Xavier Bertrand a pris la place de Fillon
La France ébahie vient de découvrir que d’un seul coup d’un seul, la langue de vipère du gouvernement, le mielleux et faux-cul assureur, le négociateur enfant dans le dos, vient de prendre la place de Perroquet chef et celle du fantomatique fils de tabellion sarthois. Facile me direz-vous car Fillon n’existe pas, et facile car le moule sarkoziaque a resservi en modèle taille xxl en largeur et de ce fait que l’élève répète ce qu’ânonne le lecteur assidu de discours n’est pas un exploit.
Ainsi donc, ce jour est à marquer d’une pierre banche, Sarkozy n’est plus seul à être le Governator multi-service, le couteau suisse du gouvernement, il vient de s’adjoindre un aide au moment où Coffe quitte France Inter. Le Maître queue (sans jeu de mots) s’adjoint un adjoint (redondance stylistique). Qu’en est-il ?Prenons notre quotidien préféré, la voix de son maître, bientôt concurrencée par la télévision d’Etat, ouvrons le à la bonne page et lisons d’abord ceci : Jeudi, lors d’un déplacement à Limoges, Nicolas Sarkozy avait évoqué la nécessité d’engager le débat sur les « structures territoriales en France. Parce que nous sommes arrivés à un degré de complexité sans précédent ». Pour Nicolas Sarkozy, « tout le monde est attaché à sa région, et puis il y a l’Europe, il y a les communautés de communes. Comment on s’y retrouve, c’est très difficile ». Et le président d’ajouter : « Il va falloir qu’un jour -je me demande si ce ne sera pas un chantier pour 2009-, on parle des structures territoriales en France ».
Et en écho, notre Ara aux plumes multicolores, moulin à déclarations, lui aussi omni-présent dans ces media qui nécessitent que l’on fasse une communication à la sauce Saussez car les Français sont impatients et parce que cette presse n’offre aucune tribune à la majorité, a décidé de s’octroyer le titre de ministre de l’intérieur, d’aménageur du territoire, de Premier Ministre et peut-être, y croit-il aussi, de Président de la République par délégation : Vendredi matin sur Europe 1, Xavier Bertrand a d’ailleurs envoyé un nouveau signal explicite. Pour le ministre du Travail, ce débat est « toujours d’actualité » et doit même avoir lieu « le plus tôt possible » et « sans tabous ». Et de reprendre l’argumentaire développé la veille par Nicolas Sarkozy : « En France, vous avez une forme de mille-feuilles administratif et politique devenu complètement indigeste ». Pour autant, le ministre évoque, plutôt qu’une suppression, un regroupement. « Les compétences des Régions, des départements et des intercommunalités ça se regarde, on peut certainement regrouper plutôt que de chercher à fusionner ».
Ne vous posez pas la question de savoir de quel droit ce ministre-là parle au nom de tout le gouvernement, à moins que ce ne soit au nom de l’UMP dont il est secrétaire national, où de la salle des fêtes de Saint Quentin dont il est maire adjoint, car un fidèle à tous les droits comme l’on dit de certains qu’on les reconnaît à cela qu’ils osent tout (Audiard). Et du moment que vous ajoutez " sans tabous " toutes les fariboles vous sont permises. Mêmes les grosses. Ajoutez que vous prenez vos responsabilités et là la foule applaudit. En revanche vous avez le droit de vous posez la question de savoir quand est-ce qu’il travaille pour son ministère.
Bon il est donc, en plus de ses attributions régaliennes et effectuées avec entregent et volontarisme, dont celui du ministère de la propagande, des coups tordus et de la mauvaise foi, ministre de l’intérieur et des collectivités territoriales, il est devenu en un jour ministre de la santé. La Roseline appréciera : Les propositions de l’Assurance-maladie de baisser le remboursement des médicaments pour les maladies longues avait provoqué un tollé en début de semaine. Le ministre du Travail Xavier Bertrand a exclu à son tour vendredi que le gouvernement revienne sur la prise en charge à 100% par la « Sécu » des affections de longue durée (ALD).
« Il n’est pas question de revenir sur la prise en charge à 100% », a assuré Xavier Bertrand, lui-même ancien ministre de la Santé, sur Europe 1. « La vocation d’un système de santé est bien évidemment d’être aux côtés des plus malades », a-t-il poursuivi.
Le pouvoir c’est comme le chichon, quand on y a goûté on y revient. C’est du reste ce qu’en disent les esquimaux à propos des baleines pour lesquelles c’est comme les cacahuètes, quand on en a mangé une on ne peut plus s’arrêter. En d’autres termes, quatre ou cinq ministères cela ne lui suffit pas. Woerth n’a plus qu’à surveiller ses arrières et ses tiroirs-caisses : Pour autant, Xavier Bertrand a souligné que la lutte contre le déficit de la Sécu restait un enjeu prioritaire, « parce qu’il n’est pas question de laisser rembourser les dettes par nos enfants ». Et le ministre d’assurer qu’il fallait « maintenant un nouveau plan, avec des nouvelles mesures. Eric Woerth (Budget et comptes publics) et Roselyne Bachelot (Santé) le font avec beaucoup de ténacité et courage ».
Et comme au tennis il lui faut la chaise de l’arbitre, car c’est lui qui maintenant donne les bons points. Des barres de Mars ? Je reviens un instant pour ces vigoureuses félicitations, car l’action courageuse et tenace de ces deux ministres a quelques ratés. Pas grand chose un dérapage de 40 milliards d’un trimestre à l’autre. Et pas dans le bon sens. Le Nouvel Obs nous apprend que le déficit de la France passait à 1.250,6 milliards soit 65,3 % du PIB au 31 mars, vous savez la période triomphante du Guide qui remettait à sa place les " sachants ", et que la France, bannière au vent avec ses 0,6 % de croissance était la reine du bal quand l’Allemagne faisait 1,5. Avec le chômage qui remonte, le pétrole qui atteint des sommets, le moral des ménages qui se plombe, le Non irlandais, et même Thuram qui ne rejoint pas le PSG malgré le recrutement et l’intermédiation du Grand Mamaouchi des sports (décidément il porte la poisse le Sarko, rugby -> élimination, football -> élimination dès le premier tour, Thuram -> problème cardiaque, celle-là on la comprend), la cote de Minimo qui stagne et baisse un peu, le dollar qui plonge, la bourse qui est au plus bas de l’année, la confiance dans l’efficacité sarkozyaque et européenne dans les chaussettes, l’immobilier qui s’effondre et un Saussez qui a été nommé pour rétablir la cohérence des blablas de la majorité n’a pas pu empêcher celle-là de bourde :
« Marleix joue les pompiers [à la suite de l’annonce de la possible suppression des départements]
Mais les départements sont aussi un énorme vivier d’élus locaux fort de milliers de conseillers généraux. La question est donc politiquement très sensible. Et c’est sans doute ce qui a poussé le Secrétaire d’Etat aux Collectivités territoriales, Alain Marleix, à intervenir pour calmer le jeu.
Dans un communiqué, il précise vendredi qu’il « n’est aucunement question d’une suppression du département », même si « la France subit un empilement administratif qui constitue une fâcheuse exception en Europe » et mériterait « une réflexion conduisant à une réforme en profondeur ».
Et à tout ceci il faut ajouter les renoncements suivant qui n’ont pas fait tant de bruit :
- plus de Shoah à l’école (et tant mieux et pourtant Dieu (ou Elohim) sait que Bertrand en tête on nous avait flatté l’extraordinaire invention de cette lumineuse idée)
- ce ne sont plus les notaires qui vont nous divorcer
- Pécresse recule devant les chercheurs...
Peut-être y a-t-il une explication, qui complète celle de l’infatuation et l’arrivisme surmultiplié de l’assureur, à cet activisme bertranien : et s’il pensait que Sarko exilé à Strasbourg et Bruxelles, il y aurait peut-être une place à prendre. Cela, bon prince, je le glisse dans le tuyau de l’oreille de la cellule de surveillance Internet de l’Elysée, car il faut se méfier des vipères que l’on nourrit en son sein. Cléopâtre en sait quelque chose.

