mardi 29 juin 2010 - par Loïc Decrauze

Visez la Tête d’Or !

Rouler en équilibre : le tracé protégé m’y invite. Début de parcours parallèle aux rails, comme l’est le mur d’hommage aux grands noms de la Résistance. Ne pas renoncer, donc, même au prix de ne rien amasser, de se couper des contemporains.
 
Suivre la piste pour apercevoir, sur la scène d’un terrain vague, le choc entre les extensions urbaines et les cahutes de quelques réfugiés clandestins en sursis. Chaque univers a ses raisons d’être : je passe, indifférent, le vent porteur, l’oubli prématuré. Cap vers les bords du fleuve, via une artère verte, touffue, qui favorise la sérénité et conforte mes choix. Allégé de l’aliénante automobile, dispensé des transports en commun, j’aiguise ma liberté en délaissant les obsessions collectives : point de permis de conduire, sans goût pour les entassements festifs, rétif aux familiarités bien intentionnées.
Longer le courant et s’inspirer des espaces à parcourir. Une étude récente souligne la capacité des chimpanzés à guerroyer pour étendre leur territoire. Une proximité humaine qui réduit notre évolution à ses volets techniques et artistiques. L’humanisme attendra encore son heure pour élever notre espèce.
 
La nature au cœur de la ville, j’y suis presque : quelques tours de chaîne, des rayons qui tournoient au bon rythme, un pédalier débridé… Halte première face à l’étendue liquide bordée de touffus aux cimes dansantes. Un qui ne virevolte plus depuis longtemps, c’est l’ankylosé Jean-Luc Hees. Il a rendu son verdict contre le turbulent Guillon étiqueté « petit tyran » à l’instar de son compère Didier Porte. C’est la lourde pour le duo terrorisant. Allez enfiler vos perfidies ailleurs ! Le Val pédale dans la semoule de ses contradictions adoubées par le sphinx Hees à l’honneur ressuscité.
 
Parc Tête d'Or à LyonHalte seconde au sein de mon cocon vert favori, entretenu de près, aux atours libres. Alterner l’ombre fraîche et l’astre brûlant : rien pour heurter, un moment bisounours qui me laisse goûter à une nature domestiquée. Protégé par cette palette de verdure, je néglige mes indignations. Un peu de Django Reinhardt pour relativiser ma partition : je concerte en notations minoritaires dans ce tohu-bohu obtus.
 
Depuis ces terres lyonnaises, je défie ma dernière décennie du Vingtième : errance septentrionale pour une mission d’intérêt particulaire. Au bleu chaud de l’accueillante Lugdunum, se décolorent les accroches passées, les ternes saisons, les poisseuses humidités, le smegma érigé en fine liqueur, les monomanies travesties en vigoureuse idéologie.
 
Laissons couler et, comme dirait Michel Cymes, vive l’incontinence anale ! Signé : un diarréhiste, pour vous maudire.


4 réactions


  • mcjb 29 juin 2010 15:11

    le parc a l’air superbe avec ce mur dedie aux resistants plus particulièrement à Jean Moulin , j’imagine, et tous les autres , mais ou sont les animaux du parc de la tete d’or


  • clostra 29 juin 2010 17:33

    Cherchez l’erreur

    Pour pas qu’on meurre

    Il s’agit sûrement du dormeur du val

    Les pieds dans les glaïeuls il dort Souriant

    Je ne sais pas ce qu’ils ont tous ces Val, Laval, Vallons, Wallons, vallées, valls et autres avec la terre et les petits vers de terre...

    Merci pour ce chemin et le bon débrousaillage de ce parc paisible...Ici, tristesse « nous n’irons plus au bois », encore un coup de Val(ls)


  • Loïc Decrauze Loïc Decrauze 29 juin 2010 18:42

    ERRATUM :

    Lire « diarrhéiste » et pas « diarréhiste » pour respecter la juste orthographe d’un barbarisme inventé par un critique anonymé sur mon blog principal.


  • Loïc Decrauze Loïc Decrauze 29 juin 2010 18:44

    Merci à mcjb et à clostra pour leur agréable et malicieux commentaire. Vous pouvez découvrir les autres photos prises lors de ce trajet sur mon blog principal.


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