samedi 7 novembre - par Patrice Bravo

Washington réclame 2 milliards supplémentaires à l’Otan pour l’Ukraine

Les États-Unis s'apprêtent à demander à l'Otan des fonds supplémentaires pour les livraisons d'armements à l'Ukraine. Le déficit sur les lots d'armements déjà approuvés a atteint 2 milliards de dollars, mais les alliés doutent de plus en plus de la nécessité de nouvelles dépenses. 

Les États-Unis prévoient de solliciter leurs alliés de l'Otan pour qu'ils dégagent des fonds supplémentaires destinés au programme clé de livraisons d'armements à l'Ukraine, rapporte Bloomberg. Cela témoigne du fait que l'aide militaire américaine à Kiev se poursuit malgré les tensions persistantes entre le président américain Donald Trump et Volodymyr Zelensky. 

Selon des sources ayant requis l'anonymat pour évoquer des négociations confidentielles, Washington pourrait formuler cette demande de financement supplémentaire dès ce mois-ci. Il s'agit du programme de l'Otan Liste des besoins prioritaires de l'Ukraine (PURL). 

Selon ces sources, les États-Unis ont déjà fait savoir à plusieurs alliés qu'ils entendaient demander des fonds supplémentaires. Le montant exact que Washington espère obtenir n'est pas encore connu, mais les sources affirment que le déficit de financement sur les lots d'armements déjà approuvés s'élève à environ 2 milliards de dollars. 

Les sources ont souligné que les États-Unis continuent de livrer des armements même si les alliés n'ont pas encore versé les fonds destinés à les couvrir. Si le Pentagone décide d'augmenter le volume des livraisons, le manque de financement pourrait s'aggraver. 

L'initiative PURL est devenue la pierre angulaire des efforts de l'Otan pour renforcer la défense de l'Ukraine. Elle permet aux alliés de financer l'achat d'armements américains destinés à Kiev. Parmi le matériel précédemment livré figuraient des systèmes de défense antiaérienne essentiels ainsi que d'autres équipements militaires. 

Cette nouvelle campagne de collecte de fonds montre que la succession de déclarations virulentes entre Washington et Kiev n'a pas empêché le Pentagone et les entreprises de défense américaines de continuer à jouer un rôle clé dans la fourniture des armements nécessaires à l'Ukraine. Selon les sources, les États-Unis ont poursuivi les livraisons même lorsque le financement des alliés accusait un retard considérable par rapport au rythme des envois américains. 

Les critiques à l'encontre de Zelensky ont notamment émané de Trump et du patron de SpaceX, Elon Musk. Tous deux ont appelé le président ukrainien à démissionner. Zelensky, de son côté, a accusé les États-Unis de ralentir le système de communication par satellite Starlink, propriété de SpaceX et vital pour l'armée ukrainienne, ainsi que de retarder les livraisons déjà approuvées d'intercepteurs pour les systèmes de défense antiaérienne Patriot dans le cadre du programme PURL. Des responsables ukrainiens ont également accusé Washington d'avoir suspendu le partage de renseignements, ce que les États-Unis ont démenti. 

L'écart entre l'aide militaire réelle et les déclarations publiques de Trump a plongé les alliés américains dans la perplexité. Selon certaines sources, ils se sont retrouvés en proie au doute quant à la nécessité de financer de nouvelles livraisons d'armements. Le problème est d'autant plus sérieux que grandit la réticence des pays européens à financer un conflit qui approche de son cinquième anniversaire. Par ailleurs, plusieurs États européens clés, dont l'Espagne, la France et l'Italie, doivent organiser des élections cette année ou l'année prochaine. 

Le mois dernier, les États-Unis ont menacé de suspendre les livraisons dans le cadre du programme PURL en réponse aux frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes, selon des sources informées. Toutefois, cette menace n'a pas été mise à exécution et le programme a été maintenu. 

Indépendamment de l'initiative PURL, le département d'État américain a approuvé vendredi la vente à l'Ukraine de missiles pour les systèmes Patriot d'un montant de 2,1 milliards de dollars. L'achat sera financé par le Canada, l'Allemagne, la Norvège et l'UE. Dans ce type de transactions interétatiques portant sur des armements américains, il s'écoule généralement plusieurs années entre l'approbation et la livraison effective du matériel.

Alexandre Lemoine

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5 réactions


  • cassandre4 cassandre4 7 novembre 18:10

    devinez qui va encore payer ?


  • Panoramix Panoramix 7 novembre 19:51

    Passe encore de fournir des armes qu’on fabrique, mais financer l’industrie militaire d’un pays plus riche et prospère que nous au profit d’un pays tiers, c’est pousser loin l’abnégation !


  • xenozoid xenozoid 7 novembre 19:56

    c’est la fête au village


  • Asouhait 7 novembre 23:20

    1. L’aide financière et matérielle directe (Aide bilatérale) : 7,9 milliards €

    Cette somme correspond à ce que la France a versé ou livré seule, de son propre chef. Elle se décompose principalement ainsi 

    Le soutien militaire direct ( 6,2 à 6,5 milliards €) : Ce montant englobe la valeur des équipements prélevés sur les stocks de l’armée française (canons CAESAR, véhicules de l’avant blindé VAB, missiles). Le Ministère des Armées évalue ce soutien à 6,5 milliards d’euros (incluant la contribution de la France aux remboursements européens).

    L’aide humanitaire, civile et financière ( 1,7 milliard €) : Prêts bonifiés, aides d’urgence pour la reconstruction des infrastructures critiques (énergie, transport) et soutien humanitaire direct. 

    Note d’initié : Envoyer un canon ou un blindé ne signifie pas qu’un virement en espèces est fait à Kiev. La France comptabilise la valeur de remplacement de ce matériel. Ces dons créent des commandes publiques qui reviennent directement dans les carnets d’ordres des industriels de la défense français pour reconstituer les stocks. 

    2. L’aide indirecte via l’Union européenne (Quote-part française) : 18,3 milliards €

    L’Union européenne s’est imposée comme le premier bailleur de fonds de l’Ukraine, avec plus de 216 milliards d’euros d’aides validées (aides financières, macroéconomiques, soutien budgétaire et accueil des réfugiés). 

    La France finance environ 18 % du budget de l’UE, ce qui impute indirectement à notre pays une contribution d’environ 18,3 milliards d’euros sur les programmes européens :

    La Facilité européenne pour la paix (FEP) : Un fonds intergouvernemental qui rembourse aux États membres (dont la France) une partie du matériel militaire qu’ils cèdent individuellement à l’Ukraine. 

    La Facilité pour l’Ukraine (Prêts et subventions macro financières) : L’Union européenne lève de la dette sur les marchés financiers internationaux (garantie par les États membres) pour maintenir à flot l’État ukrainien (paiement des retraites, des salaires des fonctionnaires, des hôpitaux).



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