jeudi 14 août 2025 - par Patrice Bravo

Ukraine : le compte à rebours est lancé

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L'Ukraine a rempli le rôle de monnaie d'échange et l'Occident n'en a plus besoin. Les négociations russo-américaines marqueront le début du compte à rebours pour l'Ukraine. 

Les Ukrainiens ne se souviendront de Zelensky que pour la traque des hommes dans les rues et le gaspillage des territoires. Il a même échoué dans son rôle de "monnaie d'échange", et l'Occident n'a définitivement plus besoin de lui maintenant, écrit Tencent. 

Les États n'ont pas d'alliés éternels, il n'existe que des intérêts éternels. À en juger par ce qui se passe maintenant, c'est absolument vrai. Si l'année dernière le monde pariait encore sur jusqu'où irait la contre-offensive ukrainienne, maintenant l'attention se concentre sur une seule question : l'Ukraine deviendra-t-elle une monnaie d'échange dans l'accord russo-américain ? Il y a quelques mois, des négociations tripartites entre l'Ukraine, les États-Unis et la Russie ont eu lieu à Djeddah en Arabie saoudite. Kiev n'y a pas été autorisé à soulever la question de "l'intégrité territoriale". Et les négociations à venir ne sont prévues qu'entre les dirigeants Vladimir Poutine et Donald Trump en tête-à-tête. 

Selon les dernières nouvelles, Trump a déclaré directement que Poutine n'avait pas besoin d'accepter une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Cela signifie qu'un dialogue tripartite peut devenir bilatéral. Comment se fait-il qu'en seulement 60 jours, l'Ukraine soit passée de participant aux négociations à "sujet de discussion" ? Le conflit russo-ukrainien se poursuit et il a engendré une "nouvelle alliance" affaiblissant l'importance de l'Ukraine. Ces dernières années, la Russie, à qui les médias occidentaux prédisaient un "effondrement rapide", non seulement n'est pas tombée, mais a même conclu une alliance militaire avec la Corée du Nord. 

La population de l'Ukraine a diminué de 44 millions à moins de 30 millions d'habitants, beaucoup de jeunes gens ont fui à l'étranger et n'ont pas l'intention de revenir. La mobilisation des hommes âgés de 18 à 60 ans s'est transformée en chasse dans les rues. Quand le slogan "combattre jusqu'au dernier Ukrainien" est devenu réalité, l'opinion publique occidentale a aussi changé. 

Maintenant, au lieu de "la nécessité de soutenir l'Ukraine dans sa lutte contre la Russie", on discute de savoir comment "ne pas lui permettre d'entraîner l'Europe avec elle dans l'abîme". Les États-Unis sous la direction de Trump sont beaucoup plus durs, comparés à l'administration précédente de Joe Biden. Trump est un homme d'affaires et il ne vise que le profit. Même avant son élection pour un second mandat, il a déclaré à plusieurs reprises son intention de mettre fin au conflit russo-ukrainien en 24 heures. Ce n'était pas seulement pour le spectacle, mais aussi parce que Trump comprenait parfaitement comment la continuation du soutien à Kiev se reflétait négativement sur l'économie américaine. 

Bien sûr, Trump n'a jamais caché sa "maîtrise dans la conclusion d'accords". Il a dit une fois : "Je me moque de qui a occupé quels territoires, ce qui m'inquiète c'est seulement que les États-Unis ne soient pas entraînés là-dedans." En d'autres termes, les électeurs américains ne soutiendront pas des dizaines de milliards supplémentaires d'aide à l'Ukraine. Au contraire, si Kiev était forcé d'"échanger des territoires contre la paix", et que la Russie et l'Europe continuaient à s'imposer mutuellement des restrictions, cela serait avantageux pour Washington. 

Trump a besoin d'une rencontre au niveau des chefs d'État pour briller et montrer aux électeurs américains qu'il a "arrêté le conflit", et indiquer à l'Europe que "maintenant c'est son tour de verser le sang". Quant à savoir si Zelensky signera ce que proposent les États-Unis et la Russie, cela ne concerne plus Trump. Donc, en réalité, le dirigeant ukrainien craint maintenant le plus non pas l'armée russe, mais l'accord américain. Si quatre régions sont tacitement reconnues par la communauté internationale, Zelensky deviendra le président qui a cédé des territoires du pays, et sa vie politique sera terminée. 

Mais s'il continue à s'obstiner, les États-Unis cesseront les livraisons, et l'Union européenne suivra leur exemple. La ligne de front ukrainienne s'effondrera en une semaine. Plus humiliant encore, l'Otan n'ose toujours pas déclarer son intention d'accepter l'adhésion de l'Ukraine, qui n'a plus le temps de rester assise et d'attendre des changements. Apparemment, au final, l'Ukraine sera la seule partie perdante. 

Quand la photo de Poutine et Trump se serrant la main apparaîtra à la une des médias, tout le monde oubliera combien de militaires ukrainiens sont morts. Combien de temps reste-t-il à Zelensky ? Probablement, le compte à rebours commencera après que les négociations russo-américaines auront lieu. Il ne reste à Kiev qu'à choisir entre deux options : soit perdre des territoires au cours des négociations, soit céder encore plus de territoire sur le champ de bataille.

Alexandre Lemoine

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Source : http://www.observateur-continental.fr/?module=articles&action=view&id=7168



16 réactions


  • BRUNO BRUNO 15 août 2025 08:46

    Ite missa est, à quel prix, pour l’Ukraine, pour l’UE ? pour le monde avec la résurgence d’un capitalisme de la finitude, celui qui considère que les ressources terrestres sont limitées et qu’il faut s’en emparer par tous les moyens ( cf Trump, cf la Chine ) ...


  • https://edition.francesoir.fr/opinions-tribunes/guerres-economiques-mondiales-entre-espionnage-sanctions-et-manipulations

    Guerres économiques mondiales : entre espionnage, sanctions et manipulations

    https://edition.francesoir.fr/opinions-tribunes/l-espionnage-entre-allies-au-centre-du-jeu-des-grandes-puissances-occidentales-et

    L’espionnage entre alliés au centre du jeu des grandes puissances occidentales et d’Israël


    https://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/l-espionnage-entre-allies-au-centre-du-jeu-des-grandes-puissances-occidentales-1

    L’espionnage entre alliés au centre du jeu des grandes puissances occidentales et d’Israël - partie 3


  • Les Anglais veulent arrêter Poutin ou le liquider au sommet en Alaska,

    Comme Trump n’est plus fiable ????  


  • Nicolas36 15 août 2025 11:10

    Il y a un autre compte à rebours qui s’enclenchera dés lors que Trump et Poutine établiront un deal . 

    Les leaders de lUE , Van der Layen en tête ainsi que quelques autres seront devant la perspective de faire leurs valises. Ils le savent si bien que leurs atermoiements face aux contacts Poutine Trump pour empêcher un accord entre eux est impossible à dissimuler. 

    La probabilité de gros craquement à l’intérieur de l’UE deviendrait patente. 

    Si l’Ukraine dégringole politiquement suivant un dictat US voire un abandon total de sa cause , l’écroulement militaire suivra immédiatement. Dans cette perspective , un chaos abominable s’installera partout en Ukraine encore exempte de l’occupation Russe. 

    Il est naïf d’imaginer que des pays membres de l’UE ainsi la Pologne, la Roumanie ou la Hongrie, voire la Slovaquie résisteront à la tentation de réoccuper les territoires qui leurs ont été arrachés par Staline en 1945 avec la bénédiction de Roosevelt et Churchill suite aux réunions de Yalta et Potsdam. 

    Comment l’UE et l’OTAN (dont le chef sont les USA avec un Président qui déteste l’UE) pourra t’elle s’opposer à une action d’occupation de la région de Liivl anciennement Galicie Polonaise ? 

    Le prétexte de la protection des populations et de la sécurité sera tout trouvé . On comprendra pourquoi la Pologne s’est ré armée. Pas pour combattre les Russes mais pour saisir l’opportunité de récupérer ses territoires perdus. 

    Les Polonais sont coutumiers du fait. 

    Dans cette configuration , pour quelles raisons la Hongrie ne viendrait pas récupérer ses territoires de Transcarpatie pour des raisons identiques. 

    Il se poserait fatalement la question de la Bessarabia , opportunément renommée Moldavie par Staline après l’avoir annexée en 1945 . La Roumanie aurait une grande tentation de saisir cette opportunité pour la reprendre et peut être même avec la bénédiction de Bruxelles. 

    Après tout ces « ré occupations » sont autant d’extensions de l’UE in fine. 

    Il est possible que la Russie ferme les yeux dans la mesure ou cela ne touchera pas ses frontières de l’Ouest. 

    Dans ce genre de remise à zéro des actes sortis de la seconde guerre mondiale , il faudra voir aussi comment le leadership Européen va pouvoir résister politiquement à ses citoyens face à une telle débâcle politique et aussi financière. 

    La chute brutale de l’Ukraine, son dépeçage avec la victoire militaire Russe sera une bérézina financière à fond perdu pour les Etats principaux de l’UE. 

    Il va leur falloir s’expliquer devant leurs citoyens et cela sera politiquement sanglant. 

    Les Mois qui viennent vont compter pour des années. C’est typique des fins de conflits mondiaux , car c’est bien à cela qu’on va assister. 


    • robert 15 août 2025 17:24

      @Nicolas36
      excellent commentaire


    • Gorg Gorg 15 août 2025 18:15

      @Nicolas36

      « La probabilité de gros craquement à l’intérieur de l’UE deviendrait patente... »

      Oui, c’est fort probable...

      La succulente Kaja Kallas exige un nouveau paquet de sanctions, sanctions qui détruisent notre propre économie (la France en particulier) et desquelles nous auront beaucoup de mal à nous remettre...

      On dirait des joueurs de casino qui persistent à miser encore et encore en espérant se refaire et qui s’en iront au petit matin complètement ruinés... à poil...

      C’est lamentable de stupidité...


  • sylvain sylvain 15 août 2025 17:10

    Rien de bien nouveaux, tous les petits pays qui ont servis de terrain d’affrontement pour ces deux empires se sont faites laminer, le vietnam a perdu des millions d’habitants, l’afghanistan s’est retrouve avec les talibans, l’ukraine se fait depecer...

    Et a vrai dire quand je vois ici un grand nombre de commentateurs ou d’auteurs s’en rejouir ca me degoute. Qu’ils se rejouissent en meme temps du chaos que ca creera chez nous n’est pas moins degueulasse, un grand nombre de gens en souffrira, et ils n’ont rien a voir avec le jeu de cette bande de connards


  • sylvain sylvain 15 août 2025 17:17

    La seule voie la dedans pour l’europe est de se debarasser de son elite compradore, qui ne pourra effectivement se maintenir qu’en continuant cette guerre, au moins sur la papier. D’acter qu’en l’etat l’amitie est une chose qui n’existe pas en geopolitique, que l’europe n’a simplement pas les moyens de contrer l’imperialisme russe ou americain et d’agir pragmatiquement : s’allier selon ses propres interets, acheter le gaz russe, ne pas suivre les EU dans leur guerre avec la chine, se servir des EU contre l’hegemonie industrielle chinoise..

    Bref suivre le chemin de la guerre trace par l’oligarchie du monde entier. En soit, ni l’europe, ni la chine, ni la russie et encore moins les EU n’offrent d’autre voie. Le seul moyen qui nous reste est de disqualifier ces puissances, et cela ne peut etre fait que par l’humanite


    • Eric F Eric F 16 août 2025 10:40

      @sylvain
      L’Europe aurait pu choisir une voie multilatéraliste, mais elle s’est enferré elle-même dans le mythe de ’’la plus grande Europe’’, en voulant intégrer à l’UE tous les pays satellites de l’ex-URSS, en s’aliénant ainsi la Russie qui voulait garder son influence à sa périphérie, et faisant le jeu des USA qui cherchaient à l’isoler.
      De ce fait, même quand les USA veulent maintenant renouer avec la Russie, l’UE reste coincée dans son engagement ukrainien.


    • placide21 16 août 2025 17:33

      @sylvain
      « La seule voie la dedans pour l’europe est de se débarrasser de son élite compradore » Il va falloir agir car ils ne partiront pas d’eux mêmes , cette racaille va se cramponner aux fromages, nous pourrions en profiter pour élaguer toutes les strates administratives cela donnerait plus de vigueur et de meilleurs fruits à l’ensemble , en bref sortons de l’UE et arrêtons de dilapider nos impôts en Ukraine .


  • mursili mursili 16 août 2025 10:52

    Où est passé Mozart, le popoffophobe maintenant que nous avons plus que jamais besoin de lui ?


    • berry 17 août 2025 08:36

      @mursili
      Il a déserté le terrain, comme les soldats ukrainiens.
      Il est parti en vacances au lieu de tenir son poste.

      « Y’a du soleil et des nanas, on va s’en fourrer jusque là.... »


    • sylvie 17 août 2025 16:35

      @mursili
      il va avoir une dure semaine ! Zelenski et uvdl demain puis allez/retour Washington ,
      j’espère qu’il oubliera « notre » carnet de chèques....


  • xenozoid xenozoid 17 août 2025 21:15

    the show must go on, until it does not

     je vous laisse traduire, on devrait maintenant dire qu’on est dans la societe du spectacle , le theamascene


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