lundi 27 mai 2013 - par hommelibre

Tous discriminés, tous exclus ?

Il y a une semaine c’était au tour des Vegan de défiler dans les rues de Genève pour dénoncer la discrimination dont ils seraient l’objet. La posture victimaire semble encore une fois être le dénominateur commun à tous les mouvements revendicatifs. A croire que nous ne sommes plus qu’une société de victimes qui ne savent que se plaindre, trouver des fautifs et chercher la protection de l’Etat-parent.

L’élevage industriel perturbe le climat

Les Végan, végétariens et végétaliens, on fait leur « pride » il y a une semaine. Leur mode de vie exclut la viande et, selon la tendance, toute alimentation d’origine animale. Ce choix tient sur trois raisons principales : les risques de l’excès de viande sur la santé, le coût écologique élevé de l’élevage par rapport à l’agriculture, et le refus de l’exploitation des animaux au profit des humains.

Le premier point, soit l’impact de l’alimentation et de l’excès de viande sur la santé, est de plus en plus documenté mais encore controversé médicalement. Le deuxième point est un constat. L’alimentation animale utilise beaucoup de ressources naturelles et 30% des terres émergées. La surface de terre qui permet de nourrir un humain avec de la viande permettrait d’en nourrir 6 à 7 fois plus en moyenne avec des céréales. L’élevage industriel consomme beaucoup d’eau, de céréales et participe à la pollution de l’air (méthane) et des nappes phréatiques. La mise en culture et en pâtures de terres forestières pour l’élevage réduit la surface mondiale de forêts. Or la déforestation a une conséquence directe et forte sur le réchauffement climatique, entre autres par la moindre absorption du CO2, gaz à effet de serre qui se retrouve dans l’atmosphère plutôt que d’être piégé dans la végétation arboricole. La consommation exponentielle de viande contribue donc à une modification climatique importante et rapide.


Les animaux, esclaves moderne ?

Esclaves ? Pire. Les esclaves n’étaient pas élevés pour servir de plat de résistance. Les animaux le sont. L’usage ancestral légitimerait-il l’exploitation et la consommation des animaux ? Quelle est la valeur de la vie animale - donc de la nôtre puisque nous sommes des mammifères, et que seule notre habileté nous donne une supériorité dominatrice sur les animaux ? Tous les règnes animaux sont-ils équivalents ?

La consommation de produits animaux implique plusieurs questions. Le pragmatisme faitvegan,discrimination,exclusion,combat,lutte,mariage gay,libération,conformisme,stigmatisation, utiliser tout ce qui est à disposition, pourvu que nous soyons capables de l’obtenir. Toute discrimination dans nos choix est en partie conséquence une idéologie. En ce sens le végétarisme est une idéologie puisqu’il implique un choix intellectuel argumenté et en partie philosophique, une différenciation de valeur, et un renoncement volontaire qui est une forme de contrainte. Il n’y a pas d’idéologie sans renoncement et contrainte.

L’alimentation à base de produits animaux ne va donc pas forcément de soi et le fait qu’elle soit chose courante est due à l’habitude et non à une réflexion. Mais c’est ainsi : la réflexion vient en général après l’action, du moins en ce qui concerne les modes de vie. On fait, on agit, avant de constater les conséquences bonnes ou mauvaises de l’action et de réfléchir à la manière ou au pourquoi l’on fait.


Discriminés, vraiment ?

« Les gays sont mieux traités que les gens qui ne mangent pas de produits d’origine animale ! Jamais un médecin ne dirait à un homo d’arrêter d’être homo. Par contre, beaucoup ne cessent de nous dire de manger de la viande ! »

Cette affirmation est excessive. La discrimination est une notion précise : elle se manifeste par des empêchements, contraintes et interdit légaux, professionnels, concrets, appliqués de manière systémique contre une catégorie de population et qui ne semblent pas justifié par des raisons techniques. Or les personnes végétariennes ne sont pas empêchés de l’être. Elles trouvent tous les produits dont elles ont besoin dans le commerce, des livres, des forums, des congrès pour échanger.

Ces personnes sont-elles l’objet d’une hostilité sociétale particulière ? Il dérangent et questionnent, mais il n’y a pas d’empêchement systémique. Le fait que les non-végétariens les critiquent est-elle une discrimination ? Certainement pas. La critique, ou même l’incompréhension et les conseils, justifiés ou non, font partie de la communication à l’intérieur d’un groupe. La différence questionne. C’est ainsi dans tous les domaines. Si elle ne questionnait cela signifierait que nous sommes en désintérêt des autres. Ce questionnement demande du temps avant de trouver une réponse grâce à laquelle les gens et les choses trouvent une place. Il n’y a pas de changement sociétal sans questionnement.


vegan,discrimination,exclusion,combat,lutte,mariage gay,libération,conformisme,stigmatisation,Une société de victimes ?

Aujourd’hui c’est la confusion des notions : la simple critique est présentée comme une discrimination et une exclusion. Invoquer la discrimination à toute occasion comme un réflexe enlève le crédit de ce terme et exprime une volonté d'étouffer les débats à l'avance. La société devient trop fragile, trop victimaire, elle ne sait plus se confronter à elle-même intellectuellement. Non les Végan ne sont pas des victimes, non ils ne sont pas discriminés. La posture victimaire est à la mode et doit rapporter des statuts privilégiés ? Cela conduit à un morcellement, une fragmentation de la société, une « somme des victimes » formant un monde de lamentation et de revendication où le moindre désaccord est stigmatisé. Cela tue tout débat intellectuel. La grande soupe victimaire est de plus en plus indigeste.

Je lis sur Libération, à propos de la manifestation contre le mariage gay d’hier à Paris : « La réac-pride se dégonfle ». Réac-pride : pourquoi cette stigmatisation ? Le droit au désaccord et à l’expression de ce désaccord n’est donc plus intellectuellement légitime ? Qui sont ces intellos qui veulent tuer les débats en excluant les positions différentes par la stigmatisation et l’amalgame ? Le conformisme actuel nie la différence. La société devient de plus en plus étouffante et le politiquement correct va tôt ou tard générer une révolte de l’esprit.

Nous sommes tous l’autre de quelqu’un, le différent, l’étranger. Nous devons l’assumer, faire agréer notre réalité. Nous n’avons pas de place de fait, à part le droit de vivre. Pour le reste tout se gagne. Toutes les sociétés jusqu’à la nôtre avaient des exigences à l’égard des individus qui la composent. Aujourd’hui les individus n’auraient plus que des droits à l’égard de la société-parent ?

A éviter les vrais combats on devient incapable de valoriser notre existence. Le réel nous rattrapera. Par ailleurs nous sommes tous potentiellement exclus de quelque chose ou par quelqu'un. C'est une question profondément humaine avant que d'être politique ou idéologique. Et s'il y a des victimisation à but politique dont la méthode est discutable, il y a malheureusement de vraies victimes qui n'ont pas eu la chance de pouvoir débattre ou exister :

 

(Extrait de l'album Doa)

 



37 réactions


  • foufouille foufouille 27 mai 2013 17:56

    ils sont pitoyable en suisse, les vegetal-aryens


  • foufouille foufouille 27 mai 2013 18:32

    "il précise : « Si je croise un végétarien, je ne lui mets pas mon poing dans la figure, loin de là. Par contre, certains ne se gênent pas pour casser nos vitrines. »

    ca va loin chez toi


  • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 27 mai 2013 19:30

    Je suis végétarien et je ne suis victime de rien, et je ne fais partie d’aucune communauté alimentaire. Les victimes sont les animaux et aussi les gens qui mangent sans conscience, qui n’ont pas pris le temps de réfléchir à leur alimentation et qui se contentent de reproduire des habitudes familiales, en plus en les défendant comme si c’était des choix personnels alors qu’il s’agit d’automatismes. Si quelqu’un choisit de manger de la viande en conscience, il le fera généralement en se souciant de la santé et du bien-être de l’animal. Pour moi, c’est plus simple de m’en passer. Il n’y a pas de solution personnelle parfaite dans un monde globalement imparfait, mais on peut être sincère et agir le plus conformément à sa conscience, à chacun de voir ce qui est possible à son niveau. 


     

    • hommelibre hommelibre 27 mai 2013 19:55

      @ Gaspard, vous ne vous posez pas en victime, en effet, mais la citation dans mon article, qui vient d’un végé de Suisse, parle elle de discrimination. J’ai aussi entendu la doléance qu’il n’y ait pas de plat végé dans tous les restos. Mais c’est non recevable : chaque resto a ses spécialités, et l’on peut choisir le resto où il y a ce que l’on cherche.


    • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 27 mai 2013 20:28

      Oui, je comprends bien que c’est la posture victimiste que vous visez. Elle m’agace aussi (et pas que pour la nourriture !)


      Bon, c’est vrai que ça peut parfois m’énerver sur le coup qu’un cuisinier professionnel n’ait aucune imagination disponible pour arriver à servir quelque chose de végétarien ou de végétalien à son client, même quand celui-ci ne réclame pas des miracles gastronomiques mais seulement de quoi manger (un plat de patates sautées avec des oignons, des champignons, des poivrons, quelques olives et une salade verte, c’est pas l’Everest à gravir). Et aussi, très pénible, le regard effaré et paniqué du serveur inculte quand on lui annonce qu’on ne mange pas de viande (quand il ne nous demande pas si on veut de la charcuterie à la place !  smiley). Mais il suffit de ne plus remettre les pieds dans un tel endroit. 

    • foufouille foufouille 27 mai 2013 20:36

      "Bon, c’est vrai que ça peut parfois m’énerver sur le coup qu’un cuisinier professionnel n’ait aucune imagination disponible pour arriver à servir quelque chose de végétarien ou de végétalien à son client, même quand celui-ci ne réclame pas des miracles gastronomiques mais seulement de quoi manger"

      soit il a rien en cuisine, soit il ne sait pas cuisiner
      jamais vu un resto sans salade


    • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 27 mai 2013 21:31

      Une fois il a presque fallu que je lui explique comment faire une omelette (il n’avait peut-être que des oeufs en poudre ?!)


    • hommelibre hommelibre 27 mai 2013 21:45

       smiley smiley


    • foufouille foufouille 27 mai 2013 22:44

      putain c’est du cuistot !!!!
      une omelette ?
      merde, faut changer de region !!!!!!!
       


    • Nomade 28 mai 2013 16:31

      Gaspard, je ne sais pas dans quel bistrot vous allez !

      Je suis cuisinier depuis plus de trente ans et capable de composer un menu gastronomique entièrement végétarien comme nombre de mes collègues.
      J’ai fait mon apprentissage en Suisse en 1975 et déjà l’on proposait des plats végétariens.
      Il paraît que la moitié des établissements en France ne proposent plus que des plats « préparés » par l’industrie agro-alimentaire. Ce qui n’est pas le cas en Suisse.
      Ceci explique peut-être cela....


    • alinea Alinea 28 mai 2013 21:19

      non hommelibre, parce que l’on va souvent au resto avec des copains ;ce n’est pas parce qu’on ne mange pas de viande que nos copains ne mangent pas de viande !  smiley
      Ici, chaque resto, ou presque, a son « assiette végétarienne » ; quelque fois si bonne que les non végétariens la choisissent !


  • Al West 27 mai 2013 19:42

    "Le fait que les non-végétariens les critiquent est-elle une discrimination ? Certainement pas. La critique, ou même l’incompréhension et les conseils, justifiés ou non, font partie de la communication à l’intérieur d’un groupe. La différence questionne."

    Essayez d’appliquer cet argument aux homosexuels qu’on se marre.


  • volt volt 27 mai 2013 20:18

    salut hommelibre.


  • Outsider Outsider 28 mai 2013 10:17

    Bonjour

    C’est vrai que ca devient insupportable cette surenchère de « victimes ».
    Tout comme Gaspard Delanuit, je trouve que les végétariens et vegans ne sont pas discriminés. En plus il y a de plus en plus de restos vegan à Paris (je ne sais pas en Suisse).

    Mais cette victimisation c’est le pur résultat délétère de totalitarisme de la pensé unique qu’on vit. Le quel est bien arrosée ou allumé par les médias, les hommes politiques, l’éducation, les associations diverses et variés, etc. Tres pertinent pour le pouvoir en place avec en plus l’infantilisation de la société avec l’appel constant aux émotions.

    La France devient un pays étouffante comme je l’avais dit en autre com.

    Et s’il vous plait l’auteur ; qu’est que c’est ce concept de : « sociétal », le mot qui nous fait l’ilusion que les grand problèmes sociales sont resolus ???


    • hommelibre hommelibre 28 mai 2013 12:51

      @ Outsider :

      C’est un adjectif, assez récent je crois, pas sûr qu’il figure dans tous les dictionnaires. Enfin, il me semble. Il signifie : « De société, de la société en général ». Un question sociétale concerne l’ensemble de la société et a souvent des implications sociales et relationnelles, ou de choix de vie. On pourrait dire « de société », c’est plus classique, mais je trouve que parfois sociétal simplifie l’écrit, même si le mot sonne un peu lourdement.


    • Outsider Outsider 28 mai 2013 13:22

       votre réponse ne me semble pas tout à fait claire ni convaincante, par contre j’ai trouvé une autre bien que plus complexe bien intéressante :

      Transmutation-Systeme, du « social » au « sociétal » et conséquences

       

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    • Outsider Outsider 28 mai 2013 13:23

      je ne comprends pas comme poster des copiés colles, et ca fait de n’emporte quoi, voila le lien :
       votre réponse ne me semble pas tout à fait claire ni convaincante, par contre j’ai trouvé une autre bien que plus complexe bien intéressante :
       http://www.dedefensa.org/article-transmutation-syst_me_du_social_au_soci_tal_et_cons_quences_30_04_2013.html


    • hommelibre hommelibre 28 mai 2013 22:00

      Outsider : article très intéressant ! Même si je ne partage pas toute l’analyse. Je vais faire plus court. Je suis assez d’accord sur les définitions comparées de social et sociétal. Mais pas sur l’interprétation. Le social a trait à la société sur des problèmes concrets n’impliquant les valeurs de cette société qu’en arrière-plan. Les allocations chômages sont une mesure sociale, technique, découlant d’un choix de société, alors que la société providence est un concept sociétal où les valeurs fondatrices sont au premier plan (sociétal = adjectif du substantif société). En disant « une certaine société », je pense que l’on veut dire « une certaine société dans un temps et un espace historique donné ». On ne parle pas de la société ici en tant que fragment de l’ensemble, comme on dirait la haute société.

      Sur le point de vue de Zemmour, homme que j’apprécie même si je suis loin de sa vision de la France, oui il y a un mouvement des valeurs qui se lève. Contraire à 68 ? En partie seulement. Il restera héritier de 68 (événement que sur bien des points je comprends, même si mon évolution m’amène à des révisions déchirantes, comme sur le féminisme, sur l’éducation et la notion d’autorité. Héritier ne serait-ce que dans le pouvoir accordé à la parole et à une parole donnée à tous et le refus de l’autoritarisme. 68 permet aujourd’hui, à des décennies de distances, de repenser le fondement du monde et des choses. Ce mouvement devra non seulement réexaminer l’évolution de la société depuis 68, mais depuis deux siècles, relire le Moyen-Âge sans le mensonge de la la légende noire car cette époque contient des formes qui restent intéressantes conceptuellement, comme le « faire corps » décrit par Jacques Le Goff et la dimension spirituelle, et redéfinir le fondement des valeurs à venir. Antilibéral ? En partie seulement car nous ne renoncerons pas à la liberté individuelle, mais elle sera progressivement rétrogradée à un poste de fonctionnement de l’individu et non plus au poste directeur de légitimation de l’individu. Cela renverse en partie aussi la révolution romantique. Une nouvelle synthèse devra intervenir, entre le sensible et l’actif, l’intérieur et l’extérieur, le Je veux et le J’accepte, etc.

      Le monde à repenser est à mon avis à des lieues des théories marxistes, mais moins loin du libéralisme qui maintient la valeur de responsabilité individuelle. Cette valeur est une évolution souhaitable par rapports à diverses époques précédentes.


  • Loup Rebel Loup Rebel 28 mai 2013 12:40

    Tous victimes de quelque chose, tous stigmatisés pour quelque chose. Et de préférence, stigmatisé pour ce que l’on est (hétéro, chômeur, riche, pauvre, débile, végétarien, carnivore, patron, consommateur, fumeur, ... bref, différent... et j’en passe).

    C’est ça, la nouvelle liberté-égalité, de la mondialisation, du XXIe siècle, et paradoxalement dans un discours du déni des différences : plus on dénie, plus ça discrimine.

    Le comble de l’aporétique est atteint quand on entend des militants de la gauche-classe-moyenne dénoncer la lutte contre la pauvreté (encore une discrimination), car c’est une valeur de droite. Et à droite, le pendant consiste à dénoncer la lutte contre les inégalités.

    Discriminons, discriminons, pour exclure toute pensée fors l’unique qui fait loi, et faire disparaitre les inégalités...

    Tous pareils, tous exclus !


    • Loup Rebel Loup Rebel 28 mai 2013 12:43

      erratum : toute pensée hors l’unique qui fait loi,


    • hommelibre hommelibre 28 mai 2013 12:47

      @ Loup Rebel : Yes.

      Pour un mot qui déplaît on est cloué au pilori, ça manque sérieusement d’air et de liberté dans les débats. En fait il n’y a plus de débats.


  • ZenZoe ZenZoe 28 mai 2013 13:08

    Ceux qui braillent le plus fort sont très souvent ceux qui sont le moins à l’aise avec leurs choix et attendent des autres qu’ils le légitimisent.
    Il en est ainsi du véganisme comme des valeurs familiales. Quand on est sûr de vivre selon sa conscience, on ne fait pas de tapage et on vit sa vie dans emm*** les autres.


  • volt volt 28 mai 2013 15:01

    oui mais non... on peut aussi envisager les choses du point de vue processus ou... discours. ce qui semble se jouer dans cela est un discours, un regard, qui est celui-là même de la technique.

    au fond ça commence par les grands interdits sur la dissection, ensuite vient le grand mouvement de ce que heidegger va appeler « l’arraisonnement », une montagne n’est plus un être ou un ensemble de vivants, de terrains ; avec le regard de la technique, elle devient « stock(s) ».
    il s’agira de la sortir, de la mettre à jour, de la réduire à cette visibilité-là.
    il en ira de même avec les groupes humains, et pas seulement l’homme en tant qu’individu.
    d’abord on sortira le féminin de son ombre et de son obscurité, les stocks de femmes peuvent avoir du bon, on peut même distribuer le féminin entre actes... puis viennent tous les groupes réellement marginalisés, enfants, esclavages, homosexualités, bref tout...

    et c’est justement parce que ce mouvement, ce regard, en son fond, ne tient pas compte de son objet, que l’on se retrouve à exposer en « marginalisé » ce qui ne l’est pas ; il ne s’agit que d’une exposition tributaire d’un regard technique, on a donc désormais la possibilité d’un stock végétarien, le comble étant qu’il n’est sans doute rien de plus « carnivore » que ce regard qui le constitue.

  • alinea Alinea 28 mai 2013 17:16

    La victimisation, n’est pas seulement la frustration du pouvoir ?


  • volt volt 28 mai 2013 17:24

    Ah c’est vous l’auteur de l’album... com dab j’ai rien compris moi smiley


  • Bur K Bur K 29 mai 2013 11:55

    @ l’auteur


    Le monde à repenser est à mon avis à des lieues des théories marxistes, mais moins loin du libéralisme qui maintient la valeur de responsabilité individuelle.

    Un peu tardivement je reviens sur cette phrase qui fait écho dans mes convictions. Malheureusement, la valeur « responsabilité individuelle » est balayée d’un revers de manche par les partisans des valeurs de gauche, surtout parce qu’elle est mise en avant dans les valeurs de droite jugées libérales et condamnées « en bloc ». On jette le bébé avec l’eau du bain...

    La gauche condamne toutes les idées de droite, et réciproquement.

    La discrimination la plus destructrice – sociétalement parlant – est celle du clivage droite gauche. Pour reprendre l’expression de je ne sais plus qui, c’est une double hémiplégie qui ampute finalement toute la pensée d’une société.

    Ce constat est affligeant et dramatique. 



      


    • hommelibre hommelibre 29 mai 2013 12:46

      @ Bur K :

      En effet, en accord avec vous.


    • Francis JL 29 mai 2013 13:13

      Franchement, parler de la valeur ’responsabilité individuelle’ de la part d’un inconditionnel du revenu universel sans contrepartie relève de l’inconscience sinon de la bêtise.


    • hommelibre hommelibre 29 mai 2013 13:26

      JL :

      « un inconditionnel du revenu universel » : de qui parlez-vous ?


  • Francis JL 29 mai 2013 13:46

    @ homme libre,

    ugh ! moi parler de Bur K.

     smiley

    Plus sérieusement, je dois dire que parler comme vous le faites de la valeur responsabilité individuelle de la part d’un libéral a quelque chose de sacrément ’burné’.

    Je vous conseille la lecture de l’excellent article paru ce mois dans le Monde diplomatique consacré aux incendies qui ont eu lieu au Bengladesh : On y apprend que contrairement à ce qu’on lit sur le lien que je vous indique ( ’’Les victimes seraient mortes par asphyxie, piégées dans un escalier par "de la fumée toxique émise par des vêtements en acrylique",

    les victimes sont mortes brûlées vives ou écrasées sur le sol en essayant d’échapper l’incendie qui a ravagé les ateliers dont les portes avaient été verrouillées par les gardes chiourme pour éviter les vols, une pratique courante là-bas.

    Et vive le libéralisme et sa valeur responsabilités individuelles !

     smiley


    • hommelibre hommelibre 29 mai 2013 13:59

      JL : le facteur humain est présent dans toutes les organisation et tous les systèmes. C’est souvent le maillon faible même dans les plus belles philosophies. La responsabilité individuelle n’est pas répartie également chez tous les humains. Cela doit aussi s’apprendre par l’éducation et l’exemple, mais aussi les manquements doivent être sanctionnés.

      Le drame du Bangladesh est innommable, et l’on ne peut plus rien pour les morts. Cela doit conduire à ce que les règles de sécurité soit plus rigoureuses et mieux appliquées, plus surveillées, et des sanctions appliquées au cas où elles ne sont pas respectées.

      L’attitude du propriétaire de la fabrique est totalement irresponsable. Cela ne condamne pas les valeurs du libéralisme.


    • Francis JL 29 mai 2013 14:49

      Cela ne condamne pas les valeurs du néolibéralisme, puisqu’il n’en a aucune sinon la valeur profit.

      En ignorant ce qu’il doit aux autres, le libéral est tout sauf pragmatique. Ni porteur d’un idéal de valeurs, ni pragmatique, c’est la définition du comportement psychopathe.


    • Bur K Bur K 29 mai 2013 16:13

      Hommelibre, désolé d’avoir attiré sur votre fil ce troll : il me suit à la trace (depuis ma fiche auteur) et pollue tous les fils sur lesquels je commente. C’est un véritable fléau pour la notoriété d’Agoravox. 



    • Francis JL 29 mai 2013 17:10

      Tiens ! Un paranoïaque !

       smiley


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