mercredi 14 octobre - par Jacques-Robert SIMON

Viva la Revolucion

 Pour faire la Révolution ; il faut savoir (i) qui décapiter (ii) quel système veut-on mettre à la place (iii) comment y arriver. Les raisons de ne pas vouloir perpétuer la dynastie des Louis avec le XVIe sont assez proches des raisons actuelles de la crise : une dette gigantesque due à des emprunts massifs, le soutien militaire et financier à une cause étrangère, l’injustice fiscale. Le but initial de la Révolution française était de réformer le royaume mais très vite la notion de République s’imposa. Restait à promulguer la Terreur pour que les choses avancent plus vite vers la Liberté, l’Egalité, la Fraternité. Il est difficile d’envisager un schéma de ce type de nos jours. Un processus se doit d’être démocratique.

 Mon ennemi c’est la finance dit-on un jour à la veille d’élections dites capitales. Pas une heure, pas une seconde pourtant où on ne vous parle pas de coûts, de taxes, de profits, de subventions, de (manque) de moyens, de marges… Toutes les théories économiques sont vraisemblablement exactes même si beaucoup d’entre elles sont antagonistes et conduisent à plus ou moins court terme à un désastre. Les théoriciens promettaient luxe, calme et volupté mais après plusieurs dizaines d’années de pratique à peu près plus rien ne fonctionne correctement. Pourtant la théorie de Schumpeter et celle du libre-échange étaient formelles, on aurait dû être heureux, riches et en Paix... tout le monde peut se tromper. La destruction créatrice épargne de la peine aux Hommes mais seulement ceux qui sont riches.

 La Révolution s’impose donc et il paraît d’actualité d’étêter Macron pour que joie et grandeur reviennent en France. Mais c’est peut-être donner trop d’importance à sa personne dans le champ des intérêts mondiaux. Le Pouvoir est ailleurs. Moins d'impôts, moins d'Etat, et plus de libre-échange voilà le programme économique que la Première ministre Liz Truss défendait. Elle chutera après un mandat éclair de 49 jours marqué par une crise financière. Pourtant, idéologiquement, les marchés auraient dû être satisfaits. Ils ont au contraire marqué par ce fait où était le véritable pouvoir loin des marionnettes élues grâce aux médias.

 

 Même si les économistes n’y furent pour rien, il est vrai que des innovations ont bien changé le Monde. L'éclairage électrique balbutiant au début du XIXe siècle conquit le monde au début du siècle suivant permettant d’oublier les bougies sans aucun regret. Et un Monde nouveau advint ! Les politiques et les économistes s’accaparèrent par des flots de paroles et d’innombrables débats se disant intellectuels tout le mérite de cette mutation. C’est oublié que les pires dictatures comme les paisibles ont donné le jour à des inventeurs considérables, le premier missile balistique de l’histoire a été conçu sous l’Allemagne nazie.

 Il faut donc replacer les Politiques à leur vraie place, à la marge celle des gêneurs, et non pas à celle que leur donne les livres d’histoire. Des gens qui s’agitent au gré des opinions en quémandant leur suffrage n’arrivent plus à être estimables. Tous pourchassent les déviants ou les opposants. Mais ni les uns ni les autres n’ont la moindre influence sur le seul progrès crédible, le progrès scientifique et technique. Par contre les tripatouillages de l’élite, à laquelle n’appartiennent pas les chercheurs, peuvent stériliser tout ou partie des forces créatrices.

 Mais les avancées technologiques peuvent servir aussi bien à libérer qu’à asservir l’Homme, une Révolution n’a de sens que dans ce second cas. Cet aspect permet de se frayer un chemin entre les gouttes du péril marchand. Il faut bien sûr se passer de toutes les théories sociales ou économiques qui ne servent qu’aux uns pour asservir les autres, l’individualisme forcené tout comme le collectivisme intégral conduisent au même totalitarisme. Mais il est possible d’utiliser intelligemment les innovations technologiques.

 L’histoire des ordinateurs s’étend de 1947 à nos jours, soit pas tout à fait un siècle. De brillants chercheurs dont John Bardeen découvrirent la clé de voûte de tout le reste ; le transistor. Il ne tira personnellement aucune richesse financière directe de son invention révolutionnaire même s’il reçut le Prix Nobel quelques années plus tard. L’historique pourrait être assez facilement fait qui aboutirait au téléphone portable actuel en notant que le temps passant l’importance de l’argent éclipse de plus en plus les talents inventifs. Il n’en reste pas moins que l’on peut avoir un usage intelligent de cette technologie plutôt que se résoudre à constater l’abêtissement rapide des usagers devenus des maniaques.

 Pour ce faire…

 Il faudra développer de petits centres permettant l’accès à des ordinateurs et aux divers instruments de communication dans chaque quartier, chaque ilot d’immeubles, chaque emplacement public (poste, médiathèque…). Chaque centre relèvera du secteur public et sera sous la responsabilité de l’ADEME. A terme l’interdiction de l’usage des portables sur la voie publique sera promulguée pour mise en péril de la santé mentale des usagers.

 Sur le même modèle, de petites automobiles électriques seront mises à disposition sur l’ensemble du territoire, des centres proposant fruits et légumes Bio seront installés…

 Une taxe individuelle associée au bilan carbone total (pollution endogène, importée, personnelle, professionnelle) sera collectée par un fonds privé pour financer les investissements favorisant la transition écologique. Le versement est sur la base du volontariat mais en cas de non versement l’ensemble des réseaux seront mis en œuvre pour dénoncer cet état de fait.

 Et vive la révolution !!!

 



4 réactions


  • Étirév 14 octobre 16:44

    Rappelons que par les révoltes et les massacres, on n’arrive jamais à quoi que ce soit. Très peu de temps après, c’est encore pire. Après chaque révolution, ce sont les mêmes désordres, les mêmes malhonnêtetés, les mêmes gaspillages, les mêmes injustices… Les victimes et les bourreaux ont changé de camp, mais il y a toujours des victimes et des bourreaux. Alors où est le progrès ?
    Ce ne sont pas les transformations extérieures qui produiront les véritables améliorations. C’est la mentalité humaine qu’on doit changer, c’est là qu’il faut faire la révolution.
    NB : Georges Bernanos, dans son ouvrage « La France contre les Robots », disait qu’on ne peut rien comprendre à la « modernité », si l’on ne comprend pas qu’elle est un vaste complot contre « l’Intériorité ». En effet, la Société ne tient qu’en « bouchant » toutes les « issues » vers le « haut » et en entravant « les conduites singulières ». Tout est fait pour détourner l’être humain de son intériorité.
    Une formule à la mode résume à elle seule ce projet néfaste : « s’éclater », c’est-à-dire penser surtout à se disperser vers l’extérieur.
    Blog


  • SilentArrow 15 octobre 08:45

    @Jaques-Robert SIMON

    Un article qui commençait bien et qui vient capoter dans une taxe carbone, pour sauver la planète, comme disent les écervelés.


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