samedi 11 avril 2015 - par Kevin Queral

Vers le retour de l’impérialisme allemand ?

Réflexions sans filets.

D'aucuns prédisent de bien mauvais jours à venir pour l'Allemagne1. Et ils ont peut-être raison. Elle doit faire face à un vieillissement important de sa population, les générations ne se renouvellent plus depuis des lustres (fécondité 2013 : 1,4), les lois Hartz2 et le traité de Lisbonne ont fait apparaître de nombreux travailleurs pauvres et ont amplifié la misère populaire, la vétusté des infrastructures due à la surcapitalisation inquiète, la déflation menace, etc.

Si l'économie allemande a su tirer profit de la politique monétaire de la BCE, qui a mécaniquement asphyxié ses concurrents européens, vient maintenant l'heure de la reddition des comptes. Et elle prend la forme d'une alternative perdant-perdant : soit finir d'étrangler et d'humilier les autres pays de la zone euro par le maintien de politiques d'austérité déflationnistes , au risque donc de ne plus avoir de clients, soit adopter une logique de transfert de richesses vers les zones sinistrées de l'UE. La situation, présentée ainsi, a tout du dilemme : chuter pour avoir plumé ses acheteurs, cas typique de déséquilibre proie-prédateur, ou payer, espèces sonnantes et trébuchantes, afin de préserver son hégémonie. Notons par ailleurs qu'il s'agit ici d'un des arguments les plus convaincants en faveur de la fin prochaine de l'euro.

Ces analyses pessimistes semblent ainsi difficilement réfutables, sauf à imaginer d'importants bouleversements macroéconomiques et de l'ordre géopolitique.

Enfin, les événements récents mettent l'Allemagne face à sa principale contradiction : comment rester, de manière indéfectible, pro-américaine géostratégiquement tout en étant très liée à la Russie économiquement ?

Pour s'imaginer un autre destin, à supposer que cette volonté existe encore chez ses élites et dans le corps du peuple, l'Allemagne pourrait tout à fait profiter de la situation actuelle.

Dans cette optique, nous pourrions envisager deux scenarii potentiels.

 

1 – l'Allemagne rompt avec Washington.

L'hypothèse est à première vue très peu crédible, c'est certain. Cependant, il existe de nombreux facteurs objectifs qui devraient faire tendre Berlin vers cette solution :

  • La première de ces raisons est bien entendu la situation de tension avec la Russie. S'il est probable que l'Allemagne ait joué un rôle dans la révolution orange et l'euromaïdan, elle n'avait pas pleinement mesuré la détermination américaine à enflammer l'Ukraine et à risquer un conflit d'importance.

    Or l'Allemagne a légitimement peur de la Russie et ne souhaite pas s'exposer inconsciemment.

    En cas de conflit majeur, la Russie est à ses portes et la guerre aurait lieu en Mitteleuropa, soit dans sa zone d'influence principale. Et même sans aller jusqu'à ces extrémités, l'instabilité Ukrainienne lui coûte très cher. L'Allemagne importe 35% de son pétrole et 30% de son Gaz de Russie. La Russie est aussi le premier exportateur mondial de matières premières industrielles.

    Elle était devenue le Hub de distribution des énergies fossiles venant de l'Est pour toute l'Europe central. La construction d'un Southstream par Gazprom3 (un pipeline passant par la Turquie et la Grèce afin d'approvisionner l'Europe) faisant suite au conflit, est pour elle un préjudice important. Les sanctions la handicapent aussi fortement, puisqu'elle est le premier pays exportateur vers la Russie.

    L'Allemagne a-t-elle réalisé qu'en imposant ce conflit, les États-Unis faisaient coup double ? Affaiblir et la Russie... et l'Allemagne !

    Faut-il ainsi comprendre la volonté de Mme Merkel de chercher à régler le conflit au plus vite, et sans l'aide des États-Unis, via les négociations ''format Normandie'' et l'accord Minsk 2 ?

    Le Spiegel4, habituellement plus circonspect, dénonce régulièrement ''les mensonges de l'Otan incriminant la Russie'' et accuse ''les Américains d'anéantir les efforts européens pour la paix''. La presse allemande fait régulièrement part de ''l'inquiétude du gouvernement.''

    L'Allemagne a-t-elle pris conscience que son principal allié ne l'était qu'en vue de ses propres intérêts ? Comment avoir encore confiance dans ce partenaire prêt à vous sacrifier ?

  • l'Allemagne a d'autre part acquis une puissance économique importante grâce à l'UE. Or, cette puissance dépend en grande partie de ses exportations, qui représentent aujourd'hui 50% de son PIB, contre seulement 24% en 1990. C'est dire l'importance de la pérennité de ces échanges. L'Allemagne a donc besoin d'un monde en paix et stable pour continuer d'avoir des acheteurs. Le chaos semé aux quatre coins du monde (Ukraine, Moyen-Orient, tensions OTAN- Chine, etc.) par les États-Unis est donc légitimement vu d'un mauvais œil par le capitalisme Allemand. Par Ailleurs, Berlin a aujourd'hui la mainmise sur la Mitteleuropa et sa main d'oeuvre qualifiée bon marché. L'installation américaine en Pologne et peut-être demain en Ukraine rentre en conflit avec la possibilité d'un impérialisme germanique.

  • L'Europe ne représente plus que 40% du volume de ses exportations et les politiques d'austérités et de rareté monétaire ne feront que diminuer ce chiffre. L'Allemagne a besoin de continuer à croître sur le marché asiatique et plus généralement à l'Est. C'est d'ailleurs le sens de son adhésion à l'AIIB5 (Banque de Développement des infrastructures en Asie). La chancelière a par ailleurs déclaré que l'adhésion à l'UEEA (Union Éconnomique Eurasiatique) était tout à fait compatible avec une collaboration économique avec l'UE. Cela montre bien que Berlin n'a aucune envie de renoncer à ces marchés.

    Continuer de suivre Washington dans ses politiques de sanctions et de déstabilisations pourrait finir par lui nuire et lui faire perdre ses clients.

  • Enfin, l'ordolibéralisme allemand n'a que peu goûté les déboires de la crise de 2008 venue de Wall Street et de la City. Francfort a dû se résoudre à une sorte de QE, abomination dogmatique, pour sauver le système interbancaire ! L'Allemagne sait aussi que la crise financière est loin d'être finie. Quitter le navire avant qu'il ne sombre et sortir du Dollars pourrait être une forte tentation... et pourquoi ne pas rejoindre la NDB des BRICS ? Le monde en serait assurément changé.

À ces facteurs objectifs s'ajoutent des dimensions plus subjectives :

  • Les écoutes de la NSA6 et toute l'affaire PRISM est très mal passée dans l'opinion allemande. Au point peut-être de provoquer un rejet important des USA. Cet événement n'a fait que mettre à jour la vassalisation de fait que subit le pays, comme l'avait souligné peu avant Vladimir Poutine7. De plus, les négociations secrètes autour du Tafta ravivent la colère outre Rhin. De l'aveu même de Pascal Lamy8, l'opinion allemande est le plus grand obstacle à la ratification du traité.
  • Il semblerait ainsi qu'un esprit, une fierté patriotique soit en train de renaître en Allemagne. Le président de la république allemande, Joachim Gauck9, a déclaré à Munich début 2014 que ''l'Allemagne n'est pas une île qui peut rester en dehors des conflits politiques, économiques et militaires'' et avait annoncé ''la fin de la politique de retenue militaire.''

    Ce premier Avril, partout on a célébré la figure de Bismarck10 avec enthousiasme ! Qui eut cru ceci possible il y a encore dix ans ? La France a-t-elle honoré la mémoire d'un seul de ses ''grands'' hommes ces dernières années ? Voilà bien une différence importante !

    Ainsi le Budget de Défense de l'Allemagne (32,4M) n'a cessé de croître pour dépasser cette année celui de la France pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale. La volonté de puissance est affichée.

    De plus, comment comprendre la récente proposition de Jean-Claude Junker de mettre rapidement sur pieds une armée européenne ? À qui cela profiterait-il ? À l'Angleterre, à la France, à l'Italie ? Non, à l'Allemagne bien sûr ! Que lui manque-t-il d'autre pour avoir accès au statut de grande puissance ?

    Et que dire de l'arrogance dont font désormais preuve les dirigeants allemands auprès des PIGS, sinon qu'elle trahit un orgueil national retrouvé ? Même la l'Angleterre11 n'est plus à l'abri du dédain germanique ! N'abordons même pas l'émergence de Pegida12...

Ce scénario est extrêmement risqué mais pourrait être très fructueux.

Les États-Unis ne sont plus capables aujourd'hui de contrôler militairement les nombreuses zones d'instabilité et se redéploient massivement dans le Pacifique pour contenir la Chine. Se placer sous le bouclier atomique chinois ou russe serait une option, et on voit mal aujourd'hui, par quelle propagande, le Pentagone pourrait convaincre l'opinion américaine d'une guerre en Allemagne !

C'est à mon sens la manière dont l'Allemagne pourrait sortir du cercle vicieux dans lequel elle est aujourd'hui enfermée.

 

2 – l'Allemagne reste un gouverneur régional américain... et après ?

C'est, je crois, l'option la plus probable, sauf en cas de conflit direct entre la Russie et la Junte ukrainienne, ou de détérioration catastrophique des relation sino-américaines.

  • Il faut garder en mémoire que l'engagement de l'Allemagne auprès des États-Unis est (était ?) probablement plus important à ses yeux que son engagement au sein de l'UE. Les deux pays sont liés depuis longtemps par des traités de partenariat privilégié, le dernier en date étant The German-American Alliance for the 21st Century Joint Statement13 signé en 2004. Cette alliance privilégiée apporte d'importantes garanties de stabilité à l'Allemagne, sauf si son partenaire venait à tanguer ou à faire tanguer trop violemment le monde.

  • D'autre part, l'Allemagne n'est-elle pas déjà allé trop loin dans ses relations avec la Russie pour se mettre entre ses mains et espérer mieux qu'un partenariat commercial d'occasion gagnant-gagnant : refus répété de la main tendu par Moscou, rôle dans la guerre Yougoslave, refus de présence aux célébrations de la Victoire, euromaïdan, etc.)

  • Rappelons aussi que la chancelière allemande persiste à refuser de lever les sanctions frappant la Fédération de Russie et que sans elle, ces sanctions n'auraient jamais vu le jour, ce qui ne semble pas inviter à imaginer le premier scénario comme crédible14.

  • L'Allemagne peut aussi encore temporiser. Sa démographie est certes un handicap, mais elle le compense pour l'instant par une très grande immigration (430 000 migrants cette année) de main d'oeuvre qualifée. 58% des immigrés rentrant officiellement sur le territoire allemand proviennent d'Éspagne, de Grèce ou du Portugal. Ils sont souvent soit diplômés du supérieur, soit ouvriers qualifiés.

    Elle peut aussi continuer d'asphyxier ses partenaires européens quelque temps encore, imposant au continent une terrible déflation, mais elle prend ainsi le risque de tout perdre, trop tôt. En effet, l'économie allemande a encore besoin de ses clients européens. Or, si les pays du sud sortaient d'eux même de la zone euro, et recouvraient le contrôle de leur monnaie, l'industrie allemande serait alors bien moins compétitive sur le sol européen.

    Sa balance commerciale s'en ressentirait gravement, et l'apport d'immigrés qualifiés cesserait.

    Et dans cette configuration, toutes les analyses exposées en introduction quant au déclin de l'Allemagne semblent à nouveau une fatalité.

S'arrimer au destin Américain est donc pour l'Allemagne, en substance, un pari risqué.

Mais, il pourrait s'avérer incroyablement payant, si la situation mondiale s'apaisait sans révolution de l'ordre géopolitique et économique.

Elle pourrait ainsi, dans quelques années, après avoir absorbé les capitaux des autres pays européens, après s'être constitué une clientèle importante pour ses exportations en Asie, après s'être reconstitué une armée, après avoir assis davantage son emprise sur la Mitteleuropa, après avoir assuré son approvisionnement en énergie et en matières premières, décider de sortir de la zone euro pour ne pas avoir à effectuer de transfert de richesse et s'affirmer alors comme une puissance mondiale de grande envergure.

Et puis, au pire, si tout échoue, il lui restera l'UE pour payer ses retraités non ?

 

 

3http://www.gazprom.com/about/production/projects/pipelines/south-stream/

14 http://fr.sputniknews.com/international/20150405/1015506694.html

http://www.20minutes.fr/monde/1512819-20150108-ukraine-jean-claude-juncker-annonce-18-milliard-euros-aide-supplementaire-angela-merkel-refuse-lever-sanctions-contre-moscou



20 réactions


  • Le p’tit Charles 11 avril 2015 09:09
    Vers le retour de l’impérialisme allemand ?...Vous avez la réponse dans votre question.. !

    • Kevin Queral Kevin Queral 11 avril 2015 11:57

      @Le p’tit Charles
      je me questionne, personnellement.
      Je ne suis pas si certain de la naissance de ce nouvel impérialisme.
      Si vous aviez des arguments pour m’en convaincre, je suis preneur.

      très cordialement.


    • Le p’tit Charles 11 avril 2015 12:50

      @Kevin Queral...La prauve est par exemple que l’UE est uniquement sous l’emprise de l’Allemagne et de la politique de dame Merkel...Que l’Euro est un Mark déguisé qui ne sert que ce pays et ses banques..et que la politique de la dame est uniquement à sens unique pour son pays...Elle décide de tout hélas pour le malheur de l’UE...Regardez ou se trouve l’économie de cette mascarade...Toujours plus de chômeurs et de pauvres...les dettes atteignent des sommets mais ne font pas décoller l’union...et nous dans tout cela..c’est la Bérézina...Ne pas oublier la connivence de Merkel avec les USA...ceci explique peut être cela.. ?


    • Aldous Aldous 11 avril 2015 12:58

      @Kevin Queral

      Il suffit de regarder le retour de l’Allemagne dans sa diplomatie traditionnelle depuis la guerre contre les Serbes (ennemis du IIIe reich) et en faveur des Bosniaques et des Albanais (alliés respectifs d’Hitler et de Mussolini)
      Depuis on a vu l’hostilité envers la Grèce (qui avait battu Mussolini et contraint Hitler à envahir les Balkans au lieu d’attaquer l’URSS, ce qui a permit aux Russes de se préparer assez pour vaincre à Stalingrad)
      Il y a peu ils soutenaient le coup d’état nazi à Kiev. La déconvenue de la junte de Kiev dans son programme de nettoyage ethnique de l’est du pays leur a fait comprendre que ces nazis là étaient loin de valoir leurs aïeux en technique de guerre, ce qui signifiait qu’il faudrait mettre la main à la pâte.

      Sauf que contrairement aux Serbes, les Popovs sont nucléarisés et que Vladimir Vladimirovich n’est pas juste un autre Boris alcoolique et corrompu... Du coup Angela se dit que le jeu n’en vaux pas la chandelle. On la comprend.


    • Kevin Queral Kevin Queral 11 avril 2015 13:07

      @Le p’tit Charles

      Oui, je suis d’accord avec tout ça ! Je me questionne sur le passage à la vitesse supérieure...


    • Le p’tit Charles 11 avril 2015 13:38

      @Kevin Queral...Il n’y aura pas de passage à la vitesse supérieure...au contraire une lente descente est amorcée depuis quelques années au sein de l’UE..elle ne décolle pas et ne décollera jamais...trop de peuples et de cultures différentes et surtout un manque total d’envie...


  • mac 11 avril 2015 12:46

    Et la France dans tout ça ?
    Va-t-elle un jour sortir de sa léthargie ?
    De Gaulle doit se retourner dans sa tombe de voir notre pays à ce point vassalisé...


  • elpepe elpepe 11 avril 2015 13:19

    ’Il faut garder en mémoire que l’engagement de l’Allemagne auprès des États-Unis est (était ?) probablement plus important à ses yeux que son engagement au sein de l’UE’

    C est en effet le jeu des fausses alliances, trahison, et faux semblant qui permet de jouer sur tous les tableaux. Il semblerait neanmoins que les boulons de la geopolitique se resserent, les blocs se forment et l intransigeance etats-unienne laisse de moins en moins de place a l improvision d’une valse a 3 temps, US, Europ et Brics.
    Les US ont perdu beaucoup d’influence ces dernieres annees, et leur dernier joker est de jouer encore plus, le jeu de la destabilisation, art dans lequel la CIA est devenu un maitre absolu, (avec le Mossad aussi),
    Malheureusement la communication libre avec internet et donneurs d alertes, commencent a poser de serieux problemes, car le jeu de poker menteur est constamment devoile, les cartes en eventail sur la table.
    La nouvelle guerre sera celle de l information, et Herr Valls et Hollande, sont bien decides a apporter leur pierre angulaire a l edifice etats-unien du patriot act, sur les ruines encore fumantes de l Ukraine, pour museler a jamais la liberte d expression,
    En France, on a definitivement les politiques les plus cretins de la planete, ils ne pourraient pas mieux nous desservir, et s ils voulaient mener ce pays tout droit a la guerre civile, ils ne s’y prendraient pas mieux ...


  • Wilemo Wilemo 11 avril 2015 13:55

    Globalement d’accord avec l’article... sauf le titre ! 

    Ou plutôt, il me semble impératif de distinguer explicitement la politique allemande, des allemands, même si l’on peut concevoir, dans l’hypothèse d’une démocratie « pure et parfaite » que l’un et l’autre se rejoignent.
    Les oppositions allemandes à ce modèle sont fortes, et la critique publique bien plus acerbe qu’en France. Ma crainte, c’est que l’on en arrive à opposer des pays sur des bases nationaliste identitaires. Je crois qu’aujourd’hui ce serait parfaitement inenvisageable par tout le monde, mais si se développe l’idée d’ « une nation, un peuple » - ici comme là bas, il faut voir aussi que ce concept englobe l’ensemble de nos rapports à l’autre.
    Le problème est bien là : quelque que soit le niveau d’analyse, si l’on décide de travailler avec quelqu’un, il faut que ce soit avec les mêmes règles d’une part, et d’autre part cette con-fraternité impose une solidarité, c’est à dire du don, de la redistribution, des cadeaux désintéréssés. On appelle ça comme on veut. Mais là on sort du cadre de l’Allemagne, et on entre dans celui de l’UE. C’est en cela que les prêts de la BCE n’ont absolument rien d’une construction politique confraternelle. En UE, nous sommes adversaires, pas frères. Et dans ce cadre européen, « l’impérialisme » n’est pas allemand, il est de nature capitaliste. Celui qui a les moyens de production ne veut pas donner à celui qui ne les a pas. Au mieux, il consent à apprendre à celui qui ne les a pas à les avoir, sans lui expliquer que le jour où il les aura, ce sera la guerre (économique). « Je te prête si tu fais ce que je veux », ce n’est pas la même chose que « je te donne, et tu fais ce que tu veux »
    Il faudrait une Europe politique (ou alors on se quitte bons amis, et on fait une Europe touristique : quand tu viens chez moi, tu joues avec mes règles), mais étonnamment, ce sont les tenants des pouvoirs puissants qui y rechignent (c’est contre les lois du marché).
    Bref ! Blamons des organisations politiques du pouvoir, et pas des gens qui sont d’un pays comme ils auraient pu être d’un autre.
    Je ne crois pas que c’était le but recherché du texte, au contraire, mais c’est toujours bon à rappeler. :)

    • Kevin Queral Kevin Queral 11 avril 2015 13:59

      @Wilemo
      Vous avez raison Wilemo ! Je ne jette pas la pierre aux citoyens Allemands qui subissent leur gouvernement tout autant que nous.


  • Elliot Elliot 11 avril 2015 14:01

    L’Allemagne est un pays vieillissant qui vit sur la rente et cette rente est assurée par l’endettement de ses partenaires, eux-mêmes vilipendés par la caste dirigeante allemande qui leur reprochent des comportements de cigale tout en empochant les dividendes de leur laxisme.

    Si ce n’est une définition moderne de l’impérialisme, qu’est ce d’autre ?

    Cette attitude schizophrène ne peut perdurer, du moins techniquement car, dans les esprits, c’est autre chose, les Allemands ont bien ancré au corps le sentiment de leur supériorité et ils n’ont eu aucun scrupule à alimenter leur tiroir-caisse en tondant la laine sur le dos des autres.
    Ils sont persuadés de leur bonne fortune et que le pactole est inépuisable.

    À tout seigneur, tout honneur : il faut cependant leur reconnaître une grande expertise dans l’art de forger un mythe et de persuader le monde entier de leur incomparable savoir-faire.

    La France ou l’Italie ne sont pas moins ingénieuses ( plutôt plus d’ailleurs ) mais elles peinent à le faire savoir .

    Les voitures japonaises ont beau être statistiquement les meilleures sur le marché avec un taux de défaillances ridiculement bas, elles ne sont considérées que comme des ersatz et la berline allemande continue de tenir dans l’opinion générale le haut du pavé quand elle ne fait pas appel aux dépanneurs sur le bord de la route.

    Néanmoins les mythes ne sont pas éternels et vient un jour où les excédents commerciaux se transforment en poire pour la soif et, en ces temps de grande volatilité monétaire, finissent par faire imploser un système où la garantie de revenus pour les têtes chenues ne se peut plus être assurée que par la contrainte des plus jeunes.


    • elpepe elpepe 11 avril 2015 14:15

      @Elliot
      oui ce qui est deja le cas en France ou les actifs sont saignes a blanc pour assurer le train de vie de nos retraites, d’ autant que personne ne veut me croire, mais ces memes actifs n auront pas de retraite ...


    • izarn izarn 11 avril 2015 15:06

      @elpepe
      Et les QE, de la Fed, de la BoJ, de la BCE, ne servent qu’a soutenir les retraites par capitalisation...
      Sinon, ces retraités la verraient leurs rentes divisées par deux, voire plus...


  • izarn izarn 11 avril 2015 15:03

    Je ne comprends pas ce billet. L’allemagne a toujours été sous controle des USA, et rien, dans la politique de Merkel n’indique l’inverse !
    Comment faire un « empire » quand l’Allemagne possede sur son territoire des bases US ?
    Peut-on nous faire croire que c’est Merkel qui a autorisé les sanctions de l’UE contre la Russie et elle seule ?
    Je ne crois pas du tout à l’indépendance de Merkel. Je ne crois pas du tout à l’indépendance de l’euro qui ne fait que trop bien les interets du dollar.
    N’importe quel crétin a pu observer que la hausse de l’euro avait pour but de soutenir la compétitivité américaine chancelante, et que désormais, le QE de Draghi sert surtout à remplacer le QE de la Fed...En synchronisme avec le QE japonais. Japon aussi sous la tutelle des américains....Allemagne, Japon, hein ? Cherchez du coté de l’Amérique....
    Bon, la vous avez tout compris : On n’est pas encore sorti de la tutelle américaine depuis 1945.
    On connait la débilité de l’armée européenne, monstre du Lockness qui surgit de temps à autre et propulsé par l’OTAN....Armée européenne ? Ouarf ! Mort de rire ! Armée de secours US, oui !
    On retourne à de Gaulle, et à la nécessaire indépendance de la France, tout azimut et non alignée.
    Alors les allemands en ont marre des US ?
    Pas de danger, les boches n’ont plus de couilles...Ni les japonais d’ailleurs.
    Ni nous non plus, avec Sarkhollande....


  • agent ananas agent ananas 11 avril 2015 18:00

    Bonsoir Kevin

    Merci de développer ce que j’avais brièvement énoncé dans un com’ récent.
    http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/aujourd-hui-en-russie-tsipras-met-165850#forum4285394

    Je pense que l’Allemagne veut retrouver pleinement sa souveraineté et continuer le « Drang nach Osten », un mouvement initié au 12 ème siècle. (Regardez dans quelle direction est orienté le quadrige de la porte de Brandebourg... Tout un symbole).
    Cela lui permettrait d’intégrer la zone d’échange de l’Eurasie qui pourrait devenir le plus grand marché de l’Histoire, sans compter les nombreux projets d’infrastructures que cette zone devrait développer.
    Pour cela l’Allemagne devrait rompre avec Washington, scénario peut crédible pour le moment, notamment parce que ce pays est occupé par de nombreuses bases US sur son territoire.
    Ne pouvant rompre frontalement avec les US, l’Allemagne pourrait cependant le faire indirectement en profitant du chaos si l’UE se désintégre. On comprend mieux la position germanique vis à vis de la Grèce, dont l’intransigeance pourrait accèlérer la fin de l’Euro et in fine celle de l’UE. Mais c’est juste une hypothèse... !


  • xantrius 12 avril 2015 01:28

    Je le dit et je le redis : l’Allemagne n’a finalement pas perdu sa dernière guerre.

    Jusqu’à 1990 c’était le statu quo et la création d’une situation pour un troisième assaut de domination de l’Europe, pour aller plus loin plus tard. Cette fois-ci les moyens étaient purement économiques. Après la « réunification », l’effondrement du bloc soviétique et la création de l’Euro, les élites allemandes (les héritiers du troisième Reich) sont passées à la vitesse supérieure, des « mauvaises langues » disent vers un quatrième Reich. Concernant la France, l’histoire a un de ses étranges hoquets : la collaboration est de retour, mais dans sa version social-démocrate.

    Les élites de l’Allemagne ne sont pas toujours d’accord sur les questions préstratégiques. Ca concerne évidemment les alliances géostratégiques et le moment de rupture avec la puissance dominante, les Etats Unies. Scenario souhaitable pour les élites allemandes sera la chute économique des US et leur remplacement par l’Union Européen sous la tutelle de l’Allemagne. Les élites US le savent, pour cela ils travaillent sans relâche sur l’option d’une guerre sur le sol d’Europe. Je partage donc votre conclusion : "les États-Unis faisaient coup double ? Affaiblir et la Russie... et l’Allemagne !"

    Cependant, j’ai des doutes sur votre constat que "l’Allemagne a donc besoin d’un monde en paix …« . Au moins je relativisai ce  »paix" imposé, qui peut être très violent pour ceux qui le subissent, voir la guerre contre la Yougoslavie. De plus, il semble bien qu’ils envisagent une autre option : la mise en place d’une force armée européen, pour l’Europe devient une grande puissance a part entier, voir le travail a marche forcé pour les contingents d’intervention rapide etc. C’est pour ça que le président allemand Gauk à annoncer « la fin de la politique de retenue militaire ».

    La sortie de l’Allemagne d’un supposé « cercle vicieux » par une alliance géostratégique avec la Russie et la Chine est pour mon avis très peu probable par incompatibilité de leurs intérêts. Comme vous le dites : "L’Allemagne à besoin de continuer à croître sur le marché asiatique et plus généralement à l’Est." L’Allemagne est donc en concurrence directe avec la Russie et la Chine qui sont en train de mettre en place leur propre marché.

    Vers la fin de votre texte vous montrez un possible scenario avec un "sortie d’Allemagne de la zone euro pour ne pas avoir à effectuer de transfert de richesse …". Ce transfert de richesse existe belle et bien, mais plutôt vers l’Allemagne et l’Euro est pour l’instant un instrument pour dominer les autres économies.

    Néanmoins chapeau, votre analyse est une des plus intelligents que j’ai lu sur le sujet.


  • stetienne stetienne 12 avril 2015 18:12

    deja l immigration est inutile les pays gagnant de demain seront les pays qui pratiquent et gerent la decroissance
    l allemagne la suisse et le japon sont en train de nous distenter compltement dans se domaine : robotisation de l industrie meilleur qualite de vie car moins de delinquance logement plus facile d’acces car pas pression demographique

    bref ne nous trompons pas le grand malade de l europe c est la france avec ca stupide politique d’immigration imposé son chomage de masse son economie chancelante


    • Iren-Nao 13 avril 2015 13:23

      @stetienne

      Qui avait dit ; (au temps facheux de la reunification.) ?
      J’aime tellement l’Allemagne que je souhaite qu’il y en ait deux.

      Iren-Nao


  • stetienne stetienne 14 avril 2015 13:38

    une chose est sur ce n est pas en critiquant les allemands qu on va progresser et sortir du marasme dans lequel on s’enfonce de plus en plus
    meme si je suis 100% d ’accord pour qu on sorte de l europe ce nest pas une raison pour lui attribuer 100% de nos problemes


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