mardi 11 février - par Dr. salem alketbi

Une nouvelle histoire en Europe

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Alors que le Royaume-Uni a officiellement quitté l'Union européenne le 31 janvier et qu'une période de transition de 11 mois au cours de laquelle la situation reste la même entre les deux parties est entrée en vigueur, l'Union européenne et la Grande-Bretagne ouvrent une nouvelle page, le Royaume-Uni n'étant plus - légalement - membre du Parlement européen et ses représentants ont quitté toutes les institutions et entités politiques européennes après environ quatre décennies et demie d'unité économique et politique entre le Royaume-Uni et l'entité européenne, depuis qu’il s'agissait d'une union européenne et d'un marché européen commun, puis trois ans et demi de débat sur les conditions de la « sortie ».

La prochaine étape pour l'économie britannique et européenne semble controversée depuis l'annonce des résultats du référendum historique sur le « Brexit » en juin 2016. Les partisans de la sortie voient que la Grande-Bretagne a de nouveau regagné sa souveraineté nationale et que l'économie britannique se renforcera en restaurant sa liberté d'établir des politiques commerciales spéciales et des accords de libre-échange avec des économies majeures telles que l'économie américaine ; tandis que les opposants voient que le Royaume-Uni a perdu d'énormes avantages en perdant son adhésion à l'Union à moins que les effets de cela ne soient corrigés et que ses répercussions ne soient éliminées par des accords commerciaux entre les deux parties, et il y a un troisième groupe qui s’inquiète pour la Grande-Bretagne après sa sortie de l'Union européenne.

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La question maintenant est la suivante : peut-on croire le discours du Premier ministre britannique Boris Johnson et son affirmation selon laquelle le « Brexit » n'est pas la fin mais le moment d'une nouvelle aube et le début d'un nouveau chapitre dans la grande marche nationale britannique ? Ou les Britanniques regretteront-ils leur vote en faveur de la sortie ? Et Johnson peut-il guérir les effets de la sortie de l'Union européenne avec les gains que le président Trump lui a promis de signer un « merveilleux » accord commercial entre les États-Unis et la Grande-Bretagne ?

La vérité est que Johnson n'a pas nié dans son discours au peuple britannique à cette occasion qu'il y avait des « obstacles » et que des négociations difficiles attendaient son pays avec l'Union européenne concernant leurs futures relations commerciales, mais il est optimiste quant au début de ce qu'il a décrit comme une nouvelle ère de coopération amicale entre la « Grande-Bretagne pleine d’énergie » et l'Union européenne. Dans tous les cas. Johnson considère la sortie comme une victoire politique personnelle pour lui puisqu’il a réussi là où l'ancienne première ministre Theresa May a échoué vu qu’elle n'a pas réussi à parvenir à un accord européen à même de satisfaire le Parlement britannique.

Les défis ne s'arrêtent pas en Grande-Bretagne sur l'économie, mais incluent aussi la politique. L'Irlande du Nord connaît un rejet du Brexit, et le Premier ministre écossais, Nicolas Storgen, a déclaré : « C'est un moment très triste accompagné de sentiments de colère », et a confirmé sa détermination à continuer d'organiser un référendum sur l'indépendance, malgré le refus de Londres. Certains considèrent que la divergence persistante des positions britanniques et les incohérences concernant la sortie signifient que le Royaume sera confronté à de réelles difficultés dans l’avenir.

D'un autre côté, les sentiments en Europe concernant le Brexit semblent également mitigés. Certains indiquent des « regrets » et d'autres expriment de l'anxiété quant à ce qui va arriver et craignent que la première sortie du bloc européen n'encourage les autres membres de l’Union à répéter le même scénario, ce qui mettrait fin à l’Union. La vérité est que ce n'est pas facile par toutes les mesures. L'Union européenne a perdu un marché qui comprend 66 millions de citoyens britanniques vivant dans la deuxième économie européenne, et nous sommes donc face à un changement radical du chemin de l'Union européenne, comme l'a dit la chancelière allemande Angela Merkel, l'Europe n’arrive toujours pas à admettre que le « tremblement de terre » causé par la sortie britannique a eu lieu, malgré le fait est que les années de controverse sur ses conditions ont au moins grandement allégé son intensité psychologique.

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La vérité est que la sortie britannique est survenue à un moment très difficile pour l'Union européenne, qui est confrontée à des défis stratégiques très complexes. La question n'est pas seulement liée à l'économie et aux accords commerciaux et de sécurité, à un bon nombre des répercussions desquels l’Europe peut faire face grâce à des accords conjoints qui garantissent aux deux parties, le Royaume-Uni et l'Union, des droits et privilèges qui réduisent l'impact de la sortie. Cependant, la question est étroitement liée à l'avenir d'une Europe unie et au projet européen dans son ensemble, en particulier à la lumière des défis auxquels l'Europe est confrontée en termes de sécurité énergétique, du terrorisme et des menaces potentielles de puissances internationales telles que la Russie.

La Grande-Bretagne n'était pas convaincue dès le début de la formation de la Communauté européenne de la viabilité du projet unitaire, mais le succès de ce dernier l'a forcée à adhérer plusieurs fois jusqu'à ce que sa demande ait été acceptée en 1969, et avec cela l'idée de sortir a été envisagée par les gouvernements britanniques successifs, et les perspectives économiques ont toujours été prioritaires dans la vison britannique d'une Europe unie, et la grande Bretagne a toujours eu de profondes réserves sur l'aspect politique du projet européen.

L'Union européenne est restée un modèle inspirant pour tous les blocs régionaux malgré les souffrances, les faiblesses et les lacunes en termes de faiblesse et de caractère limité du rôle politique. Le modèle continuera-t-il donc de briller et de réussir à lutter contre les effets de la sortie britannique, ou s'estompera-t-il et s'éteindra, et sera négativement affecté par la sortie de la Grande Bretagne, ce qui pourrait se transformer en début de la fin de l’Union ?



3 réactions


  • caillou14 rita 11 février 08:58

    « une période de transition de 11 mois au cours de laquelle la situation reste la même entre les deux parties est entrée en vigueur »

    Je ne pense pas, les Anglais ont pris les devant pour mettre cette transition en leur faveur !

    Dans cette histoire l’UE est bernée !


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 11 février 09:23

    Ceux qui ont arrosé le Brexit risquent de se réveiller avec la gueule de bois et s’apercevoir que les ennemis de leurs ennemis ne sont pas forcément leurs amis.

    Ceux qui, à juste titre veulent désarçonner le cavalier UE qui les mène à coups d’éperons dans les flacs et espèrent retrouver le paradis perdu des steppes sauvage où leurs ancêtres étaient censés s’ébrouer librement ont pris fait et cause pour ce qu’ils ont perçu comme un pur-sang du Derby d’Epson éjectant son jockey, et donc un frère. Mais la question est de savoir si les projets d’un cheval de course sont les mêmes que ceux d’un percheron.

    Avant de se libérer d’un joug, le troupeau humain doit avoir une idée claire sur l’alternative. Les pactes avec les faux amis ne donnent jamais rien de bon, que ce soit entre les états ou entre les individus.


  • phan 11 février 09:41

    ... à la lumière des défis auxquels l’Europe est confrontée en termes de sécurité énergétique, du terrorisme et des menaces potentielles de puissances internationales telles que la Russie. ... : l’auteur a chopé le ConnardVirus !


    L’UE avec son bras armé l’OTAN et le concours des wahhabites et des sionistes ont détruit l’Afghanistan, la Palestine, l’Irak, la Libye, la Syrie, le Yémen ...


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