mardi 11 juin - par André Lafrenaie

Ultranationalisme ukrainien : le génocide extrême des Polonais de Volhynie de 1942 à 1944 (2/2)

PREMIÈRE PARTIE

Introduction ; 1. L’ultranationalisme ukrainien de Stepan Bandera ; 2. Massacres de Polonais de Volhynie et de Galicie orientale de 1942 à 1945 ; 2.1. résumé du contexte historique. 

DEUXIÈME PARTIE

2.2. description des massacres ; 3. Le génocide extrême des Polonais de Volhynie de 1942 à 1944 ; Conclusion.

 

2.2. description des massacres

   Les Ukrainiens ont participé à la Shoah en Volhynie dès l’entrée de l’armée allemande en 1941 : 

Les Ukrainiens participèrent au génocide des Juifs polonais, avec ou sans les Allemands, dès l’entrée de la Wehrmacht [armée de l’Allemagne nazie de 1935 à 1945] en juin 1941 et surtout lors de la liquidation des ghettos en 1942. 200 000 Juifs [de Volhynie], citoyens polonais, périrent dans la Shoah, surtout par balles. (21) ;

« Bien que la plupart des Juifs aient été tués par les Allemands, la police de l’OUN qui travaillait pour eux a joué un rôle de soutien crucial dans la liquidation de 200 000 Juifs en Volhynie au début de la guerre [dans la seconde moitié de 1942] (155). (22) ».
   À partir de la fin de 1942 commencèrent les horribles massacres de Polonais de Volhynie (le premier massacre connu, où 50 Polonais ont été tués, a eu lieu le 13 novembre 1942 (23)) :

   À partir de 1942 et surtout l’année suivante commencèrent des actes barbares où l’assassinat était associé aux mutilations par découpe ou arrachage de membres, ou encore par « éventration » et « éviscération ». […]
   Les femmes, les adolescents et même les enfants y prirent part, se chargeant de voler les biens des morts, d’incendier les bâtiments et de porter le dernier coup aux blessés. Tout cela se déroula en dépit de la mixité des populations, de leur bon voisinage, voir de leur amitié déclarée, dont les victimes avaient auparavant fait l’expérience. (24)

   Incroyablement, un degré supplémentaire de barbarie a encore eu lieu dans ce génocide : « En effet, les bourreaux obligeaient le conjoint ukrainien à assassiner son propre conjoint polonais [et ses enfants issus de ce mariage]. Ce degré supplémentaire de barbarie n’a pas été signalé dans le cas de couples polono-russes ni dans celui de couples germano-juifs […]. (25) » Ceux qui refusaient d’obéir étaient souvent tués avec toute leur famille.
   L’historien Grzegorz Rossoliński-Liebe considère que Bandera, même s’il était alors interné, était « moralement responsable de ces massacres dont il avait évoqué la nécessité avant la guerre, pour accomplir les buts nationaux de son mouvement (112) (26) ».
   Les auteurs criminels de ces massacres, soit les membres de l’UPA et de l’OUN-B, reconnaissaient eux-mêmes Bandera comme leur chef, et se désignaient eux-mêmes comme « bandéristes ». (27)
   L’historien Timothy Snyder considère que les massacres sont exclusivement attribuables aux bandéristes : « Selon Timothy Snyder, le nettoyage ethnique des Polonais était exclusivement l’œuvre de la faction extrémiste Bandera de l’OUN, plutôt que sa faction Melnyk ou d’autres organisations politiques ou religieuses ukrainiennes. (28) »
   Ce génocide était conforme « à l’idéologie nationaliste de l’OUN et l’UPA : au nom du peuple, on peut tout faire et même exterminer. (29) ».
   Ainsi, quelques jours avant une série de massacres de village en village, il y avait eu « des réunions dans les villages ukrainiens où l’UPA expliquait aux habitants la nécessité de l’extermination des Polonais jusqu’à la septième génération, sans faire exception de ceux qui ne parlaient plus le polonais. (30) »
   C’est en juillet et août 1943 qu’il y eut le plus de massacres :

   Au cours de l’été 1943, en Volhynie, tous les Polonais et toutes les personnes d’origine polonaise étaient confrontés à la mort aux mains des nationalistes ukrainiens. Des Ukrainiens d’origine polonaise ont également été tués, ainsi que des personnes issues de familles mixtes. Les Polonais ne pouvaient se sentir relativement en sécurité que dans les bases d’autodéfense et les grandes villes. (112) Un réfugié polonais de Volhynie a écrit à l’époque : « Tout autour des cadavres et des victimes potentielles. Ça sent les cadavres de tous les Polonais maintenant. Il y a des cadavres vivants qui se promènent. (113) » (31) 

   Le 11 juillet 1943 fut la journée la plus sanglante. Elle est connue sous le nom de « Dimanche sanglant » par plusieurs Polonais. Des unités de l’UPA ont marché en Volhynie de village en village et ont massacré environ 8000 civils polonais, hommes, femmes et enfants. 100 villages ont été encerclés et attaqués cette journée-là, et 50 autres le lendemain 12 juillet. (32)
   Les Allemands ont laissé l’UPA commettre ces massacres.
   Le modus operandi de l’UPA pour les attaques contre les villages polonais était généralement le même à chaque fois :

   Selon l’historien polonais Piotr Lossowski, la méthode utilisée dans la plupart des attaques était la même. Au début, les Polonais locaux étaient assurés qu’il ne leur arriverait rien. Puis, à l’aube, un village a été encerclé par des membres armés de l’UPA, derrière lesquels se trouvaient des paysans armés de haches, de couteaux, de hachettes, de marteaux, de fourches, de pelles, de faucilles, de faux, de houes et de divers autres outils agricoles. Tous les Polonais rencontrés furent assassinés ; la plupart ont été tués dans leurs maisons, mais parfois ils ont été parqués dans des églises ou des granges qui ont ensuite été incendiées. De nombreux Polonais ont été jetés dans des puits ou tués, puis enterrés dans des fosses communes peu profondes. Après un massacre, tous les biens ont été pillés, y compris les vêtements, les céréales et les meubles. La dernière partie d’une attaque consistait à mettre le feu à tout le village. (158) Tous les vestiges de l’existence polonaise ont été éradiqués, même les colonies polonaises abandonnées ont été réduites en cendres. (52) (33) ;  

« Les méthodes utilisées par les nationalistes ukrainiens dans cette région [la Galicie orientale] étaient les mêmes [qu’en Volhynie] : rassembler et tuer tous les habitants polonais des villages, puis piller les villages et les incendier. (52) (34) ».
   Ce sont des dizaines de milliers de paysans ukrainiens qui ont assisté l’UPA dans les massacres :

[…] il y avait surtout des dizaines de milliers de paysans ukrainiens, formés parfois en groupes d’autodéfense […], auxiliaires de l’UPA de fait, qui participèrent aux grandes actions de nettoyage des Polonais, des gens au-milieu desquels ils habitaient, armés de haches et de fourches, et qui formaient ainsi une sorte d’arrière-ban de l’UPA. (35)

   Les nationalistes ukrainiens voulaient faire disparaître toute trace de vie polonaise sur ces territoires pour que la Pologne ne puisse plus les revendiquer après la guerre :

Un ordre de l’OUN datant du début de 1944 déclarait : 
Liquidez toutes les traces polonaises […] afin qu’il n’y ait aucune trace que quelqu’un y ait vécu… Faites attention au fait que lorsqu’il restera quelque chose de polonais, alors les Polonais auront des prétentions sur notre terre ». (155) (36)

   Ce nettoyage ethnique visait donc les buts suivants : que la Volhynie et la Galicie orientale soient, à la fin de la guerre (la Seconde Guerre mondiale), uniquement ukrainiennes (« un « territoire ethniquement pur » […]. (193) (37) ») ; que la Pologne ne puisse plus vraiment alors, après la guerre, affirmer sa souveraineté sur ces deux régions qui étaient polonaises avant la guerre (38) ; et qu’un État ukrainien indépendant soit créé sur ces territoires (39)
   L’objectif de nettoyage ethnique était ainsi vraiment on ne peut plus clair et net : « […] les commandants locaux de l’OUN-B en Volhynie et en Galicie, si ce n’est la direction de l’OUN-B elle-même, décidèrent qu’un nettoyage ethnique des Polonais de la région par la terreur et le meurtre était nécessaire. (75) (40) » ; « On peut affirmer […] que l’UPA continua le nettoyage ethnique dans les zones rurales jusqu’à ce que la majorité des Polonais eût fui les villages et fût déportée par les Allemands à l’Ouest ou assassinée ou expulsée. (41) ».
   Voici plus précisément comment les historiens Norman Davies et Timothy Snyder ont décrit les massacres :

   L’historien Norman Davies dans son ouvrage No Simple Victory fournit une courte et brutale description des massacres. Il écrit : « Les Juifs de la région avaient disparu assassinés par les Allemands (entre 1941 et 1942), (…) en 1943-44 la haine de l’UPA tomba sur les Polonais sans défense (…). Les villages furent brûlés. Les prêtres catholiques taillés en pièces ou crucifiés. Les églises brûlées avec tous les fidèles qui s’y étaient réfugiés. Les fermes isolées, attaquées par des bandes d’hommes armés de fourches et de couteaux de cuisine. Les victimes égorgées, les femmes enceintes transpercées par la baïonnette, les enfants tranchés en deux (…). Les auteurs ne pouvaient pas déterminer l’avenir de la province mais pouvaient envisager que son futur serait sans les Polonais. […] En 1991 l’Ukraine occidentale (Galicie orientale et Volhynie) formait partie de la République d’Ukraine indépendante. »
   Timothy Snyder décrit les massacres : « les partisans ukrainiens brûlaient les maisons, en tirant sur ceux qui tentaient d’en échapper, forçant de la sorte les occupants d’y rester et utilisaient faux et fourches pour tuer ceux qui étaient pris à l’extérieur. Dans certains cas les décapités, les crucifiés, les démembrés ou les éventrés étaient montrés afin d’obtenir des Polonais qui restaient qu’ils s’enfuissent en abandonnant pour toujours leurs lieux de vie. » (42)

   Devant les progrès de l’Armée rouge soviétique contre la Wehrmacht allemande à la fin de 1943 et au début de 1944, l’UPA décida d’accélérer les massacres en Galicie orientale : 

   Roman Choukhevytch, un commandant de l’UPA, déclara dans son ordre du 25 février 1944 : « Compte tenu du succès des forces soviétiques, il est nécessaire d’accélérer la liquidation des Polonais, ils doivent être totalement anéantis, leurs villages brûlés… seule la population polonaise doit être détruite ». (34) (43)

   Les Allemands ont commencé une lente retraite de l’Ukraine au milieu de l’année 1943. Les Soviétiques sont entrés à Kiev en novembre 1943 ; ils ont commencé à pénétrer en Galicie au printemps 1944 ; et, à la fin d’octobre 1944, ils contrôlaient de nouveau toute l’Ukraine. (44)
   Cependant, même si l’Armée rouge est entrée en Galicie au printemps 1944 et contrôlait toute l’Ukraine à la fin d’octobre 1944, l’UPA et l’OUN ont encore effectué des massacres de Polonais en Galicie orientale au début de 1945 : le 2 février (60 Polonais assassinés) ; dans la nuit du 5 au 6 février (126 Polonais massacrés dans un village, dont des femmes et des enfants) ; les 12 et 13 février (une centaine de personnes tuées dans une colonie). (45) 
   D’autre part, en ce qui concerne les victimes du côté ukrainien, les représailles polonaises en Volhynie ont causé 2000 à 3000 morts (46) ; et la résistance polonaise en Galicie orientale en a causé 1000 à 2000 entre 1943 et 1946 (47).
   Cependant, l’OUN-B et l’UPA ont probablement tué autant d’Ukrainiens considérés traîtres que de Polonais, donc environ 100 000 Ukrainiens en plus des quelque 100 000 Polonais !… : « L’historien Timothy Snyder considère qu’il est probable que l’UPA ait tué autant d’Ukrainiens que de Polonais, car les Ukrainiens locaux qui n’adhéraient pas à sa forme de nationalisme étaient considérés comme des traîtres. (9) (48) » ; « Selon Timothy Snyder, dans leur lutte pour la domination, les forces de l’OUN-B tueraient des dizaines de milliers d’Ukrainiens pour des liens supposés avec Melnyk ou Bulba-Borovets [les chefs de deux factions ukrainiennes rivales de l’OUN-B, respectivement l’OUN-M et l’Armée révolutionnaire du peuple ukrainien (28)]. (76) (49) ».

3. Le génocide extrême des Polonais de Volhynie de 1942 à 1944 

   Selon certains auteurs polonais, les massacres de Volhynie ont été, non pas en termes de quantité de gens tués, mais en termes de brutalité, de cruauté extrême par mutilations, etc., pires que la Shoah. (50)
   Ces massacres ont en fait même été qualifiés par un auteur de « génocide extrême (51)  », pour bien marquer « la brutalité exceptionnelle des tueries qui, selon lui, « surpassent les atrocités soviétiques et nazies » (52) ».
   Voici un dernier résumé de ces massacres accréditant ces assertions :

   Les attaques contre les Polonais lors des massacres en Volhynie et en Galicie orientale ont été marquées par un sadisme et une brutalité extrêmes. Les viols, les tortures et les mutilations étaient monnaie courante, et des villages entiers ont été anéantis. Des Polonais ont été brûlés vifs, écorchés, empalés, crucifiés, éventrés, démembrés et décapités. Des femmes ont été victimes de viols collectifs et ont eu les seins tranchés, des enfants ont été coupés en morceaux avec des haches, des bébés ont été empalés sur des baïonnettes et des fourches ou frappés contre des arbres. (152) (153)
   Selon un document de la résistance polonaise, les crimes étaient atroces (153) :
Dans tous les villages […] et colonies, sans exception, les Ukrainiens ont mené l’opération d’assassinat des Polonais avec une cruauté monstrueuse. Des femmes – même enceintes – ont été clouées au sol avec des baïonnettes, des enfants ont été déchiquetés par les jambes, d’autres ont été empalés sur des fourches et jetés par-dessus des clôtures, des membres de l’intelligentsia ont été attachés avec du fil de fer barbelé et jetés dans des puits, des bras, des jambes et des têtes ont été coupés avec des haches, des langues ont été coupées, des oreilles et des nez ont été coupés. Des yeux ont été crevés, des organes génitaux ont été dépecés, des ventres ont été déchirés et des entrailles arrachées, des têtes ont été fracassées avec des marteaux, des enfants vivants ont été jetés à l’intérieur de maisons en feu. La frénésie barbare a atteint un point tel que les gens ont été déchiquetés vivants, les femmes ont eu les seins tranchés ; d’autres ont été empalés ou battus à mort avec des bâtons. De nombreuses personnes ont été tuées – après avoir été condamnées à mort – en se faisant couper les mains et les pieds, et seulement ensuite la tête. 
………………………………………………………………………
   Les atrocités ont été commises sans discernement et sans retenue. Les victimes, quel que soit leur âge ou leur sexe, étaient régulièrement torturées à mort. (53)

   Le nettoyage ethnique de la population polonaise de Volhynie a été « le plus grand crime de l’OUN-B (54) ».
   Le gouvernement ukrainien a accordé en 2010 « à Bandera le statut de « Héros de l’Ukraine » (55) » ; et il a accordé en 2015 « aux anciens combattants de l’UPA un statut spécial de « combattants pour l’indépendance de l’Ukraine » (56) ». 
   C’est sûrement à cause des nombreux hommages comme ceux-là accordés à Bandera et à l’UPA en Ukraine qu’un auteur polonais a carrément « affirmé que le nationalisme ukrainien « dépasse les autres nationalismes (y compris le nationalisme nazi) en faisant l’éloge des meurtres et en faisant l’apologie sans retenue de la brutalité » (57) ».

Conclusion

   Ce texte a essayé de rendre compte le plus clairement et succintement possible de l’ampleur et de la dureté extrême des massacres de Polonais de Volhynie et de Galicie orientale durant la Seconde Guerre mondiale par les ultranationalistes ukrainiens de Stepan Bandera. 
   Il y a sûrement lieu, par souci de « justice historique », de reconnaître officiellement ce génocide extrême des Polonais de Volhynie de 1942 à 1944.

André Lafrenaie
7 juin 2024

Notes

21.  « Massacres des Polonais en Volhynie », section « Débat ».
Voici un bref aperçu des pogroms perpétrés par l’OUN-B :

   Le 22 juin 1941, l’Union soviétique est attaquée par l’Allemagne, les Soviétiques se retirent rapidement vers l’est et la Volhynie. L’OUN a soutenu les Allemands et s’est emparée d’environ 213 villages et a organisé une diversion à l’arrière de l’Armée rouge. (56) L’OUN-B a formé des milices ukrainiennes qui, faisant preuve d’une cruauté exceptionnelle, ont mené des pogroms antisémites et des massacres de Juifs. Les plus grands pogroms perpétrés par les nationalistes ukrainiens ont eu lieu à Lviv, entraînant le massacre de 6000 Juifs polonais. (57) (58) L’implication de l’OUN-B n’est pas claire, mais il est certain que la propagande de l’OUN-B a alimenté l’antisémitisme. (59) La grande majorité des pogroms perpétrés par les Bandérites se produisirent en Galicie orientale et en Volhynie. (60) (61) 

« Massacres of Poles in Volhynia and Eastern Galicia », section « Background », sous-section « Second World War », sous-sous-section « OUN activities 1939-1941 », note 56 : « Motyka (2006), p. 88. » (Bibliography : « Motyka, Grzegorz (2006). Ukraińska partysantka 1942-1960 (in Polish). Warsaw : RYTM. ISBN 83-7399-163-8. »), note 57 : « Longerich, Peter (2010). Holocaust : The Nazi Persecution and Murder of the Jews. Oxford ; New York : Oxford University Press. p. 194. ISBN 978-0-19-280436-5. », note 58 : « Rudling, Per A. (2011). “The OUN, the UPA and the Holocaust : A Study in the Manufacturing of Historical Myths”. The Carl Beck Papers in Russian and East European Studies (2107) : 8. ISSN 2163-839X. “OUN activists participated in the July 1941 pogroms, in which many of them displayed an above-average brutality. Upon their arrival in L’viv the commandos of the Ukrainian Nachtigall Battalion could rely on a fanatically anti-Semitic auxiliary contingent with good knowledge of local conditions..Similar pogroms took place across Western Ukraine. At least 58 pogroms are documented in Western Ukrainian cities, the estimated number of victims of which range between 13,000 and 35,000.” », note 59 : « Motyka 2006, p. 98-99. » (voir note 56 dans la présente note 21), note 60 : « Rossoliński-Liebe 2014, p. 234-236 : “The OUN-B organized a militia, which both collaborated with the Germans and killed Jews independently.”. » (Bibliography : « Rossoliński-Liebe, Grzegorz (2014). Stepan Bandera : The Life and Afterlife of a Ukrainian Nationalist : Fascism, Genocide, and Cult. Columbia University Press. ISBN 978-3838266848. »), note 61 : « Dr. Frank Grelka (2005). Ukrainischen Miliz. Viadrina European University : Otto Harrassowitz Verlag. pp. 283-284. ISBN 3447052597. Retrieved 17 July 2015. ».
Au sujet des deux pogroms de Lviv perpétrés par les nationalistes ukrainiens, le premier du 30 juin au 2 juillet 1941 (au moins 4000 morts suivis de 2500 à 3000 arrestations et exécutions supplémentaires par les Einsatzgruppen ou unités mobiles d’extermination du IIIe Reich allemand), et le deuxième du 25 au 29 juillet 1941 (plus de 2000 victimes), on peut lire :
« Pogroms de Lviv de 1941 », Wikipédia, fr.wikipedia.org.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pogroms_de_Lviv_de_1941
 

22. « Organisation of Ukrainian Nationalists », trad. par Microsoft, Wikipedia, en.wikipedia.org, section « Ideology », sous-section « OUN and antisemitism », note 155 : « Timothy Snyder. (2004) The Reconstruction of Nations. New Haven : Yale University Press : pg. 162 ».
https://en.wikipedia.org/wiki/Organisation_of_Ukrainian_Nationalists
Voir aussi « Ukrainian Insurgent Army », section « Holocaust ».  
 

23. « Massacres des Polonais en Volhynie », section « Massacres ». 
 

24. Ibid., section « Débat ». 
 

25.  Ibid.
 

26. « Stepan Bandera », section « Biographie », sous-section « Relation avec les différentes forces », sous-sous-section « Pologne et URSS », note 112 : « Grzegorz Rossoliński-Liebe, « Verflochtene Geschichten », sur bpb.de, 13 octobre 2017. ».
 

27. Ibid.
 

28.  « Massacres of Poles in Volhynia and Eastern Galicia », section « Responsibility ».
Cependant, l’article de Wikipédia « Massacres des Polonais en Volhynie » (section « Débat ») décrit de la façon suivante les auteurs des massacres :

[…] il y avait bien sûr les groupes structurés de l’UPA de Bandera et, en Volhynie, des formations concurrentes, partisans de Tarass Boulba et de Andriy Melnyk. Il y avait aussi des formations issues des membres de la police ukrainienne créée par les Allemands dans la seconde moitié de 1941 et qui désertèrent au début de 1943, mais il y avait surtout des dizaines de milliers de paysans ukrainiens, formés parfois en groupes d’autodéfense […], auxiliaires de l’UPA de fait, qui participèrent aux grandes actions de nettoyage des Polonais, des gens au-milieu desquels ils habitaient, armés de haches et de fourches, et qui formaient ainsi une sorte d’arrière-ban de l’UPA. 

Au sujet de Tarass Boulba et d’Andriy Melnyk :

   Deux autres UPA ont également existé en Volhynie. La première a été formée au printemps 1942, elle fut d’abord connue sous le nom de Sitch de Polésie et n’avait pas de lien direct avec l’OUN. Cette UPA, dirigée par Taras Borovets [le surnom de guerre de Borovets était Taras Boulba (en anglais : Taras Bulba-Borovets), tiré du roman historique de Gogol], avait des liens avec l’UNR en exil [gouvernement en exil de la République populaire ukrainienne]. Elle a par la suite été rebaptisée Armée révolutionnaire du peuple ukrainien en 1943 avant d’être plus tard absorbée par l’UPA de l’OUN. La seconde fut l’UPA d’Andriy Melnyk [chef de l’OUN-M], créée au printemps 1943 ; comme la précédente, elle fut absorbée par l’UPA de Stepan Bandera en juillet-août 1943.

« Armée insurrectionnelle ukrainienne », début de l’article.
 Melnyk et Borovets se sont prononcés contre les massacres de Polonais par l’OUN-B :

   Une seule faction de nationalistes ukrainiens, l’OUN-B de Mykola Lebed puis Roman Shukhevych, était engagée dans le nettoyage ethnique de la Volhynie. Taras Bulba-Borovets, le fondateur de l’Armée révolutionnaire populaire ukrainienne, a rejeté l’idée et condamné les massacres anti-polonais lorsqu’ils ont commencé. (76) (77) La direction de l’OUN-M ne croyait pas qu’une telle opération était avantageuse en 1943. (75)

« Massacres of Poles in Volhynia and Eastern Galicia », section « Background », sous-section « Second World War », sous-sous-section « Polish-Ukrainian antagonism », note 76 : « Snyder 2003a, pp. 164-5. » (voir note 6), note 77 : « Taras Bulba-Borovets wrote : “The axe and the flail have gone into motion. Whole families are butchered and hanged, and Polish settlements are set on fire. The ʻhatchet menʼ, to their shame, butcher and hang defenseless women and children.... By such work Ukrainians not only do a favour for the SD [German security service], but also present themselves in the eyes of the world as barbarians. We must take into account that England will surely win this war, and it will treat these ʻhatchet menʼ and lynchers and incendiaries as agents in the service of Hitlerite cannibalism, not as honest fighters for their freedom, not as state-builders.” John Paul Himka. Ukrainian past and future. September 20, 2010, Retrieved January 19, 2013. », note 75 : « Snyder 2003a, p. 168. » (voir note 6).
Au sujet de la police ukrainienne créée par les Allemands :

Pour beaucoup de ceux ayant rejoint la police, l’enrôlement a été l’occasion de recevoir une formation militaire et un accès direct aux armes. Le 20 mars 1943, les dirigeants du groupe de Bandera de l’OUN ont émis des instructions secrètes enjoignant à leurs membres qui avaient rejoint la police auxiliaire allemande de déserter avec leurs armes et de se joindre au détachement militaire des unités OUN (SD) de Volhynie. On estime à 10 000 le nombre de policiers formés et armés qui, au printemps 1943, rejoignirent les rangs de la future armée insurrectionnelle ukrainienne.

« Police auxiliaire ukrainienne », Wikipédia, fr.wikipedia.org, section « Rôle dans la formation de l’armée insurrectionnelle ukrainienne ».
https://fr.wikipedia.org/wiki/Police_auxiliaire_ukrainienne
D’autre part, la « Résolution de la Diète sur l’hommage aux victimes du génocide commis par les nationalistes ukrainiens sur les citoyens de la Deuxième République polonaise dans les années 1943-1945 », votée le 22 juillet 2016, indique les auteurs suivants des massacres :

- Juillet 2016 marque le 73e anniversaire de l’apogée du crime commis contre la population civile des régions frontalières orientales de la Seconde République polonaise par les unités de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), ainsi que la division SS Galizien et d’autres formations ukrainiennes collaborant avec les Allemands -

« National Day of Remembrance of the Victims of the Genocide of the Citizens of the Polish Republic Committed by Ukrainian nationalists », Wikipedia, en.wikipedia.org, section « History of establishment » : « On July 22, 2016, the Sejm established this memorial day in memory of the victims of the Volyn massacre of the Polish population, organized by the fighters of the OUN, UPA, SS Galicia division and other Ukrainian formations during World War II. (5) », note 5 : cette note 5 est en polonais ; en cliquant dessus, on obtient le compte rendu de la résolution en polonais ; la citation est tirée de ce compte rendu traduit par Microsoft.
https://en.wikipedia.org/wiki/National_Day_of_Remembrance_of_the_Victims_of_the_Genocide_of_the_Citizens_of_the_Polish_Republic_Committed_by_Ukrainian_Nationalists
 

29.  « Massacres des Polonais en Volhynie », section « Débat ».
 

30. Ibid., section « Massacres ».
 

31.  « Massacres of Poles in Volhynia and Eastern Galicia », section « Massacres », sous-section « Volhynia », sous-sous-section « August wave of massacres », note 112 : « Motyka 2006, p. 346-347. » (voir note 56 à la note 21), note 113 : « Motyka 2006, p. 347. » (voir note 56 à la note 21).
 

32. Ibid., section « Massacres », sous-section « Atrocities », ainsi que sous-section « Volhynia », sous-sous-section « July wave of massacres ».
« Ukrainian Insurgent Army », section « Poland », sous-section « Massacres of Poles in Volhynia and Eastern Galicia ».
 

33.  « Massacres of Poles in Volhynia and Eastern Galicia », section « Massacres », sous-section « Atrocities », note 158 : « ʺNie tylko Wolyńʺ 2009-06-04 at the Wayback Machine, Piotr Lossowski, Przeglad, 28/2003 », note 52 : « Matthew J. Gibney, Randall Hansen, Immigration and Asylum, page 204. books.google.com. Retrieved on 11 July 2011. ». 
 

34. Ibid., section « Massacres », sous-section « Eastern Galicia », sous-sous-section « Ethnic cleansing », note 52 : voir note 52 à la note 33
 

35. « Massacres des Polonais en Volhynie », section « Débat ». Cité également dans la note 28.
 

36.  « Massacres of Poles in Volhynia and Eastern Galicia », section « Massacres », sous-section « Atrocities », note 155 : « Mark Mazower, Hitler’s Empire, pages 506-507. Penguin Books 2008. ISBN 978-0-14-311610-3 ».
 

37.  Ibid., section « Responsibility », note 193 : « ʺHistorical Galleryʺ. 28 August 2003. Archived from the original on 28 August 2003. Retrieved 26 March 2017. ».


 

38. Ibid., début de l’article, ainsi que section « Background », sous-section « Second World War », sous-sous-section « Polish-Ukrainian antagonism ». Voir aussi note 36.
 

39. « Massacres des Polonais en Volhynie », section « Débat ».
 

40.  « Massacres of Poles in Volhynia and Eastern Galicia », section « Background », sous-section « Second World War », sous-sous-section « Polish-Ukrainian antagonism », note 75 : « Snyder 2003a, p. 168. » (voir note 6).
 

41. « Massacres des Polonais en Volhynie », section « Massacres ».
 

42. Ibid. 
 

43.  « Massacres of Poles in Volhynia and Eastern Galicia », section « Massacres », sous-section « Eastern Galicia », sous-sous-section « Ethnic cleansing », note 34 : « A. Rudling. Theory and Practice. Historical representation of the wartime accounts of the activities of OUN-UPA (Organization of Ukrainian Nationalists-Ukrainian Insurgent Army). East European Jewish Affairs. Vol. 36. No. 2. December 2006. pp. 163-179. ».
 

44. « The Nazi occupation of Soviet Ukraine », Britannica, www.britannica.com, section « Ukraine reunited under Soviet rule ».
https://www.britannica.com/place/Ukraine/The-Nazi-occupation-of-Soviet-Ukraine
 

45. « Massacres of Poles in Volhynia and Eastern Galicia », section « Massacres », sous-section « Eastern Galicia », sous-sous-section « Ethnic cleansing ».
 

46. Ibid., début de l’article.
 

47. Ibid.
 

48.  Ibid., section « Number of victims », sous-section « Ukrainian casualties », note 9 : « Timothy Snyder (24 February 2010). ʺA Fascist Hero in Democratic Kievʺ. The New York Review of Books. NYR Daily. ʺBandera aimed to make of Ukraine a one-party fascist dictatorship without national minorities.... UPA partisans murdered tens of thousands of Poles, most of them women and children. Some Jews who had taken shelter with Polish families were also killed.ʺ 
 

49. Ibid., section « Massacres », sous-section « Volhynia », sous-sous-section « Creation of UPA and the Ukrainian anti-German uprising », note 76 : « Snyder 2003a, pp. 164-5. » (voir note 6). 
 

50. Ibid., section « Classification as genocide », sous-section « Polish view » : 
« A number of Polish authors, especially on the right, have labelled the Volhynia massacres worse than Nazi or Soviet atrocities in terms of their brutality, though not in scale, as so many of the victims were tortured and mutilated. (225) »
Note 225 : 

Portnov, Andrii. “Clash of victimhoods : the Volhynia Massacre in Polish and Ukrainian memory”. openDemocracy. Retrieved 29 October 2020. “Inside Poland, groups and societies of Kresowianie (often, but not always, descendants of Poles from the eastern borderlands) raised the Volhynian topic intensively. They were the devoted promoters of the topic of the Volhynian massacre in terms of national martyrdom and “neglected genocide”. One of the authors even proposed to call Wolyn 1943 a “genocidium atrox” (extreme genocide) to stress the exceptional brutality of killing, which, according to him, “surpass Soviet and Nazi atrocities”. Another influential rightwing essayist claimed that Ukrainian nationalism “exceeds other nationalisms (including the Nazi one) in praising killings and unrestrained apology of brutality”.”

Traduction de Microsoft :
 « Un certain nombre d’auteurs polonais, en particulier à droite, ont qualifié les massacres de Volhynie de pires que les atrocités nazies ou soviétiques en termes de brutalité, mais pas d’échelle, car tant de victimes ont été torturées et mutilées. (225) »
Note 225 : 

Portnov, Andrii. « Choc des victimes : le massacre de Volhynie dans la mémoire polonaise et ukrainienne ». openDemocracy. (consulté le 29 octobre 2020) “En Pologne, des groupes et des sociétés de Kresowianie (souvent, mais pas toujours, des descendants de Polonais des régions frontalières orientales) ont soulevé intensément le sujet de la Volhynie. Ils ont été les promoteurs dévoués du thème du massacre de Volhynie en termes de martyre national et de « génocide négligé ». L’un des auteurs a même proposé de qualifier Wolyn [Volhynie] 1943 de « genocidium atrox » (génocide extrême) pour souligner la brutalité exceptionnelle des tueries qui, selon lui, « surpassent les atrocités soviétiques et nazies ». Un autre essayiste de droite influent a affirmé que le nationalisme ukrainien « dépasse les autres nationalismes (y compris le nationalisme nazi) en faisant l’éloge des meurtres et en faisant l’apologie sans retenue de la brutalité ».”      

51.  Voir note 225 à la note 50.
 

52. Ibid.
 

53.  « Massacres of Poles in Volhynia and Eastern Galicia », section « Massacres », sous-section « Atrocities », note 152 : « Ferguson, Niall (2006). The War of the World : Twentieth-Century Conflict and the Descent of the West. New York : Penguin Publishing. pp. 455-456. ISBN 1-59420-100-5. », note 153 : « Siemaszko, Ewa (2013). “The July 1943 genocidal operations of the OUN-UPA in Volhynia”. Zbrodnia Wolyńska : 3. ».
 

54. Andrii Portnov, « Clash of victimhoods : the Volhynia Massacre in Polish and Ukrainian memory », trad. par Google, openDemocracy, www.opendemocracy.net/en/, 16 novembre 2016, section « Wolyn 1943 on Ukraine’s landscape of memory ».
https://www.opendemocracy.net/en/odr/clash-of-victimhood-1943-volhynian-massacre-in-polish-and-ukrainian-culture/
Ce texte est cité par Wikipedia : voir note 50.
 

55. Ibid.
 

56. Ibid.  
Ce statut spécial a été accordé en 2015 par le président ukrainien d’alors, Petro Porochenko, entre autres aux anciens combattants de l’UPA et de l’OUN, qui ont depuis lors bénéficié d’un hommage national le 14 octobre. 
En 2018-2019 (loi signée à la fin de décembre 2018 et entrée en vigueur le 26 mars 2019), Porochenko leur a accordé le statut officiel d’anciens combattants, ce qui leur donne droit à tous les avantages des anciens combattants, à savoir une aide financière annuelle, la gratuité du transport public, des services médicaux subventionnés, etc.
Il y avait encore, au 23 mai 2018, jusqu’à 1201 anciens combattants encore en vie de l’OUN, de l’UPA de Bandera et de l’UPA de Borovets devenue l’Armée révolutionnaire du peuple ukrainien. La plupart d’entre eux avaient entre 80 et 90 ans.
Illia Ponomarenko, « Former WWII nationalist guerrillas granted veteran status in Ukraine », Kyiv Post, www.kyivpost.com, 26 mars 2019.
https://www.kyivpost.com/post/7148
Cet article est cité par Wikipedia :
« Ukrainian Insurgent Army », début de l’article : « In March 2019, surviving UPA members were officially granted the status of veterans by the government of Ukraine. (21) », note 21 : « “Former WWII nationalist guerrillas granted veteran status in Ukraine”. Kyiv Post. 26 March 2019. Archived from the original on 17 August 2022. », cette note 21 apparaît aussi à la section « 2019 official veteran status ».
 

57.  Voir note 225 à la note 50.

 



9 réactions


  • Christophe 11 juin 16:01

    L’un de ces documents de référence de l’OUN s’appelle : La doctrine de guerre des nationalistes ukrainiens. Son contenu ne souffrait d’aucune ambiguïté : Notre soulèvement, n’est pas destiné à changer seulement l’ordre politique. Il doit nettoyer l’Ukraine de l’élément étranger et hostile et de notre élément misérable. (...) Plus l’élément étranger sera tué au cours du soulèvement, plus il sera facile de reconstruire l’État ukrainien et plus il sera fort.


    La doctrine de l’OUN préconisait le meurtre de masse, le génocide pour rendre l’Ukraine pure ethniquement, à savoir avec exclusivement des ukrainiens. Les polonais en ont fait les frais.


    • V_Parlier V_Parlier 12 juin 16:50

      @Christophe
      Quand je pense que depuis 2014 tant de gens ont publié de tels articles pour sensibiliser la population, et que ça n’a servi à rien ! Même les hommes politiques soi disant « pro-russes » ont lâchement pris le parti de l’Ukraine post-Maidan « juste un peu mais pas trop », se retrouvant aujourd’hui le cul entre deux chaises quand il s’agit de critiquer la propagande de guerre macro-européiste.


  • njama njama 11 juin 16:26

    @ l’auteur, André Lafrenaie

    Pour le contexte historique général, bien avant WW2, pour sortir du cliché simpliste antisémitisme vs nazisme, et, où l’on découvre que tous les pogroms n’étaient pas antisémites comme on nous les présente trop souvent  !... :

    L’anticommunisme, profession des sionistes écrit par N. Bolchakov et publié par Novosti en 1972
    En particulier, il nous explique que le sionisme est l’idéologie de la classe dominante juive et qu’il est donc forcément anticommuniste. Mais aussi, il dénonce les nombreuses compromissions du sionisme avec Hitler et les nazis. Ce petit livre est bourré de références prouvant ce qu’il raconte. au format PDF :

    http://mai68.org/spip/IMG/pdf/L-anticommunisme_profession_des_sionistes.pdf
    http://mai68.org/spip/spip.php?article4974

    (page 7 à 10) « On ne saurait fermer les yeux sur le fait que l’idéologie sioniste, pétrie de mysticisme judaïque, de vociférations nationalistes et conceptions racistes cherchant à prouver la suprématie de la « nation élue de Dieu » sur tous les autres peuples, relevée de démagogie sociale impudente, agit surtout sur des gens croyants, idéologiquement instables et politiquement inavertis. Les bonzes du sionisme font tout d’abord appel à l’émotion et non à la pensée, tablent sur l’ignorance de ceux qui ignorent le passé aussi bien que le présent du sionisme. Ils préfèrent aujourd’hui passer sous silence les raisons, le moment historique et les modalités de l’apparition du sionisme, pourquoi la corporation sioniste internationale a eu besoin de créer un « foyer national ». Or, le sionisme n’est apparu en tant que « mouvement de libération nationale du peuple juif » , comme le prétendent les sionistes, mais comme une entreprise capitaliste. »...

    On sait que le Trust colonial juif (T.C.J.) créé par l’Organisation sioniste mondiale en 1898* était, selon Nahum Sokolow, l’un des premiers théoriciens du sionisme, un instrument financier du mouvement sioniste dans la poursuite de l’objectif principal : le développement industriel et commercial de la Palestine et des pays voisins [9]. Il s’agissait donc d’une entreprise capitaliste. Son capital initial était d’environ deux millions de livres, somme considérable pour l’époque. Les colonialistes britanniques étaient intéressés au succès de l’entreprise. Dans le sionisme, ils voyaient un moyen de combattre le mouvement de libération nationale au Proche-Orient, une sorte de « corps de janissaires » pour la protection des frontières de l’empire britannique. Mais à l’époque déjà, les objectifs du sionisme dépassaient de loin la simple colonisation de la Palestine. Créer un « foyer national » . Peu importe où : puisqu’on envisageait l’organisation d’un « État juif » en Ouganda ou en Argentine. [10] Cela était nécessaire à la grande bourgeoisie juive, étroitement liée à l’impérialisme, surtout pour garder sous son influence les masses des travailleurs juifs. V. Jabotinski ne le cachait pas : « C’est avec un vif regret que je vais devoir décevoir le lecteur naïf qui a toujours cru que nous étions enfermés dans le ghetto par la mauvaise volonté du pape ou d’un quelconque Kurfürst [un prince]
    Bien sûr il nous a enfermés, mais seulement quand nous l’avions déjà fait nous-mêmes, depuis plusieurs siècles. Nous avons nous-mêmes, de notre plein gré, créé le ghetto. (Souligné par l’auteur). Ceci a duré jusqu’au moment où commença en Europe la marche victorieuse de la grande révolution industrielle. Pendant toute la première moitié du XIX° siècle, cette marche appliquait dans presque chaque État l’égalisation des classes, faisait éclater les collectivités fermées. Deux antiques « palissades » furent les plus éprouvées : celle qui entourait le village et celle qui encerclait le ghetto.
    C’est à ce moment que naquit et s’organisa avec une force surprenante un sionisme étatique actif. Les instruments artificiels du particularisme national ne pouvant plus tenir, il devient urgent de prendre en main le moyen naturel de particularisme : le territoire national. » [11]
    L’isolement des Juifs au sein de ghetto fut un moyen commode pour la bourgeoisie juive et les serviteurs du culte de tenir les Juifs pauvres, de s’enrichir à leur dépens. L’écroulement de la « palissade » encerclant le ghetto a eu pour résultat que dans les pays européens les travailleurs d’origine juive se sont mis à participer de plus en plus activement à la lutte de classe contre le capitalisme, aux mouvements révolutionnaires. Les détacher de ce combat, les enfermer dans un nouveau ghetto, spirituel cette fois-ci, telle fut la mission sociale confiée au sionisme par la bourgeoisie dont il était l’œuvre. Lénine écrivait en 1903 : « Est-il possible que l’on puisse invoquer le hasard pour expliquer que précisément les forces réactionnaires de toute l’Europe, et surtout de Russie, s’insurgent contre l’assimilation des Juifs et s’efforcent de perpétuer leur particularisme ? » [12]
    L’histoire de la Russie et de toute l’Europe fournit de nombreux exemples confirmant que la réaction était intéressée au succès du sionisme. (...) »


    • njama njama 11 juin 16:29

      (Page 12) Dès 1905, Jabotinski écrivait : « Comme argument de propagande sioniste, l’antisémitisme, surtout « érigé en principe », est évidemment très commode et très utile. » [18] C’est précisément pour cette raison que, pendant la guerre civile, Jabotinski collabora avec Pétlioura. C’est pour cela que les sionistes ont siégé dans le gouvernement de Dénékine, du hetman Skoropadski, de Pétlioura, de Wrangel, ont formé des unités sionistes qui combattaient, les armes à la main, contre le pays des Soviets.

      « Je me souviens de l’arrivée de Jabotinski en Ukraine, dit un témoin oculaire de l’événement, Chaïm Davydovitch Okner, qui habite à présent Douchanbé. A Lamenetz-Podoski, il fut accueilli avec le pain et le sel par Pétlioura et Vinnitchenko. Ils savaient bien qu’ils pouvaient s’entendre. Jabotinski ne se préoccupait guère des Juifs pauvres dans l’assassinat desquels il avait joué un rôle qui n’était pas des moindres en aidant Pétlioura à organiser les pogroms. Il avait le même but qu’eux : détruire, noyer dans le sang le pouvoir des soviets, même au prix de centaines de milliers de vies juives. »

      [18] V. Jabotinski. Critique du sionisme, Odessa 1905, éd.russe.


    • leypanou 11 juin 22:09

      @njama
      Est-ce vous le Njama dont parle l’AIMSIB dans cet article  ?


    • njama njama 11 juin 22:44

      @leypanou

      oui c’est bien moi Plusieurs fois mes commentaires sur Avox ont été supprimés sans explications… Je prends mes distances Bien à toi njama


  • njama njama 11 juin 16:47

    @ l’auteur, André Lafrenaie

    Toujours pour contextualiser...bien avant ww2

    QUAND LA HAINE DU COMMUNISME ALIMENTAIT L’ANTISÉMITISME

    En Ukraine, des pogroms dont l’Occident se lavait les mains
    par Jean-Jacques Marie, Le Monde Diplomatique, décembre 2019

    Le 21 janvier 2019, à Kiev, le vice-premier ministre et le ministre de la culture ont inauguré, devant le n° 2-4 de la rue qui porte son nom, un bas-relief représentant Simon Petlioura, commandant en chef, en 1918-1920, des troupes nationalistes ukrainiennes. Considéré par les autorités comme un héros national, Petlioura, déjà honoré par une statue inaugurée en octobre 2017 à Vinnytsia, au sud-ouest de Kiev, porte pourtant la responsabilité de pogroms dans lesquels périrent des dizaines de milliers de Juifs.

    Ces massacres ont eu lieu au cours de la guerre civile qui opposa principalement les bolcheviks aux armées « blanches » (contre-révolutionnaires) sur les terres de l’ancien empire tsariste. Aux yeux de ses ennemis, la révolution bolchevique était un complot juif ; par extension, derrière tout Juif se dissimulait un communiste. Au total, quelque 1 500 pogroms dévastèrent la Russie, la Biélorussie et surtout l’Ukraine (1), où ce stéréotype exprimait toute sa puissance dévastatrice, alors que la dislocation de l’empire russe avivait les aspirations à l’indépendance.

    Ces affrontements débridèrent un antisémitisme séculaire. Au milieu des tirs croisés, les pogroms firent en Ukraine cent mille morts et autant de blessés. Ils saccagèrent les demeures d’un demi-million de personnes, transformées en mendiants et en vagabonds. La majorité d’entre eux ressemblèrent à celui qui, les 15 et 16 février 1919, ravagea la bourgade de Proskourov (aujourd’hui Khmelnytsky). Selon le responsable du département d’aide aux victimes des pogroms de la Croix-Rouge russe en Ukraine, les soldats d’une unité de l’armée nationaliste de Petlioura « forçaient les portes des maisons, sortaient leur sabre et commençaient à tuer tous les Juifs qui leur tombaient sous la main, sans distinction d’âge ou de sexe. Ils tuaient les vieillards, les hommes, les femmes et les enfants. (…) Ceux qui étaient dans les caves étaient tués à la grenade (2) ». La veille, rapporte le journaliste Albert Londres, leur chef avait menacé les habitants par voie d’affichage : « J’engage la population à cesser ses manifestations anarchiques. J’attire là-dessus l’attention des youpins (3). »

    Bientôt, les pogroms gagnent Kiev.(...)
    lire l’article :
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/12/MARIE/61095


  • juan 12 juin 16:50

    Considérer cette guerre comme une punition des Ukrainiens, n’est pas très élégant, dois-je rappeler Oradour et les « malgré-nous » de la division Das Reich... Avant de critiquer sous couvert de faits historiques ce qui se passe chez les autres, il serait judicieux de voir ce qui s’est passé à la même époque chez nous...


    • V_Parlier V_Parlier 12 juin 21:16

      @juan
      A la même époque en France, même s’il y a eu des horreurs et des collabos, ça n’a pas pris une telle dimension. D’ailleurs, peut-être que ça a manqué à certains. Qu’on ne s’étonne donc pas que les pseudo-bisounours-démocrates d’Europe soutiennent des bandéristes.


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