jeudi 17 juin 2010 - par Michel Koutouzis

Sécu : les prédateurs professeurs de morale

 La Banque Centrale Européenne (BCE) vient d’emprunter à la Fed près de dix milliards de dollars quelle a immédiatement alloué à sept banques européennes. Cela s’ajoute aux 100 milliards que la BCE vient d’allouer à cinq autres banques de la zone euro. Il s’agit, d’après la FED, d’un « refinancement de routine ». Cette information, connue depuis mi-mai au sein des corbeilles européennes, indique un ordre de grandeur à comparer avec les discussions en cours concernant la dette (Grèce, Espagne, Portugal) ou ceux sur les couvertures sociales (France, Italie). Elles remettent aussi à jour les questionnement et autres déclarations sur l’assainissement du secteur bancaire à travers « les fonds propres », c’est à dire la trésorerie. D’autant plus que ces fonds n’ont absolument pas servi à stimuler la consommation ou les investissements industriels, mais à « mouliner » les prêts aux Etats avec les taux que l’on connaît, définis par les agences de cotation.

Une fois encore, et tandis que les Etats tremblent à l’idée de connaître le sort de la Grèce - dont la note vient, une fois de plus d’être réévaluée à la baisse – les banques centrales approvisionnent le « marché » pour en devenir encore pus dépendantes. Nous sommes en présence d’une « économie idéologique » et les discours officiels sur le « pragmatisme », faits en France ou en Allemagne n’y changent rien.

Les jeux en ligne, dont le vote par des procédures d’urgence par le parlement français étaient dictées par un lobby du jeu qui voulait à tout prix profiter du mondial en Afrique du sud, est significatif d’un franc parler qui aujourd’hui ne sent même pas le besoin de donner des justifications de long terme, propre à tout travail législatif. Dans ce cas nous sommes plus devant un phénomène « d’arrangements idéologiques » mais face à une République des copains et des coquins qui avoue sans la moindre honte que l’enrichissement doit se faire ici et maintenant au détriment de ce que l’Etat devra payer dans les années à venir pour faire face à l’explosion de nouvelles addictions. La sécurité sociale s’en chargera. Celle que l’on reforme avec la « responsabilité du long terme », face à l’irresponsabilité des travailleurs qui ne veulent pas sauver leurs caisses de retraite. Prendre des vessies pour des lanternes. Où plutôt, c’est du n’importe quoi. La pensée politique se délite, inventant des impossibilités et des règles à la carte, dans une sorte de « sauve qui peut » où les délits d’initiés et autres noyaux durs d’un autre âge paraissent comme des vulgaires effractions d’un cycliste au code de la route. La mise au pas et la réglementation du système financier criée sous tous les toits - par ceux la même qui était les chantres de la dérégulation - non seulement elle n’aura pas lieu, mais elle s’étend à l’éthique et la morale ayant comme conséquence que les roitelets gérant Levallois - Perret par exemple, multirécidivistes, s’approprient une licence de jeu en ligne, en échange des qualificatifs élogieux qu’ils ont prononcé sur le fils impubère du président. Quand à l’ex ministre du budget et désormais sergent de la sécurité sociale, il donne, via sa femme, des cours d’évasion fiscale aux membres de la plus grande fortune de France. Tout en demandant aux français les plus démunis de faire des efforts supplémentaires pour sauver les clopinettes qu’ils reçoivent en fin de vie.

Suis-je un populiste irresponsable ? Un utopiste sur les nuages ? Je cauchemarde ? Anaxagore nous disait que l’esprit humain mit une fin au chaos. Aujourd’hui il ne sert qu’à le propager.



6 réactions


  • Alpo47 Alpo47 17 juin 2010 11:24

    Il y aurait tellement à dire. Encore et encore ...

    Ce qui est encore un peu « surprenant » c’est qu’on peut avoir l’impression que ces gabegies ou « arrangements » se multiplient de manière exponentielle.
    Notre société est pillée par une classe qui s’apparente en tout à un groupe mafieux. Mais, au dessus de tout cela, il y a les « maitres du système » : les rentiers actionnaires.
    Bien entendu, les décideurs restent les très gros patrimoines, en petit nombre, et qui décident pour les autres. Ils controlent les grandes sociétés, en particulier les banques, imposant d’abord une rentabilité maximale et immédiate. Ce sont eux les créateurs de famine et de misère.

    D’un point de vue psychologique, on peut tout de même se demander : Pourquoi ?
    Pourquoi vouloir « toujours plus » ? Lorsqu’on a déjà plus que très, très ... au delà du nécessaire. A quoi servent des milliards pour un individu, lorsqu’il a déjà tout ? La plupart d’entre nous ne pourront pas comprendre.
    On devrait pouvoir déceler là une pathologie lourde, d’abord totalement narcissique, puis sociopathe qui crée le prédateur social. Or, ces gens sont également supérieurement intelligents et ces problèmes psychologiques deviennent leur force.

    Il semble donc qu’on puisse dire qu’un relativement petit groupe de prédateurs sont au pouvoir et cherchent à conforter celui ci. C’est la cause de la crise actuelle.


    • perlseb 17 juin 2010 22:34

      Le système capitaliste, hautement individualiste, sélectionne et favorise les personnes dépourvues d’empathie.

      Pour faire de bonnes affaires, de très bonnes affaires, il ne faut pas se soucier de son prochain. Quand on est humain et que l’empathie a un sens, on ne s’enrichit pas car on sait que c’est au détriment de quelqu’un : on le sait toujours.

      Donc oui, le système élit de lui-même de grands malades et n’attendons pas de leur part une remise en question puisqu’ils sont en place du fait de leur grande maladie. Seuls les progrès techniques, associés aux gains de productivité procurés, nous ont donné l’illusion que « le système » travaillait pour le plus grand nombre.


  • zelectron zelectron 17 juin 2010 13:12

    dix milliards de $ papier, électroniques, virtuels, de cavalerie, de racket/blanchiement, fantômes, illusoires, en faux billets, ex-nihilo, monnaie de singe, pseudo-assignats ?


  • Daniel Roux Daniel Roux 17 juin 2010 18:37

    Sarkozy et sa fine équipe nous rejouent « Touchez pas au grisbi ». Sauf qu’ils ne sont pas drôles.

    Tout cela commence à puer et l’air devient irrespirable.

    Si ce que qu’écrivent les journalistes pourtant sous contrôle stricte est vrai, entre l’affaire de Karachi et celle de Bettancour, ce n’est que pour le fric, le fric et encore le fric, qu’ils envoient les jeunes à la mort dans des guerres coloniales, qu’ils volent, gouvernent mal, légifèrent de travers, mentent, trichent ; corrompent et se font corrompre, minent la république, détruisent le modèle social, trahissent la démocratie.

    Ne votez plus pour des pourris.


  • Radis Call 18 juin 2010 08:27

    L’argent n’a pas d’odeur . La doxa nous a imprégné du « business est business » et effectivement la morale n’a rien à voir là dedans...

    Peu importe la manière dont on s’enrichit ,en licenciant , en trafiquant,en spéculant ,en monopolisant...

    La loi est « pas vu pas pris », et quand nos psychopathes sont épinglés par la justice , ce qui est de plus en plus rare , ils s’en tirent très bien , en dehors de quelques lampistes...

    D’autant que cette justice est de plus en plus désarmée par ceux qui profitent du système...les condamnations sont ridicules , les procédures prennent des années , les délits d’ ABS sont minorés, les délais de prescription ont été très diminués et les avocats travaillent essentiellement sur les erreurs de procédures...

    Et notre bon président va se rendre à Londres pour rendre hommage à De Gaulle , un des symboles de la résistance...

    Cette équipe passe son temps à tout détruire et pervertir les valeurs les plus profondes de notre société...

    On devine pourtant de quel côté Sarko se serait engagé en 40...

    Plutôt du côté des industriels qui ont collaboré et ont été condamnés à la libération, non ?


Réagir



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/