jeudi 15 avril 2010 - par Voris : compte fermé

Une nouvelle photographie d’Arthur Rimbaud adulte

On vient d’authentifier une nouvelle photographie d’Arthur Rimbaud en Abyssinie. A partir d’un agrandissement d’une photo de groupe à Aden, le portrait adulte du poète a pu être retrouvé. Rimbaud l’adolescent au visage si touchant avait quitté la poésie. Trop tôt  ! A l’âge de 20 ans, pour s’engager dans une vie aventureuse qui allait écourter son existence. Les causes de cette fuite abracadabrantesque sont en partie connues en partie mystérieuses.

 
Au fond d’une caisse, soudain la rencontre avec Rimbaud ! Au milieu d’un paquet de vieilles photographies d’Aden, découvertes il y a deux ans par Alban Caussé et Jacques Desse, libraires à Paris. L’une d’elles attire l’attention des chercheurs : on y voit Rimbaud attablé parmi des hommes assis. On songe immédiatement au "Coin de table" de Fantin-Latour, où il figure à côté de Verlaine.
 
Rimbaud, la fuite abracadabrantesque
 
 
D’abord ce mot désormais célèbre, "abracadabrantesque", que signifie-t-il ?
 
Le président Jacques Chirac l’emploie le 21 septembre 2000, au cours d’un entretien télévisé pour qualifier les accusations posthumes de Jean-Claude Méry sur les financements occultes du RPR. Mais c’est son ami Villepin, grand amateur de poésie, qui lui aurait glissé ce mot de Rimbaud que l’on trouve pour la première fois dans le poème "Le Cœur supplicié" 
 
Ô flots abracadabrantesques
Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé.
Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs insultes l’ont dépravé !
 
Abracadabrantesque est un néologisme forgé par Arthur Rimbaud, comme un formule magique destinée à chasser les horreurs qu’il a vécues (pour certains experts, Rimbaud aurait subi un viol durant la Commune de Paris, qu’il relate dans ce poème).
 
Les clichés
 
 
Les experts on comparé le portrait de Rimbaud adolescent au cliché retrouvé et ils ont noté nombre de similitudes qui ne laissent aucun doute : ce visage ovale, cette chevelure remarquablement dense qui se dessine avec netteté sur le front, les oreilles, le nez, les sourcils. Et surtout la marque de fabrique : ce regard très clair qui a frappé tous ceux qui ont connu Rimbaud comme le poète Jean Richepin qui disait des "yeux bleus comme je n’en ai vu à personne : ils étaient gênants à force d’être clairs".
 
 
 
 
 
 


48 réactions


  • Rounga le stupéfiant Roungalashinga 15 avril 2010 10:55

    Merci beaucoup.


    • Voris 15 avril 2010 11:53

      Merci mais j’ai fait peu de choses. J’ai juste trouvé l’info.

      Un peu de mystère, de rêve...et vive la poésie !


    • hks 15 avril 2010 23:54

      Merci mais j’ai fait peu de choses. J’ai juste trouvé l’info.

      Un peu de mystère, de rêve...et vive la poésie !

      on ne demande pas plus ;
      merci


    • morice morice 16 avril 2010 12:05

      super découverte en effet et sympa de l’avoir répercutée !


  • Voris 15 avril 2010 11:12

    Songez qu’Arthur Rimbaud aurait pu vivre aux XXème siècle. Lui qui disait qu’il fallait être absolument moderne« , l’aurait été bien plus que ses contemporains. Voir Rimbaud vivre aux XXème siècle était chose possible. Sa mère est morte en 1907. Lui-même, né en 1854, s’il avait fait un centenaire, serait parti en 1954 ! Il aurait cotoyé pas mal de gens et pourqui pas Georges Brassens entre autres. Ils auraient fait des chansons ensemble. »Stop !" Oui je sais...Mais bon, on a le droit de rêver un peu...


    • heliogabale boug14 15 avril 2010 15:00

      C’est vrai : le maréchal Pétain est né en 1856 mort en 1951, Oscar Wilde né en 1854 mort en 1802...il aurait pu facilement connaître la première guerre mondiale et même les surréalistes !


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 15 avril 2010 15:10

      Oscar Wilde est mort à l’ âge de - 52 ans de par le fait ..... smiley


    • Voris 15 avril 2010 16:14

      C’est cela « born to be Wilde ».


    • issmane issmane 15 avril 2010 16:52

      oui, et le problème serait bien de trouver comment il aurait pu être bien plus moderne dans un siècle XX où tout le monde poétique a renvendiqué son drapeau. Comment il aurait pu se mettre lui et son art à distance de tous ses thuriféraires et autres imitateurs, lui aujourd’hui muséifié consensuel lui le modèle de Brigitte Fontaine d’Higelin, lui la réference poétique de Michel Drucker de Soan comme d’Yves Bonnefoy


      A ce propos, copié du blog d’Assouline avril 2009 ici http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/04/27/rimbaud-le-detail/comment-page-1/


      Imaginons le pire.

      La statue de Rimbaud a dominé le XXe siècle. Rimbaud est devenu le symbole de l’aventure littéraire, et au-delà même, l’allégorie de l’expression et de l’expansion vitale de l’être.

      Le collège enseigne le “poète aux semelles de vent”. Plus d’un adolescent se sent encore frère de ce marginal en révolte. Des Illuminations fleurissent un peu partout. L’expérience rimbaldienne est l’alchimie absolue, le nec plus ultra de l’audace libératrice, en matière de création poétique.

      Au nom magique de “poésie” l’école surréaliste vient à annexer à peu près toutes les expériences possibles - même si sous la férule du jeune homme audacieux et libérateur, jamais tant d’anathèmes, d’oukases et d’excommunications esthétiques ne sont prononcés qu’au cours de ces années 1920…

      Bien sûr il est commode de mettre les morts dans son camp, de s’en faire des alliés d’autant plus puissants que virtuels. Rien n’empêche toutefois d’imaginer le pire.

      Imaginons Rimbaud assistant à son intronisation.

      L’invention poétique - l’invention artistique (comme politique, comme scientifique) - ne s’est jamais bornée à l’admiration docile. Elle est faite de conquêtes et de remises en cause. Explorer, élargir l’univers des sensations humaines passe même le plus souvent par le bris des anciennes idoles.

      Car nous avons changé d’époque. Le temps est mort, où cinq poètes rassemblés dans une chambre pensent mettre la vérité du monde en sonnets (mardis de Mallarmé) ; où quelques symphonistes croient donner la suprématie à la musique allemande pour cent ans (Schönberg), où de grands fronts géniaux s’imaginent saisir l’essence du monde et défient le ciel grondant d’orage. Nous voici “à l’heure de la neurolinguistique ; de la bioacoustique ; et nous voici dans l’ère et l’aire “hi-tech” de tous les décloisonnements culturels”.

       “Il est temps de sentir nos œillères - culturelles, linguistiques, lexicales. Voici l’Afrique, l’Inde, la Chine et cent contrées, cent mondes nous offrant leurs poètes, leurs chantres virtuoses, leurs shamans exaltés - naïfs, conscients, lucides, maîtres de leurs moyens, inspirés dans leur art. Leurs langues, classiques, dialectales, leurs styles secs ou fleuris y portent aussi bien à l’émotion intime qu’à l’introspection ou à la transe collective. Les fioritures extrêmes du kriti, le « récitatif aux huit timbres », le « chant chuchoté » - tant d’extraordinaires particularités de tous les arts du monde, les uns traditionnels, les autres récents (y compris les concerts de l’art pop, l’art vidéo, les « performances », la « culture urbaine »…) vivent manifestement hors cadre rimbaldien, mallarméen, mais saisissent le rapport au monde et rythment l’action bien plus sensiblement qu’un poème dans son livre... " (*)
       
      N’y aurait-il donc pas d’au-delà à Rimbaud ?...


    • Voris 15 avril 2010 17:08

      Bien sûr que si : James Dean ! Rimbaud, lui, aurait tourné dans « A l’est d’Aden ».


    • issmane issmane 15 avril 2010 17:59

      eccellente

      http://www.leblogmoto.com/2010/04/moto-gp-qatar-2010---stoner-lechappe-rossi-la-ramasse.html


      et aujourd’hui chez les vivants je propose Davizioso (dimanche dernier dans « A l’ouest Hayden »)







  • alberto alberto 15 avril 2010 11:30

    Oui, merci Voris de nous faire part de cette trouvaille .

    Comme quoi, faire le tri des vieilleries peut s’avérer profitable, plutôt que de tout balancer : combien de petits trésors sommeillent ainsi à l’ombre d’un réduit poussiéreux ?

    Mais enfin, ceci n’éclaire pas plus sur les vraies raisons de cette fuite abracadabrantesque du jeune Rimbaud vers les touffeurs de l’Orient...

    Bien à toi.


    • Voris 15 avril 2010 13:35

      Une des explications possibles de cette fuite abracadabrantesque serait celle que je donne dans l’article. Rappelons que « Ithyphalliques » signifie « qui présente un phallus en érection ». La résilience par la fuite ?


  • Voris 15 avril 2010 11:49

    Bon, le titre a changé, les photos ont été déplacées bien que j’avais délibérément placé la photo de Rimbaud jeune en face de la photo de Rimbaud âgé. Mais merci à la rédaction d’avoir corrigé mes quelques fautes de frappe et fort heureusment, on n’a pas ôté le lien vers mon article sur Richepin et Brassens qui est un article sympa quand même...


  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 15 avril 2010 12:24

    Jolie trouvaille (la photo et l’article de Voris).


    • Yohan Yohan 15 avril 2010 18:23

      Bonne idée de Voris, mais tout le monde en parle ce matin sur les radios. Avox serait-il épié par la presse ?


    • Voris 15 avril 2010 19:12

      Le Figaro était aussi tôt sur le coup. Mais le journal n’a pas trouvé de poète pour rédiger son papier. smiley


  • LE CHAT LE CHAT 15 avril 2010 12:59

    déjà des paparazzis à l’époque , en train de voler des photos des stars du show bizz en villégiature ! rien n’a changé ! smiley


  • sisyphe sisyphe 15 avril 2010 13:21

    Merci pour cette photo du génie aux semelles de vent, mort à 35 ans, d’avoir embrasé son souffle divin...


  • Voris 15 avril 2010 14:16

    La quête de l’achèvement ? De la réalisation de rêves d’une vie antérieure ? L’appel de l’exotisme ?

    On se dit « rien ne vaut d’être possédé » mais l’on reste cloué sous son poids de choses. La lunette de nos astronomes ne donnent plus que sur des cauchemars sans tête que l’on juge élégants.

    Il y a bien cet Ailleurs qu’on suppose mais on a beau faire, on reste toujours dans la boue. Je donnerai le nom d’Humanité à cette argile qui n’aboutit pas.

    Un soir, dans le fond d’une auberge, je me suis souvenu des fleuves, des fleuves descendant les fièvres et qui mouraient dans la folie. Alors, j’aurais voulu toutes les femmes, toutes les vies, et des voyages jusqu’au bout des rues. Avec la mer à regarder, le soleil et rien d’autre...

    Ce soir, s’il entrait un oiseau, si un mot me tend la main, je partirai. J’aurai pour alliée la guêpe bleue dans l’herbe où se trame une orange, les senteurs des mésanges, les arbres à sourires. Là-bas, ces paysages frappés de paons, de lamas de couleurs et d’oiseaux caressants.

    Voris.


  • Voris 15 avril 2010 14:28

    L’Ailleurs, toujours l’Ailleurs, le leurre du poète.

    Parfois le poète s’enfuit vers le secret des vents. Dans sa condition d’exalté, il est le voyant de sa liberté.

    Partir
    Pour écrire où l’ineffable affleure.
    Partir pour écrire sous l’emprise de l’Eternité.

    Bientôt une île à naître...
    Qui sera un danger pour tes yeux.
    Mais, moi, avec l’appétence des grands naufragés pour les grandes partances, j’écris. J’écris l’humanité.

    Voris 15 avril 2010


  • Georges Yang 15 avril 2010 14:54

    Pourquoi tant de gens reprochent ils à Rimbaud d’avoir changé d’existence ?
    Il ne fut pas le seul et aurait-il été grandi s’il avait continué à écrire de poèmes de moindre qualité ?
    Il a choisi le négoce, une existence outremer, et alors ? Devait il faire comme Aragon qui vivota après les hommages à Elsa ?
    Tel Greta Garbo qui ne voulut plus paraitre vieillissante, il a choisi de faire autre chose, c’est son choix, il nous reste ses poèmes


    • Voris 15 avril 2010 15:05

      Maintenant qu’on le voit, là, on voudrait qu’il nous dise quelque chose...


    • Georges Yang 15 avril 2010 15:25

      Ayant eu connaissance de sa correspondance en Éthiopie, j’ai bien peur qu’il nous aurait dit : « Vous me devez 200 Francs depuis mars dernier ! »


    • Voris 15 avril 2010 16:13

      Chouette ! un texte inédit de Rimbaud : « Par la présente je vous engage à régulariser votre situation sans plus tarder. A défaut de règlement, je me verrais obligé de requérir par voie d’huissier...Veuillez agréer » : Ne cassons pas l’ambiance !


    • Georges Yang 15 avril 2010 16:21

      On a retrouvé des lettres où Rimbaud se plaint d’impayés, cette correspondance d’épicier dénote avec l’image du jeune poète. Il fait aussi mention d’un legs qu’il fait à son domestique africain
      Rimbaud est l’image inversée d’Henri de Monfreid qui fut trafiquant dans la même région avant de devenir écrivain


    • Voris 15 avril 2010 16:40

      Sarko aurait dit à propos de son ministre de la culture « Tout l’monde en rit de mon Fred ! » A propos de cet aventurier des mers jaunes...


    • Georges Yang 15 avril 2010 16:50

      Vous avez dit mers !


    • Voris 15 avril 2010 17:13

      Le « mers » dit c’est permis. C’est une formule elliptique pour ne pas évoquer ce que chacun sait...


    • Fergus Fergus 15 avril 2010 17:54

      @ Georges Yang.

      Qu’Arthur Rimbaud ait choisi de faire du commerce est parfaitement son droit, et nul n’a le droit de le lui reprocher. Tout au plus peut-on le regretter. Son incursion (peu fructueuse) dans le trafic d’armes est en revanche un indéniable point négatif dans sa existence aventureuse. Monfreid a, quant à lui, trempé dans à peu près tous les trafics possibles, y compris, semble-t-il, celui des esclaves bien qu’il s’en soit toujours défendu.

      @ Voris.

      J’ai entendu ce midi à la radio que cette photo est très probablement celle de Rimbaud, d’une part en raison de la ressemblance avec son portrait aodlescent, d’autre part en raison de l’endroit où elle a été prise, un hôtel où Rimbaud a résidé. Pour autant, il n’y auarait pas de certitude. Affaire à suivre...

      Bonne journée.


    • Georges Yang 15 avril 2010 20:58

      Fergus
      Je ne reproche pas à Rimbaud d’avoir changé d’existence, c’est netement plus noble que de s’accrocher


    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 16 avril 2010 00:17

      Si seulement Sarko décidait de devenir poète en 2012...


    • sisyphe sisyphe 18 avril 2010 13:17

      Il faut mettre un terme définitif à cette calomnie ; Rimbaud n’a jamais fait de TRAFIC d’armes.
      Il a essayé, une seule fois, d’en faire un COMMERCE ; parfaitement légal, lors d’une caravane, pour les apporter au Roi Menelik ; caravane qui s’est soldée par un fiasco ; les armes ne lui ayant pas été payées au prix où elles lui étaient revenues.

      On trouve dans sa correspondance (qui n’est pas qu’une évocation de ses problèmes réels d’argent), une lettre absolument réjouissante de son récit du montage et de l’expédition de cette caravane ; où Rimbaud évoque tous ses problèmes avec un humour drôlatique, et, évidemment, parfaitement formulé.

      Rimbaud a choisi, à 20 ans, de renoncer à une gloire possible auprès des cénacles de la littérature et de la poésie, pour choisir de se colleter à la vie réelle, au voyage dont, poète de 7 ans, il« pressentait » déjà « violemment la voile »...

      Rimbaud était un être d’exception, traversé par le souffle du génie ; il a révolutionné la poésie et s’en est allé vers son destin hors du commun, d’être aux semelles de vent.

      Cette deuxième partie de sa vie, qui a hélas duré peu (mort à 35 ans, dans un hôpital de Marseille, suite à la gangrène d’une jambe), fut parfaitement fidèle à celle qu’il pressentait, qui le poussait ; une vie d’aventures qui, pour être confrontées à la dure réalité de l’époque et des lieux, n’en fut pas réellement épique, mais fidèle au souffle qui l’anima, jusqu’à sa mort.

      Rimbaud est LE génie de’ la poésie, à jamais.

      Le volume de la Pléiade contient l’ensemble de sa correspondance, que je conseille à tout lecteur intéressé par son oeuvre.

      A lire aussi, l’excellent livre de Jean Teulé ; Rainbow pour Rimbaud


    • Voris 18 avril 2010 16:55

      Ah oui ? Et comment expliquez-vous que son nom figure sur le fichier de Clearstream ? Et qu’il ait répondu à une petite annonce « Vends croc de boucher. Jamais servi. »


  • Pierre de Vienne Pierre de Vienne 15 avril 2010 16:56

    Et bien voilà, même les grands poètes ne pourront y échapper, la frénésie maladive pour le document inédit, qui fait que vient se superposer au beau portrait adolescent, l’image banale d’un petit blanc moustachu aux colonies.Pas de mystère, rien que cette pornographie de la réalité qui fait vendre.

    Je préfère encore croire que c’est un faux.

    • Voris 15 avril 2010 17:11

      « un petit blanc moustachu » plus convenable que le « petit blanc moustachu » qu’il n’aura heureusement pas connu. Lui qui s’essaya au journalisme en critiquant Bismark aurait trouvé bien pire en ce moustachu-là.


  • Voris 15 avril 2010 19:16

    Mon prochain article, c’est du rêve en images animées, en musique et en légendes celtiques et japonaises ! Pour lever le voile et vous mettre en bouche, regardez ce soir sur Arte « Nausicaä de la vallée du vent » ! La suite dans l’article...


  • 65beve 65beve 15 avril 2010 21:11

    Merci Voris pour ce sympathique rappel.

    « une vie aventureuse qui allait écourter son existence »
    Je pense que le cancer l’aurait tué même si il était resté en France.

    Pour ma part, je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager ce pur moment de grâce qui m’a tant ému en classe de seconde lorsque j’avais 17 ans.

    C’est un trou de verdure où chante une rivière
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D’argent ; où le soleil de la montagne fière,
    Luit ; C’est un petit val qui mousse de rayons.

    Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
    Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
    Nature, berce-le chaudement : il a froid.

    Les parfums ne font plus frissonner sa narine ;
    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
    Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.

    Dors bien Arthur !

    cdlt

    bv


  • dom y loulou dom 15 avril 2010 21:56


    Arthur aura fui Paris à cause, précisément, de sa notoriété...


    les gens ont , ma foi, cette manie de remplir le vide de commérages insensés et c’est souvent un bruit plus que pénible pour celui qui en est le récipiendaire... trop souvent abracadabrantesque en effet.  ;)


    Sa finalité de vendeur d’armes, par contre, est au diapason de l’enfer parsemé de lumières qu’il écrivait.
     

    je sais... cela ne cadre pas trop dans les louanges au saint patron des enragés. 

    Néant en moins...


    merci Voris pour cet interlude


  • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 15 avril 2010 22:30
    Je constate que certains journalistes sont plus avisés que d’autres. J’ai eu l’heureuse surprise de dénicher cet article de Jacques Quentin qui parle de moi avec grande lucidité... Mes détracteurs apprécieront.
     
    Raphaël Zacharie de IZARRA
     
    =======
     
    LES DESSOUS DE LA PHOTO DE RIMBAUD : IZARRIMBAUD ?
     
    Elle lui ressemblait comme une fille peut ressembler à son père.
     
    Avec la bonne foi, la sincérité de son âme entière, de son coeur franc (fatalement lucides), le public ne s’y était pas trompé. La France était convaincue !
     
    Sauf que les tests ADN avaient rendu leur verdict, pétrifiant : désaccord génétique total et définitif entre la fille et son prétendu géniteur.
     
    La douche froide.
     
    Qui ne se souvient pas de cette douloureuse affaire Aurore Drossard, fille imaginaire de Montand ? La leçon, authentique cas d’école, doit nous inciter à adopter à l’avenir la plus extrême prudence dans ce genre d’information où la subjectivité peut brouiller les pistes les mieux balisées.
     
    Or, avec le dernier avatar concernant Rimbaud, nous sommes dans un processus médiatico-hystérique exactement inverse : cette fois ce sont les « spécialistes » qui, enivrés de doctes fumées, se sont eux-mêmes convaincus. Et de quoi donc me demanderez-vous ? Du pire : la mine patibulaire d’un Rimbaud aux antipodes de sa légende esthétique.
     
    La pilule à du mal à passer chez les vrais-faux admirateurs du poète de Charleville qui, avec ce bon sens inné caractérisant les profanes et les ignorants, doutent.
     
    La découverte de la photo date de deux ans. Troublant : à la même époque un certain Izarra criait à qui voulait l’entendre -et nul ne semblait vouloir prêter sérieusement l’oreille à ses élucubrations- qu’il était l’auteur du « Rêve de Bismarck », un autre inestimable trésor rimbaldien sauvé des rebuts d’un bouquiniste de Charleville-Mézières. Décidément, le hasard facilite bien des choses dans l’environnement de cet énigmatique Izarra...
     
    Mais revenons à la tête de Rimbaud. Les spécialistes dont le fameux Jean-Jaques Lefrère se sont basés sur quatre de ses photos (plus ou moins nettes) déjà connues et reconnues pour établir un nouveau dogme avec cette vertigineuse certitude propres aux exégètes de leur niveau élevés au pain blanchit. La farine universitaire a d’incontestables vertus de salubrité intellectuelle... Bref, c’est avec la même conviction, pour ne pas dire la même ferveur que le « Rêve de Bismarck » fut décrété authentique.
     
    Rien n’est plus ressemblant à un portrait qu’un autre portrait, pour peu que le coeur s’emballe. On s’interrogera sur les méthodes employées par ces imprudents spécialistes cherchant à faire passer à la postérité le visage d’un parfait anonyme confondu avec Rimbaud sous le prétexte d’une enseigne d’hôtel en guise de (fausse) piste aux stars du Parnasse, de chasse aux mythes... Bertillonnage ? Identification judiciaire ? Tests ADN ? Les rieurs riront.
     
    Les convictions pour le moins subjectives -autant dire hautement fantaisistes- de Jean-Jaques Lefrère et ses disciples sont une bonne gifle pour nous rappeler qu’à travers ce genre de révélation sensationnelle pleine de flou artistique lié à l’univers de Rimbaud, un Izarra peut toujours en cacher un autre.
     
    Les érudits échaudés ajouteront : aujourd’hui plus qu’hier.
     
    Méfiance donc.
     
    Jacques Quentin
     
    ARTICLE ORIGINAL :
     

  • Frédéric BOYER Frédéric BOYER 16 avril 2010 00:13

    Arthur Rimbaud adulte !

    Que ne faut-il pas lire comme insannités. Pourquoi pas mort tant que vous y êtes. Je tiens à vous démentir. Je le croise tous les jours et il est bien vivant.


  • Ronald Thatcher rienafoutiste 16 avril 2010 07:37

    C’est tres emouvant cette photo !
    Un peu comme si on avait des nouvelles d’un ami apres si longtemps...
    Cette sympathie que Rimbaud a toujours reveille en nous m’a toujours etonne, parce que lui ne nous aimait pas particulierement ; je parle des carolomaceriens (les habitants de Charleville-Mezieres). 
    J’attends donc une prochaine hausse des impots locaux de la ville de Charleville-Mezieres, pour pouvoir acquerir cette nouvelle photo qui ira dormir dans le musee dedie au poete.
    Salaud d’poete...
    « J’aurai des membres de fer,
    les climats perdus me taneront,
    je serai oisif et brutal,
    les femmes soignent
    feroces retour de pays chauds... » 


  • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 16 avril 2010 12:01
    PHOTO DE RIMBAUD : JE SUIS L’AUTEUR DE CETTE NOUVELLE MYSTIFICATION
     
    Je constate que certains journalistes sont plus avisés que d’autres. J’ai eu l’heureuse surprise de dénicher un article de Jacques Quentin http://fauxrimbaud.blogspot.com/ qui parle de moi avec grande lucidité... Je trouve fort flatteur qu’un journaliste (de province) un peu plus futé que les autres ait l’audace d’avancer une thèse fort pertinente à propos de cette nouvelle « découverte », à savoir que je serais l’auteur d’une énième farce médiatique à base d’Arthur ... Il faut dire que ce Jacques Quentin connaît bien son gibier : c’est à ma connaissance le seul qui a dénoncé en toutes lettres et sans la moindre ambigüité l’énorme plaisanterie izarrienne au sujet du « Rêve de Bismarck ». C’était en avril 2008. 
     
    Cette fois je n’ai même pas eu besoin d’aller répandre des alarmes sur la toile en expliquant que je suis effectivement l’auteur d’un nouveau coup monté concernant cette photo : ce journaliste provincial à la tête froide s’en est chargé à ma place... C’est dire la profondeur de ses intuitions ! Il est vrai qu’il connaît bien son cher IZARRA, mystificateur obsessionnel à but strictement égocentrique : il ne me fait aucun cadeau quand il s’agit de me disséquer de sa plume tranchante comme la vérité, me sachant sur ce point aussi avare de pincettes à l’égard des exégètes crédules que je m’amuse à faire braire avec mes espiègleries rimbalesques de qualité quasi professionnelle répandues à grande échelle médiatique...
     
    Mes détracteurs apprécieront.
     
    Raphaël Zacharie de IZARRA
     
    =======
     
    ARTICLE ORIGINAL : http://fauxrimbaud.blogspot.com/
     
    Lire aussi « Rimbaud et ses faux embrouillages » : http://fauxrimbaud.blogspot.com/2008/11/rimbaud-et-ses-faux-embrouillages.html

    • Voris 16 avril 2010 12:21

      Vous publiez en-dehors des heures de sortie ou serait-ce une faute momentanée de vigilance de vos infirmiers, pardon de « vos gens » ? smiley


  • issmane issmane 16 avril 2010 13:38

     ?
     
    C’est un mail que j’ai reçu d’un certain A.R. qui prétend être qui vous savez. Je n’en crois pas un mot. Je ne sais pas qui a écrit ce qui suit, peut-être encore un izarraïen canular.
     
    Je transcris le propos, il est cru dans les termes, pire encore (pour du prétendu A.R.) il est journalistique dans le style, mais pire du pire le scandale est ailleurs regardez :

    « @ Tall
    je suis un écorché vif tu dis ? et (je te récite toujours) ’99% des gens - les autres - peuvent être fascinés, admiratifs à la rigueur, mais ne peuvent pas percevoir de l’intérieur le genre de type’ que je suis.

    Plus haut dom parle de mon commerce d’armes et rajoute : ’je sais... cela ne cadre pas trop dans les louanges au saint patron des enragés’

    Depuis quand les enragés ont des saints ou des patrons ?

    ça fait 140 ans que vous me pompez, que vous me raclez le fion, bande d’agenouillés, toute votre poésie vous la faites sous moi, vous êtes mes sphincters mous mon relâchement périnéal l’incarnation de l’incontinence poétique. Vous plantez mon drapeau sur votre pissouillerie ma tombe c’est vos cagoinces.


    Je l’ai lâchée comme une merde la poésie et vous vous nagez dedans
    les images à 2 balles pas besoin de pousser je suis votre activia industriel
     
    ça sort ça sort
     
    18643 poètes rimbaldiens répertoriés rien que pour l’annuaire poétique de la Basse-Indre 2009 

    ça coule ça coule oh les beaux poèmes je suis le papa des génies Michaux Breton Leiris
    je suis La Poésie je l’ai libérée
    vous écrivez tous pareil

    Soan et Michel Drucker m’adorent et Depardieu et Michel Deguy et Brigitte Fontaine et Gainsbourg et Bonnefoy et Prigent et tout le monde vous tous à me sucer

    James Dean ou Davizioso c’est mes avatars XXe et XXIe siècle ! haleine des tests t’as raison ma couille la poésie à caméra et bécane poupout http://www.youtube.com/watch?v=MO-wPZsHhv4&feature=related que c’est beau ces fusées. »

    J’arrête ici le copié-collé la suite est insupportable. A.R. dit en effet qu’un poète ne vit que d’être démoli et pas d’être encensé. Il termine en revenant @ Tall : « Si vous brûlez comme j’ai brûlé détruisez-moi par votre vie-poème arrêtez de vous branler sous mon nom sur mon image ».

    Non... Toucher à la sainte image d’Arthur... Non ce mail est un faux. Rimbaud peut se tuer en Spyder ou limite courir pour Honda ok

    mais avoir Internet ? 

    Izarra c’est encore vous ?




  • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 16 avril 2010 13:44

    Issmane,

    Je suis beaucoup plus distingué que cet avatar...

    Raphaël Zacharie de IZARRA


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