lundi 8 juin - par Dr. salem alketbi

Une chute des chances électorales pour Trump ?

Une chute des chances électorales pour Trump ? {JPEG}

Le président Donald Trump a commis des erreurs dans la gestion de la crise du coronavirus aux États-Unis, faisant de son pays la première victime mondiale de l’épidémie. Pourtant, ses chances de remporter l’élection de novembre n’étaient pas très discutables, vu le contexte de cette élection et l’absence d’un candidat démocrate ayant la popularité et la capacité politique de mettre fin à la présidence de Trump. Mais les démonstrations récentes ont changé la donne.

La situation a assez tourné au lendemain des bouleversements survenus après l’assassinat de l’Afro-Américain George Floyd par des officiers de police américaine dans le Minnesota. Jusqu’alors, le président Trump n’avait jamais imaginé qu’il pourrait avoir à se réfugier dans une cachette d’urgence à la Maison Blanche par crainte de la foule de manifestants dehors.

Le président a laissé entendre qu’il était descendu au bunker dans la journée «  pour une courte période pour inspection.  » Le New York Times a raconté que Trump avait été emmené dans une cachette avec ses gardes du corps. «  Infox,  » le président avait qualifié le rapport, «  ils ont dit que ce serait le bon moment pour descendre, pour jeter un coup d’oeil, parce que peut-être qu’un jour vous en aurez besoin.  »

Tout de même, reconnaître que la possibilité d’avoir recours au bunker a été envisagée fait penser à beaucoup de connotations. Il y a quelques jours, le président Trump n’imaginait pas non plus se voir abandonné dans cette crise difficile par son secrétaire à la défense, Mark Esper, quand celui-ci a refusé de se rallier à l’idée de déployer des forces militaires américaines pour contrer les agitations.

«  L’option d’utiliser des forces de service actif dans un rôle de maintien de l’ordre ne devrait être utilisée qu’en dernier recours et uniquement dans les situations les plus urgentes et les plus graves,  » a-t-il estimé. Esper s’est même montré réfractaire à toutes les décisions prises par le président Trump pour gérer cette crise, déclarant qu’il n’en avait aucune connaissance préalable. Ça a suscité des doutes quant à sa potentielle éviction.

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L’attachée de presse de la Maison Blanche, Kayleigh McEnany, a été amenée à dire qu’Esper exerçait toujours sa fonction de secrétaire à la défense. «  Pour l’instant, le secrétaire Esper est toujours secrétaire Esper, et si le président devait perdre la foi, nous l’apprendrons tous à l’avenir.  » Le fossé entre le président et son secrétaire à la défense se situe à un moment particulièrement délicat.

En face de cette situation politique préoccupante, le président Trump a eu recours à la carte de la religion. Il a pris une photo en tenant la Bible devant l’église St. John, près de la Maison Blanche. Mais les conditions de la «  photo op  » lui ont valu une gêne de plus, après que la police ait dispersé les manifestants pacifiques devant l’église pour dégager la route pour le président. «  Je n’ai pas dit : «  Oh, bougez-les  ». Je ne savais pas qui était là,  » a déclaré Trump.

Aux yeux de quelques analystes, Trump a échoué à gérer la crise des dizaines de milliers de manifestants partout aux États-Unis depuis plus d’une semaine contre les assassinats de Noirs américains par la police, revendiquant la fin du racisme et de la discrimination. Les manifestations étaient majoritairement pacifiques. Mais certaines ont viré à la violence et au pillage faute d’avoir pu endiguer la crise à ses débuts.

Il y en a qui disent que l’approche du président Trump a empiré un grand malaise dans la société américaine, celui d’une culture de la haine et de l’incitation qui, selon des études scientifiques probantes, est en train de se déchaîner dans certains états américains.

Selon des experts, de par son langage, le président Trump concourt à consolider le radicalisme et à répandre les crimes de discrimination et de haine.

Une étude menée par le Center for Hate and Extremism de la California State University, à San Bernardino, publiée par la BBC, confirme que le taux de cas signalés dans de nombreuses zones multiculturelles américaines a augmenté depuis 2016, année de l’arrivée au pouvoir du président Trump, avec une hausse à New York (24 %), la plus forte en dix ans, à Chicago (20 %), à Philadelphie (50 %) et à Washington, DC (62 %). Les crimes de haine dans les écoles ont grimpé de 106 %.

On s’interroge donc sur les chances du président Trump de remporter un second mandat lors des élections de novembre. Les doutes sur sa capacité à gagner cette bataille, qui se déroule dans un paysage économique, politique, sécuritaire et culturel orageux, ainsi que les craintes de l’élite politique quant à l’avenir de la nation américaine, vont croissant en raison des échecs du président Trump à gérer les crises successives, en particulier la profonde division et la polarisation du peuple américain.

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Statistiquement, un sondage Reuters/IPSOS montre que la plupart des Américains sympathisent avec les manifestations George Floyd et rejettent la réaction du président Donald Trump à celles-ci. Le sondage a révélé que 64 % des Américains adultes sympathisent avec ces manifestants tandis que 27 % ne manifestent aucune sympathie pour eux. Neuf pour cent ont déclaré qu’ils n’étaient pas sûrs.

Ces chiffres traduisent à quel point les propos agressifs de Donald Trump n’ont fait qu’exacerber la crise, puisque plus de 55 % des Américains ont déclaré désapprouver la façon dont Donald Trump a géré les manifestations, dont 40 % ont déclaré qu’ils la rejetaient en bloc.

Il apparaît clairement que la popularité du président Trump est à son niveau le plus bas depuis son entrée au pouvoir. Au plan intérieur, la situation économique se détériore en raison de l’épidémie de coronavirus et des erreurs désastreuses commises par le président au début de la crise, qui ont causé du chômage et des milliers de morts et de victimes. La nation est culturellement troublée par l’aggravation des appels à l’incitation, à la haine et aux crimes racistes.

À l’extérieur, les relations des États-Unis avec leurs alliés et leurs adversaires connaissent des graves déboires. La réputation, le prestige des États-Unis, leur rôle de leader et leur influence mondiale se sont dégradés sous l’isolationnisme trumpien et la complexification des relations avec la Chine.

À vrai dire, le président Trump doit réaliser un grand exploit qualitatif pour sauver ses chances de gagner la prochaine élection présidentielle, sans quoi le prolongement de cette atmosphère va réduire fortement ses chances de victoire. Vu la situation actuelle, les prochaines élections ne seront pas un choix entre les candidats, républicain ou démocrate, mais un vote pour sauver la nation américaine.



9 réactions


  • Jean 8 juin 18:29

    ni l’un ni l’autre, Obama ne peut se présenter ?


  • Heinz 8 juin 19:28

    La mort de George Floyd tombait au bon moment pour empêcher les mécontents du confinement d’exprimer leur colère.

    C’est grotesque que des gens, qui voulaient aller manifester pour dénoncer cette manipulation du Corona, ayient été privés de manifester, tandis que la contestation de la bavure de police a Minneapolis s’est mis en place en quelques heures dans le monde entier bien qu’interdite.

    La bavure a causé un seul mort alors que la mise sous quarantaine de 2/3 de la population mondiale pour fausse alerte au „fake“ Corona a augmenté par milliers le nombre de victimes de l’épidémie et a couté de milliers de milliards, que l humanité mettra 20 ans à récupérer.


  • Tiberius Tibère 8 juin 19:33

    L’expérience montre que le pagaille est une fille ingrate qui ne récompense jamais ses parents pour leur soutien. En France les gilets jaunes aussi étaient largement soutenus et l’attitude du président fort décriée. Sauf qu’aux élections qui suivirent, le parti présidentiel a obtenu une belle victoire et ceux qui soutenaient les gilets jaunes ont été laminés. Alors je ne sais pas qui va gagner ces élections américaines, mais je doute que cette crise profite autant à Biden que certains l’espèrent naïvement. D’autant qu’à ce que j’ai pu voir, à la surprise générale, l’économie américaine redémarre déjà en fanfare ! À la place des 8 millions de chômeurs prévus ce sont pas moins de 2,5 millions d’emplois qui ont été créés. Ce monsieur Trump doit être un peu sorcier, en tout cas il a plus de vies qu’un chat et il serait imprudent de trop vite l’enterrer.


  • spearit 8 juin 21:43

    « Sauf qu’aux élections qui suivirent, le parti présidentiel a obtenu une belle victoire »

    Allo, ici le XXIème siècle, les élections ne sont pas encore achevé, je repère les élections ne sont pas encore achevés...

    Revenez parmi nous (et arrêter la picole ça provoque des hallucoinations)


  • caillou14 rita 9 juin 09:17

    bof les anti Trump sont légion, depuis son élection ils ne cessent de le déglinguer !

    On rigolera bien le soir de l’élection avec les résultats !


  • Buzzcocks 9 juin 10:34

    Pour être président des USA, il faut juste gagner 2-3 états clés, et donc arroser l’endroit de subventions, de pubs, et y envoyer des prêcheurs évangélistes pour bien rappeler aux crétins d’aller voter. Tout en empêchant les noirs, et les villes d’y aller, en mettant peu de bureau de votes pour déclencher des files pour que les gens se découragent d’aller mal voter.

    De plus, le niveau culturel des sociétés occidentales devenant de plus en plus affligeant, il est assez normal de retrouver à la tête de ces pays, des fats, des nuls, et juste des communiquants à grande gueule. 

    Donc Trump, je le vois réélu haut la main.


  • Le421 Le421 9 juin 18:33

    Bof...

    Nous, on risque d’avoir Bigard ou Hanouna en 2022.

    Essayons d’être aussi cons que les ricains.

    Ça devrait le faire...  smiley


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