jeudi 15 octobre - par Patrice Bravo

Ukraine : qui pour succéder à Zelensky ?

L'appel de Trump à changer de président ukrainien a relancé la question concernant la tenue des élections. Alors que le soutien à Zelensky s'effrite, les prétendants font l'objet de discussions actives et la compétition s'annonce rude. 

Donald Trump a appelé l'Ukraine à élire un nouveau dirigeant. Du coup, l'avenir politique de l'actuel président Vladimir Zelensky et le calendrier des prochaines élections à Kiev sont de nouveau sur la table. "Je pense qu'il est temps pour l'Ukraine de se doter d'un nouveau président", a déclaré Trump, réitérant ses appels antérieurs à Kiev pour organiser des élections que la Constitution du pays interdit en temps de guerre. 

Les propos de Trump sont intervenus après que Zelensky a critiqué un nouvel accord qui donne à Washington l'accès à des millions de tonnes de diesel russe. Depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l'Iran et le blocage du détroit vital d'Ormuz, les prix du carburant ont flambé, frappant de larges pans de la population américaine juste avant les élections de mi-mandat de novembre. Zelensky a qualifié l'accord d'absolument terrible et de cadeau à Poutine. 

Les forces armées ukrainiennes lancent des drones sur les installations pétrolières et gazières russes pour tenter de couper le Kremlin de ses revenus pétroliers vitaux, qui alimentent sa campagne contre Kiev. Moscou riposte par des frappes sur les centrales électriques ukrainiennes, provoquant des coupures d'électricité et de chauffage, y compris dans la capitale ukrainienne. 

Dimanche 11 octobre, Zelensky a annoncé que les autorités ukrainiennes organiseraient des élections si la Russie acceptait un "cessez-le-feu total" de 60 jours. 

La loi ukrainienne interdit la tenue d'élections tant que la loi martiale est en vigueur dans le pays. Celle-ci est entrée en application le 24 février 2022, lorsque la Russie a commencé à faire entrer ses troupes sur le territoire. Les responsables ajoutent qu'il serait extrêmement difficile d'organiser des élections sûres sous les frappes russes. 

Le mandat de Zelensky a expiré en mai 2024. La Russie le qualifie d'illégitime, tandis que Trump l'accuse de ne pas organiser d'élections sous prétexte de la loi martiale. 

Zelensky reste populaire, mais un sondage de l'Institut international de sociologie de Kiev (KIIS), publié le mois dernier, a montré que la majorité des Ukrainiens estiment désormais que l'actuel dirigeant ne devrait pas briguer un second mandat. En 2025, 46% des personnes interrogées partageaient cet avis. Zelensky lui-même n'a pas encore confirmé s'il avait l'intention de se représenter. Le même sondage révèle que 71% des Ukrainiens se sont prononcés contre la tenue d'élections dans l'immédiat. 

La présidence de Zelensky est assombrie par des scandales de corruption touchant son entourage proche, ainsi que par le limogeage de l'ancien ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov, qui a provoqué plusieurs jours de manifestations. Mais qui pourrait briguer le poste de septième président de l'Ukraine ? 

Valeri Zaloujny 

Zaloujny est l'ancien commandant en chef des forces armées ukrainiennes, aujourd'hui ambassadeur d'Ukraine au Royaume-Uni. C'est lui qui est considéré comme le principal rival de Zelensky. 

Selon la dernière étude de l'institut ukrainien Rating Group, Zelensky et Zaloujny sont les deux candidats qui recueilleraient le plus de voix lors d'élections hypothétiques. Près de 23% des personnes interrogées voteraient pour l'actuel président, et plus d'un cinquième pour l'ancien commandant en chef. 

Mais la confiance accordée à chacun d'eux s'élève respectivement à 53% et 64% des répondants.

Zaloujny refuse de confirmer publiquement qu'il se présentera à l'élection présidentielle, malgré toutes les spéculations. 

Il est difficile de prédire à ce stade comment se déroulerait l'élection, mais "les choix des électeurs seront très probablement influencés par la réputation que les candidats se sont forgée par leur contribution au conflit en cours. Valeri Zaloujny pourrait se trouver en position de force : son rôle à la tête des forces armées pendant les deux premières années des combats était très visible et a été globalement apprécié positivement", a souligné Jenny Mathers, maître de conférences en politique internationale à l'université d'Aberystwyth au pays de Galles. 

Cependant, du fait de ses fonctions d'ambassadeur de Kiev à Londres, il est en grande partie absent de la scène publique, a ajouté l'experte. 

Kyrylo Boudanov 

Boudanov s'est fait connaître en tant que chef du GUR, le renseignement militaire ukrainien. On le reconnaissait à son regard dur et pénétrant. 

Depuis le début de l'année 2026, le général est devenu chef de cabinet de Zelensky. Il n'a pas l'intention de se présenter aux élections et élude les questions directes sur ses ambitions présidentielles. 

Selon Rating Group, environ 53% des Ukrainiens font confiance à Boudanov, autant qu'à Zelensky. Environ 6,7% des personnes interrogées affirment qu'elles voteraient pour Boudanov au premier tour des futures élections. Il est bien connu et jouit d'une réputation d'habileté dans le domaine militaire, mais il est "peu bavard", a indiqué Mathers. 

Mykhaïlo Fedorov 

Fedorov n'a que 35 ans. Pendant des années, il a été le "roi des drones" de l'Ukraine et vice-Premier ministre, avant de devenir ministre de la Défense en janvier 2026. Six mois plus tard à peine, il a été limogé sur fond d'une violente dispute entre Zelensky, Fedorov et le commandant en chef de l'époque, le général Oleksandr Syrsky. Le limogeage de Fedorov a déclenché des manifestations dans plusieurs villes ukrainiennes. Il a par la suite appelé à la tenue d'élections en temps de guerre. Cette démarche a été perçue comme le défi le plus sérieux à l'autorité de Zelensky depuis le début de la crise. 

Fedorov "était très populaire juste avant et après son limogeage, mais la question est : n'a-t-il pas poussé trop loin ses plaintes après avoir été écarté ? Il y a un risque qu'on le perçoive comme quelqu'un davantage préoccupé par ses perspectives personnelles que par les intérêts du pays dans son ensemble", a observé Mathers. 

Selon le sondage de Rating Group, environ 38% des répondants font confiance à Fedorov, et environ 7,6% ont déclaré qu'ils voteraient pour l'ancien ministre de la Défense au premier tour. 

Petro Porochenko 

Porochenko a dirigé l'Ukraine de 2014 à 2019. En 2026, il demeure député d'opposition en exercice. 

En 2019, Porochenko a perdu le second tour, celui qui a porté Zelensky au pouvoir. Ce dernier n'avait alors jamais occupé de fonctions politiques, et les experts soulignaient que le public ukrainien était lassé de la stagnation économique et de la corruption. 

Il a été élu en 2014 après le renversement de l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, sur la vague de protestations connues sous le nom d'Euromaïdan. 

Dans un premier temps, il a connu le succès et la popularité auprès du public ukrainien. Puis ses cotes ont commencé à décliner, Porochenko ne parvenait pas à combattre la corruption, la mainmise des oligarques et les conséquences du conflit avec la Russie. Fin 2021, les autorités ukrainiennes l'ont accusé de haute trahison et de financement des séparatistes dans l'est de l'Ukraine. Il a tout nié, qualifiant les accusations de politiquement motivées. 

En janvier 2022, quelques semaines avant le début de l'opération militaire russe, Porochenko s'est présenté devant un tribunal de Kiev en déclarant espérer être blanchi. En février 2025, Zelensky a imposé des sanctions à son encontre, y compris le blocage de ses actifs, pour des motifs que les responsables ukrainiens ont invoqués au nom de la "sécurité nationale". 

Porochenko, l'un des hommes les plus riches d'Ukraine, souhaitait rapprocher le pays de l'Europe et, depuis qu'il a quitté la présidence, s'est imposé comme une voix marquante de l'opposition. Il fait partie des prétendants les moins probables. 

Elsa Boilly 

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Source : https://observateur-continental.fr/?module=articles&action=view&id=8214



18 réactions


  • Gérard Luçon Gérard Luçon 15 octobre 11:30

    Le seul auquel je pense est « Arestovitch » ... mais les « jusqu’auboutistes » occidentaux n’en voudront probablement pas !


  • sylvain sylvain 15 octobre 12:23

    Celui qui saura sucer Trump et Poutine en meme temps. Ou Zelensky reste.


  • ETTORE ETTORE 15 octobre 13:59
    «  »« Ukraine : qui pour succéder à Zelensky ? »«  »

    Mac-Ronito  !

    Avec ce qu’il a payé ( avec notre pognon) et ses accolades humides, torriiiiiiides, partagées nez contre nez, sans qu’on sache ce que les mains trifouillaient, qu’il aurait mis une option, sur cette succession, que cela ne serait pas si invraissemblable, que ça.

    Après tout, il récupererait un pays en ruine, ce qui pour lui, serait du temps de gagné, vu qu’il a quand même mis dix ans à couler un pays comme la France.

    C’est quand même un des rares pignouf financier, à mettre à sac son pays, pour en détruire un autre, et le porter au même état de ruine, que ses aspirations débiles !


  • Patrice Bravo Patrice Bravo 15 octobre 16:34

    Moi, je vous le dis, y en marre de voir la tronche de Zelensky et de l’entendre réclamer du pognon et il y en a marre de voir tous ces journalistes et médias en France et en UE qui rapportent ses demandes. Zelensky est un « has been » qui va être pris et passer devant un tribunal de guerre pour ses crimes de guerre.


    • Fergus Fergus 15 octobre 17:26

      Bonjour, Patrice Bravo

      « Zelensky est un « has been » qui va être pris et passer devant un tribunal de guerre pour ses crimes de guerre »
       smiley  smiley  smiley

      Décidément, vous êtes un multirécidiviste cynique et totalement décomplexé de la propagande poutinienne ! 

      Encore un effort, et vous aurez bien mérité de recevoir du néo-tsar le titre de « Journaliste émérite de la Fédération de Russie » !


    • Goldo Du Goldo Du 15 octobre 19:09

      @Patrice Bravo
      L’idéal, ce serait Tatayet avec Putin pour lui mettre la paluche dans le fion pour faire croire qu’il bouge de lui-même !


    • Goldo Du Goldo Du 15 octobre 19:12

      @Patrice Bravo
      « Moi, je vous le dis, y en marre de voir la tronche de Zelensky et de l’entendre réclamer du pognon et il y en a marre de voir tous ces journalistes et médias en France et en UE qui rapportent ses demandes. Zelensky est un « has been » qui va être pris et passer devant un tribunal de guerre pour ses crimes de guerre. »
      Nous dit un agent russe dont le nom est Oleg Nesterenko.
      T’es pas gonflé mec !


  • ETTORE ETTORE 15 octobre 17:01
    ETTORE 15 octobre 16:58

    @Patrice Bravo
    « »« voir la tronche de Zelensky et de l’entendre réclamer du pognon et il y en a marre de voir tous ces journalistes et médias en France et en UE qui rapportent ses demandes.  »« 

    Cet aréopage au complet se rend service mutuellement, éfficacement, haineusement....Traitreusement !
    Pour le moment, tant que tout le monde est généreusement arrosé, par le pognon volé, par unique consentement, de cette supranationalité you-rope, le marché à l’andouille, reste ouvert !
    Mais les voix commencent à s’élever, jusqu’en Ukrainios, et qui posent des questions embarrassantes, sur » ce qu’EST devenu le pognon, versé « 
    Etonnement, nous, les pourvoyeurs élus, des fonds séléctionnés, nous ne semblons pas nous préocuper de la »destination, poste restante « , et de l’utilisation » finale « de »nos dons« ! ( on nous dit, c’est la guerre, et nous payons, un mirliton vert, pour éviter que la cavalerie russe, ne viennent s’abreuver jusque, sur les berges du rhin )
    On nous dis, qu’on donne, pour qu’IL achète de l’armement ricain, mais il semblerait que les fournitures soient moindres, que la somme versée, pour ces achats .
    Il y aurait dont, des »achats au noir " ? Sans ticket de caisse ?,
    Que nos gouverneMENTS, respectifs, se chargeraient de couvrir, au rythme d’une comptabilité opaque, d’un côté.... ET de l’autre ?
    Il aurait il une forme d’argent blanchi, qui serait passé, par le tambour major de cette machine à laver ukrainienne, et qui tranformeraient les idées noires de certains, en une lingette au blanc, payé par le sang rouge, de deux peuples voisins ?


  • Fergus Fergus 15 octobre 17:17

    L’urgence serait plutôt de savoir « Qui pour succéder à Poutine  ? », ce dictateur mégalomane et criminel qui utilise par centaines de milliers les jeunes Russes comme chair à canon pour assouvir son rêve de retour de la Grande Russie !


  • Com une outre 15 octobre 17:28

    Pour faire plaisir à Fergus, je propose Poutine pour la succession ukrainienne, au moins le temps de remettre un peu d’ordre dans ce pays. Il a de l’expérience lui au moins.


    • Fergus Fergus 15 octobre 17:54

      Bonjour, Com une outre

      « Il a de l’expérience lui au moins »
      En effet. Notamment dans le noyautage des commissions électorales et de l’appareil judiciaire.
      Avec pour corollaire, l’emprisonnement ou l’élimination physique de ses opposants politiques (et de ceux qui, dans l’armée, contestent ses choix stratégiques).


    • Com une outre 15 octobre 18:38

      @Fergus
      Votre héros Zézette n’est pas en reste dans l’élimination des opposants politiques et même militaires. Il élimine même la partie de son peuple qui le dérange, c’est un vrai démocrate lui au moins.


    • ETTORE ETTORE 15 octobre 20:12

      @Fergus
      « En effet. Notamment dans le noyautage des commissions électorales et de l’appareil judiciaire. »

      Sincèrement Fergus...En âme et conscience.....Et au balcon sur rue.....
      Ne trouvez vous que, ce qui âgit déjà, et prépare, notre future « élection » pourrait s’apparenter à un corrolaire politique, vis a vis de celui que vous incriminez ?
      Ce n’est pas tant de l’ intensité des faits, dont on parle, mais des faits eux mêmes, qu’ils soient uniques, ou, répétitifs......Ou....Définitifs !


  • Goldo Du Goldo Du 15 octobre 19:42

    Qui pour succéder à Putin ?

    Ah ?! On me dit dans l’oreillette que le FSB n’ pas encore décidé qui gagnera les prochaines élections...


    • ETTORE ETTORE 15 octobre 20:06

      @Goldo Du

      «  »« On me dit dans l’oreillette  »«  »

      On vous savait déjà, .....Aux ordres.....Le toutou à l’aveugle au pisse mille.
      Quant à recevoir vos directives pourries, ( couché, debout, pas pipi...) direct dans les lobes....LOL
      Vous avez essayé le prompteur ? ou vos mirettes, sont à l’égal de votre libido ?
      C’est à dire ...plus QUEUE basse .....


  • Chronique d’une guerre 

    Il est désormais établi que l’Ukraine reçoit tous les avertissements de lancement de missiles des États-Unis, vraisemblablement par le biais de satellites d’alerte précoce du système infrarouge spatial (SBIRS) capables de détecter les lancements balistiques à partir de zones de lancement connues, ou de radars OTH à longue portée comme l’AN/FPS-132 à Fylingdale, au Royaume-Uni — bien que ce soit principalement pour le suivi une fois qu’un missile est déjà en l’air, plutôt que pour la détection de la phase de propulsion.

    Il y a quelques points à souligner à ce sujet.

    Tout d’abord, le ministre des Affaires étrangères Sybiha a confirmé que les alliés continueraient apparemment à partager des renseignements, mais il s’est montré curieusement circonspect en déclarant que l’absence d’avertissement la nuit dernière était due à un type d’armement « spécial » utilisé par la Russie :

    https://reseauinternational.net/zelensky-affirme-que-les-renseignements-americains-ont-ete-coupes-car-des-missiles-russes-indetectables-bombardent-kiev/


  • voltairenet.org

    L’« accord diesel » Trump-Poutine en finit avec Zelensky : « l’effet détroit d’Ormuz » ?
    par Alfredo Jalife-Rahme

    Une fois de plus, le président Donald Trump renverse la table. Il a conclu un accord sur le diesel avec la Russie, au mépris des mesures coercitives unilatérales que son prédécesseur avait prises contre elle. C’est un rebondissement de la crise pétrolière ouverte par sa guerre stupide contre l’Iran. Simultanément, Kiev s’est attaqué à Washington en soutenant les cartels latinos, ennemis jurés de Donald Trump. Ce faisant, il s’est entendu dire que Volodymyr Zelensky n’était plus légitime. L’esprit d’Anchorage nous réserve d’autres surprises encore.

    Le 28 février 2025, Donald Trump avait déjà prévenu l’usurpateur Volodymyr Zelensky. Cependant, celui-ci s’est maintenu au pouvoir en continuant à empêcher des élections, par décret, chaque trois mois. Il a aussi baissé la tête tout en poursuivant ses détournement de fond. Mais il a commis l’irréparable en s’alliant aux cartels latino-américains que Donald Trump combat.


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