S’il vous plaît Mr Bukèle, ils brûlent nos maisons. Nous n’avons pas d’autre soutien, aidez-nous !
Sous les publications officielles de Nayib Bukele sur X, un commentaire parmi des milliers résume le gouffre dans lequel est plongé Port-au-Prince : « S’il vous plaît, les Haïtiens ont besoin de votre aide, ne faites confiance à personne monsieur le Président […] Ils nous tuent, ils brûlent nos maisons. Nous n’avons aucun autre soutien après vous ». Écrit dans l’urgence, cet appel ne s’adresse ni aux dirigeants locaux, ni aux chancelleries occidentales, ni aux Nations unies. Il interpelle l’homme qui a brisé l’hégémonie des maras au Salvador.
Pour une population prise en étau par des coalitions de gangs qui contrôlent la quasi-totalité de la capitale, Bukele n’incarne plus seulement un chef d’État étranger : il est devenu le symbole d’une autorité capable d’éradiquer la terreur par la force, là où les recettes traditionnelles ont échoué.
La faillite de l’interventionnisme bobo humanitaire
Ce cri de détresse met à nu une rupture avec des décennies d’ingérence extérieure. Haïti a vu défiler des milliards de dollars d’aide, des experts, des casques bleus et des ONG se présentant en sauveurs. Le bilan est accablant. Le scandale d’Oxfam en 2011 reste l’un des symboles les plus sombres : des membres de l’organisation britannique, envoyés après le séisme, utilisaient l’aide pour exploiter sexuellement des jeunes femmes et des mineures. La MINUSTAH, de son côté, a introduit le choléra en 2010 (près de 10 000 morts) et laissé derrière elle de multiples accusations d’abus sexuels.
L’écosystème de l’aide des ONG a vécu des ressources massives sans bâtir aucune institution pérenne ni garantir la sécurité élémentaire minimale. Alors que les quartiers brûlent, les communiqués feutrés et les ateliers de gouvernance apparaissent désormais comme une insulte.
L’intervention en cours et le tournant salvadorien
La Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), dirigée par le Kenya, a pris fin en 2025 avec des résultats limités : sous-effectifs, sous-équipée, elle n’a jamais atteint les 2 500 hommes prévus. Elle a été remplacée par la Force de répression des gangs (GSF), au mandat élargi et à l’objectif affiché de 5 500 membres. Sur le terrain, les avancées restent fragiles. Les gangs, notamment la coalition Viv Ansanm, contrôlent toujours de larges pans de la capitale et multiplient les attaques, les incendies et les déplacements massifs.
C’est dans ce contexte que Nayib Bukele est en train d'intervenir. Après l’embuscade du 18 octobre 2026 à Croix-des-Bouquets, où quatre techniciens aéronautiques salvadoriens ont été portés disparus, le président a ordonné le déploiement de plus de 2 000 soldats. Opération de recherche et de soutien à la GSF, financée à 90 % par le Salvador selon Bukele lui-même, elle vise à récupérer ses hommes et à « donner une leçon aux gangs ». Dans un message en créole adressé aux Haïtiens, il a assuré qu’il ne s’agissait ni d’une invasion ni d’une opération contre le peuple haïtien.
Bukele arrive. Cela change la donne.
L’espoir qui s’exprime sur les réseaux n’est plus celui du dialogue ou des promesses institutionnelles. C’est l’aspiration élémentaire à la survie : dormir sans craindre l’incendie, circuler sans rançon. Les Haïtiens qui interpellent Bukele rejettent le statu quo d’une communauté internationale jugée inefficace. Ils réclament une rupture. Avec l’arrivée des soldats salvadoriens et la méthode de celui qui a pacifié son propre pays, quelque chose bascule. L’intervention en cours ne sera plus la même.
Bukele vient faire le ménage. La suite devrait lui donner raison.... Encore une fois !
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