Origine oblige, je voudrais vous inciter à découvrir une facette du Mineur de fond. Prenez le temps de lire ce petit article sans prétention.
Après Germinal de Zola et les roses noires d’A.B.Daniel, c’est dans le chef d’œuvre d’A.J. Cronin que je souhaite vous plonger.
David, le héros de ce livre, n’est au départ qu’un simple ouvrier mineur, travaillant pour un patron, Richard Barras. Au Royaume-Unis, les houillères ne seront nationalisées qu’en janvier 1947. (1)
Après une grève de trois mois, les mineurs vont reprendre le travail. Sans avoir obtenu gain de cause sur la sécurité, ni sur les salaires. La famine poussant toujours à accepter les taches les plus cruelles. Robert Fenwick, le père de David, un ancien prévoyait une future catastrophe.
Naturellement, le drame prévisible, arrivera. L’auteur vous décrira avec sobriété, l’agonie et la mort de ces hommes. David perdra son père et un frère. Mais au moment du drame, il avait quitté la mine pour faire des études.
Plus tard, il se lancera dans la politique pour obtenir de l’amélioration dans la vie des mineurs.
Chez nous, les concessions des mines de charbon, datent de 1601. (2)
Mais la politique des puissants, n’a que faire du peuple. Devant le parlement, il tiendra ces propos : « ...Comment, au non du ciel, c’est gens-là peuvent-ils vivre ? La réponse, c’est qu’ils ne vivent pas…ils existent ! » En vain. Il n’entamera pas la carapace d’acier des coffres-forts.
Après avoir perdu son fils, il perdra son épouse. Mais, le coup de grâce viendra qu’il sera battu aux élections. La conscience et le cœur ne gagne jamais face à l’argent !
Je vais être mauvais dans ma présentation en vous révélant la fin du livre. Car cette fin est une ode au courage.
David ayant tout perdu, trouvera le courage de revenir travailler dans les mines. Car on peut vivre de son travail, en gardant une étoile dans le cœur.
Prenez une soirée pour découvrir ce livre, et posez-vous la question. Et nous, avons-nous encore notre conscience, sous le regard des étoiles….
(1) En France, c’est le 17 Mai 1946 que l’Etat nationalise les Houillères de France.
(2) C’est le bon roi Henri IV crée en 1601 la « Grande maîtrise des mines et minières de France » qui est dorénavant seule habilitée à accorder l’autorisation d’ouvertures de mines dans le royaume.
Bonjour Papybom Merci pour cette invitation à la lecture On ne lit plus beaucoup Cronin aujourd’hui Il me semble que la condition des mineurs anglais a été plus terrible que celle des mineurs français(à la « belle époque » où on ne vivait pas, « on existait ») non ? Les années de production à outrance après guerre n’ont pas été drôles non plus, malgré la nationalisation Un petit tour par là, pour un pélérinage et des informations Un ch’ti lorrain...
Bonsoir Zen, en effet on ne lis plus bcp Cronin. Je pense avoir lu le livre .
oui, les ouvriers se déplaçaient de Belgique, en Lorraine, et dans le Nord ,etc...(et inversement) vers les centres industriels, leurs compétences , acquises dans les différentes régions industrielles, leur permettaient de monayer leur savoir-faire. C’est l’époque du carnet d’ouvrier qui avait deux buts : le contrôle social et aussi comme une sorte de cv professionnel. C’est plus tard que sont nées les habitations construites par l’usine, lorsque les entrepreneurs industriels ont voulus éviter la mobilité des ouvriers et l’offre concurentielle de main-d’oeuvre. (la mobilité des travailleurs était un reliquat du compagnonnage). C’est aussi la naissance du paternalisme patronal.
tiens, c’est amusant vient de trouver un extrait de texte de Flaubert...
Si rien ne change, d’ici à quelques années, il se formera entre les intelligences libérales un compagnonnage plus étroit que celui de toutes les sociétés clandestines. À l’écart de la foule, un mysticisme nouveau grandira. Flaubert, Correspondance, 1853, p. 349.
cela ressemble un peu à notre époque cette citation de Gustave.
Bonjour Papybom J’ai lu ce livre il y a très longtemps. J’ai lu plusieurs livres de cet auteur et tout recemment au cours d’une exposition faite par Amnesty Internationale, qui vendait des vieux bouquins à 1e pièce, je m’en suis offerte deux qui avaient bien vécu. Le souvenir poignant que j’ ai de l’histoire, est qu’à la fin la maman du héros prépare le briquet de son fils diplômé battu aux élections et qui n’a d’autres ressources que de retouner au fonds. le retour aux sources dans toute sa terrible destinée.
Faire carrière en politique, cela implique des compromis pour garder son siège. Un David ne sera jamais un Bernard Thibault. « Compromis ne veut pas dire compromission » En cas de défaite, retournera-t-il travailler à la SNCF ?
Il risquerait, dans ce cas, de ressortir rapidement du Who’s Who. (Cuvée 2010).
Un autre Cronin que j’aime bien : Les clés du royaume. Dans ce livre, j’ai trouvé un curé sympathique. Comme quoi, tous arrive.
Je ne comprends pas pourquoi, mais mon commentaire posté en début d’après-midi a disparu.
J’y disais combien ce livre avait marqué mon adolescence, et le regard que je posais sur les mineurs de Cronin ou ceux de Zola qui, lampe au front et rivelaine en main, me paraissaient être tout à la fois des esclaves et des aristocrates de la condition ouvrière.
Peu après cette lecture, la très jeune Irlandaise Bernadette Devlin était devenue députée au Parlement britannique, portée là par les voix ouvrières. J’en avais été enthousiasmé...
L’affiche me pousse aux souvenirs visuels. Quand j’étais gamin , j’allais dans le Hainaut belge, chez mon grand père.
Dans bien des familles, trônaient sur la cheminée la fameuse lampe de mineur, à côté d’un buste de Beethoven. Dans la bibliothèque, les oeuvres complètes de Hugo, quelques Zola, l’histoire de France et surtout l’épopée napoléonienne, enfin les livres concernant l’histoire de sa jeunesse, la Grande-Guerre. C’était le Borinage et les mines pas loin de la frontière.
Mon grand-père aimait l’opéra, surtout l’opérette et dans bien des familles on était modeste mais curieux de tout et cultivé.
Au carnaval, défilaient aussi les figurants habillé à l’ancienne, avec la blouse bleue, le foulard rouge à poix noué autour du coup. La casquette crânement vissé sur la tête, la moustache ébouriffée et la fameuse lampe à la main.
Mais ce qui me fascinait, c’était le casque du mineur, en cuir bouilli.....
Tous ces hommes là avec les métallurgistes ont crée le mouvement social.
Merci papy (mais tu dois avoir mon age 54....) mais
David ayant tout perdu, trouvera le courage de revenir travailler dans les mines. Car on peut vivre de son travail, en gardant une étoile dans le cœur. je suis d’accord à 100000% écrivez encore sur la fosse svp merci à vous De plus d’après vous existe t’il des résérves cachées ?