jeudi 8 décembre 2016 - par Elliot

Vive la sociale !

Il n’est pas rare aujourd’hui que les chroniqueurs institutionnels remisent la lutte des classes au rayon des accessoires dépassés, voire des lubies contre-productives de rêveurs déboussolés.
Surtout quand il devient crucial de détourner le regard de ses manifestions les plus évidentes, ces dernières ont beau crever les yeux, rien n’y fait, tant il est vrai qu’œil crevé est aveugle .
C’est un peu comme ces lecteurs que stigmatisait Fichte ( 1762-1814 ) " qui ne lisent plus de livres, mais seulement ce que les journaux disent des livres, et à qui cette lecture narcotique finit par faire perdre toute volonté, toute intelligence, toute pensée et jusqu'à la faculté de comprendre.. " 

Donc l’acte de décès de la lutte des classes est établi.
Cet argument de basse rhétorique a pour fonction primordiale de dévaloriser ( de ringardiser comme on dit aujourd’hui ) la parole de celui qui ose s’interroger sur les conséquences de la pensée dominante au service de l’oligarchie ( en l’occurrence quelques centaines de banquiers )

 

Certaines mésaventures électorales de ces derniers temps évoquent néanmoins une manière de soulèvement populaire contre la doxa officielle malheureusement davantage mû par l’esprit de contradiction que par l’esprit de construction.

 

Notre organisation politique larvaire ( qui est multiforme mais unipolaire ) consent avec une certaine bonne grâce aux déplorations sur la financiarisation de l’économie mais il n’est pas du meilleur goût d’aller au-delà d’une posture de pieta inconsolable car le pragmatisme, cet habillage de la résignation, fait supporter et parfois chérir les effets tout en gémissant sur ses causes.

On doit à la vérité de dire que la conscience de classe s’est envolée, au terme d’un long processus de dégénérescence, à mesure que démissionnaient devant le pouvoir de l’argent ceux qui étaient censés figurer les contrepoids indispensables avec principalement à l’avant-garde de tous les renoncements cette social-démocratie qui, en France, n’en porte même pas le nom mais en affiche toutes les tares.

 

Le phénomène n’est pas nouveau, il est même récurrent : souvenons-nous que, malgré les professions de foi internationalistes proclamées dans la liesse des grands rassemblements populaires, prolétaires français et allemands sont partis la fleur au fusil, pour s’étriper, non sans barguigner pour certains, dans les tranchées de la grande guerre ( remarquons incidemment que ceux qui réclament la liberté d’expression pour les ennemis de la révolution cubaine sont justement les héritiers de ceux qui firent fusiller les soldats qui en usaient sur le front pendant la guerre de 14/18 )

Et on remit ça deux décennies plus tard avec le même entrain....

C’est dire si la tâche des partisans de l’unité des travailleurs au sens large est immense, qui sont toujours confrontés à une certaine inconscience de classe qui continue à faire les délices des Conseils d’administration où se croisent et s’entrecroisent tous les maîtres du monde.


Ce capitalisme est très imaginatif pour attirer l’épargne comme un aimant.
Il assoit sa domination sur l’économie où la satisfaction des besoins ne s’entend plus que subséquente à la distribution de dividendes.

On essaye aujourd’hui de nous vendre un vaste pot commun, un melting pot en quelque sorte, où chacun est censé partager les mêmes intérêts : quand il pleut de l’oseille sur les riches qui s’y entendent pour se faire arroser d’abondance, les moins riches ( car en toute logique l’idéologie qui spécule sur la fin de la lutte des classes efface du vocabulaire la notion de pauvres ) en récoltent quelques gouttes et doivent se montrer reconnaissants de l’aumône qui leur est faite.

 

Le concept de lutte des classes est aussi mis à mal par l’actualité ( qui n’est pas inédite non plus ) où l’on voit, par exemple, les ouvriers déclassés de la « Rust belt « faire en masse crédit à un milliardaire retors pour trouver une solution à leur vie de misère.
Le milliardaire en question – qui a commencé dans la vie " dite active " avec un capital de départ qui n’était pas une bête cuiller d’argent dans la bouche mais un confortable pactole dans le portefeuille - a fait faillite plusieurs fois, ce qui ne pourrait ne pas plaider en faveur de ses capacités de gestion s’il n'en avait tiré l’occasion de s’enrichir, ce qui témoigne d’une roublardise peu banale .

 

Comment les anciens sidérurgistes ou les mineurs des Appalaches, victimes de la mondialisation mais avant tout de la vétusté des outils et de l’absence d’investissements que le grand capital a préféré dédicacer à la production dans des contrées plus propices à la rentabilité de leur avoirs, peuvent-ils croire un seul instant que des mesures de protectionnisme pénalisant les importations pourraient à la fois ressusciter leurs emplois disparus et accroître leur niveau de vie ?
L’industrie américaine est fortement dépendante de composants étrangers, elle serait donc pénalisée par un renchérissement de ces derniers ; il est illusoire de remonter le temps qui a vu le transfert de certains domaines de compétence à l’étranger pour des raisons faciles à comprendre et que le volontarisme éventuel de Trump – vite ramené à la raison – ne parviendra pas à contrarier.
Barack Obama est probablement le dernier président à avoir pu disposer de la latitude d’engager les fonds de l’état pour sauver ce qui pouvait encore être sauvegardé de l’industrie automobile américaine.

D'un côté avec les Républicains majoritaires dans toutes les assemblées, la page de l’interventionnisme étatique est tournée , pour qui c’est une aberration doctrinale et de l'autre les mesures de protectionnisme que Trump aurait la légèreté de prendre montreront vite leurs limites de remèdes pires que le mal. dans un monde où l’abolition du système capitaliste n’est pas à l’ordre du jour

 

Est-ce à dire qu’il faille définitivement baisser pavillon et se résigner à la domination de l’hydre ploutocrate, je ne le pense pas et peut-être moins en Amérique qu’ailleurs : les USA ont une vieille tradition de lutte ouvrière, c’est à Chicago en mai 1888 qu’eurent lieu des manifestations pour la journée des 8 heures et la dignité des travailleurs réprimées dans le sang : elles sont à l’origine de la fête du Travail.

Tout la première moitié du XXe siècle a été émaillée aux States de luttes extrêmement pugnaces pour conquérir des droits et le système n’a dû sa survie qu’à la complicité de la mafia qui a non seulement éradiqué la conscience de classes par les balles mais aussi pris le contrôle des syndicats pour les insérer dans un système qui sut aussi désarmer les revendications en faisant participer les travailleurs aux fruits de ses politiques impérialistes, spoliatrices des richesses d’autrui.

La difficulté des classes laborieuses américaines mais aussi européennes vient de ce que la paupérisation qui les gangrène rentre en contradiction avec leur esprit consumériste, elles ne saisissent plus la nature des enjeux et se laissent volontiers distraire par des leurres systématiquement entretenus : il suffit de constater l’écho donné aux soupirs de Madame Le Pen pour comprendre à quel point cette dernière s’inscrit bien comme contrepoint mélodique du système.

 

La paysan traditionnel qui oppose une agriculture et un élevage à taille humaine au gigantisme des " latifundiaires " qui font passer le rendement avant la qualité et compensent avec la chimie industrielle l’appauvrissement des terres que génère la surexploitation , ce sympathique " ringard " accroché à la belle ouvrage rejoint l’ouvrier, le technicien, et le cadre jetés dans la cohorte des déclassés.

 

Bel exemple de production industrielle agricole : la ferme des mille vaches qui n’en compterait que 500, qui sont encore 500 de trop avec de malheureuses bêtes encaquées dans un box où elles ne savent pas se mouvoir ( cela favorise l’engraissement accéléré, le turnover comme disent les délicats à l’origine de ces méga-installations ), des animaux qui se nourrissent mécaniquement à la lumière artificielle d’une innommable bouillie apportée par une trémie industrielle, qui ruminent leur malheur et produisent un lait ( ou de la viande ) dont la simple évocation me retourne l’estomac.

Celui qui ne respecte pas les animaux ne respecte pas les hommes.

 

Beaucoup voient tout cela, en causent à table, s'indignent de rencontrer partout des représentants petits et grands de la ploutocratie tenant le haut du pavé y compris dans les médias, mais ils aiment la paix et, pour des causes multiples, évitent de coucher leurs impressions sur le papier ou de clamer leur colère en rue.



15 réactions


  • Harry Stotte Harry Stotte 8 décembre 2016 17:01

    Et si, tout simplement, les prolétaires, dans leur grande majorité, ne croyaient plus aux mirobolantes promesses que leur font miroiter les collectivistes, en leur prêtant des ingénuités et des crédulités qui sont restées en phase avec les réalités sociales de la seconde moitié du XIXe siècle ?


    • Pere Plexe Pere Plexe 8 décembre 2016 18:18

      @Harry Stotte
      Mais qui donc fabrique et vends au prolétariat d’autres rêves et les bienfaits de l’individualisme ... ?



    • Harry Stotte Harry Stotte 8 décembre 2016 23:02

      @Pere Plexe

      « Mais qui donc fabrique et vends au prolétariat... »



      Ceux qui ont des raisons de penser que ce qu’ils fabriquent pour le vendre trouvera des acheteurs pour le payer. 


      Je ne comprends pas bien le sens de votre question... 

    • Pere Plexe Pere Plexe 10 décembre 2016 13:14

      @Harry Stotte
      Il est facile de voir comment les médias et les politiques, depuis des décennies, font de l’individualisme LA solution.

      De B Tapie à Attali de Minc à BHL tous les faiseurs d’opinion, tous les habitués des plateaux télé distillent cette idée sur l’air du TINA.
      Que le prolétariat soit abusé est beaucoup moins étonnant ce contexte étant rappelé.

  • MagicBuster 8 décembre 2016 17:23

    Les prolos veulent bien payer des impôts pour que cela profite à des prolos ; mais pas à des banquiers suisses ou luxembourgeois.

    C’est pas compliqué - les prolos peuvent détruire les impôts - l’état et l’Europe.

    Personne ne gagnera rien.

    On continue ?


  • hervepasgrave hervepasgrave 8 décembre 2016 17:39

    Bonjour,
    Malheureusement pour moi aujourd’hui je n’avais qu’a lire pour apaiser mes petits maux physique, mais ton article comme beaucoup d’autres ne sont pas vraiment la meilleur médecine.
    D’un seul coup d’un seul tu résumes le tout dans un article.Tu ne la peut-être pas fait exprès et certainement que bon nombre ni verront que du feu.
    Commencer par incriminer les chroniqueurs institutionnels est un raccourci bien arrangeant et vendeur.mais c’est général partout .Par exemple tous les sites d’expressions soit disant libre utilise l’écrasement des idées quand celles-ci sont gênantes.Il n’y a pas loin a aller chercher d’ailleurs. Alors que certainement et surement la réalité est toute autre et bien enterrée.Et tout cela pour faire la vente et la promotion d’un film.Waouh ! merde j’ai oublié que les actes politiques ou a vocation sociale étaient payant.Pourtant les sites d’idées fleurissent .Dans les faits ils réclames plus ou moins tous du pognon, pour la survie et la bonne cause, il parait.Je n’invente rien !. Tout a un prix .Alors vouloir critiquer des responsables qui ne pensent qu’a faire du fric je ne vois pas vraiment ,la différence dans la manière ,le fric ! comme moteur ?!
    Nous pouvons craindre plus que certainement et très rapidement un muselage des populations,car la méfiance est devenue une règle.C’est pour l’instant le silence général, mais c’est incontournable.Et surtout imprévisible. Le bordel peut-être d’ailleurs crée de toutes pièces,volontairement mais la suite ,peut-être assez surprenante et déconcertante et hors de portée des manipulateurs ? le reste ne dépare pas de l’ensemble que nous percevons tous de jour en jour. Il faut changer de métier peut-être ?


  • jaja jaja 8 décembre 2016 18:15

    Bon article dont la conclusion pourrait être « Que faire ? » smiley

    Les prolos ont été tellement floués par ceux qui prétendaient les représenter (socialistes de toutes chapelles, staliniens et même anarchistes appelant à l’Union sacrée dès 1914) qu’il est évident qu’il y a un énorme déficit de confiance au sein de la classe ouvrière qui ne se pense plus en capacité de transformer la société à son profit...

    Les mécanismes qui mènent à la trahison des élites révolutionnaires sont bien connus et difficilement franchissables... La tendance lourde à la création d’une oligarchie au sein de toute organisation humaine (partis, syndicats) fait que le problème vient toujours ou presque de la caste des chefs qui s’est arrogée tous les pouvoirs avec, au départ, l’assentiment d’une base moins impliquée qui à terme ne contrôlera plus rien....

    Le pouvoir des chefs se renforçant sans cesse, ne subissant ni ne ressentant plus eux-même l’exploitation dans leur chair ils se détachent de plus en plus de la masse qu’ils dirigent... Avec le temps ces élites sont prêtes à toutes les compromissions avec la bourgeoisie au pouvoir. C’est ce qu’il s’est toujours passé jusque là...

    Des formes nouvelles d’organisation sont à trouver afin de dépasser cet obstacle... Elles doivent mêler (entre autres) démocratie directe et rotation des mandats lorsqu’il y a besoin de représentants... La confiance est indispensable pour reconstruire des organisations susceptibles d’engager le fer contre l’exploiteur de toujours ! Il est évident qu’aujourd’hui cette confiance n’existe pas !


    • CN46400 CN46400 10 décembre 2016 08:47

      @jaja
      « staliniens et même anarchistes appelant à l’Union sacrée dès 1914 »
      Oh Jaja faudrait revoir les livres d’histoire... En 14 les prolos connaissaient Jaurés, mais pas Staline !


    • jaja jaja 10 décembre 2016 09:10

      @CN46400

      Très juste... Je pensais tellement fort au stalinien Marcel Cachin (directeur de l’Humanité 1918-1958 et membre du Bureau politique du PCF) qui fut un des membres actifs de cette Union sacrée pro-guerre que je me suis fourvoyé...

      Méa Culpa...


    • jaja jaja 10 décembre 2016 09:23

      D’ailleurs seule une minorité de socialistes combattra l’Union sacrée... Ils sont aujourd’hui bien oubliés les internationalistes Pierre Monatte, Fernand Loriot, Alfred Rosmer (qui a écrit « Le mouvement ouvrier pendant la Première Guerre Mondiale - De l’Union sacrée à Zimmerwald »)...


  • leypanou 8 décembre 2016 18:17

    On essaye aujourd’hui de nous vendre un vaste pot commun, un melting pot en quelque sorte, où chacun est censé partager les mêmes intérêts : et çà marche.

    Je ne sais pas si vous pouvez trouver Fakir en Belgique mais dans le dernier numéro, lors de la promotion du film Merci Patron, il y a un article qui fait réfléchir.

    ce que la paupérisation qui les gangrène rentre en contradiction avec leur esprit consumériste, elles ne saisissent plus la nature des enjeux et se laissent volontiers distraire par des leurres systématiquement entretenus  : comment voulez-vous qu’elles saisissent alors qu’elles sont justement matraquées 24h/24 par ces leurres ?

     Il n’y a qu’à regarder par exemple ce qui se passe sur agoravox où ce ne sont pas les pas sujets bidons qui manquent.


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 8 décembre 2016 18:45

    A Elliott.
    Très bon papier.
    "La difficulté des classes laborieuses américaines mais aussi européennes vient de ce que la paupérisation qui les gangrène rentre en contradiction avec leur esprit consumériste, elles ne saisissent plus la nature des enjeux et se laissent volontiers distraire par des leurres systématiquement entretenus : il suffit de constater l’écho donné aux soupirs de Madame Le Pen pour comprendre à quel point cette dernière s’inscrit bien comme contrepoint mélodique du système."
    Quant à l’électorat qui est tombé en pâmoison devant le président de la République qu’il a élu le 27 novembre 2016, c’est ce même électorat qui ressemble au crocodile de Coluche qui entre dans une maroquinerie.


    • LE CHAT LE CHAT 9 décembre 2016 13:21

      @Renaud Bouchard

      un autre fameux leurre était l’appel du Bourget , comment ils se sont fait enflé !


  • devphil devphil 9 décembre 2016 08:24

    Excellent article.


    Très plaisant à lire sur la forme 

    Le contenu est grave et juste

    Merci beaucoup 

    Philippe 

  • CN46400 CN46400 10 décembre 2016 09:23

    "Comment les anciens sidérurgistes ou les mineurs des Appalaches, victimes de la mondialisation mais avant tout de la vétusté des outils et de l’absence d’investissements que le grand capital a préféré dédicacer à la production dans des contrées plus propices à la rentabilité de leur avoirs, peuvent-ils croire un seul instant que des mesures de protectionnisme pénalisant les importations pourraient à la fois ressusciter leurs emplois disparus et accroître leur niveau de vie ?« 

     C’est la question inverse qu’il faudrait poser et Marx de répondre : »la culture dominante est la culture de la classe dominante"
     
    Sauf que les croyances des prolos sont aussi conditionnées par l’état de leurs moyens d’existence, qui les rend plus perméable aux cultures alternatives, celles, entre autres de la Révolution sociale. Encore leur faut-il échapper aux fausses sorties (ex canuts de Lyon) qui, malheureusement, peuvent orienter la juste révolte vers les impasses du protectionnisme (sortie de UE...) etc, qui peuvent faire gagner une élection mais pas assurer une réelle sortie de la crise capitaliste.
     
    Quand Trump jongle contre la Chine, il amuse la galerie des ignares, parce qu’il sait parfaitement que nombre de ses commanditaires tirent de la Chine une grande part de leurs profits, et qu’il est hors de question, pour eux, de tuer la poule aux oeufs d’or.
     La crise actuelle est systémique, on n’en sortira que par la guerre (mais les bourgeois ne seront, cette fois, pas à l’abris des radiations) ou par une forte dose de socialisme annonciatrice de la fin de la domination capitaliste.
     


Réagir



https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://simseam.ft.uns.ac.id/https://sipil.ft.uns.ac.id/slot gacorhttps://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/slot gacorhttps://akperstg.ac.id/https://fisip.uisu.ac.id/https://web.pn-sidrap.go.id/
https://hormon-osteoporosezentrum.de/judi bolahttps://saopaulodeolivenca.am.gov.br/slot gacor