36

    Merci d’apporter un peu de réalisme et de pertinence sur un sujet traité régulièrement avec beaucoup de légèreté par certains, qui semblent davantage guidés par une idéologie que par une réelle réflexion (comme si le sujet, sensible s’il en est, en avait besoin ...).
    Je vous en remercie d’autant plus que le lectorat semble davantage enclin aux théories « nucléo-complotiste » qu’à la discussion réfléchie.


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