mardi 4 octobre 2011 - par Renaud Bouchard

UMP : vers le coup d’Etat feutré et la mise en place d’un autre candidat à la candidature pour 2012

« La rébellion n’est pas contre le pouvoir, elle est une protestation contre un pouvoir qui franchit ses limites. Ensuite, elle peut changer de nature, d’affectivité et déboucher vers une remise en cause radicale de ce pouvoir, c’est-à-dire la révolution. La France rébellionnaire est une réalité vivante et profonde, elle constitue même un mode collectif qui a fait du heurt et de la rupture le principe même du changement dans ce pays. » 

 Jean Nicolas

 

L’histoire constitutionnelle de la Vè République finissante retiendra que c’est un président de droite qui, par tout son comportement, sa manière d’être, d’agir, de faire, aura fait basculer le Sénat à gauche à la suite d’un processus de rejet de toute une politique. La majorité ayant sous-estimé les conséquences de sa réforme des collectivités locales, la conjonction des effets sur le territoire du désengagement des services de l’Etat, de la suppression de la taxe professionnelle, de la réforme territoriale, alliée, sur fond de crise économique, à l’impact désastreux d’une succession ininterrompue d’affaires politico-financières, aura légitimement nourri l’exaspération de tout un socle d’élus ruraux.

Partagée entre ceux qui ouvrent aujourd’hui les yeux sur les perspectives peu engageantes de leur fourvoiement pour avoir soutenu ou été aux côtés de M. Nicolas Sarkozy et ceux qui, trop engagés pour reculer ou se dédire, voient venir la perte prochaine de leurs fonctions ou mandats électoraux, la majorité présidentielle n’attend plus qu’un signe pour se disloquer et mettre en avant un nouveau « candidat à la candidature », susceptible sinon de renverser la vapeur, à tout le moins de sauver les meubles.

L’idée faisant son chemin, il reste que le choix d’un nouveau champion issu du sérail ou du marigot interne risque fort d’être vain ou préjudiciable dans la mesure où le vrai socle électoral qui vient de manifester son rejet de toute la politique présidentielle – la véritable droite républicaine – n’a peut-être pas envie de se reconnaître et de délivrer un blanc-seing à des chevaux de retour marqués par des affaires qui ont déjà valu pour certains ou sont peut-être en passe pour d’autres, du fait d’agissements et compromissions inadmissibles, le passage devant les tribunaux.

Coulée par ses "affaires", la majorité présidentielle est en train de faire naufrage. 

Nombre de parlementaires n’ayant aujourd’hui probablement plus envie de se lier à des comportements qu’ils réprouvent autant que leur électorat, lequel n’hésitera pas à les sanctionner définitivement s’il comprend que malgré les coups de semonce aucun changement de cap n’intervient, sous l’autorité d’un nouveau capitaine, chacun a compris que le moment et l'heure d'agir étaient proches. 

Telle est la situation d’une droite républicaine qui ne demande plus aujourd’hui qu’à faire confiance en celui qui saura porter ses couleurs, prête à investir un président de haut parage, volontaire, déterminé, courageux, honnête, fort d’une légitimité incontestable, capable et suffisamment sûr de lui pour se débarrasser des branches mortes et envoyer définitivement au pâturage les éternels chevaux de retour. 

Plus que jamais s’impose donc dans la droite républicaine la nécessité d’élections primaires ou d’une consultation qui permettra de présenter un candidat qui saura signifier à l’actuel président de la République - mais aussi au gouvernement dont il s'est doté - que son mandat est désormais terminé et que le temps de la passation de pouvoir est commencé.

 Point n’est besoin pour l’encore actuel président de la République de lire ou relire Edward Luttwack ou Curzio Malaparte : les jeux sont faits et le coup d’Etat feutré est déjà en marche au sein de la majorité présidentielle. 

Seul son vainqueur demeure encore inconnu.

 

 Source :

 Jean Nicolas, La rébellion française (1661-1789), Folio histoire.

http://www.lesinfluences.fr/Il-a-etudie-1800-rebellions.html



13 réactions


  • penajouir penajouir 4 octobre 2011 11:12

     Un coup d’Etat feutré, comme un pet alors ? Donc, il devrait partir par la fenêtre en sifflant pour, maudit méthane, trouer la couche d’ozone.



  • MEMES SES TROUPES NE LE SUIVENT PAS CE PETIT MAFIEUX D EMPEREUR D’
     
    OPERETTE................


  • dawei dawei 4 octobre 2011 14:14

    la divine Main Invisible du Marché avait déja élu DSK pour remplacer Sarkozo, or DSK a été victime d’un coup monté (comme un ane), Le Grand Architecte de la Ripoublique Ploutocratique de France l’a déja remplacé par Hollande.
    Bref, La Divine Providence Oligarchique qui fait la pluie et le beau temps politique a déja évincé Sarkoze, depuis longtemps, le job ayant été fait plus vite que prévu , et sans subtilité (agraver la dette, distribuer de cadeaux fiscaux, faire le traité de Lisbonne contre l’avis du peuple, diviser les français par catégories et sous categories, preparer le relais pour la suite de l’agenda au PS ...).


  • doctorix, complotiste doctorix 4 octobre 2011 16:56

    "...faire confiance en celui qui saura porter ses couleurs, prête à investir un président de haut parage, volontaire, déterminé, courageux, honnête,..."
    L’ennui, c’est que quand on possède ces qualités, on n’est pas à l’UMP.
    Surtout la dernière...


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 octobre 2011 20:19

    @ Doctorix


    Vous avez raison ; quand on possède les qualités que j’évoque, on n’est pas à l’UMP. De toute manière, il est évident que l’UMP, qui n’aura été qu’une coalition de circonstance, a vécu. Elle est morte et il n’y a que quelques thuriféraires du genre de J-F. Copé pour croire qu’elle peur encore vivre. Entre J-L. Borloo qui vient d’abandonner le navire en perdition, R. Yade qui s’est trompée de cheval, victime de son opportunisme, D. de Villepin qui a lui-même quitté la formation qu’il a créée, on voit bien que la débandade est probable et que les bandes de déserteurs cherchant à se rallier à qui sauvera leurs mandats vont apparaître au grand jour.

    Bien à vous,

    Renaud Bouchard

  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 octobre 2011 20:20

    @ Doctorix


    Vous avez raison ; quand on possède les qualités que j’évoque, on n’est pas à l’UMP. De toute manière, il est évident que l’UMP, qui n’aura été qu’une coalition de circonstance, a vécu. Elle est morte et il n’y a que quelques thuriféraires du genre de J-F. Copé pour croire qu’elle peut encore vivre. Entre J-L. Borloo qui vient d’abandonner le navire en perdition, R. Yade qui s’est trompée de cheval, victime de son opportunisme, D. de Villepin qui a lui-même quitté la formation qu’il a créée, on voit bien que la débandade est probable et que les bandes de déserteurs cherchant à se rallier à qui sauvera leurs mandats vont apparaître au grand jour.

    Bien à vous,

    Renaud Bouchard

  • Fergus Fergus 4 octobre 2011 23:40

    Bonsoir, Renaud.

    Comme je l’ai indiqué en réponse à votre commentaire sur mon article du jour, je ne crois pas trop à un « coup d’état feutré ». Non que la tentation n’existe pas (de plus en plus d’élus UMP ne cachent plus leur désir de changement), mais le calendrier, chaque jour un peu plus resserré, interdit désormais tout « changement de monte » comme on dit aux courses.

    Cela dit, un coup de théâtre est toujours possible, pour peu que les oligarques proches de l’UMP se décident à lâcher Sarkozy. On aurait droit alors à un beau numéro de faux-cul pour expliquer le renoncement, probablement pour une fallacieuse raison médicale. Mais ce n’est pas l’hypothèse la plus probable, car le candidat de substitution, lancé trop tard dans l’arène dans un contexte particulièrement difficile, n’aurait guère de chances de faire mieux que Sarkozy en 2012.

    Cordialement.


    • bigglop bigglop 5 octobre 2011 02:12

      Bonsoir Fergus,
      Personnellement, je souhaite que le « Grand » Sarkozy 1er soit le candidat unique de l’UMP pour 2012, car la probabilité qu’il parte sera maximale.
      Il faut tenir compte d’une attitude qui s’est développée au sein des candidats UMP au fur et à mesure des élections intermédiaires, municipales, cantonales, régionales, européennes, à savoir que de plus en plus de candidats choisissaient des étiquettes « neutres » sans mention d’appartenance à l’UMP.
      Ceci est la conséquence de la politique de la DRGPP, de la réforme des retraites, de la suppression de la taxe professionnelle, du transfert de compétences de l’Etat aux Régions, Conseils Généraux sans la totalité des financements, exemple de l’APA (allocation personna- lisée d’autonomie), mais aussi de la « gestion » de la crise financière depuis 2008, alors que la France présidait les G7, G20, mais aussi la Commission Européenne.
      Après le passage à « gauche » du Sénat, pratiquement toutes les conditions sont réunies pour un « coup d’état » interne venant des élus de différentes tendances, gaullistes, sociaux-démocra tes, villepinistes, et ce serait, peut-être la fin du « sarkozysme », idéologie néo-conservatrice.
      Le candidat « préféré » pourrait être Alain Juppé (malgré sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs du RPR/Mairie de Paris en 2004), lequel n’a jamais caché ses ambitions présidentielles et qui possède une « carrure » internationale de par son expérience ministérielle.
      Dans ce cas, l’alternance pourrait être compromise car les candidats de l’opposition ne possèdent pas un tel « pedigree » qui pourrait « rassurer » une majorité d’électeurs conservateurs ou qui se disent républicains.
       


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 5 octobre 2011 08:56

    @ Bonjour Fergus et Bigtop


    Je vous remercie de vos observations. Elles traduisent un sentiment commun, une possibilité de voir se dessiner quelque chose, une réaction politique dans et de la part de ce tissu constitué d’élus locaux qui font la France.

    Je ne pense pas qu’il puisse y avoir un « candidat de substitution » comme l’évoque Fergus, issu du sérail. l’UMP ne dispose en effet d’aucun cheval de remonte sérieux, des candidats tels que MM. Fillon, Juppé, ou Copé étant soit de peu d’envergure, soit déjà grillés par un passé judiciaire incompatible avec la fonction de président de la République, soit déjà compromis dans le marécage des affaires politico-financières avant même que d’avoir exercé le pouvoir.Si l’on ajoute à cela que le parti est verrouillé pour éviter qu’aucune tête ne dépasse, sa structure est en passe de devenir un vrai bloc de rouille. L’UMP est liquidé.

    Je pense que - pour reprendre votre expression qui est bien venue - que les « oligarques » qui ont créé le président ont compris que le quinquennat est déjà terminé et que la perte de légitimité qui se lit dans la réaction que le basculement du Sénat vient de concrétiser compromet irrémédiablement l’avenir politique de l’intéressé.

    Le redressement ne peut venir que de l’extérieur, sous la forme d’un candidat étranger à toute compromission politique. Pareil candidat, de par sa nouveauté, serait soutenu précisément par tous ces élus qu’évoque Bigtop et qui sont l’émanation d’une droite qui n’entend pas disparaître dans le naufrage du pseudo « candidat naturel », lequel, ne représente plus que lui-même.

    Des signaux faibles - toujours très instructifs - montrent que rien n’est joué.

    Bien à vous,

    Renaud Bouchard





  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 5 octobre 2011 09:01

    @ Bonjour Fergus et Bigtop


    Je vous remercie de vos observations. Elles traduisent un sentiment commun, une possibilité de voir se dessiner quelque chose, une réaction politique dans et de la part de ce tissu constitué d’élus locaux qui font la France.

    Je ne pense pas qu’il puisse y avoir un « candidat de substitution » comme l’évoque Fergus, issu du sérail. l’UMP ne dispose en effet d’aucun cheval de remonte sérieux, des candidats tels que MM. Fillon, Juppé, ou Copé étant soit de peu d’envergure, soit déjà grillés par un passé judiciaire incompatible avec la fonction de président de la République, soit déjà compromis dans le marécage des affaires politico-financières avant même que d’avoir exercé le pouvoir.Si l’on ajoute à cela que le parti est verrouillé pour éviter qu’aucune tête ne dépasse, sa structure est en train de devenir un vrai bloc de rouille. 

    L’UMP est liquidé.

    Je pense - pour reprendre votre expression qui est bien venue - que les « oligarques » qui ont créé le président et qui l’ont porté au pouvoir ont compris que le quinquennat est déjà terminé et que la perte de légitimité qui se lit dans la réaction que le basculement du Sénat vient de concrétiser compromet irrémédiablement l’avenir politique de l’intéressé.

    Le redressement ne peut venir que de l’extérieur, sous la forme d’un candidat étranger à toute compromission politique. Pareil candidat, de par sa nouveauté, serait cette fois-ci soutenu précisément par tous ces élus qu’évoque Bigtop et qui sont l’émanation d’une droite qui n’entend pas disparaître dans le naufrage du pseudo « candidat naturel », lequel ne représente plus que lui-même.

    Des signaux faibles - toujours très instructifs - montrent que rien n’est joué.

    Bien à vous,

    Renaud Bouchard


    • bigglop bigglop 5 octobre 2011 13:01

      Bonjour Renaud,
      Je ne suis pas chasseur, mais quand un animal est blessé, il fait face et charge désespérément.
      Aujourd’hui, la « bête » est blessée et n’en est que plus dangereuse.

      « Le ventre est encore fécond, d’où est sortie la bête immonde » Bertold Bercht


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 10 octobre 2011 17:07


    L’amateur de Brecht devrait apprécier ceci que vous pourrez lire sur le lien suivant :

  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 10 octobre 2011 17:08

    @ BigTop



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