vendredi 25 janvier - par Emile Mourey

Vercingétorix, si tu savais les bêtises qui, aujourd’hui, se disent : Gergovie, Bibracte, Alésia...

Vercingétorix ! ô toi qui, le premier, déclara le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes...

Après la sévère défaite de l'armée de secours, les assiégés d'Alésia s'étaient rendus à l'évidence ; la bataille était perdue (c'est une honte de prétendre que cette armée de secours se serait enfuie sans combattre) (1). Le visage creusée par le manque de nourriture et par les souffrances du siège, ils étaient là, silencieusement assis sur les gradins du théâtre.

Que n'ai-je pas écrit ! je vois déjà une nuée d'archéologues m'invectiver sur Wikipédia ou ailleurs, pour m'affiirmer que ce théâtre ne date que d'après la guerre des Gaules...je passe.

Vercingétorix est là, debout face aux Gaulois, au centre de l'arène. Personnage hors du commun qui en impose à tous : "terrifiant par son physique (corpore), par son intelligence (spiritu) et par ses armes (armis)" , Florus le présente en outre comme un orateur exceptionnel qui entraînait les foules.

Vercingétorix est blond. Sa chevelure est flamboyante comme les rayons du soleil. Son profil, tel que les médailles le représentent, est celui d'un athlète plus que celui d'un Apollon.

Son nom est un mot composé qui évoque les pouvoirs et les symboles représentatifs de la société gauloise : ver comme vergobret, cing comme cingum, ceinture, collier ou torque, rix comme commandant en chef, geto comme toge en lettres inversées (cf Togirix, Orgetorix, Cingetorix).

Vercingétorix est fils de "rix". S’inscrivant dans la lignée des fameux rois Luern et Bituit, il n’a pu être élevé que dans un palais, un palais qui se dressait dans la ville fortifiée de Gergovie.

De même que César semble avoir bénéficié des leçons d’un rhéteur gaulois (2), Vercingétorix a obligatoirement reçu une éducation guerrière mais aussi littéraire - ses déclarations prouvent qu’il s’exprimait remarquablement bien... à la Démosthène.

Vercingétorix, au centre de l'arène, fait face aux vancus d'Alésia. Une simple phrase suffit.

« Si j’ai fait cette guerre, ce n’est pas pour mon ambition personnelle mais pour la liberté de tous. Puisqu’il faut céder à la fortune, je me livre à vous. Tuez-moi ou livrez-moi vivant aux Romains ! Puissent-ils se satisfaire de mon sacrifice ! » (DBG VII 89, traduction très précise E. Mourey)

Lors du siège de Bourges, Vercingétorix s'était justifié par une autre proclamation : "Je ferai de toute la Gaule un seul conseil (de gouvernement) dont personne au monde ne pourra contester les décisions dès lors qu’elles auront été prises dans une volonté commune" (DBG VII, 29, traduction très précise E. Mourey).

Il faut vraiment être nul en latin pour inventer la prétentieuse traduction qui figure toujours au bas de sa statue : "La Gaule unie, formant une seule nation, animée d’un même esprit, peut défier l’Univers".

Gergovie

.. Venant du nord par l'itinéraire normal qui menait à l'Auvergne, César arrive en vue de Gergovie. Sa cavalerie est en avant-garde. Après un petit combat de cavalerie "facile", il établit son camp pour la nuit. On en a retouvé la trace mais au-delà du plateau de Merdogne.

Déjà, à partir de là, on aurait dû comprendre que l'espace gaulois que défendait Vercingétorix avec sa cavalerie de couverture contre toute attaque surprise, n'était pas centré sur Merdogne mais sur la ligne de hauteurs d'après : la montagne de La Serre. Cette montagne se redresse sous forme d'éperon dans la hauteur du Crest, position favorable pour une défense sur tous les côtés.

César venait du Nord. Il descendait plein sud. Il avait dépassé Merdogne et, depuis le grand camp qui s'installait, il avait le regard tourné vers Le Crest. 

Depuis ce camp, César voit la ville (urbs) "posée" sur un mont "trés haut", difficile d'accès. Il s'agit de la ville du Crest toujours existante dont on voit ici la dernière tour.

Il faut vraiment être d'une grande nullité pour ne pas comprendre qu'il s'agit de la véritable Gergovie

Évidemment, il faut traduire correctement le texte. Dans le vocabulaire militaire de César, une "collis" n'est pas une colline mais une pente. Sur la gauche de la photo, vous voyez un "mons", un mont très élevé aux accés difficiles. Vous voyez une tour, celle de la ville qui y est "posée".À droite, vous voyez le plateau allongé, au dos plat, étroit et boisé. Tout cela est parfaitement décrit par César ; et on ose dire qu'il n'est pas précis. C'est à se taper la tête contre les murs. Rien à voir avec Merdogne, Corent et autres affabulations.

Même aveuglement pour l'explication de la bataille. On fait escalader le mur de la ville par trois légionnaires alors qu'il s'agit de trois manipules de peut-être 100 combattants chacun. On est incapable d'expliquer le fantastique affrontement dont l'enjeu fut la porte de l'oppidum aux hautes murailles. On évoque bien le valeureux centurion qui essayait d'enfoncer la porte mais on dit qu'il ne tua que deux Gaulois alors qu'une bonne traduction dit qu'il tuait les Gaulois deux par deux... risible ! (3)

Bibracte

Mais le pompon, c'est Bibracte, une histoire tellement rocambolesque que ç'en est à mourir de rire ou à pleurer. Cela commence avec un marchand de vin qui invente l'archéologie régionale en découvrant au mont Beuvray d'importants débris d'amphores... traces des beuveries, selon certains archéologues, auxquelles se livraient les honorables citoyens de la cité, fameuse Bibracte dont parle César... sur un mont Beuvray pelé, perdu dans les forêts de hêtres... une capitale dont il est dit qu'elle aurait été la soeur de Rome... je rêve ! L'affaire continue avec un marchand de tissus que les archéologues vénèrent comme le père de l'archéologie française moderne alors que l'intéressé aurait certainment corrigé ses thèses erronées s'il n'était pas mort prématurément au combat.

Problème de traduction, là encore. Oser dire que Strabon raconte n'importe quoi quand il écrit que les Éduens, c'est-à-dire Bibracte, se trouvaient entre l'Arar et le "Dubis", quelle arrogance ! quelle stupidité de la part de soi-disant érudits ! Strabon n'a jamais dit que Bibracte se trouvait entre la Saône et le Dubis/Doubs, mais entre la Saône et la Dubis/Dheune, ce qui exclut le mont Beuvray qui se trouve au-delà (4). Quant à la traduction de l'affaire helvète, c'est un véritable poème. C'est à croire que nos brillants professeurs de faculté ont trafiqué leurs traductions pour les accorder avec les thèses saugrenues des archéologues. Il est vrai qu'influencé par leurs errements, naïf qut je suis, il m'est arrivé de faire quelques erreurs mineures comme de voir dans le mot "castra" les camps de César alors qu'il s'agissait tout simplement des fortifications de Bibracte. (5)

Tout est perdu, même l'honneur, quand on pense que les auteurs de cette mystification ont réussi à faire venir sur le site jusqu'à un président de la République pour qu'il y fasse un grand discours européen à la gloire des Celtes ; c'est à se rouler par terre de rire (6). On a touché, ce jour-là, le fond du ridicule. La presse locale a fait pleines pages de l'évènement mais, aujourd'hui, honteuse, veut l'oublier. Car, ici, en Bourgogne, les personnes bien informées savent bien que le mont Beuvray est une planche pourrie mais on fait comme si...

Au député Christophe Siruge qui, à ma demande, l'interroge sur le bien-fondé de la localisation de l'oppidum de Bibracte au mont Beuvray, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, répond, en langue de bois, au JO du 11/6/2013, que les questionnements relatifs à la stricte identification de Bibracte au site du Mont Beuvray s'avèrent d'un intérêt accessoire. On est à la limite de la forfaiture. 

Faut-il évoquer l'incroyable comédie du tombeau de l'ancien président de la République pour lequel son épouse avait acheté un bout de terrain sur ce mont pelé où tout gèle en hiver ; le journaliste Christophe Barbier en a fait un livre mais il n'a rien compris.

Bref, depuis la disparition de François Mitterrand, aucun ministre n'a osé gravir le mont, sauf M. Montebourg, mais c'est un cas. Seul, le ministre de la Culture du Burkina Faso. Aux dernières nouvelles, c'est peut-être d'Afrique qu'on aurait reçu, avant les Romains, la civilisation avec l'art de cuire les briques dans des fours.

Extraordinaire Mont-Saint-Vincent !

Lorsque, venant de Chalon, j'aperçois de loin, sur l'éperon rocheux, la vieille église romane au clocher perdu, je sens que de là-haut, on me prévient et qu'on me crie : « Ennemi ! Retourne d'où tu viens ! Crains pour tes yeux de regarder cette forteresse de légende que la nature et l'homme ont dressée devant toi ! Crains d'encourir, en nous assaillant, la colère du Dieu terrible, derrière lequel nous sommes rassemblés en armes. Nos remparts te dominent, nos tours t'enferment ! Nos chemins d'accès sont des ravins dont nous tenons les sommets ; et si, téméraire, tu oses nous contourner par la pente la moins escarpée, lève le regard et vois, le château fort et son donjon qui te barrent le passage !... » Mont-St-Vincent ! le mont qui a perdu son nom ! Certains disent qu'il était peut-être un oppidum ; quel oppidum ! Les murs faits de pierres énormes qui étonnaient César à Gergovie sont là. Les murailles ont conservé en partie leur impressionnante grandeur, ainsi que la porte de Chalon, avec sa tour de l'Assommoir.

 L'église dite romane, masse énorme au porche puissant, écrase la croupe nord du Horst, tandis qu'à l'autre extrémité, la masse encore plus énorme du château disparu l'équilibre.  Les druides officiaient sur ce haut lieu. Sur quel autel faisaient-ils égorger les animaux du sacrifice ? Sur quel rocher donnaient-ils l'ordre de mettre le feu aux gigantesques paniers des condamnés à mort ? Dans quel bâtiment enseignaient-ils aux jeunes gens l'essence de la culture celte ? Point d'écrit, point de trace ; la tradition orale maintenait la connaissance dans la mémoire des hommes. Dumnorix et ses cavaliers vivaient dans ces maisons de pierre mal équarries, et lorsque, de la tour de guet, les guetteurs appelaient aux armes, il sonnait de son cor et, avec ses compagnons, se précipitait dans un galop effréné au secours d'un oppidum menacé. Du haut du promontoire, tribune aux harangues, dans le soleil resplendissant du midi, devant les représentants des peuples gaulois rassemblés, Vercingétorix prononça un discours historique pour appeler toutes les nations celtes de la Gaule à lutter pour leur indépendance contre les armées de César.  

Mont-Saint-Vincent/Bibracte : même et unique oppidum. Lorsque César campait dans la région de Toulon-sur-Arroux, il se trouvait, dit-il, à 27 kilomètres de Bibracte, mais il fallait traduire à 27 km du Mont-St-Vincent et non à 27 km du Mont-Beuvray.

Alésia/Nuerax/Tasiacum/Taisey

Allons donc, soyons sérieux ! Les premiers colons qui, du Proche-Orient, nous ont apporté l'agriculture, la métallurgie, et tout ce qui va avec, quelle curieuse idée que de les faire s'installer dans un Morvan éloigné de tout. Évidemment non ! Si l'on raisonne en militaire, ce premier courant d'immigration, première voie de l'étain traversant nos terres, ne pouvait que remonter le couloir Rhône/Saône, jusqu'à la région fertile de Chalon-sur-Saône, plaque tournante de la Gaule. Si l'on raisonne en militaire, ces premies colons ne pouvaient dresser leur forteresse que sur la hauteur dominant le fleuve et la région, à Taisey, antique Tasiacum, Cabillodunum de César (la ville des bords de Saône ne s'est entourée d'un rempart qu'au III ème siècle). C'est ce que commandent la géographie, la logique militaire, mais aussi les textes si on les traduit et si on les interprète correctemment.

Une tour de Taisey antiquissima.

Allons donc, soyons sérieux ! Si les archéologues n'ont pas retrouvé dans le sol chalonnais des traces de temple plus ancien, c'est tout simplement parce que le temple fondé par les premiers migrants venus du Proche-Orient est toujours debout et qu'il s'agit de la tour de Taisey... une tour sacrée d'avant Salomon. Au Ier siècle avant J.C, les Juifs migrants qui s'étaient installés en colonie à Gourdon, au pied de Mont-Saint-Vincent/Bibracte, en ont représenté la pièce de l'étage dans leurs fresques. De toute évidence, il s'agit d'un Saint des Saints, le lieu où siège la divinité de la cité. On y retrouve la trace de l'appareillage de pierres de taille, le même qui décore l'intérieur de nos plus anciennes églises. Enfin, juge de paix par excellence, la base de la tour s'inscrit dans le rectangle du petit charriot et celle de l'oppidum/refuge qui se trouve en arrière dans le tracé du grand charriot.

Une remise en cause de toute l'archéologie française et de notre patrimoine le plus ancien.

Déclaration, en 1986, de Philippe de Villiers, secrétaire d'Etat au ministère de la Culture pour le Patrimoine, je cite : La Culture, c'est l'emploi de demain. La France est le pays du monde qui a les ressources les plus extraordinaires par son histoire, ses monuments et ses savoir-faire. Ces ressources sont largement sous-utilisées (Promouvoir le patrimoine français pour l'an 2 000, éditions de la Caisse Nationale des monuments historiques et des sites, 1987, page XII).

M. le Ministre de la Culture, répondez !

Château de Taisey, le 27 janvier 2019.

Emile Mourey,

Notes

1. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/alesia-le-combat-heroique-des-199813

2. Suétone, vie des hommes illustres

3. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/correction-a-mon-article-sur-199679

4. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/a-jean-louis-brunaux-a-mm-les-208647

5. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/a-mm-les-archeologues-au-sujet-de-209158

6. http://discours.vie-publique.fr/notices/857011700.html

 



14 réactions


  • Arthur S François Pignon 25 janvier 17:01

    Peu d’écrits relatent l’histoire de Vercingétorix qui est avant tout une création moderne et joue davantage un rôle de héros mythologique que celui de personnage historique.

    Seuls quatre auteurs romains et cinq grecs ont écrit sur lui en ne lui consacrant pour certains que quelques lignes, des lignes écrites par ses ennemis, dont on peut douter de l’objectivité.

    Pour exhumer ce héros oublié il a fallu attendre le Second Empire qui lui a taillé le costume qui convenait au rôle que ses anges rédempteurs lui réservaient, en le dotant d’une personnalité très différente de ce qu’elle devait être en réalité.

    L’aspect physique, pour commencer, dont le Second Empire n’avait aucune idée mais a quand même construit un héros superbe en s’inspirant notamment du visage de l’empereur et de sa moustache. Car une chose est certaine, Vercingétorix n’avait pas de moustache : les Arvernes se rasaient. Et la seule image qui soit restée de lui, sur 25 statères d’or à son effigie le présente glabre, avec des cheveux courts dont rien ne permet dire qu’ils fussent blonds !

     La manipulation ne s’arrête pas là. Vercingétorix n’a jamais un chef gaulois, car la Gaule n’existait pas. La Gaule est une création romaine, un fourre-tout rassemblant la plupart des peuples installés sur un territoire comprenant l’actuelle France et une partie de la Belgique et de la Suisse. Mais elle était peuplée de tribus totalement indépendantes, sino ennemies dont Vercingétorix allait devenir le chef éphémère.  Vercingétorix n’était donc pas un chef gaulois, mais un chef arverne à qui s’étaient alliés d’autres tribus de Gaule apr opportunisme, momentanément.

    La raison de son génie militaire vient de ce qu’il avait servi durant cinq ans aux côtés de César comme contubernale (compagnon de tente) l’avait aidé à combattre... des Gaulois, avant de se retourner contre lui.

    En 1850, les français ne connaissaient pas Vercingétorix ! Les grandes figures de l’histoire de France étaient Clovis, Charlemagne, Saint-Louis, Louis XIV... et quelques autres avant ou après. Mais de Vercingétorix aucune mention. Mais Napoléon III avait besoin d’un symbole rassembleur qui ne pouvait pas être Clovis, un franc, donc germanique, ni Charlemagne également franc dont la capitale était une ville allemande. Napoléon III, grand admirateur de César, connaissait Vercingétorix dont il a fait son étendard. C’est lui qui a financé des fouilles à Gergovie avant d’y installer une stèle commémorative. Lui aussi qui a fait ériger à Alésia, une statue de 7 mètres de haut.

    Mais après seulement 10 ans de gloire, comme Vercingétorix, Napoléon III a été lui aussi vaincu. Le mythe de l’Arverne ne s’est pas arrêté pour autant. Au contraire, la victoire allemande lui a donné un nouvel élan. La jeune république avait elle aussi besoin d’un héros national et Vercingétorix était le candidat idéal. Jeanne d’Arc a eu aussi une bonne place sur le podium. Cette Lorraine née en Champagne dans un Barrois mouvant aux frontières indécises venait d’être embauchée pour symboliser et légitimer l’unité d’un territoire que même Vercingétorix ne pouvait pas couvrir.

    Ces deux figures sont les deux opérations de communication les plus réussies et sont devenues le père et la mère d’un peuple (ou d’une nation) qui ne recherche pas davantage la vraisemblance ou la cohérence que les Romains ne se souciaient de l’état-civil de Remus et Romulus.


    • Emile Mourey Emile Mourey 25 janvier 17:34

      @François Pignon

      Désolé mais vous reprenez tous les lieux communs que je dénonce. Non, Vercingétorix n’a jamais servi dans les armées de César ? Si cela avait été, il l’aurait dit clairement. Ce que César reproche à Vercingétorix, c’est d’avoir rompu « l’amicitia », autrement dit l’alliance, qui liait le pays arverne aux Romains depuis la défaite de Bituit. Je m’appuie sur des textes fiables et non sur des élucubrations. Florus décrit parfaitement le personnage. Il écrit au II ème siècle et c’est un auteur crédible. Vous parlez de mythe arverne. Je parle de vérité historique et je me fiche de ce que disent mes contemporains qui racontent n’importe quoi, comme de dire que la Gaule n’existait pas.


    • Arthur S François Pignon 25 janvier 17:55

      @Emile Mourey

      la Gaule n’existait pas tant que les Romains n’en ont pas décidé l’existence pour administrer des territoires annexés, soumis à l’impôt et dont l’intégration à l’empire était très différente dans la Narbonnaise, la Lyonnaise, la Belgique etc...
      D’ailleurs, même pour les Romains, il n’y avait pas LA Gaule, mais LES Gaules, et entre autres, la Gaule « chevelue » (Gallia comata) pour désigner la Gaule non encore romanisée avant leur soumission par César

      Les relations entre les peuples concernés qui parlaient des langues différentes et avaient des religions différentes reposaient sur des rivalités de chefs de guerre qui s’alliaient ou se combattaient pour imposer une hégémonie instable et toujours remise en cause, caractéristique que César a su utiliser dans son intérêt en contribuant à aggraver leurs antinomies.

      La culture gauloise était diverse selon les peuples et certains utilisaient l’alphabet grec (celui des Galates, en fait), mais la plupart ignoraient l’écriture et surtout le droit écrit qui était l’élément décisif de la culture romaine dans la mise en place d’un « état », mot qui n’avait aucun sens pour un Gaulois, fût-il Bitturige, Eduen ou Séquane.

      On ne peut pas plus parler de Gaule avant les Romains qu’on ne peut parler de Mexique avant l’arrivée des Espagnols !


    • Arthur S François Pignon 25 janvier 18:09

      @Emile Mourey

      Alors, pour vous, ce site ne raconterait que des bêtises ?


    • Emile Mourey Emile Mourey 25 janvier 20:48

      @François Pignon

       Je cite le site : C’est vraisemblablement à cette période qu’il entre dans l’entourage militaire de César

      Certainement pas ! Pour le reste, je ne vois pas de grosses erreurs vu que l’auteur se limite à un survol et souvent à des hypothèses. Pas de localisation de Gergovie, pas de véritables explications des batailles. On n’en sait pas plus qu’une lecture superficielle des Commentaires.


    • Antenor Antenor 26 janvier 13:42

      @François Pignon

      L’existence de la Gaule ne se résume pas à une question de perception d’impôts. Avant même la conquête romaine romaine, il existait une assemblée annuelle des druides gaulois en pays carnutes. Preuve qu’il existait déjà la conscience d’une appartenance commune et une volonté de légitimer des décisions judiciaires par une instance supérieure. A travers les textes d’époque, on devine une Gaule politique en construction avec des rapports de clientèle guère différents de ceux de la France féodale. Il faudrait se mettre d’accord sur la définition du mot « Etat » au début de notre ère mais le fait est que les grandes entités politiques gauloises (éduens, arvernes, bituriges...) possédaient toutes un Sénat, des magistrats aux fonctions précises et frappaient monnaie.

      Concernant la langue et la culture, soyons prudent. Il existait sans doute trois grandes aires linguistiques (aquitaine, celte et belge) mais nous sommes incapables de les distinguer archéologiquement et les frontières données par César apparaissent bien simplistes. Concernant la religion, c’est le flou total. Nous sommes incapables de dire s’il existait un panthéon unifié gaulois ou celte. On retrouve des mêmes noms de dieux à travers tout l’Occident. Ces dieux remontent peut-être même à avant l’arrivée des Celtes, on n’en sait rien.

      Le Gaulois moyen ne savait pas lire tout comme son contemporain grec, étrusque ou égyptien. L’élite était lettrée comme partout autour du monde méditerranéen. Il n’y a que dans le domaine religieux que l’écriture était semble-t-il proscrite (Ce qui est bien dommage pour nous, je serais ravi de connaître les aventures de dieux et des héros gaulois).

      Remarquez que Mexico était déjà la capitale des Aztèques avant l’arrivée des Espagnols. smiley


    • Arthur S François Pignon 26 janvier 15:14

      @Antenor

      Les anachronismes sont à l’histoire ce que l’anthropomorphisme est à la zoologie : Mexico était déjà une ville, certes, mais le Mexique n’existait pas, et sur son territoire actuel vivaient d’autres peuples que les Aztèques.
      Parler de La Gaule est un anachronisme et un contre-sens.
      Si vi=ous voulez faire des analogies avec les druides, prenez les évêques et vous serez plus proches de la réalité mêm si la comparaison est aussi absurde q’uen ce qui concerne la notion d’état
      druides et évêques étaient/sont constituent/aient des clergés cosmopolites capables de communiquer entre eux et avec les croyants dans une autre langue que clelle de tous les jours, et leurs dieux étaient encore plus différents d’une tribu à l’autre que les saints qui ont revêtu leurs dépouilles ; une religion et un clergé n’ont pas besoin d’un état pour exister, laforêts des carnutes éytait une sorte de vatican, ce n’était ni Washington ni Pékin


    • Emile Mourey Emile Mourey 26 janvier 15:28

      @Antenor

      Merci de mettre les choses au point. C’est tout de même incroyable que nos contradicteurs ne comprennent pas que la grandeur de Vercingétorix est d’avoir voulu instaurer un conseil de gouvernement à l’échelle de la Gaule, un conseil dans lequel les conseils des cités se seraient représentés. En d’autres termes, on pourrait dire que la Gaule étaient composée de provinces ayant des institutions et des croyances semblables, celles que César dit (vergobret etc...) mais autonomes et donc parfois concurrentes, d’où la prise de conscience de Vercingétorix qu’il fallait instaurer un conseil de gouvernement national, ce qui, forcément, se réalisera par la suite. 


    • Arthur S François Pignon 26 janvier 15:54

      @Emile Mourey

      Dire que Montesquieu préconisait le principe de séparation des pouvoirs, aujourd’hui encore considéré comme un élément essentiel des gouvernements républicains et démocratiques et qu’il contestait la structure en trois états de la monarchie française : le clergé, l’aristocratie et le peuple, ne signifie pas que la France était une république de son vivant (1689-1755).


    • Arthur S François Pignon 26 janvier 16:18

      @Emile Mourey

      Quand, au milieu du Ier siècle av. J.-C., César a atteint le Rhin, il a décrété que ce fleuve était la frontière entre Gallia et Germania, espace purement géographique défini à des fins militaires de mise en place de fortifications et pas du tout administratif. Cette Gaule était un territoire morcelé entre de nombreux peuples semi-nomades de culture plutôt celtique mais parfois germaine, et César lui-même parlait de la guerre des Gaules.

      Jusqu’à la chute de l’Empire romain d’Occident, la Gaule est restée une fiction géographique pratique pour situer une région, comme on dit « Europe » aujourd’hui, ce qui n’est pas équivalent d’ »Union Européenne ».

      Au IVe siècle ap. J.-C., aucune entité administrative de l’Empire ne portait ce nom. Les grandes migrations de peuples venus de l’est et du nord, qui ont contribué à la disparition de l’empire romain, ont fait naître de nouvelles configurations aux limites flottantes, les royaumes dits « romano-barbares » comme la Burgondie, l’Aquitaine des Visigoths, l’Allemanie, l’Austrasie…

      Au début du VIe siècle, les Francs venus de l’est ont réussi grâce aux succès militaires de Clovis, petit roi de Tournai soutenu par l’Église, à imposer leur domination sur la plupart des autres royaumes.

      L’histoire des conflits et des partages ultérieurs du grand royaume des Francs est complexe et mouvante. L’idée d’un enchaînement d’une histoire « de France » se déroulant des Gaulois aux rois capétiens est fausse, et l’idée d’une unité gauloise concernat un peuple ou un territoire est fausse également.


    • Emile Mourey Emile Mourey 26 janvier 16:18

      @François Pignon
      Vos réflexions sont sans intérêt et hors sujet. La question que pose mon article est : Bibracte est-elle au mont Beuvray ou pas. 


    • Arthur S François Pignon 26 janvier 17:07

      @Alex

      Heureusement, le monde est bien fait : pour équilibrer, il y a aussi des gens qui ne savent rien sur rien !


    • Arthur S François Pignon 26 janvier 17:26

      @Emile Mourey

      Mon ordinateur doit être infecté par un virus, j’avais cru lire :

      « Vercingétorix est blond. Sa chevelure est flamboyante comme les rayons du soleil. Son profil, tel que les médailles le représentent, est celui d’un athlète plus que celui d’un Apollon. »


  • nocob 25 janvier 20:09

    Bonjour, Emile, je vais essayer autrement.

    Vas y, sort moi un article, avec quelques signatures d’archéologues nom prénom. mêmes des baletringues amateur, ou des second couteaux, osef. Je veux que t’arrête de m’emmerder avec ta théorie pendant un an, si tu n’a pas au moins 10 couillons pour la soutenir avec toi.

    C’est raisonnable comme demande non ?


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