Si l'idée d'une "parole" qui descend dans le monde a "engendré" une réflexion plutôt positive pour l'évolution de la Société, il n'en reste pas moins que les textes évangéliques qui en sont la trace, comme ceux de l'Ancien testament d'ailleurs, doivent être interprétés dans le contexte de leur époque. Pour mieux comprendre cet article, relisez : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-christ-est-il-ressuscite-a-128903
Selon la première épître de Jean, la "Parole" est bien descendue dans la "chair" du monde. Le prologue de l'évangile de Jean l'a proclamé. Les Juifs de Jérusalem - les siens - ne l'accueillent pas au contraire de la communauté essénienne (ma traduction s'inspire de celle de M. Tresmontant pour les mots soulignés et de la Bible d'Osty pour les extraits de texte ; les guillemets et les parties en italiques rajoutées et explicatives sont de moi). C'est ainsi que nous avons "connu" Jésus lorsqu'il s'est "manifesté" au sein de la communauté (la grande communauté essénienne est conseil de Dieu, même s'il existe un conseil restreint permanent). C'est ainsi que Jésus a souffert, portant avec les membres de la communauté la bonne parole dans le monde jusqu'au sacrifice de sa - leur - vie. Il est - ils sont - le Fils de Dieu, Fils de l'homme, que le Père a envoyé au monde pour le sauver et nous sauver. Témoins que nous avons été de son - leur - amour pour nous jusqu'au sacrifice suprême, nous savons enfin, par ce sang versé qui lave nos péchés, que Dieu nous aime. Dieu, personne ne l'a vu, mais lui nous l'a fait connaître. il nous a donné de Son esprit. C'est ainsi que Dieu est en nous et qu'Il y demeure si nous continuons à nous aimer les uns les autres. C'est ainsi que nous aurons la vie éternelle.
Ce Jésus qui s'est "manifesté" et qui peut se manifester encore, il faut se tenir toujours prêt à l'accueillir. Dans l'évangile de Jean, premier évangile et non quatrième, il nous a promis la vie éternelle. Ayons confiance, car il se tient, dans le ciel, à la droite du Père, et il sera pour nous un avocat (Paraclet), même s'il nous arrive de pécher.
... l'esprit que vous avez reçu de lui demeure en vous... demeurez-en lui, pour que, s'il vient à se manifester de nouveau - Jésus - nous ayons de l'assurance, et non pas la honte de nous trouver loin de lui lors de sa venue.
... Voyez quel amour nous a donné le Père... Nous savons que si, Lui, vient à se manifester - le Père - nous serons semblables à Lui, parce que nous Le verrons comme Il est.

Les exégètes se sont assez peu intéressés à ce texte pourtant capital. Est-ce parce qu'on ne peut le comprendre vraiment qu'en le projetant sur un ciel astrologique auquel nous ne croyons plus ? (Voyez la vision d'Ezéchiel dans la ciel de Gourdon !) Dommage ! Car la question qu'il fallait poser, par delà les siècles, à l'auteur de cette épître - un peu trop évasive - est la suivante : « Cet esprit de Jésus s'est-il révélé dans le membre par excellence d'une communauté ? » Nous reformulons notre question d'une manière plus traditionnelle : « Jésus/individu s'est-il révélé comme Dieu ou fils de Dieu en ressuscitant - dans un corps humain - comme on le lit, semble-t-il, "littéralement" dans l'évangile de Jean ? » A la lecture de l'épître précitée, il ne semble pas.
L'auteur n'évoque nulle part le miracle capital de la résurrection du Christ qui sera pourtant le fondement de la foi de saint Paul. Il ne parle, en ce qui concerne Jésus, que de "manifestations". Pour lui, l'événement capital sera le moment où le Père, en personne, se manifestera. Nous Le verrons alors comme Il est, et notre joie sera grande de constater que nous sommes semblables à Lui.
Leur première erreur est d'avoir écarté le Protévangile de Jacques en le rangeant dans les écrits apocryphes alors que son auteur commence pourtant son texte en précisant qu'il l'a écrit à la mort d'Hérode, c'est-à-dire, en l'an - 4, soit plus de 30 ans avant l'évangile de Jean. Leur deuxième erreur est de ne pas avoir compris que l'épître dite de Jacques accompagnait ce protévangile, l'épître étant le volet dogmatique, le protévangile, le volet historico-allégorique-prophétique, l'ensemble constituant le livre de Jacques que cite Origène. Il s'ensuit que le Jésus, Christ, de cette épître était bien dans le ciel avant d'en descendre et qu'il y est retourné après avoir "goûté" la mort comme l'explique l'épître aux Hébreux
http://www.bibracte.com/ma_lecture_de_la_bible/l_epitre_aux_hebreux_est_un_texte_essenien.html. A cela s'ajoute le fait que ces mêmes pères de l'Eglise ont pris pour argent comptant les récits de l'enfance de Luc et de Matthieu, alors que ces deux évangélistes se sont inspirés du Protévangile ainsi que d'autres textes également considérés comme apocryphes. Or, Jacques, dans son Protévangile, présentait ces récits sous forme d'allégories
http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/les-evangiles-sont-des-textes-49157
Récit historico-allégorique dans son ensemble, cet évangile se termine sous forme d'une "prophétie probable" (prophétie facile à faire, le processus romain qui conduisait le condamné depuis son arrestation jusqu'à sa mise en croix étant bien connu). De même, l'auteur, ou les auteurs de cet évangile, n'ignorait pas que, plusieurs siècles auparavant, le Livre de Daniel avait été écrit ainsi : une première partie relatant sous forme allégorique la résistance du peuple hébreu exilé à Babylone, se poursuivant ensuite par l'histoire des Maccabées, puis s'achevant, comme écrite au présent, par une partie prophétique annonçant le grande victoire finale contre les fils des ténèbres (dernière partie prophétique qui, bien évidemment, ne s'est pas réalisée comme annoncée).

Il s'agit de l'évangile d'une communauté essénienne des bords de la mer Morte du nom de Jean, dont le porte-parole surnommé le Baptiste a confié la direction du mouvement à un Jésus non encore révélé mais présent dans un conseil galiléen venu de Nazareth. Conseil légitime de par sa filiation, Jésus l'inspire de même que Yahvé, présent au sein du peuple d'Israël, inspirait jadis son action. Tout cela, je l'ai expliqué en détails dans mes ouvrages. Curieusement, aucun exégète ne s'est interrogé sur le fait que la mort de Jean n'y est pas indiquée alors que l'évangile suivant la relate, pourquoi ? L'explication que je propose est que cet évangile de Jean est, comme je viens de le dire, l'histoire d'une opposition avant la crucifixion prévisible de ses membres. Or il apparaît que cette opposition au pouvoir en place n'est pas montée sur la croix comme prévu mais qu'elle a été décimée par le glaive (cf. l'emprisonnement de Jean-Baptiste à Macheronte et sa tête présentée à Hérodiade sur un plat d'argent).
Par ailleurs, comment expliquer le témoignage de Marc écrivant qu'Hérode Antipas écoutait Jean-Baptiste avec plaisir mais qu'après l'avoir entendu, il ne savait pas quoi penser (Mc 6, 20) ? Quelle était donc la pensée de ce Jean-Baptiste, de surcroît personnage historique cité par Flavius Josèphe ? Faire surgir le Fils de Dieu dans toute sa gloire en faisant monter sur la croix toute une communauté sainte ? Car, enfin, Dieu ne pouvait pas laisser mourir son Fils qui s'y trouvait. Où bien, à défaut, prophétiser sa résurrection en esprit dans une autre communauté, trois ans après ? Et en effet, trois ans après, paraît l'évangile de Marc, puis pour terminer, l'évangile de Matthieu sur lequel se fondera l'Église de Pierre.
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/histoire-du-christ-acte-ii-de-marc-63314

Remarque : professeur émérite à la compétence unanimement reconnue, Claude Tresmontant n'a jamais pu ouvrir le débat qu'il souhaitait face aux exégètes, notamment allemands. Bien que je m'inspire de ses traductions, mais alors qu'il voit en Matthieu le premier évangile, je propose les dates suivantes : vers l'an 30 celui de Jean, celui de Marc vers l'an 33, celui de Luc vers l'an 38 et Matthieu vers l'an 48. En tant qu'historien, aigri ou raté d'après certains commentaires, je n'ai pas à juger concernant la certitude de la présence de Dieu qui s'exprime dans ces textes. Je laisse aux philosophes le soin d'en débattre entre eux.
http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/04/04/01006-20090404ARTFIG00195—luc-ferry-face-au-chris-tianisme-.php