vendredi 19 avril - par Roland Gérard

Rob Hopkins est passé à Montpellier

 

Il est présent, il est détendu, il occupe la scène, il a de l’humour, il fonctionne remarquablement avec son remarquable interprète, pétillant d’idées fraiches Rob Hopkins nous offre plus d’une heure de plaisir. Mais surtout peut-être, il ouvre des fenêtres.

Il sait.

Rob Hopkins sait comme Greta, comme des millions d’entre nous. Il sait au plus profond de lui que nous vivons une période profondément dramatique. Il sait que toutes ces espèces animales et végétales qui disparaissent c’est un peu de nous, oui de nous qui s’en va pour l’éternité. Il a dit citant un intellectuel français dont j’ai perdu le nom, que si nous vivions sur la lune notre imagination serait aussi aride que sa surface. Le foisonnement de notre imagination, nous le devons au foisonnement de la vie, au foisonnement des bêtes et des plantes… une évidence, suffisait de mettre la lumière dessus !

L’imagination

Depuis 2005 avec ce qu’il fait à Totnes, il est pour beaucoup d’entre nous l’homme de la transition, l’homme du local. Nous ressortons de sa conférence reboosté, il a confiance dans « notre créativité, notre imagination et notre courage  ». « Imagination  » c’est le mot de la soirée. C’est son thème de réflexion. Il parle d’une ville pleine de jardin, pleine de nourriture, il nous en montre les images en disant qu’on aura de la place pour faire des jardins quand il n’y aura plus de voiture ! Il nous invite pendant toute la soirée à créer des images, à nous raconter des histoires… faire un récit.

Le jeu

Même s’il ne prononce pas le mot, Rob mise tout sur l’intelligence collective. Il a compris l’importance de l’enfance dans la vie des humains et nous dit, comme s’il savait que l’enfant est vivant en nous à plus de 40, 50 ou 60 ans ou plus encore : « Et si le jeu était au cœur de notre quotidien  ». Il sait que dans le jeu libre les enfants apprennent tout seuls la coopération et le règlement des conflits, choses indispensables pour notre capacité à « faire ensemble » une fois adulte.

Le risque, sa femme

Il dit : « Si vous empêchez les enfants de prendre des risques vous en ferez des adultes qui ne prendrons pas de risque » encore une évidence ! Il ouvre la conférence par cette image de sa femme courageuse, embarquée par la police alors qu’elle occupait un pont lors de la première action d’Extinction rébellion qui en ce moment encore met l’ambiance au cœur de Londres. A Totnes ils font un festival de jeux de rue. « Le jeu constitue l’outil de changement le plus important que nous avons à notre disposition ».

La nature

« Et si l’on se laissait guider par la nature » dit-il. Il parle de l’Hyppocampe que nous avons dans le cerveau où résident la mémoire et l’imagination. C’est une structure qui diminue quand trop anxieux l’on sécrète trop de cortisol. Il nous propose de relever notre « capacité d’attention », il nous rappelle que notre capacité de concentration est en danger. Nous sommes biologie. Laissant s’éloigner de nous la peur et le stress nous pourrions bien retrouver le goût de la vie collectivement et réinventer un récit inspirant pour nous toutes et tous. Du coup avec de la joie dans nos cœurs le taux de cortisol baisserai et notre hyppocampe s’en trouverai bien et notre imagination avec. C’est bien cela qu’il nous suggère.

L’imagination au pouvoir

Il a une confiance extraordinaire et il nous la communique. Pour lui nous allons vivre dans les dix ou vingt années qui viennent comme celles de 68 ou l’imagination n’avait plus de borne. Moment où l’on pouvait parler à n’importe qui. Il nous apprend l’existence d’un « ministère de l’imagination » dans la ville de Mexico et à Bologne d’un « service civique de l’imagination »

Faisons réseau

Nous devions être à peine 300 dans l’amphi de la fac de sciences à Montpellier, il restait pratiquement autant de places vides. Nos réseaux ont encore bien des progrès à faire. C’est la revue Sans transition qui organisait la soirée. Rob arrivait de Marseille, il sera le 19 avril à Charte de Bretagne près de Rennes c’est une tournée française qu’il est en train de vivre, pour notre plus grand bien.

 

 




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