Une mesure de salut public est nécessaire contre la puissance des médias
S’il y a une identité a rechercher ce n’est pas celle de la France mais celle des « hommes » qui la dirige. Depuis ma naissance et d’aussi loin que je me souvienne je n’ai jamais connu une situation aussi nauséabonde. Pourtant sans avoir connu la guerre j’ai connu celle dite froide avec ses pics d’intensités, j’ai connu les trente glorieuses et ses conquêtes sociales, et depuis 1977 je vois la descente aux enfers même si c’est un bien grand mot.
Le changement profond, est que la population est convaincue qu’elle ne maîtrise plus son destin et loin d’avoir confiance en sa capacité de se regrouper dans des partis ou des organisations de défenses de ses intérêt particuliers, elle a fini par retourner vers la recherche du monarque salvateur, du guide du peuple, du Danube de la pensée, du Petit père des peuples, du bien-aimé Führer, du Grand Timonier, du Leader Maximo, du Caudillo, du Duce, du Maréchal nous voilà, de l’Empereur de centre Afrique.
La recherche d’un leader peut encore nous conduire vers ces schémas totalitaristes, car une personne qui est dans une position dominante peut imposer son « style » de relation, c’est la marque dont se flatte le président et que défendent ses supporters, incapables de retenir les leçons de l’histoire de ceux qui ont commencé par la même démarche.
Mais pire que cela c’est la manière dont est guidé la population qui pose problème. Dans un article Dugué mentionnait que c’était essentiellement par la peur, ce en quoi il n’a pas tort, mais c’est insuffisant si l’on n’y adjoint pas l’usage de la diffusion d’une information médiatique essentiellement tournée vers cela. La répétition en boucle depuis maintenant des années d’événements apeurant, devant l’effondrement du débat idéologique, a fini par désigner l’ennemi à l’intérieur de l’état et non plus à l’extérieur comme je l’ai connu avec tant d’autres à tort ou à raison.
Sans cette transformation de fond nous ne déterminerions pas de grandes catégories d’ennemis.
La première catégorie fut les pédophiles, il ne s’agit pas pour moi de poser un jugement sur le bien fondé d’action à leur encontre, mais de faire une analyse d’un processus structurel qui risque de déraper vers des situations bien plus dramatiques. Une fois ceci bien ancré dans l’esprit des citoyens, le groupe a été élargi aux agressions sexuelles de toutes natures et les mesures spécifiques destinées aux pédophiles se sont appliquées à eux, puis par rappel constant de faits divers, le groupe s’est élargi aux crimes et délits de toute nature incluant dorénavant même les contrevenants de la circulation routière que Mr Hortefeux considère comme des délinquants.
En conséquence de cela les français soumis par les médias à une peur irrationnelle ont accepté plus de mesures drastiques, et confondent dorénavant la protection des citoyens contre leurs manquements nuisibles à autrui et une croisade d’épuration, pour éliminer l’ennemi qui n’est plus vu comme un citoyen.
Sauf qu’il faut se souvenir des déclarations de notre président, « je serai le président des victimes, et certains délits économiques devront être abrogés ». Le message fut clair et la magistrature debout s’y plie, et celle assise s’y conforme par l’application des nouvelles lois
La deuxième catégorie qui se précise est celle de la contestation sociale, présentée petit à petit par les médias comme des acteurs fomenteurs de violences, ennemis de l’ordre social. Pour ceux qui ont des connaissances de l’histoire ouvrière ceci rappelle de tristes périodes.
Alors quand l’on y regarde d’un peu plus près il devient évident que sans l’effet loupe des médias qui transposent dans la tête des citoyens des risques hypothétiques il ne deviendrait pas aussi facile de se livrer à leur manipulation sur ce sujet.
Nous en arrivons ainsi à la définition de la troisième catégorie qui est en train de se définir au travers du débat sur l’identité nationale déterminant ainsi à son tour ceux qui en sont les ennemis.
Ce schéma vicieux produit d’une manipulation obtenu grâce à l’absence de contre pouvoir médiatique exige que nous trouvions une formule de salut public pour que la presse trouve son contre pouvoir.
Il faut plébisciter des émissions comme celle « d’arrêt sur image » qui apportait une controverse et dénonçait les manipulations. Si nous ne voulons pas revoir le visage hideux du fascisme il faut s’attacher à trouver le ferment qui le répand, même à son corps défendant. C’est celui en définitive qui comme un virus se répand de bouche à oreille et investit les cerveaux du même et unique discours.
Comme je l’ai déjà dit, l’Homme ayant défini son monde dans sa méconnaissance, il essaie d’y adapter l’individu pour qu’il sente y appartenir.
Ainsi, les hommes soumis à des contraintes réelles (se nourrir) ont élaboré des organisations sociales et sociétales traumatisantes, voire infantilisantes pour certaines, dans le sens où elles décrivent leur monde par les relations et interprétations magiques qui sont la traduction d’une perception ignorante de stimuli réels aux traductions le plus souvent mystiques et/ou de superstitions, générant des réalisations et des comportements concrets.
Aussi quand nous constatons la boulimie suicidaire que propose la société libérale il est tentant de la qualifier de borderline (état limite).
Ainsi, l’éducation, la famille et les messages audiovisuels représentent, sans aucun doute, exercent une contrainte et les nouvelles peurs irrationnelles montrent bien la part des influences sociales globales sur les destins individuel, et plus spécifiquement celles des médias. »

