mercredi 15 juillet - par Michel J. Cuny

Vers l’armée de métier, Charles de Gaulle (6 mai 1934) : la voie royale de la dictature militaire (88)

Sans doute le 2 mai 1934 aura-t-il été un jour à marquer d’une pierre blanche pour André Pironneau. Le voici qui anticipe sur la publication effective du livre de son tout nouveau poulain… Quant au titre de l’article fondateur qu’il publie alors dans L’Écho de Paris, il ne peut pas être mieux choisi : Vers l’armée de métier par Charles de Gaulle
https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k8151610/f9.item.zoom

« Nous nous promettons de lui consacrer l’étude approfondie qu’il mérite ; en attendant, nous en détachons les pages suivantes. »

Dès les premiers mots repris du lieutenant-colonel, nous ne pouvons décidément pas nous y tromper. C’est bien toujours la même marotte… celle qui va tendre à démobiliser les masses pour favoriser une prétendue élite dont on prendra la mesure dès le mois de mai 1940 ainsi que les jours suivants…
« La notion de quantité, prise bon gré mal gré comme fondement de l’organisation et de l’art guerrier depuis la fin du XVIIIe siècle, étayée de théories politiques passionnées, consacrée par plusieurs épreuves grandioses, domine encore l’opinion et, par suite, tout le reste. »

La conscription promue par la Révolution française sort éreintée de la suite des propos de l’ami Charles :
« Par surcroît, cet impôt de temps, et éventuellement de sang, s’accordait si bien avec les tendances égalitaires du vieux monde qu’il en prenait le caractère dur et fort des principes démocratiques. « Sac au dos ! », pour les uns comme pour les autres, il y avait là de quoi flatter la passion générale de nivellement. » 
« Les unités, rigides et homogènes, semblaient fort bien adaptées à une lutte dont on pensait qu’elle serait la ruée et le choc des masses. » 

Mais, patience !...
« À vrai dire, cette fureur du nombre n’empêchait pas la qualité de déployer sa vertu. » 
« Le service à long terme, appliqué par la France de 1818 à 1870, lui donna les meilleurs soldats qu’elle ait eus jamais. » 

S’il faut en croire Charles de Gaulle, le retour de la qualité aurait donc été le fait de la loi Gouvion-Saint-Cyr du 18 mars 1818. Elle reposait tout de même sur la conscription, rétablissait donc l'appel, mais en y joignant le tirage au sort et la règle du "remplacement". Elle fixait initialement la durée de service à six ans, puis passerait à huit.

Comme on sait, elle a très mal fini en 1870… entraînant le Second Empire dans sa chute. Mais…
« Lorsque ses chefs rendirent ses armes, elle était intacte. À peine sortie des prisons de l’ennemi, elle trouvait assez de fidélité pour enlever les barricades de la Commune et sauver l’État. » 

C’est tout dire de sa « qualité » en présence des « masses »… si ce n’est devant l’ennemi héréditaire venu jusqu’aux portes de Paris… De Gaulle avait donc déjà choisi son camp : celui que garantissait l’ordre prussien.

Enfin, selon lui, et s’agissant de la Première Guerre mondiale…
« Les témoins des derniers combats n’ont pas oublié ces élites lucides, hautaines, rompues à toutes les épreuves, qui dans chaque affaire menaient « l’effort principal ». » 

Tout paraissait donc finir très bien…
« Cependant, quelque atténuation que tant de leçons commandassent d’apporter au principe rigide du nombre, celui-ci, la guerre terminée, reprenait son règne absolu. Justifié en gros par la victoire, commode et simple en sa brutalité, offrant par surcroît l’avantage d’avoir à la longue pénétré les habitudes, il présidait seul à la refonte de nos institutions militaires. En vertu des lois votées en la matière, les forces françaises de campagne seraient formées par rapprochement d’un outillage immense et des masses mobilisées. » 

Comment remédier à cette terrible dérive ? C’était justement l’objet de la rédaction et de la publication de Vers l’armée de métier. Dans le même article, André Pironneau nous en livre la conclusion, et nous jette immédiatement dans le grand bain de la… dictature militaire ! France, voici la voie que t’ouvre Charles de Gaulle…
« Pour que naisse, demain, l’armée de métier, pour que lui soient donnés la matière et l’esprit nouveaux sans lesquels elle ne serait qu’une décevante velléité, il faut qu’un maître apparaisse, indépendant en ses jugements, irrécusable dans ses ordres, crédité par l’opinion. Serviteur du seul État, dépouillé de préjugés, dédaigneux de clientèles ; commis enfermé dans sa tâche, pénétré de longs desseins, au fait des gens et des choses du ressort ; chef faisant corps avec l’armée, dévoué à ceux qu’il commande, avide d’être responsable ; homme assez fort pour s’imposer, assez habile pour séduire, assez grand pour une grande œuvre, tel sera le ministre, soldat ou politique, à qui la patrie devra l’économie prochaine de sa force. » 

Hitler, Mussolini, De Gaulle… Nous y voici aussitôt projetés ! Or, la République s’y oppose, sans parler des règles, même les plus élémentaires, de la souveraineté populaire… Le lieutenant-colonel de Gaulle ne peut manquer d’en convenir :
« À ne voir que les apparences, on pourrait penser, il est vrai, que les conditions dans lesquelles fonctionne aujourd’hui l’État ne laisseraient à personne l’autorité ni le temps de mener à bien une pareille entreprise. » 

Cependant…
« Nul doute qu’à bref délai, le jeu des institutions, suivant le mouvement des besoins, n’ouvre le champ aux résolus. » 

Quant à l’instrument de la mise au pas envisagée…
« Dans le dur travail qui va rajeunir la France, l’armée nouvelle servira de recours et de ferment. Car l’épée est l’axe du monde et la grandeur ne se divise pas. » 

Ainsi s’achèvent les extraits choisis par André Pironneau dans le livre à paraître quatre jours plus tard. Nous sommes prévenus !

Pour en savoir plus sur le présent travail, veuillez suivre ce lien...
https://dejeanmoulinavladimirpoutin.wordpress.com/

Michel J. Cuny



46 réactions


  • sylvain sylvain 15 juillet 16:52

    Apres tout, de gaulle etait un souverainiste, et il n’exprime rien d’autre ici. Hitler et Mussolini aussi, mais ils sont perdus.


    • Eric F Eric F 15 juillet 18:31

      @sylvain

      Hitler a attaqué et exterminé, il n’était pas souverainiste mais impérialiste et oppresseur. Des héros se sont levés et des dirigeants courageux, pour repousser les occupants. Ce n’est pas de même nature.


    • sylvain sylvain 15 juillet 19:02

      @Eric F

      Si vous voulez on fait une liste de tous les souverains qui ont peuples cette terre, vous verrez que tous ce qui a pu attaquer et exterminer des peuples, ce sont des souverains.


    • Enki Enki 16 juillet 03:10

      @sylvain

      La souveraineté, c’est être libre chez soi, en sa maison, en son pays, pas aller squatter ou vampiriser chez les autres.
      Hitler était impérialiste, pas nationaliste contrairement à ce qu’on nous a raconté à l’école : il a conquis l’Europe ! C’est au contraire le nationalisme des pays conquis, leur besoin de retrouver leur souveraineté, qui a détruit l’empire naissant.
      de Gaulle a démontré son souverainisme, c’est à dire son nationalisme, en reprenant le pays pendant la 2ème guerre mondiale, puis en chassant les soldats etatsuniens installés dans les casernes françaises en leur nom propre comme au prétexte de l’OTAN (une alliance n’est pas un droit de venir s’installer chez vous).
      La valeur gaullienne pour le souverainisme a été jusqu’à restituer aux peuples d’Afrique, pas seulement l’Algérie, le droit à habiter chez eux, dans le cadre des nations reconnues par l’Organisation des NATIONS Unies. C’est lui qui a mis fin à l’empire français.

      On a retourné le sens des mots, empêchant de raisonner correctement et permettant à un Macron comme à un Mitterrand de raconter n’importe quoi.


    • Eric F Eric F 16 juillet 09:09

      @Enki

      D’accord avec vous


    • jakem jakem 16 juillet 10:02

      @Enki

      Je partage votre point de vue, sauf sur ce point : « ...de raconter n’importe quoi. »

      Les Mitterrand et Cie ( de la G. et de la Droiche ) n’ont pas raconté n’importe quoi. Ils tenaient des discours structurés dont des mots, des idées, des concepts avaient été méticuleusement détournés de leur sens premier ou habituel ( usage excessif d’euphémismes, détournements sémantiques jusqu’à l’inversion du sens, emploi d’un langage technocratique ampoulé souvent aussi vague que le Préambule de la DDH ...).

      Mitterrand ( 13 juin 71 ) : « Celui qui n’accepte pas la rupture avec l’ordre établi [ par ex. les délinquants et les criminels doivent être sanctionnés ], avec la société capitaliste [ qui lui a permis de vivre confortablement, de profiter de ses droits d’auteur et de sa maison de campagne ainsi que de son appartement cossu rue de Bièvre ], celui-là, je le dis, ne peut être adhérent au PS. » FOG raconte comment Mitterrand a opéré son coup de Jarnac : le 11 juin il n’avait pas la carte du PS et siégeait au banc des non-inscrits à l’AN. Le mercredi suivant il était élu Premier secrétaire du Parti.

      Marchais ( 1980 ) : « Nous autres communistes, nous avons une position claire : nous n’avons jamais changé, nous ne changerons jamais, nous sommes pour le changement. » Ça, c’est plutôt comique.

      « Vivre mieux, changer la vie — Démocratiser l’économie, les institutions — Contribuer à la paix — Augmenter les salaires — Réduire la durée du travail [ un chirurgien qui doit opérer pendant 7 h s’arrêtera au bout de 3 h conformément à la Loi ) ... »

      On ne peut pas s’opposer à ça, mais concrètement qu’est-ce-que ça signifie, et comment fait-on ?


    • Enki Enki 16 juillet 11:01

      @jakem

      « Le nationalisme, c’est la guerre » : je lui en veux énormément sur cette phrase. Même s’il n’était pas encore clair que j’étais nationaliste (au sens que j’ai éclairci plus haut) : il faut du temps pour sortir des confusions mentales collectives.
      Mitterrand a surtout été un imposteur : un socialiste ancien activiste de la Cagoule, décoré de la francisque, qui mangeait à Latché avec l’organisateur de la rafle du Vel d’Hiv, qui s’est vanté sur son lit de mort d’être le dernier des grands présidents après avoir refourgué la souveraineté du pays à l’ordolibéralisme imposé par la bureaucratie de l’UE qu’il a largement fabriqué (Delor, Camdessus, Lamy..), bref...


      Les gens qui parlent bien, je m’en fous. C’est ce qu’ils font qui m’intéresse.


      Marchais était au moins cohérent. Je ne suis pas communiste, mais il a voulu défendre le prolétariat français contre l’immigration qui allait prendre leur travail et détériorer les contrats, dont la norme était à l’époque le CDI. Bon, ben, c’est fait. Et c’est lui qui placardait des affiches électorales « achetons français », « produisons français », pendant que la gauche, comme la droite, lui jetaient des boulettes de pain. Mais il parlait mal, c’est vrai, avec son accent pour qu’on se foute de sa gueule.

      Que faut-il faire ? Reprendre notre pays, pour pouvoir nous diriger nous-même avec un gouvernement et un parlement faits pour ça (comme le font tous les pays du monde, sauf ceux de l’UE).
      Mais le Système est résilient et le temps joue pour lui, avec la censure qui avance à petits pas et l’oppression contre le peuple comme un collier qu’il serre cran après cran et qu’il déshabille économiquement pour tout refourguer à l’économie apatride. Et puis le peuple est éclaté, ethniquement et idéologiquement.

      , Voilà, je suis en forme aujourd’hui !


    • sylvain sylvain 16 juillet 11:15

      @Enki

      On peut choisir la definition qu’on veut pour un mot in fine. Mais si tout le monde fait ca les mots n’ont plus tellement de d’interet.

      Si vous regardez l’histoire des souverains, qu’ils aient ete incarnes dans une personne humain ou morale comme l’etat, vous verrez des agressions systematiques entre entitees souveraines.

      Si vous regardez une definition de la souverainete vous verrez qu’elle n’indique nullement qu’elles doivent se respecter entre elles.

      Mais on peut considerer que ce sont de mauvaises souverainetees


    • Enki Enki 16 juillet 11:31

      @sylvain

      Parce qu’on ne nous a pas appris à l’école que « le respect mutuel des nations » est un principe qui met fin aux guerres depuis le traité de Westphalie (1648, oui c’est ancien), qu’il y a eu toute une progression dans l’histoire faite de guerres et d’empires qui a développé la diplomatie avec, y compris la décolonisation au siècle dernier de ce qu’on désigne maintenant le Sud Global. La SdN, puis l’ONU, et le droit International ne sont pas apparus fortuitement.
      Non seulement on n’a pas appris ça, mais on a appris que « le nationalisme, c’est mal ».

      Vous avez le choix entre le nationalisme (défendre les nations) ou l’impérialisme : c’est l’un ou l’autre, la nature a horreur du vide. Ce que vous ne voyez toujours pas (mais c’est fait pour).
      Le souverainisme, en tant que principe, est possible dans la mesure où être libre chez soi, veut dire que les autres sont libres chez eux : encore une fois le « respect mutuel des nations ». La prédation (l’impérialisme) n’est pas la liberté à chaque pays d’être libre chez lui : comme vous et votre famille, chez vous dans notre quartier ou votre village.
      Pas besoin d’être de gauche ou de droite pour comprendre cela.


    • jakem jakem 16 juillet 11:48

      @Enki

      Exact !

      De Gaulle avait dit à Peyreffite : « Nous sommes des nationaux » sans doute parce que le mot « nationalisme » était déjà perverti. Je trouve le mot inapproprié, maladroit, parce que cet adjectif se prête mal à son emploi en tant que substantif.

      Or, lui-même avait souvent été nationaliste. Il avait placé la France en premier, puis l’État et la société.

      Être nationaliste ne signifie pas intrinsèquement être belliqueux, méprisant envers les autres pays, conquérant, impérialiste.

      C’est un degré au-dessus du patriotisme et englobe non seulement des aspects culturels, traditionnels, religieux, identitaires, spécifiques à l’Histoire du pays, mais aussi la défense des intérêts économiques au sens large du terme ( instruction scolaire, études universitaires, recherche, médecine, technologie, industrieS, et souveraineté politique ).

      Je n’ai cité Mitterrand et Marchais que parce que c’était facile à trouver et à réécrire ( copier-coller parfois impossible ). Et parce que ce sont deux figures importantes de référence des gauchistes ; sauf l’anti-immigrationnisme de Marchais.

      De Gaulle avait insisté sur le sens de la responsabilité individuelle et des responsabilités en général. Et il faisait confiance aux gens même s’ils n’étaient pas de fervents gaullistes.

      Contrairement aux gens de G. qui sont convaincus que l’État doit tout réguler, tout donner, autoriser/interdire ( plus de bon sens, de sens commun partagé par une société cohérente ) ... Pour eux tout le monde doit dépendre de l’État. C’est du Mussolini.


    • Enki Enki 16 juillet 12:20

      @jakem

      Ce n’est pas le mot qui est sale, l’or dans la merde ne fait pas de la merde. On emploie « souverainiste », parfois « localiste » pour éviter le mot maudit. Or le mot « nation » est clair, il rassemble les trois nécessités : un territoire, un peuple, un Etat". C’est ce qu’on nous empêche de visualiser. Et défendre la nation chez les autres, le nationalisme au sens premier, c’est mieux défendre la sienne chez soi pour éviter de tomber dans la loi de prédation : manger ou être mangé, comme j’essayais de l’expliquer à Sylvain.
      wbr> Pour l’Etat, je n’ai pas de dogme : parfois du libéralisme, c’est bien, parfois du socialisme c’est bien, parfois les deux, selon le moment, l’endroit...
      de Gaulle a su bâtir une économie nationale (et plus « socialiste » que Mitterrand) en prenant directement en charge les besoins de tous : énergie, transports, éducation, etc... Et en expliquant aux grandes entreprises françaises, libres de faire ce qu’elles veulent à l’international, comment cela se passe en France : les plans quinquennaux, avec l’économie mixte. La France n’a jamais été autant prospère, je crois, que sous de Gaulle, avec le peuple dans son ensemble qui en a largement profité et l’activité des PME/I tirée par les commandes des grandes entreprises.
      Maintenant, oui, l’Etat c’est:aucun droit de regard sur l’économie, l’aide sociale pour la casse en se servant sur ceux qui produisent encore (impôts et taxes). Tout est fait à l’envers, droit vers le mur, à moins que le but soit de tout refourguer aux multinationales, banques et fonds de pensions (contre le nationalisme ouaaaaais !). Sans compter la sécession maffieuse (que je n’appelle pas élites) contre le peuple en imposant sa Doxa pour se maintenir.


    • jakem jakem 16 juillet 12:46

      @Eric F

      Comme vous le dites, Hitler était impérialiste, un conquérant. Mais il a aussi exploité la veine nationaliste à l’outrance en y associant le racisme institutionnel.


    • Eric F Eric F 16 juillet 13:42

      @jakem

      le nationalisme constitue en effet souvent la variante belliciste du patriotisme (dévouement à son pays) et du souverainisme (indépendance nationale).


    • Enki Enki 16 juillet 14:30

      @jakem, Eric F,

      Son cas, si c’est du nationalisme ou pas, est compliqué car les 3 unités (un territoire + peuple + état) ne s’emboitaient pas.

      Territorialement, Hitler est devenu chancelier d’une nation jeune, unifiée en 1871. Mais elle avait pris le nom de IIème Reich, une nation tirant sa légitimité du Saint Empire Germanique. Et après la défaite en 1918 cette « nation/empire » a encore été diminuée territorialement par les vainqueurs. D’où la théorie hitlérienne de « l’espace vital » à défaut d’éclaircir entre nation et retour du reich.
      Le peuple était celui germanique, très vieux, d’Europe du Nord, qui s’est répandu sur le continent à la suite de l’empire romain, notamment les francs, ayant donc formés la France. Le (pan)germanisme renvoie à l’histoire d’un peuple qui dépassait largement les frontières de 1933 et au vu de son héritage technique et culturel, capable de régénérer l’Europe !

      Un exemple extrême indiquant que si la nation est le meilleur cadre pour former un pays, en tout cas le moins pire, cela n’a pas été simple en beaucoup de contrées, contrairement à la France, dessinée à l’avance par sa géographie naturelle.


    • Luniterre Luniterre 18 juillet 02:12

      @Enki

      Excellent résumé !

      Je dirais même : difficile de faire mieux en si peu de mots !!!

      Luniterre


  • Eric F Eric F 15 juillet 18:34

    Il y a eu dictature militaire ? Oui, celle des nazis et des staliniens.


    • La Bête du Gévaudan 16 juillet 18:25

      @Eric F

      internet est le refuge des nostalgiques de Staline et Hitler... ces mecs qui vous expliquent benoîtement que De Gaulle est un dictateur, mais qu’Hilter ou Staline (selon leur préférance) était un grand libérateur...

      on nage en effet en plein délire...

      mais ce n’est pas nouveau... en leur temps, Diderot et Voltaire n’avaient pas de mots assez durs pour critiquer le despotisme de Louis XV... mais ils trouvaient fort charmants les « despotes éclairés » Frédéric de Prusse et Catherine de Russie, chez qui ils passaient d’agréables séjours courtisans...

      on a connu les mêmes tarés à l’époque du communisme... conspuant la « dictature bourgeoise occidentale machin chose »... mais trouvant toutes sortes d’agrément aux enfers communistes...

      et ça continue aujourd’hui... quel tyran exotique n’a pas son troupeau d’admirateurs chez nos gauchistes ?


  • Rinbeau Rinbeau 15 juillet 23:35

    La cinquième république que nous a laissé De Gaulle est une véritable prison politique.. Laissant tout le pouvoir à l’exécutif.. Comme le disait Roosevelt.. Oui c’était un apprenti dictateur !


    • jakem jakem 16 juillet 07:00

      @Rinbeau

      En tant qu’historien, vous avez les qualités et les capacités requises pour participer au Grand Concours International de Connerie Universelle.

      Ça pourrait être un tremplin pour devenir Grand Vizir historiographe dans l’ anti-France du Méluche.


    • JACQUOU JACQUOU 16 juillet 08:47

      @jakem

      Salut ma poule ! J’ai lu quelques uns de tes commentaires de merde, sur les évènements historiques. Tes diplômes de fabulateur historique, tu les a choppé au fin fond des caniveaux ?

       smiley


    • jakem jakem 16 juillet 13:17

      @JACQUOU

      Une aria de l’opérette « Frau Luna » ( 1899 ) composée par Carl Emil Lincke et de belles images de Berlin, une ville malheureusement défigurée et salie par des masses d’Aliens ; comme Paris et tant d’autres villes.

      Á ces fauteurs de nuisances, aux islamo-gauchistes et à vous-même, je suggère le sens d’un vers de la chanson :

      « Mir könn’se alle ! »

      https://www.youtube.com/watch?v=9Ki5duPF5bk


    • Eric F Eric F 16 juillet 13:44

      @Rinbeau

      quelle est, selon vous, la période de plus grande prospérité pour la France des 100 dernières années ?


    • Rinbeau Rinbeau 16 juillet 14:22

      @Eric F

      Celle d’Ambroise Croizat.. Qui grâce à l’action du conseil national de la résistance (nationalisation de la banque de France) va permettre de mettre en place tous les grand organes sociaux pour l’intérêt général (sécurité sociale, santé, retraites) etc.. Système qui va sombrer avec la reprise en main progressive des Ploutocrates financiers Rotschild facilitée par la constitution de la 5ème république faite sur mesure pour un apprenti dictateur.. De Gaulle !


    • Enki Enki 16 juillet 14:41

      @Rinbeau

      Et qui c’est qui a recruté le ministre Ambroise Croizat pour créer la Sécu ? Et qui c’est qui a permis la difficile formation du Conseil Nationale de la Résistance, a présidé à son programme, a recruté le radsoc Jean Moulin pour mettre en oeuvre ?

      Vous êtes trèèèèès loin de la largeur d’esprit nécessaire d’un de Gaulle pour réaliser tous ses travaux d’Hercule que votre fanatisme étriqué empêche de percevoir.


    • Enki Enki 16 juillet 15:06

      @Rinbeau

      En ajoutant que la IVème République, parlementaire, qui a duré 12 ans, a connu 24 conseils (gouvernements). Vous trouvez ça mieux ? La République s’est effondrée, incapable de résoudre la crise algérienne. Ils sont allé cherché de Gaulle, qui lui, a résolu le problème (en se prenant 6 attentats) et décolonisé toute l’Afrique, en passant que le parlementarisme radsoc a été incapable de faire.

      Je n’ai pas de préférence ni de religion entre régime présidentiel ou parlementaire : en France, ces deux systèmes ne marchent pas, ou très mal. de Gaulle a juste été un OVNI que beaucoup de français d’aujourd’hui, dont vous, n’ont pas compris.
      Il faut chercher ailleurs pour résoudre : le RIC toutes matières, pour que le peuple ait la dernière main quand tout déconne chez les politiques et la fédéralisation des régions (d’avant Hollande), pour sortir du centralisme parisien étouffant où se trouve la dictature actuelle.


    • Rinbeau Rinbeau 16 juillet 15:09

      @Enki

      Et qui c’est qui n’avait pas le choix avec un CNR armé jusqu’au dents ? Et qui démissionne en janvier 1946 tellement ce qui est en train de se mettre en place lui fait énormément plaisir ?

       smiley


    • Rinbeau Rinbeau 16 juillet 15:15

      @Enki

      C’est pas à moi que vous allez apprendre que depuis la révolution Française.. Tous les régimes parlementaires et présidentiel ont servi leur classe.. La Bourgeoisie d’abord.. Puis la ploutocratie Bancaire ensuite !


    • Enki Enki 16 juillet 15:15

      @Rinbeau

      Vous l’écrivez vous même : il a démissionné ! Un dictateur est quelqu’un qui démissionne ? Et même deux fois ? Vous comprenez ce que vous écrivez ?


    • Gollum Gollum 16 juillet 15:33

      @Rinbeau

      Et avant la RF il y a eu la noblesse et le clergé qui ont favorisé leurs classes à eux...

      D’où la RF précisément.. smiley

      Et donc ? On vit moins bien ou mieux ?


    • Rinbeau Rinbeau 16 juillet 15:46

      @Enki

      Il n’a pas pour autant renoncé au pouvoir..


    • Rinbeau Rinbeau 16 juillet 15:52

      @Gollum

      Effectivement.. Le peuple n’a jamais eu le pouvoir.. Les gouvernements ne servent pas depuis mille ans l’intérêt général.. Ce qui me pousse vers les réflexions de Joseph Proudhon !

       smiley


    • Enki Enki 16 juillet 15:57

      @Rinbeau

      Constatez vous-même que vous vous obstinez quitte à dire n’importe quoi, auquel il n’y a en effet rien à répondre. Je vous laisse.


    • Rinbeau Rinbeau 16 juillet 16:06

      @Enki

      Cluny a longuement documenté et sourcé depuis des mois l’ambiguïté du personnage avant la guerre et après la guerre qui désirait le pouvoir pour sa gueule et ne supportait pas que quiconque.. A l’intérieur comme à l’extérieur ne le contre dise. Les banquiers ont fini par avoir sa peau d’ailleurs.


    • Rinbeau Rinbeau 16 juillet 16:12

      @Rinbeau

      A l’auteur CUNY.. Pardon


    • La Bête du Gévaudan 16 juillet 18:41

      @Rinbeau

      le programme du CNR n’est pas sorti de nulle part... c’est un programme largement inspiré par le néo-libéralisme du « colloque lippmann » avant guerre... les états-providence de l’après-guerre en Occident, qui ne sont en rien une spécificité française, ne sont pas dû à des hurluberlus nostalgiques du pacte Germano-Soviétique, mais au fait que les élites occidentales ont réfléchi depuis longtemps sur la manière d’adapter le libéralisme à la société urbaine industrielle (notamment que le travailleur urbain moderne ne bénéficie plus de la résilience traditionnelle de la ferme et de la famille).

      Quant à la Sécu telle que conçue en France, elle est un projet d’orientation clairement fasciste (national-socialiste) développant une vision organique de la nation et utilitariste de l’individu... La fusion des caisses mutuelles de prévoyance sous direction para-étatique n’était pas une bonne idée... c’est d’ailleurs assez surprenant qu’un anarchiste adoube cette vision stalino-mussolinienne de la prévoyance sociale. Il était parfaitement possible de concevoir d’autres méthodes d’organisation de la prévoyance, plus respectueuses de l’autonomie de la société et de l’individu, nos anciens n’ayant pas attendu le CNR pour y pourvoir.

      Ajoutons que l’immédiat après-guerre n’est pas le moment de plus grande prospérité objective, mais de rationnement... il faudra attendre plusieurs années de croissance capitaliste pour retrouver une prospérité objectivement satisfaisante.


    • La Bête du Gévaudan 16 juillet 18:45

      @Rinbeau

      ajoutons enfin que la charité publique et la prévoyance ouvrière ne sont en rien des idées spécialement de gauche...

      au contraire !... pendant longtemps, la gauche s’est plutôt attachée à détruire ces « vieilles structures réactionnaires traditionnelles et populaires »... en un sens, le CNR a précisément achevé de détruire et centraliser cette prévoyance populaire autonome.

      Cela fait des siècles que la droite promeut la charité publique (au moins depuis la christianisation de l’empire romain... voire avant, selon d’autres modalités philosophiques) et la prévoyance par l’épargne et l’auto-gestion de caisses mutuelles.

      De Gaulle, en bon vieil aristo catholique, n’a nullement attendu les amis de Pol-Pot ou Bakounine pour se préoccuper du sort des pauvres et des déchus !


  • Mustik E-Z 2027 16 juillet 09:03

    La dictature !?

    ça peut s’interpréter comme un moyen.

    Comme la guerre est ’un moyen’ de résoudre les crises économiques

    La dictature celui dédié aux crises sociétales insolubles par la démocratie...

    Sic transit etc, etc


  • Mustik E-Z 2027 16 juillet 09:13

    Voilà qu’on met en question la probité du Général maintenant...

    celui qui a mis sa légitimité dans un Referendum...

    Je me reconnais dans ces commentateurs qui comme moi, étudiant, se sont fait rouler dans la farine par Geismar et son âme damnée Konh-Bendix, il y a 58 ans...

    Avec l’éveil des pays émergents...

    Continuez komça,

    c’est juste le moment pour creuser vos tombes


  • jakem jakem 16 juillet 10:24

    Contrairement aux prétendus grands démocrates actuels, De Gaulle n’avait pas tenté de restreindre la liberté de parole.

    De Pierre Sautarel sur X ( avis que je partage ) : << La commission sur les ingérences intérieures a duré cinq mois et cinq jours. Je ne crois pas une seconde qu’après cinq mois de travaux, ses membres découvrent soudain qu’ils n’avaient pas compris le sujet de leur propre rapport.

    La défense d’ @AgnesEvren est donc une fake news et, selon les critères posés par son propre rapport, une « ingérence intérieure ». >>

    §§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

    « Ingérence intérieure » : ça n’existe pas. Une ingérence est forcément d’origine extérieure. Ces gens veulent tout simplement museler la parole avant l’élection en qualifiant les opinions, à leurs oreilles divergentes et intolérables, d’ingérences.

    Cette entreprise est de même nature que la volonté de censurer typique de l’XG. et de ce magma centristo-macroneux-socialeux-eurokraturiste >>> On ne discute plus, on ne débat plus, on se sent « offensé-e-s-X+ » et « meurtri-e-s-x+ » par des opinions qui déplaisent, donc il faut les interdire.


  • La Bête du Gévaudan 16 juillet 18:58

    J’invite les gens à lire par eux-mêmes « vers l’armée de métier »... ils se feront leur propre idée...

    L’auteur oublie de souligner que De Gaulle anticipe la professionnalisation inéluctable de la guerre en raison de la montée en puissance technologique... c’est un fait qui aujourd’hui est évident...

    En outre, De Gaulle remarque aussi que la « guerre de masse » est la « guerre démocratique »... les grandes tueries des guerres mondiales sont le fruit des guerres démocratiques inventées par la Révolution française... les guerres anciennes étaient affaires de professionnels.

    Il est un peu hypocrite de ne voir qu’un côté de la médaille... sous prétexte de « révolution démocratique », les états modernes peuvent exiger la levée en masse des citoyens pour des guerres invraisemblables... De Gaulle rappelle que la guerre ancienne était en réalité souvent beaucoup plus limitée, notamment par le fait que les souverains ne pouvaient pas mobiliser leurs sujets n’importe comment, n’importe quand ni n’importe où... le « service de milice » était souvent limité à certaines saisons et à l’intérieur du fief...

    Nos ancêtres eussent probablement été ébahis de voir que la « révolution démocratique » ait permis d’envoyer nos paysans patauger pendant 4 ans dans les tranchées à l’autre bout du pays.


    • La Bête du Gévaudan 16 juillet 19:07

      jusqu’à la révolution, les droits féodaux interdisaient aux souverains de mobiliser en masse, et sans limite de temps, de durée ni de lieu, leurs sujets pour la guerre...

      c’est la fameuse « abolition des privilèges » qui a rendu la « levée en masse » possible ! ... c’est l’envers de la démocratie : la guerre aussi se démocratise (révolution et empire).

      Le mot privilège est étymologiquement « loi privée »... on voit toujours les avantages que retiraient certaines castes nobiliaires, sacerdotales ou commerçantes... mais on oublie que cette contractualité du lien concernait en réalité toute la population, et qu’elle consistait en des liens réciproques... le système féodal était un immense système d’enchevêtrements contractuels, qui limitait aussi les puissants. Tout comme aujourd’hui, un contrat de travail ou un contrat locatif limite aussi les droits de l’employeurs ou du bailleur.

      Les paysans n’étaient nullement mobilisables à volonté par le roi de France. C’est d’ailleurs pour cela que, après la fin de la guerre chevaleresque médiévale, les rois de l’ère classique recouraient à des armées de mercenaires : parce-qu’il demeurait interdit de mobiliser leurs sujets.


  • jakem jakem 17 juillet 07:59

    Le Rinbeau et l’information partielle, donc déformée .... et qui occulte totalement le nom du ministre gaulliste A. Parodi ... prétendant que Croizat aurait tout imaginé et fait lui-même ( avec bien sûr, les racamades portant marteau et faucille ).

    1- https://gabrielperi.fr/dossiers/mouvement-social-ref/une-histoire-de-lordonnance-du-4-octobre-1945-creant-la-securite-sociale/

    2- Une institution de protection sociale qui se FINANCE PAR LE TRAVAIL : https://www.ledauphine.com/societe/2025/10/04/c-etait-il-y-a-80-ans-le-gouvernement-provisoire-du-general-de-gaulle-creait-la-securite-sociale

    3- Croizat : «  le plan de Sécurité sociale est une réforme d’une trop grande ampleur, d’une trop grande importance pour la population de notre pays pour que quiconque puisse en réclamer la paternité exclusive… […] » https://gabrielperi.fr/dossiers/mouvement-social-ref/une-histoire-de-lordonnance-du-4-octobre-1945-creant-la-securite-sociale/

    4- " Pourtant, le schéma finalement retenu par les ordonnances et les lois qui les prolongent ne ressemblent pas à cette architecture idéale. D’abord parce que la Sécurité sociale ne naît pas de rien mais prolonge un système d’assurances sociales issu pour l’essentiel de l’entre-deux-guerres (loi de 1928-1930 pour la maladie et la vieillesse, décret-loi de 1938 pour la famille). Les réformes intervenues en 1945 se contentent d’augmenter les prestations, de supprimer le plafond qui excluait les salariés les plus aisés du système, d’unifier les différentes caisses et de rompre avec le principe de liberté d’affiliation...... " https://www.charles-de-gaulle.org/wp-content/uploads/2015/09/Seminaire_Securite-sociale-1.pdf


    • jakem jakem 17 juillet 08:01

      @jakem

      Et puis ce texte dont les auteurs ne sont pas des fanatiques tarés teintés de rouge sang :

      https://books.openedition.org/irhis/1076?lang=fr


    • Eric F Eric F 18 juillet 16:36

      @jakem

      Merci pour le lien (mieux vaut des textes de synthèse que les vidéos oiseuses de certains). La politique a plusieurs aspects complémentaires, une politique sociale vaut si l’économie est à la hauteur, si l’ordre public est assuré, si la pays est à la hauteur de ses ambitions, ce qui conduit à l’espérance d’une amélioration des conditions de vie au fil des générations.
      Prenons un sujet peu mentionné, la résorption des bidonvilles et logements insalubres (courées du Nord par ex.) au début des années soixante. Les « grands ensembles » constituaient alors une amélioration en terme de situation sanitaire, de confort, de sécurité. Après la libération les ouvriers rêvaient d’une mobylette, dix ans après ils rêvaient d’une voiture, dix ans après ils l’avaient.


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