mardi 21 avril - par Dr. salem alketbi

Stratégies de sortie de crise

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Sans vaccin ni traitement contre l’épidémie mondiale de coronavirus (COVID-19), la fermeture prolongée dans plusieurs pays risque de multiplier les dommages économiques, sociaux et même psychologiques. Beaucoup de pays cherchent activement des stratégies de sortie de cette situation. Ils repensent la politique de fermeture totale face à une menace qui peut durer des mois ou plus longtemps encore.

Selon un recensement effectué par l’université Johns Hopkins, les États-Unis ont dépassé le cap de 700 mille infections virales. La situation sanitaire de ce pays, le plus touché au monde, s’est détériorée depuis fin mars. Pourtant, l’administration Trump a annoncé sa volonté de reprendre rapidement sa campagne présidentielle, interrompue par la propagation du nouveau coronavirus.

Les rassemblements sont «  formidables pour le pays  » et «  j’espère que nous allons avoir des rassemblements,  » a déclaré le président lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche. Dans de telles circonstances, où des pans entiers de l’économie américaine ont été perturbés, le président Trump craint surtout d’être victime de la crise, sa popularité ayant chuté selon les récents sondages.

Il a donc élaboré son plan de «  réouverture de l’Amérique  » en trois étapes, en fonction de la gravité de l’épidémie du COVID-19 dans chaque État. Il a même qualifié cette décision de position «  libératrice  » pour quelques Etats américains contrôlés par les Démocrates. «  Libérez le Minnesota,  » «  Libérez le Michigan  » et «  Libérez la Virginie,  » a twitté Trump.

Les stratégies pour sortir de la crise sont loin d’être une affaire seulement américaine. En Europe, les autorités allemandes ont déclaré que l’épidémie est sous contrôle après un mois de restrictions sur la vie sociale. Au Danemark, ils ont commencé à lever les mesures de quarantaine à domicile et ont progressivement rouvert les écoles selon un calendrier précis.

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L’Autriche et l’Italie ont annoncé leur intention de rouvrir certains magasins non essentiels. Une levée prudente et progressive de la quarantine en Suisse a été annoncée à partir du 27 avril.

Des mesures de réouverture graduelle ont été prises par l’Espagne et l’Italie, les deux pays les plus touchés en Europe par cette flambée épidémique. Il en va de même pour la France, où 17 000 personnes sont mortes du virus. Le pays prépare son plan de levée échelonnée des mesures d’isolement à partir du 11 mai.

La menace sanitaire qui subsiste pose désormais une double contrainte : d’une part, réduire le risque sanitaire et, d’autre part, remédier à d’autres dommages, tels que l’effondrement économique ou se voir affecté à un degré qui limite sa capacité à reprendre une croissance dans un avenir prévisible et la pauvreté croissante qui risque de déboucher sur des troubles sociétaux.

La quête d’une stratégie de sortie a conduit des constructeurs automobiles allemands à redémarrer certaines de leurs usines, suspendues depuis quatre semaines sous le coup de la pandémie du coronavirus. Ces entreprises cherchent à vivoter sous la menace, à adapter l’environnement de travail aux nouvelles réalités et à maintenir le distancement social.

Aux États-Unis, comme dans certains pays européens, la stratégie de sortie passe par une réouverture prudente des économies et une approche progressive et réactive, de manière à ne pas fermer trop longtemps l’économie, ce qui risquerait d’infliger de lourdes pertes aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers.

Le président américain a mis en garde contre une forte augmentation des problèmes de drogue, d’alcool, de maladies cardiaques et autres problèmes physiques et de santé. Cette polémique a été abordée par le sénateur américain républicain Terry Hollingsworth. Pour lui, laisser plus d’Américains mourir du coronavirus, c’est moins dommageable que les pertes économiques dues aux mesures du confinement.

Parlant de l’économie américaine qui sera bientôt rouverte, il a déclaré : «  Ce n’est pas un mal nul, mais c’est le moindre de ces deux maux.  » «  Nous allons devoir regarder les Américains dans les yeux et leur dire nous prenons les meilleures décisions pour le plus grand nombre d’Américains possible.  » «  Ce qui est requis, sans doute et sans équivoque, c’est que nous remettions les Américains au travail.  »

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En toute objectivité, le choix d’une stratégie de sortie de crise n’est qu’une question de temps, étant donné les effets croissants de la pandémie sur les économies et les gens, mais aussi l’absence d’un horizon clair quant à quand la pandémie prendra fin.

Cependant, la crise a éclaté dans l’ensemble des pays du monde sans aucun accord de coopération ni mesure de coordination, alors que le chaos et les actions unilatérales ont jusqu’à présent pris le dessus sur la gestion de la crise. Dans l’optique de sortir de ce chaos, on doit impérativement inscrire les stratégies de sortie de crise dans le cadre d’une coopération internationale permettant l’échange d’expériences et d’informations en toute transparence.

Si les mesures de crise son arrêtées dans certains pays et maintenues dans d’autres, cela ne veut pas dire que la crise mondiale est réellement derrière nous. L’impact économique se prolonge. Encore pire, l’épidémie peut se propager à nouveau.

Donc, sans coordination inter-étatique, les solutions nationales ne suffiront pas à venir à bout du dilemme actuel. L’OMS doit également contribuer plus efficacement à aider les pays à coopérer et à partager les informations et les compétences. L’organisation doit formuler des recommandations afin d’essayer d’élaborer une stratégie mondiale unifiée pour sortir de la crise.

Même si les conditions, les contextes et les cultures diffèrent, tout comme les répercussions et les pertes humaines et économiques, nous sommes capables d’élaborer une stratégie scientifique basée sur des mesures opérationnelles applicables dans chaque société en fonction de ses spécificités.



6 réactions


  • sls0 sls0 21 avril 19:24

    Chaque fois que j’ai envie de lire une connerie, je vais voir les dernières déclarations de Trump. Comme référence il y a mieux. Quoi que en faisant du 1/x avec lui statistiquement parlant on doit être dans le probable.

    Une simple spéculation sur les céréales fait 20 millions de morts, pour l’instant le covid 19 c’est 115 fois moins.

    Les pays ayant le plus haut taux de mortalité sont les pays où les spéculateurs mettent leur grain de sel dans la gestion du système de santé.

    Pour moi la morbidité du covid 19 est bien moindre que celle des spéculateurs.


    • Cadoudal 21 avril 19:28

      @sls0

      Belgique : 11,43 millions - 5998 morts - taux de mortalité 0,0524%
      Espagne : 46,94 millions - 21282 morts - taux de mortalité 0,0453%
      Italie : 60,36 millions - 24114 morts - taux de mortalité 0,0399%
      France : 66,99 millions - 20294 morts - taux de mortalité 0,0302%

      Etats-Unis : 328,20 millions - 42458 morts - taux de mortalité 0,0129%


    • sls0 sls0 22 avril 20:44

      @Cadoudal
      Il faut mettre de quoi se repérer.
      En Chine le taux de mortalité est de 7,11‰ par an.
      En France plus vieille 9,2‰.


  • François Vesin François Vesin 22 avril 00:22

    « L’OMS doit également contribuer plus efficacement à aider les pays à coopérer et à partager les informations et les compétences. »

    .

    Après avoir « informatisé » la planète

    Bill Gates veut maintenant la vacciner.

    L’OMS est devenu son nouvel outil

    une « fenêtre » supplémentaire pour

    garantir ses profits...un nouveau nazi !


  • caillou14 rita 22 avril 08:50

    Il n’y a pas de stratégies, juste des espérances des pouvoirs de voir les gens se remettre au boulot !


  • Julot_Fr 22 avril 10:29

    Toute cette histoire n’etant qu’une conspiration destinee a opprimer les peuples notamment en leur refilant des vaccins dangereux, effectivement, seule une sortie de crise coordonnee leur permettra d’avoir moins l’air bete.


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