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Viande interdite, sang versé : l’hypocrisie sanglante d’un Führer végétarien - AgoraVox le média citoyen
lundi 26 janvier - par Giuseppe di Bella di Santa Sofia

Viande interdite, sang versé : l’hypocrisie sanglante d’un Führer végétarien

Au Berghof, la résidence secondaire d'Adolf Hitler, lorsque le crépuscule enserre les sommets bavarois, l’air se fige. À la table du dictateur, le silence n’est jamais synonyme de repos ; il est le prélude à une leçon de dégoût. Imaginez la scène : des généraux aux uniformes chamarrés, habitués à la dureté des fronts, baissent les yeux sur leur assiette de rôti. Adolf Hitler, lui, ne mange pas. Il observe. D’une voix monocorde, il commence à disséquer la provenance de leur repas, évoquant les abattoirs, l'agonie et les muscles qui se raidissent dans la mort. Pour lui, ce n'est pas un dîner, c'est une autopsie. Il appelle cela du "bouillon de cadavre".

Ce rejet de la chair animale, que la propagande de Joseph Goebbels a vendu au monde comme une preuve de sensibilité quasi mystique, était en réalité le premier acte d'une mise en scène de soi. Hitler ne cherchait pas la compassion, il cherchait la distinction. En se privant de viande, de tabac et d'alcool, il s'extrayait de la condition humaine commune pour se draper dans la toge d'un prophète intouchable. Mais derrière cette façade d'ascète, se cachait un homme rongé par la paranoïa et dopé aux substances chimiques, un tyran qui prônait la pureté du corps tout en versant des rivières de sang humain. Plongée dans l’hypocrisie alimentaire d’un Führer qui mangeait des légumes pendant que l’Europe était à feu et à sang.

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La cuisine du Führer : une discipline de fer et de sucre

Dans l’intimité du Berghof ou du bunker de Berlin, l’alimentation du maître du IIIe Reich était d’une monotonie presque carcérale. Sa goûteuse, Margot Wölk, qui tremblait à chaque bouchée dans la crainte du poison, décrivait des journées rythmées par le végétal : "Le matin, c’était une bouillie informe de flocons d’avoine et de pommes râpées, sans lait, sans sucre ajouté, du moins en apparence". Le midi, l’éternelle pomme de terre, pilée ou bouillie, noyée sous du fromage blanc à l’huile de lin et flanquée de quelques légumes vapeur. Pas d’épices, peu de sel. Tout était fade, comme pour punir le palais.

 

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Pourtant, cette sobriété affichée cachait une addiction secrète : le sucre. Hitler en consommait des quantités phénoménales, saturant ses thés - il fuiyait le café - et s’empiffrant de pâtisseries crémeuses. "Il pouvait avaler jusqu’à seize gâteaux en une soirée", confie son valet Heinz Linge dans ses Mémoires. Pour lui, le sucre était le carburant pur, l’énergie brute nécessaire à son système nerveux qu’il croyait surhumain. Cette diète, loin d’être équilibrée, n’était que le reflet de sa paranoïa médicale. Hypocondriaque fini, il voyait dans la viande la source de ses migraines et de ses crises gastriques chroniques, comme l’attestent les notes de son médecin personnel, Theodor Morell.

 

L'alimentation d'Adolf Hitler

  • 0 gramme : La consommation de viande rouge d'Hitler après 1937, selon les analyses médico-légales de ses dents effectuées par les services secrets russes.

  • 15 goûteuses : Le nombre de jeunes femmes réquisitionnées au Wolfsschanze (la Tanière du Loup) pour tester ses plats végétariens. Une seule, Margot Wölk, a survécu à la guerre.

  • Le menu type : Bouillon de légumes, pommes de terre à l'huile de lin, fromage blanc et compote de pommes.

 

La guerre contre la nicotine : l’obsession du corps-machine

Sa haine du tabac frisait l’hystérie. Ancien fumeur capable de consommer deux paquets par jour dans les bas-fonds de Vienne avant la Première Guerre mondiale, il avait fait de son abstinence une affaire d’État. "Le tabac est la vengeance de l’homme rouge contre l’homme blanc", proclamait-il dans ses discours, un poison séminal corrompant la fertilité aryenne. Sous son règne, l’Allemagne devint un laboratoire de santé publique radical : interdiction de fumer dans les bus, les hôpitaux, les bureaux, et même dans les trains. Des scientifiques comme Karl Astel, directeur de l’Institut pour la lutte contre le tabac à Iéna, traquaient le carcinome avec une ferveur idéologique, financé par le régime. Un Allemand qui fumait était un traître à la race. Dans cette atmosphère étouffante, Eva Braun en était réduite à fumer en cachette dans les recoins du chalet bavarois, terrorisée à l'idée que le moindre effluve ne trahisse son vice aux narines d'un Führer qui se rêvait pur de toute souillure.

 

 

Mais là encore, le paradoxe n’était jamais loin. Tandis qu’il offrait des montres en or à ses officiers qui écrasaient leur dernière cigarette, il laissait son armée distribuer de la Pervitine aux soldats pour les transformer en automates infatigables. "Les troupes doivent être dopées pour tenir", ordonnait-il, comme le révèlent les archives militaires déclassifiées en 2005. Le corps du citoyen n’était plus qu’une propriété de l’État, une machine qu’il fallait entretenir pour la guerre, dénuée de tout libre arbitre, même celui de se détruire par le vice. Cette obsession hygiéniste n’était pas humanitaire ; elle était eugéniste, visant à purifier la race aryenne.

 

La guerre contre le tabac et l'alcool

  • 40 cigarettes par jour : La consommation personnelle d'Hitler dans sa jeunesse à Vienne, avant qu'il ne décide de "jeter son dernier paquet dans le Danube".

  • 1ère mondiale : Sous le IIIe Reich, l'Allemagne est la première nation à établir scientifiquement le lien entre tabac et cancer du poumon (travaux de l'Université de Jena).

  • Abstinence sélective : Si Hitler refusait l'alcool, il servait les meilleurs crus à ses invités. Sa cave personnelle au Berghof contenait des milliers de bouteilles de vins français et de cognacs de prestige.

 

 

Le naufrage chimique : le puritain aux veines brûlées

Le plus grand mensonge de cet ascétisme réside dans les carnets de son médecin personnel, Theodor Morell. Cet homme répugnant, à l’hygiène plus que douteuse, que l’entourage du dictateur surnommait le "maître des piqûres", avait transformé le corps du Führer en une véritable éprouvette. Alors qu’Hitler se targuait de ne pas souiller son sang avec une goutte de vin, il se faisait injecter quotidiennement des cocktails de substances dont la dangerosité dépasse l’entendement.

 

Dr. Morell y Adolf Hitler | Archivos de la Historia

 

On y trouvait de la méthamphétamine pour l’euphorie des discours, de l’oxycodone – un opiacé cousin de l’héroïne – pour calmer ses spasmes, et des hormones extraites de testicules de taureau ou de foie de porc. L’ascète aux mains propres était, en réalité, un toxicomane de haut vol, maintenu en état de marche par une chimie de l’ombre. "Ses mains tremblaient, ses yeux étaient vitreux", confie Albert Speer dans les années 1970. Cette dépendance, ignorée par la propagande, révèle l’hypocrisie : Hitler prônait la pureté corporelle pour les autres mais se dopait pour tenir.

 

L'arsenal chimique (Le paradoxe Morell)

  • 73 substances différentes : Le nombre de produits (médicaments, drogues, hormones) identifiés dans les carnets de bord du Dr Theodor Morell comme ayant été administrés au dictateur.

  • Substances clés :

  1. Pervitine (méthamphétamine) : pour l'euphorie et l'éveil.
  2. Eukodal (oxycodone) : pour le calme et l'insensibilité à la douleur.
  3. Vitamultin : un cocktail de vitamines souvent "coupé" à la drogue.
  • Fréquence : Jusqu'à 2 à 3 injections par jour durant les dernières années du conflit (1943-1945).

 

Hitler's Personal Physician—Theodor Morell | Medium

 

Le masque de la vertu : une propagande pour cacher le monstre

En définitive, le végétarisme et l’hygiénisme d’Hitler n’étaient que les deux faces d’une même pièce : le mépris de l’humain. En se présentant comme un homme sans failles, affranchi des besoins charnels, il s’est construit un piédestal de marbre sur lequel il a pu asseoir sa tyrannie. Son refus de verser le sang animal dans son assiette n’était que la monstrueuse diversion d’un homme qui s’apprêtait à inonder l’Europe de sang humain.

La propagande nazie, orchestrée par Goebbels, a exploité cette image pour humaniser le Führer. "Hitler aime les animaux et les enfants", claironnaient les affiches. Mais les témoins comme Christa Schroeder, sa secrétaire, dépeignent un homme qui, tout en épargnant les vaches, ordonnait l’extermination des Juifs. Cette hypocrisie n’était pas accidentelle ; elle était idéologique, alignée sur l’eugénisme nazi qui voyait dans le corps un outil de la race pure. Le végétarisme affiché servait à masquer la pulsion de mort qui animait le régime.

 

Hitler greets child admirer] - UWDC - UW-Madison Libraries

1934 : Adolf Hitler feeding a baby deer from his hand at Berghof. The  caption of the photo was 'Der Fuehrer als Tierfreund' or The Fuehrer,  Friend to Animals. After coming to

 

Le mythe persistant et les leçons oubliées

Le mythe du "Hitler végétarien sensible" persiste dans certains cercles néo-nazis et végans extrêmes. Des sites comme Stormfront ou des forums alternatifs reprennent l’argument pour blanchir le nazisme : "Hitler était un pionnier de l’écologie et du bien-être animal". Mais les archives déclassifiées en 2024 par les Allemands confirment : son végétarisme était médical, pas éthique, et masquait sa dépendance aux drogues.

 

A vegetarian cannibal, or two sides of the same coin." USSR, 1941. :  r/PropagandaPosters

 

La leçon est amère : la discipline personnelle n’excuse pas la barbarie. Hitler, l’ascète aux mains propres, était un toxicomane paranoïaque responsable de la mort de plusieurs dizaines de millions de personnes. Finalement, méfions-nous des saints autoproclamés : l'Histoire nous a appris qu'un homme sans tabac, sans alcool et sans viande peut cacher un monstre que même la plus pure des diètes ne saurait affamer.



12 réactions


  • Thot Thot 26 janvier 14:00

    Généralement, j’arrive toujours avec une petite critique. Pour cet article, je n’en ai aucune à prononcer et il m’aide à clarifier les idées sur Hitler. En effet, on dit souvent qu’il était végétarien ou qu’il était une pharmacopée ambulante, mais on sait rarement pourquoi.


    • Bonjour @Thot,

      Aucune critique, aucune remarque ? Comme quoi tout peut arriver ! Ravi d’apprendre que la lecture de cet article vous ait permis de connaître les raisons du végétarisme strict d’Adolf Hitler, à partir de 1937. Il y a encore quelques années, je pensais que c’était par pure compassion pour les animaux. Mais ce n’était absoluement pas le cas. 

      Effectivement, lorsqu’il est tombé entre les mains du Dr Theodor Morrell, un être répugnant à l’hygiène corporelle douteuse, il est devenu une véritable pharmacopée ambulante. Son entourage savait que ce médecin était un charlatan mais personne n’osait le dire à Hitler. Même Himmler avait refusé les soins de Morrell, en privilégiant ceux du Dr Felix Kersten.


    • Thot Thot 26 janvier 14:55

      Les gens qui (me) moinsent, peuvent-ils expliquer quels sont leur problème ?

      (Avez-vous la même pharmacopée qu’Hitler ?)


    • @Thot

      C’est une excellente question !.Ce n’est pourtant pas un sujet d’actualité qui fâche... Je ne cherche plus à comprendre. Ces gens-là doivent avoir une vie bien triste pour trouver un quelconque intérêt à ce « passe-temps » puéril...


  • juluch juluch 26 janvier 15:24

    Tout à fait ça...

    J’ai lu des témoignages ou le végétarien Hitler se cachait pour manger des saucisses.

    Témoignages d’un de ses gardes du corps et d’un restaurateur 

    Cette propagande etait un peu exagérée... 

    Quant à son médecin il a accéléré sans le vouloir la déchéance physique d’Hitler.

    Quant on est sous drogues et différents  médocs ça accentue la paranoïa et du coup ont fait n’importe quoi et on écoute plus personne.

    En un certains sens, un charlatan a contribué à la victoire des alliés.


  • ricoxy ricoxy 26 janvier 15:55

     

    « l’hypocrisie alimentaire d’un Führer qui mangeait des légumes  » — les psychiatres vous le diront : les véritables sadiques ont une répugnance, une peur instinctive du sang.

     

    « En se privant de viande, de tabac et d’alcool, il s’extrayait de la condition humaine » — el amigo Donald Schtroumpf ne boit pas d’alcool, ne fume pas. Le jour où il cessera de magner ses burgers, je ne peux que conseiller aux États-Uniens de fuir leur patrie. Il serait d’ailleurs intéressant de faire une étude sur la mangeaille de l’oncle Donald.

     

    « l’Histoire nous a appris qu’un homme sans tabac, sans alcool et sans viande peut cacher un monstrsystème alimentaire  » — Les hommes à système sont les pires fachos.

     

    « Sous son règne, ll’Allemagne devint un laboratoire de santé publique radical : interdiction de fumer dans les bus, les hôpitaux, les bureaux, et même dans les trains. » — En France, dans certaines communes, il est interdit de fumer même dans son propre jardin.

     

    « Sa cave personnelle au Berghof contenait des milliers de bouteilles de vins français et de cognacs de prestige. » La gestapo et les armées allemandes ont pillé en France les caves de cognac et encore plus les caves de champagne.

     


    • ricoxy ricoxy 26 janvier 16:16

       
      Petit ajout : Freud affirmait que chacun doit « assumer son lambeau de névrose. » Gros fumeur de cigare, il s’est éteint à 83 ans (cancer de la mandibule)
       


  • In Bruges In Bruges 26 janvier 16:58

    Tiens, ....ça me rappelle une donzelle (?) qui veut interdire les barbecues. ..


  • SilentArrow 27 janvier 03:16

    @Giuseppe di Bella di Santa Sofia

    « Un homme qui ne boit que de l’eau a un secret à cacher à ses semblables. »

    Charles Baudelaire


  • Hitler était végétarien et socialiste ...


  • Luzaritz 29 janvier 15:08

    Hitler végétarien

     

    « Plongée dans l’hypocrisie alimentaire d’un Führer qui mangeait des légumes pendant que l’Europe était à feu et à sang. »

    Monsieur di Bella di Santa Sofia fait de la littérature, et n’hésite pas à utiliser les formules choc. Formule choc, ou formule ridicule ?

    Comment être capable de manger des légumes « pendant que l’Europe… » ? Voilà une circonstance particulièrement aggravante du cas Hitler, qui au lieu de manger de la viande bien saignante(voire crue ou à point comme moindre péché), mange des légumes « pendant que l’Europe… » . Citée pour renforcer un jugement mille fois répété sur le monstre, et qui ne fait qu’enfoncer une porte béante.

    Hitler était végétarien, voilà le fait. Par hypocrisie supposée, c’est de la psycho à deux balles niveau moraline de Café du Commerce. Avec mise en scène ? Certes, mais ce n’est pas ce qui remet en question la sincérité de son végétarisme (ou végétarianisme pour les philologues)

    Détail : « Pas d’épices, peu de sel. Tout était fade, comme pour punir le palais. » selon une soi-disant citation de Margot Woëlf, sa goûteuse. D’où vient donc cette citation ? Car en voici une autre, de la même personne, trouvée dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Margot_Woelk  : « La nourriture était bonne, très bonne. Mais nous ne pouvions pas l’apprécier ». Donnez donc la référence de vos citations, monsieur di Bella di Santa Sofia.

    Cordialement


  • alanhorus alanhorus 1er février 22:15

    La photo avec les biches est une retouche photo, cela se voit.

    https://www.youtube.com/watch?v=0z6T9k6NFWA

    Hitler était un trans comme tant d’autres.

    https://www.bitchute.com/video/nALU3zFEWL7I/


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