mardi 13 octobre 2015 - par Michel J. Cuny

Thomas Piketty et Karl Marx

L'Introduction rédigée par Thomas Piketty pour son ouvrage Le capital au XXIème siècle débute ainsi :

« La répartition des richesses est l'une des questions les plus vives et les plus débattues aujourd'hui. » (page 15)

En tant qu'il est désormais le principal spécialiste de l'évolution des hauts revenus en France au XXème siècle - selon le titre d'un précédent livre dans lequel il a accumulé une somme considérable de documents tout en réalisant un très intéressant travail d'analyse -, et qu'il a replacé ce problème dans le contexte plus large de l'évolution du revenu moyen des foyers, Thomas Piketty est directement dans son élément dès qu'il s'agit d'analyser la répartition des richesses.

Le capitalisme est-il lui-même une affaire de répartition ? Certainement pas. Ou, tout au moins, pas chez Karl Marx. Mais que vient donc faire ici ce dernier personnage ?

C'est Thomas Piketty qui l'introduit dès la troisième phrase :
« La dynamique de l'accumulation du capital privé conduit-elle inévitablement à une concentration toujours plus forte de la richesse et du pouvoir entre quelques mains, comme l'a cru Marx au XIXème siècle ? » (page 15)

L'enchaînement rapproché de ces deux phrases paraît nous indiquer qu'il y aurait un lien direct entre la répartition des richesses et l'accumulation du capital privé. Peut-être même s'agirait-il d'un rapport entre des personnes : ici les travailleurs, et là les détenteurs du capital, les uns et les autres s'opposant sur le problème de la répartition des richesses.

Une question, tout de suite : d'où vient qu'il y ait des richesses, et des richesses à répartir ? D'une manne quelconque ? Qu'on se distribue ensuite ?

Peut-être pas. Peut-être faut-il tout d'abord avoir mis en œuvre une production, obtenir que quelque chose soit produit : c'est plus sûr.

Voilà tout simplement ce sur quoi Karl Marx a pris la peine de se pencher avec la plus grande attention. Ce qu'il n'a d'ailleurs pas été le premier à faire. Mais chez lui, cette préoccupation est toujours restée dominante pour cette simple raison que, selon lui, rien ne peut s'analyser en économie sans tout faire aller à partir de la production. Qui produit ? Quoi ? Comment ? Pour qui ? À quel prix pour sa santé ? Pour son temps de vie ?... C'est alors qu'on a la surprise de constater à quel point tout le reste vient se ranger à la suite... Quant à la répartition, avant d'avoir la moindre tournure "économique", c'est d'abord le fait de la force (bête et brutale, du point de vue de toute économie) : le pouvoir politique, tel qu'il émane de l'exercice de la souveraineté (quel que soit son système de fondation) à l'intérieur de la cité, ou, plus généralement, des collectivités humaines.



7 réactions


  • Clark Kent M de Sourcessure 13 octobre 2015 12:44

    Il manque un élément dans tout ça : la propriété privée des moyens de production et son maintien par l’appareil d’état, juridique, policier et militaire !


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 13 octobre 2015 13:12

    Pour une répartition équitable des richesses produites...

    Le Projet Socio-Économique ci-dessous bénéficie de
    l’accord intellectuel et du soutien moral de
    Jacques SAPIR,
    Économiste.

    Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel financées ​par l’Épargne.

    INTRODUCTION :

    Depuis la fin des Trente Glorieuses, vers 1975, soit depuis 39 ans, nous avons dû nous accommoder du chômage massif.
    Il serait peut-être enfin temps de remettre en question notre paradigme sur le « Plein-Emploi » qui est devenu une sorte d’Arlésienne...
    Sans doute faut-il adopter un nouveau paradigme en la matière qui éradiquerait définitivement le concept même de chômage.

    ¿ Et si la majorité des Français(es) adoptait un paradigme SOCIO-ÉCONOMIQUE réellement innovant et véritablement progressiste ?

    Cependant, au
    Revenu de Base financé par la Fiscalité, sans Refondation du Capitalisme
    on peut préférer le
    Dividende Universel financé par l’Épargne, avec Refondation du Capitalisme

    ​​Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel financées ​par l’Épargne.

    Lire le lien, SVP :

    Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel ​financées ​par l’Épargne.
    http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/40/47/56/Refondation_du_Capitalisme_et_Dividende_Uni versel_Sincerite.pdf

    Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel financées ​par l’Épargne.

    RÉSUMÉ :

    Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

    Ce projet de « Refondation du Capitalisme et de création d’un Dividende Universel » se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

    Objectif Principal :
    Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique
    Par un effort préalable d’épargne soutenu, les « démunis » (par opposition aux « nantis ») acquerront collectivement des actions du capital des entreprises du secteur marchand, banques incluses.
    Cette participation au capital pourra être minoritaire (minorité de blocage) ou majoritaire.

    Objectifs Spécifiques :
    I)
    Transformer le « capitalisme ordinaire » en un véritable Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
    Les représentants des « démunis », démocratiquement élus, géreront ce patrimoine financier de manière à infléchir Recherche, Développement, Production & Commercialisation des entreprises contrôlées : Refondation du Capitalisme.
    II)
    Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage ainsi que celui de la « lutte des classes ».
    II.1)
    À terme, les profits des entreprises sous contrôle des « démunis » seront partiellement distribués à l’ensemble des « démunis » sous forme de Dividende Universel.
    II.2)
    a) Ceux qui le souhaiteraient pourraient s’arrêter de travailler et se satisfaire du Dividende Universel.
    b) Ceux qui souhaiteraient gagner plus que le seul Dividende Universel pourraient travailler dans l’économie marchande et, éventuellement, y gagner des rémunérations faramineuses sans plus jamais être accusés d’exploiter qui que ce soit.
    II.3)
    Si plus personne ne souhaitait travailler dans l’économie marchande, celle-ci s’effondrerait totalement et, avec elle, le patrimoine accumulé des « démunis » deviendrait stérile et interdirait le bénéfice du Dividende Universel (Auto-régulation automatique : Activité économique / Dividende Universel).

    ​On n’ose imaginer que l’Humanité serait si stupide pour se lancer dans cette dernière voie suicidaire ! ! !​

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    L’addendum ci-dessous apporte la preuve, a contrario, de la pertinence du projet ci-dessus.

    ​Addendum :
    À partir de 1989, la Russie aurait pu mettre en œuvre le projet ci-dessus en s’évitant la phase d’épargne incluse dans cette proposition puisque tout le « capital social » des entreprises était depuis longtemps la possession de l’État et, donc, du peuple russe.

    Lire le lien, SVP :
    Pauvre peuple russe : Spolié en 1917 et en 1991 !
    http://www.sincerites.org/2014/08/pauvre-peuple-russe-spolie-en-1917-et-en-1991.html

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    ​Post-scriptum :​​
    ​Fondation Capitaliste Virtuelle : Bilan 2001 - 2014

    ​http://www.sincerites.org/2015/02/fondation-capitaliste-virtuelle-bilan-2001-2014.html​

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    La chance de Cuba : son Économie d’État !
    http://www.sincerites.org/2015/05/la-chance-de-cuba-son-economie-d-etat.html


    • Clark Kent M de Sourcessure 13 octobre 2015 13:24

      @Jean-Pierre Llabrés

      « On n’ose imaginer que l’Humanité serait si stupide pour se lancer dans cette dernière voie suicidaire ! ! !​ »

      L’Humanité avec un « H » majuscule est un journal dont on peut effectivement penser qu’il ne se lancera pas dans cette voie...

      même pas du tout !

      En ce qui concerne l’humanité avec un « h » minuscule, elle s’est déjà aventurée dans des voies improbables, comme sur l’île de Pâques ou en Allemagne en 1934.

    • leypanou 13 octobre 2015 14:31

      @Jean-Pierre Llabrés
      On en est à combien de propagandes Parti Capitaliste Français (PCF) là ? 1000, 500, ?


  • Claude Courty Claudec 13 octobre 2015 16:18

    @ l’auteur et à Piketty :


    « ... Qui produit ? Quoi ? Comment ? Pour qui ? À quel prix pour sa santé ? Pour son temps de vie ?... C’est alors qu’on a la surprise de constater à quel point tout le reste vient se ranger à la suite... »

    En troquant « qui produit ? » pour « qui consomme ? » ou ... "qui finance ?, vous éprouveriez la même surprise à constater à quel point tout s’enchaîne.

  • Spartacus Lequidam Spartacus 13 octobre 2015 20:47

    Piketty la référence guignoleste et ubuesque des gauchistes......

    Et son livre comique de statistiques inventées pour coller a ses conclusion ubuesques....


    Ce guignol qui explique le scandale que le riche est nuisible par nature, ce con de Piketty site Caledon Hockley comme référence de vil capitaliste.

  • toubab 15 octobre 2015 00:15

     K.MARX a extrait l’atome à partir duquel se compose la création du Capital :

     La Plus Value . Celle ci s’extrait dans la Production même des biens manufacturés. A ce stade on n’est ni dans des échanges mercantiles , ni dans ’une répartition des richesses, il s’agit du Profit. Suivra la baisse tendancielle de son taux........la fétichisation de la monnaie......

     Sur cette lecture résumée de mémoire, le lecteur peut la commenter.

     Le Piketty me semble être un bateleur de foire qui vend une recette pour assaisonner l’exploitation de l’homme par l’homme au XXIè siècle c’est à dire à l’ère du Capital financier.

     

     


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