Une bière prétendument érotique sur les murs de Wien, cet été
Comme Heineken, la brasserie Hirter mise sur le leurre d’appel sexuel d’une année sur l’autre pour promouvoir sa bière. Il est difficile d’échapper cet été à ses affiches dans Wien qui exposent un trio d’allumeuses, un verre de bière bien mousseuse à la main.
La méthode ostentatoire
Le leurre est d’abord employé dans sa méthode ostentatoire. Les trois filles se pavanent nues, comme si l’acte de boire un verre de bière impliquait cette tenue de rigueur. Mais le double jeu de l’exhibition et de la dissimulation satisfait aux exigences de la morale du groupe en matière d’exposition sexuelle publique comme aux nécessités de ne pas détourner le regard de la bière à promouvoir. Aux réflexes d’attiranceet de voyeurisme stimulés doit, en effet, à ce jeu, succéder la stimulation du réflexe de frustration : bras et mains soigneusement cachent ces « seins qu’(on voudrait mais) ne saurait voir ».
À cette méthode ostentatoire s’ajoute simultanément une de ses variantes par le procédé de l’image mise en abyme qui feint d’instaurer une relation interpersonnelle entre les trois filles et le lecteur : elles l’aguichent et le racolent en le fixant des yeux. Leur regard entendu par en dessous est à lui seul un leurre d’appel sexuel : elles jaugent le désir qu’elles cherchent à provoquer chez lui en s’offrant dans le même temps où elles se refusent. Le réflexe de frustration d’abord suscité par leur seule nudité doit en être réactivé.
La méthode par insinuation
Dans sa seconde méthode, le leurre d’appel sexuel use des procédés d’insinuation. L’action par dissimulation qui leur est propre, permet de transgresser allègrement les règles de la morale du groupe sans encourir la réprobation. Ainsi par leurs lignes droites masculines ou légèrement convexes, les trois verres se prêtent-ils à devenir des symboles selon le contexte. La mousse dont ils débordent sous la pression des mains féminines, est précisément ce contexte orienté par une intericonicité évidente : il est difficile, en effet, de ne pas y voir les effets d’une métonymie dont les causes, faciles à imaginer, sont les caresses d’un jeu sexuel. Le verre de bière mousseux devient alors étonnamment la métaphore d’une éjaculation qu’il serait impensable de représenter sur les murs d’une ville.
En cela rien de nouveau ! Les brasseries Heineken et Hirter ont déjà fait usage par le passé de ces procédés (1) : sur la carte du menu de la Bierbeisel Einstein de Wien près du Rathaus, on voit en gros plan des doigts féminins effleurer un verre de bière Hirter dont la mousse déborde ; et, dans un cartouche, l’air méditatif d’une jeune femme devant un verre semblable ne laisse aucun doute sur l’objet de sa rêverie (voir photo ci-dessous).
Pour les incrédules, on recommande la vidéo publicitaire que l’établissement passe ces jours-ci en boucle sur un écran et qui est encore plus explicite : une jeune femme feint de jouer les prudes en s’étonnant que la serviette de bain de son ami, ceinte en pagne, conserve une saillie même après en avoir extrait la canette d’Hirter qu’il vient de lui donner…
L’échange mental entre « l’objet du désir » et « le désir de l’objet »
Le réflexe de frustration ainsi triplement stimulé doit créer un inconfort qui conduise le lecteur à un échange mental, puisque l’activité sexuelle humaine est avant tout cérébrale. Faute de pouvoir jouir des services alléchants que les trois filles lui font miroiter en restant évidemment hors de portée, il est, en effet, possible au lecteur, pour apaiser son éventuel inconfort, d’échanger « l’objet du désir » inaccessible avec « le désir de l’objet », c’est-à-dire d’accéder au verre de bière associé aux filles et à leurs manigances, mais qui, lui, est à sa portée au prix modique de 3,50 euros les 50 cl à Wien au lieu du double à Venise ou à Paris.
Si des brasseries comme Hirter ou Heineken y restent attachées depuis des années, il faut croire que cette stratégie sexuelle est efficace pour vendre leur bière. Une bière devient ainsi une femme brune, blonde ou rousse et un verre de bière la métaphore d’un assouvissement sexuel inattendu sous la caresse experte de doigts féminins. On est loin de « la première gorgée de bière » qui suffisait à enchanter Philippe Delerm.
Paul Villach
(1) Paul Villach, « Un objet érotique inattendu, le verre de bière », Agoravox, 18 septembre 2008.
On devrait mettre aussi des bombes pour faire la pub des dentifrices et des produits pour lave vaiselle , à la place des crétins en blouse blanche , ça nous changerait !
Bon sang de bonsoir, ne saviez vous donc rien des soirées mousse ? Et la bière Ecu alors ? Il faut d’urgence vous encanailler, Paul, sinon à quoi cela servirait-il d’être un bourgeois ?
Il y a aussi dans cette pub une symbolique du caméléon :
la Fraulein brune boit une bière brune, la rousse boit une bière rousse, la blonde boit une bière blonde, ce qui est une façon commode de présenter la variété des bières proposées par la société Hirter. Les traits de caractère supposés des brunes , blondes et rousses dans les stéréotypes populaires symbolise sans doute le fait que ce fabricant veut laisser à penser qu’il propose des bières dites « de caractère ».
En tout cas, cette publicité m’a donné soif ... ( C’était probablement l’effet recherché ! )
Dites donc voir tous les mâles qui reluquent les trois porteuses de bières, fermez la bouche, vous bavez tellement sur l’ article que cela dégouline jusque sur mon pc. c ’est dégoutant. M. Villach faites plutôt un article sur vos photos de vacances ce sera plus sain. Enfin j’ espère.
Que vous soyiez en voyage à Vienne ou dans vos murs, « vos sens » sont toujours en alerte, prêts à débusquer et à fondre sur le moindre leurre d’appel sexuel.
Aucun leurre d’appel ne saurait vous échapper !!! Pas même, les teutons.
Les teutonnes, je dois le confesser ont de redoutables appâts pour des amateurs de brune, rousse, blonde.
wiennois d’adoption, ouais j’ai vu ces affiches mais bon rien de trés inhabituel ici...je prends der U-bahn tous les jours, et j’avais percuté pas dessus avant hier...autant dire ça se fond dans le décor habituel wiennois...pareil rien de nouveau l’association Arsch und pub...
la plupart des journeaux locaux ou zeitung si vous préférez s’ouvrent sur une paire de seins, un string,etc...tous les jours, une nouvelle pin up...à part dans osterreich ou kronen zeitung où mercredi c’est pour les fifilles avec un bodybuildé en moule-burnes....
Villach wird - glaube ich - in ganz Österreich mit « Vogel-V » ausgesprochen. Aber in Tirol neigen und auch sonst dazu,wird jedes « V » eher in Richtung « F »auszusprechen - eine Freundin von mir ist davon wenig begeistert, denn sie hört auf den schönen Namen Victoria
Me parlez pas du
tyrolien ! Mon voisin octogènaire est un pur produit Aus Tirol ! déjà que
je peine avec l’autrichien wiennois, quand Papi me parle : je
comprends rien…es gibt nichts Schrecklicheres als der Tyrolische Sprache !
mais bon, du côté
de Villach c’est pas mal aussi : plus vraiment Osterreich là, un mix
italo-slovèno-trichien…à pas louper le Villacher
Kirchtag : tout le monde sort son plus beau Tracht, et les schuhplattler
se lâchent ! flippant…
Bonjour Dominitille, Paul revenant de Venise, avec son imagination fertile, devrait pouvoir vous le dire. Casanova a eu quelques aventures racontées il y a tellement longtemps au cinéma. Réactualiser qu’ils disaient... Je ne fournissais qu’une pub éventuelle.
@ Paul Villach C’est fou ce que les hommes de communication et les publicitaires se donnent comme travail... inutile, je crois. Le gros du public et des consommateurs gavé de messages publicitaires ne perd pas autant de temps à déchiffrer les messages que vous décrivez avec tant de précision... A moins que les publicitaires ne mettent le paquet pour un effet aussi max, si court soit-il.
a sandla liegt im stadtpark im vollrausch, kummt a schwula ziagt im die hosn obe und packt ihn ordtnlich und pickt ihm 50 euro auf die birn. der findet die in der fruhr, wocklt zum billa eine, und kaft sich a kisten villacher bier, sauft sie bis zum obnd aus und legt sich wieda auf die bonk stockbsoffn, da kummt da schwule wida und das gleiche spül geht an ganzn monat so dahin.
der kummt in da fruhr wieder zum billa eine und der verkeufer kennt ihn schon von da weitn und sagt :heit wieda a kastl villacha wie jeden tog ?
naaaa sogt da sandla, i nimm amol a kistn Hirta,
weil vom villacha brennt ma immer so des orschloch
en alsacien je comprend et on me comprend sans efforts majeurs dans toute cette aire.
Mieux comme Strasbourg _Gutenberg_ Bible_ le best-seller la Nef des Fous, les ouvriers du livre « traduisaient » en langue locale les termes incongrus...
L’allemand au delà de la célèbre frontière dite de la saucisse blanche me comprendra mieux qu’un suisse qu’ un bavarois qu’un hesse /francfort...
Le Plattdeutsch de Dunkerque à Dantzig c’est pour moi du « petit nègre »
comme on dit chez nous.
Avant l’allemand des Médias de l’Ecole et de l’imprimé, il y a de nombreuses couches :
niveau familial ( en espérant que mère et père sont du même « coin », de la commune, chez les djeunn du clan , de la colorature estrangère turque mais aussi des allemands d’Europe Centrale, puis le parler quotidien régional et urbanisé.
Ce Rotwelsch - sur les marchés, les « milieux » , des vagabonds, on peut échanger et se faire respecter. de Gibraltar à l’ Oural ... et aux Amériques....
Récemment, j’ai appris par une connaissance linguiste disons danubienne que les ethnologues berlinois dans les années 35_40 sont tombées au sud de Hano FFer ( sic Fiel_lacht) en plein zone marécageuse( sarkösy-like) sur des campements d’autochtones à structure matriarchale. Les bourdons mâles ramenaient de la tune de la Ruhr etc ... et elles « patoisaient » dans une langue vernaculaire, inconnue. De l’archéo_slave ? d’avant les croisades ?
intéressant, le groupe matriarcal...généralement indicateur ascendance/métissage scythe/alano-sarmate...
ça nous place app. entre cultures de Przeworsk et Penkovka,etc...disons des rives de la Mer Noire à l’Oder, et du 5è siècle av JC au 7/8è siècle ap JC...le proto-slave (pas archéo !) lui devant se différencier définitivement (continuum/rameau IE balto-slave) vers le 5/6è siècle, fixé en slave commun vers le 9è siècle...donc si ça date d’avant les Croisades, possible que c’était une forme du slave commun pré-différentiation entre futurs langues slaves : problème étant alors de détecter les mutations, innovations, etc...linguistiques pour comparer/dater avec les autres langues slaves...
jusqu’au IXè siècle, on a bien une forme de slave commun, lingua franca dans l’espace slave (espaces danubien, carpathique, balkanique, russo-steppique...)...
Les 69 bonnes raisons de préférer la bière aux femmes :
- Une bière froide est une bonne bière,- On arrive toujours a faire mousser une bière, Une bière est toujours prête et humide
Une bière n’a jamais la migraine, On peut consommer 2 bières en même temps sans complications, Une bière n’est jamais jalouse d’une autre, On n’a pas besoin de raconter des mots doux a une bière pour se soulager, Une bière, ça se commande
En soirée, on peut toujours se taper une bière, Une bière ne parle pas, Une bière reste consommable 28 jours sur 28
Quand on finit une bière, on peut récupérer la consigne, Quand on ne la finit pas, elle ne fait pas la gueule, La bière ne donne que PARFOIS mal a la tête, On peut rester actif après s’être taper une bonne bière, Même la bière belge n’est pas stupide, Une bière est non violente, Une bière n’est jamais complexée, On voit toujours facilement a l’intérieur d’une bière
Une bière ne laisse jamais de poil dans la bouche, Une bière blonde n’est jamais fausse, Une bière est toujours consentante
Une bière ne porte pas de collants, Une bière est parfois légère, Une bière rousse ne pue pas en été, Pas de problème de langue avec les bières étrangères, Avec une bière, pas de belle mère, Même bourre on choisit sa bière, On n’a pas a ramener sa bière au resto, il y en a déjà, On ne risque pas d’attraper des maladies en se tapant une bière, Une bière n’oublie jamais la pilule, Une bière n’est jamais de mauvais poil, Une bière ne demande jamais de nouvel emballage, Bières et copains font bon ménage, La bière ne prétend pas être intelligente, On n’a jamais honte d’être vu avec une bière, Une bière n’a pas de grand frère, On peut prendre en public une bière sur la table, Deux doigts suffisent pour un pack de six, Une bière ne passe pas son temps au téléphone, Une bière ne vous mord jamais ou que ce soit, N’importe quelle bière peut poser dans un magazine, Une bière ne vous fera jamais porter des cornes, On peut décapsuler une bière sans tacher les draps
A 95 ans on peut toujours se taper une bière, Poser un lapin a une bière n’est pas dangereux, On peut se taper une très bonne bière pour moins de 50 balles, Une bière a toujours moins de 25 ans,- Une bière se prête a toutes les fantaisies
Une bière ne se peinturlure pas pour essayer d’être attrayante, On n’a pas besoin d’éteindre la lumière pour consommer une bière, Une bière ne vous empêche pas de dormir,Une bière n’est pas allergique au foot, Une bière ne court pas les Jacky en BM, Une bière ne prend jamais toutes les couvertures, Une bière ne prend jamais de petit-dej au lit, Une bière a toujours du goût,Une bière ne demande jamais de petits suppléments, Une bière est toujours la bienvenue, Les bières ne sont pas toutes les mêmes, On peut partager une bière entre copains, Une bière ne ronfle pas, Même pour son enterrement on a droit a une dernière bière, Une bière n’a pas envie de fraises quand elle est pleine, Si une bière vous prend la tête, ce n’est jamais pour très longtemps, Une bière ne revient pas forcement cher, Une bière ne crée pas de problème.
Finalement une bière ne fera pas la tête en lisant cela, hein popol ?
la bouteille de bière peut servir d’ autre chose également. Ce qui est sûr, c’ est qu’ elle au moins, ne vous reprochera pas d’ éjaculer précocement et de ne pas la satisfaire parceque vous êtes encore complètement bourré.
Je vous trouve bien sévère avec cet article d’une rare intelligence qui vient de déjouer par un raisonnement inédit et irréprochable les mécanismes les plus secrets du marketing. ces rouages que l’on voudrait nous cacher et que seule la pertinence de l’analyse de M.Villach Paul arrive à mettre en défaut. Nul doute que l’épanchement de ses circonvolutions fécondes n’a pas assez d’une tribune quotidienne généreusement offerte par ce site et que nous devrions, pour notre édification intellectuelle et critique, nous soumettre à la lecture de ses bonnes proses personnelles au moins deux fois par jour. Que ne serions-nous pas subjugués par sa maîtrise des relations d’information, de ses vues inédites sur la campagne publicitaire moëlldar ou le catalogue des culottes de la redoute, de son goût artistique pour les valeurs sûres et si possibles, antiques ou préraphaëllites sinon c’est moche, et de sa passion pour les vacances en chemisette à contempler les postérieurs des statues de marbres dans des hôtels de catalogues de tours operators.
Pour son avatar, l’auteur a choisi le procédé de l’image mise en abyme qui feint d’instaurer une relation interpersonnelle entre lui et le lecteur : il l’aguiche et le racole en le fixant des yeux.
Son regard cillé, derrière des lunettes transparentes, est à lui seul un leurre d’appel sexuel : il jauge le désir qu’il cherche à provoquer en s’offrant dans le même temps où il se refuse.
L’intericonicité est ici évidente, avec le regard prédateur des grands fauves de la séduction : comment ne pas penser à Humphrey Bogart, Alain Delon, George Clooney, Yves Mourousi ( ) dont l’auteur, par metonymie, semble s’approprier le pouvoir de séduction..
Le leurre d’appel sexuel est renforcé par le sourire enjôleur, ainsi que le col de la chemise négligemment ouvert sur un viril poitrail ; : il est difficile de ne pas y voir les effets d’une métonymie dont les causes, faciles à imaginer, sont les caresses d’un jeu sexuel.
Procédé renforcé par la mise en abyme du nom de l’auteur ; présent au début et à la fin de l’article, en un effet de renforcement identitaire à but fascinatoire, entièrement orienté vers un processus de séduction...
Pfouuuhhh ... ça devient torride, j’en peux plus, là...
C’est un hit ou un hot ou encore une mise en abime ? Il n’arrive pourtant jamais au sublime Impersonnelle, elle donne une impression et aguiche Même si à l’origine, il ne faut pas espérer plus que des miches S’il en sort et qu’on pense qu’il racole C’est pour tomber en fin dans un pot de colle S’il croit rester avec son humeur être à l’heure C’est qu’il rencontre toujours des leurres Alors, il mixe, il se malaxe dans l’interconicité Au bord du guet, il ne voit pas arriver la connexité Il sabre sans complexe, il se « metonyme » Pour en arriver à ne plus trouver de rimes Son renforcement identitaire, un processus de séduction ? Bien au contraire, c’est plus pour chercher une réduction Son poitrail, un appel sexuel pour rugir de fiel Ou attendre le moment délicieux plein de miel Non, je ne vais pas prendre une douche Je sais qu’à la fin de l’envoi, je mouche
Tiens, encore là, cet article.... J’espère qu’il y aura, au moins, de la mousse sur la bière depuis lors. Des petites leçons de flamand, d’allemand, auront fait passé le goût. Prochains épisodes la machine à lavée et le téléphone comme disait un certain DW
C’est bien d’écrire « Wien ». Respect de la langue du pays. Il faut aussi, alors, écrire "j’ai vu Athina, je vis à maskvié, (mais je vais à maskvou), ., j’ai eu un trou à Basel..Je téléphone à London etc....Allons donc ! les Italiens, ils se gênent (pas fait exprès) pour dire Parigi au lieu de Paris ?