mardi 10 février - par Krokodilo

Y a-t-il des langues plus faciles que d’autres ?

Oui - et non ! 
Il existe UNE langue infiniment plus facile que d’autres : notre langue maternelle ! (Ou paternelle, celle du parent qui materne, celle du soin de la prime enfance)
Parce que nous l’avons apprise sans effort apparent ni conscient, en immersion complète (H24 hormis le temps de sommeil), avec un cerveau en plein développement et avide d’apprendre, en interaction permanente avec des proches qui nous corrigent sans arrêt « on ne dit pas comme ça ! », et un facteur affectif puissant qui renforce l’apprentissage.
(Les pathologies du lien dans la petite enfance ont pour conséquence un retard de langage)
Il existe DES langues qui, POUR NOUS, seront plus faciles que d’autres : la langue scolaire lorsqu’elle est différente de la maternelle, la langue ethnique/familiale (elle aussi parfois différente) SI, et seulement si, elle est pratiquée régulièrement.
Inversement, il existe DES langues qui, POUR NOUS, seront difficiles à apprendre : les plus éloignées de la nôtre, par différents aspects que nous allons détailler.
En somme, tout est relatif, comme dans l’espace-temps !

Pourtant, chacun le sent intuitivement, il existe des difficultés objectives. Lesquelles ?
- L’éloignement par rapport à la nôtre (alphabet, sons et groupe linguistique différents).
- Les alphabets différents.
Pour nous, tout autre que l’alphabet latin : grec, cyrillique, arabe, par exemple, ou des idéogrammes (plusieurs milliers en chinois). 
- Les sons différents : même dans des alphabets ou des langues qui nous sont théoriquement plus familiers, certains sons peuvent être de vraies difficultés pour des francophones (par exemple la jota espagnole, le kha arabe, le x russe qui sont à peu près le même son, ou le « r » roulé).
- La phonétique, plus ou moins régulière.
Le français a 35 phonèmes (les sons), l’anglais 46.
Mais ces sons peuvent être écrits de différentes façons (o, eau, aux, au, haut, etc.) : le français a 190 graphèmes, l’anglais 1120 ! Si on n’a jamais entendu un mot, on ne peut savoir comment le prononcer simplement en le lisant.
Le français lui non plus n’est pas facile pour les étrangers sur le plan phonétique, avec les « e » muets, les nasales « on », « en », « an », ou la distinction entre « u » et « ou » (dessus/dessous).
- Des procédés sonores très inhabituels pour nous, comme les nombreuses gutturales en arabe, les langues tonales où le ton modifie le sens du mot (chinois), ou beaucoup plus rares : les claquements sonores du xhosa (langue du peuple Boshiman du Kalahari, rendus célèbres par le film « Les Dieux sont tombés sur la tête »).
- L’accent tonique, fixe (français, polonais, hongrois...), ou variable (anglais, russe, italien etc.). 
- Les conjugaisons, des verbes réguliers et irréguliers.
- Les temps verbaux utilisés seulement à l’écrit, comme en français le passé simple et l’imparfait du subjonctif, dont certaines formes sont même désuètes.
- Les déclinaisons des substantifs (russe, slovaque, tchèque...).
- Le vocabulaire est un considérable effort de mémoire, encore accru de deux façons : par les doublons (latin/germanique : liberty/freedom), et par l’existence de plusieurs racines (radicaux) pour le même sens.
En anglais, parmi les doublons, il n’est pas rare qu’une seule forme soit la bonne dans telle ou telle expression, et l’autre incorrecte (idiomatismes), comme « Eastern Europe » et « East Africa. »
En français : le substantif parole correspond à l’adjectif oral, ville correspond à urbain, oncle donne avunculaire ! Cheval, jument, poulain, étalon sont quatre mots qui ont un lien logique et qui pourtant sont formés de racines étymologiques différentes.
Cette richesse de vocabulaire n’est qu’apparente car elle n’apporte rien au sens, tout en augmentant grandement la difficulté.
- L’irrégularité de la dérivation lexicale peut accroître la difficulté du vocabulaire.
En français, plusieurs suffixes différents sont utilisés pour indiquer les métiers : certains sont fréquents comme -iste (pianiste), -ier (plombier), -eur (professeur), d'autres plus rares, donnant peintre, acrobate, écrivain...
Quarante, cinquante, soixante, mais pourquoi ne pas adopter septante, octante (huitante) et nonante, logiques et réguliers, plus naturels pour les enfants, et qui sont d’ailleurs autorisés sur tout document administratif français, y compris les chèques ?


- Les tournures idiomatiques rendent la langue difficile lorsqu'elles sont très nombreuses (anglais).
- L’argot, ou plutôt les divers argots (toutes langues).
- Les termes techniques, le jargon des métiers (toutes langues).
- Les accents régionaux (toutes langues).
- Les chansons à cause de la distorsion phonétique (toutes langues).
- Les exceptions sont une surcharge pour la mémoire. L’anglais et le français en sont truffés, et si nous n’y faisons guère attention, c’est que depuis la prime enfance nous avons appris à bloquer nos réflexes logiques et à faire barrage au raisonnement naturel, l’assimilation généralisatrice. C’est un mécanisme naturel de la pensée qui fait spontanément dire aux petits « je boivais » au lieu de « je buvais », dès lors qu’ils ont appris l’imparfait du premier groupe, et qu’ils veulent l’appliquer pour montrer avec fierté qu’ils ont compris. Quelle déception lorsqu’on les corrige !
Un exemple anglais : pour dire « les enfants devront », au lieu de former ce pluriel et ce futur régulièrement, « the childs will must », on doit dire « the children wil have to ».
Des exemples français :

- On peut garer une voiture, mais pas la « dégarer », alors que l’on peut faire et défaire, monter et démonter, couvrir et découvrir, etc. De même, presque tous les enfants ont un jour utilisé « plus bon » au lieu de « meilleur ».
C’est ce mécanisme naturel de la pensée qui fait le charme des mots d’enfants, et c’est ce naturel que l’apprentissage des langues doit bloquer par des réflexes conditionnés « on ne dit pas comme ça » ! Heureusement, on a oublié quelles frustrations intellectuelles cela représente... car c’est loin. Mais pour les langues étrangères, il en va tout autrement : nous sommes pleinement conscients des difficultés et nous ne disposons pas d’autant de temps à y consacrer que dans toute l’enfance, ni des mêmes capacités.
Il faut remarquer que les langues, malgré une relative rigidité et une norme à laquelle veillent Académie, lettrés, dictionnaires (qui suivent néanmoins l’évolution) ainsi que les professionnels (correcteurs, enseignants, grammairiens), sont vivantes, foisonnantes, et manifestent régulièrement une envie de suivre cette assimilation généralisatrice, de dériver des mots selon les principes propres à chaque langue : depuis quelques années, on lit sur Internet l’expression je plussoie, "imposition" a connu un glissement de sens depuis la taxation jusqu’à signifier également : imposer quelque chose. "Positiver" est la dérivation de positif. "Solutionner" est dérivé de solution et, quoique parfois qualifié de barbarisme, a pu entrer dans le Littré avec la mention « critiqué ».
Remarquons qu’on a remplacé un verbe difficile à conjuguer, "résoudre", par un verbe du premier groupe. Depuis quelques années, tous les nouveaux verbes sont du premier groupe, à l'exception d'alunir. Une sorte d’inconscient collectif linguistique manifeste donc une volonté naturelle de dérivation logique, mais également le désir que cette dérivation aille dans le sens de la simplicité.

Ainsi, on voit que chaque langue a ses difficultés, mais aussi ses facilités :

- Le chinois, souvent cité comme le plus difficile pour les Français par sa prononciation, ses tons, son écriture par idéogrammes et ses homonymies, est facile par sa grammaire régulière et cohérente, son absence de verbes irréguliers.

- Le russe est redouté pour sa déclinaison des substantifs (comme d’autres langues slaves : ukrainien, polonais, tchèque, serbe etc.), son accent tonique est variable, mais sa phonétique ets relativement régulière.

- L’allemand est réputé difficile au début, mais plus facile à mesure que le niveau augmente, un peu à l’inverse de l’anglais où les « fluent » désespèrent de pouvoir un jour se faire passer pour des natifs.

Puisque les critères de difficulté objective existent, il devrait donc être possible de leur attribuer un coefficient et d’obtenir ainsi une moyenne, une échelle de difficulté. Eh bien non, car l’attribution de ces coefficients ne pourrait être que subjective !

Il existe néanmoins des éléments scientifiques indirects, comme le taux de dyslexie, qu’on s’attend à trouver élevé dans des langues supposées « difficiles » et faible dans des langues régulières.
Ce qui est bien le cas : il est plus élevé en français et en anglais qu’en italien ou en espagnol, du fait de l’incohérence phonétique de l’anglais. À l’inverse, l’italien est si peu propice à la dyslexie que l’on n’y dépiste même pas ce problème !
En France, les enseignants estiment qu’on apprend à lire au CP en un an.
En Angleterre, les enseignants estiment ce temps d’apprentissage de la lecture à trois années.
Dans les langues avec moins de graphèmes, quelques mois suffisent pour passer de l’alphabet aux syllabes et à la lecture : finnois, polonais, tchèque, russe, indonésien…
Mais ça ne peut être un critère universel de difficulté d’une langue : le chinois (mandarin) est difficile pour nous alors qu’il s’y trouve peu de dyslexie (parce que la lecture n’est pas alphabétique.)
De plus, la définition même de la dyslexie étant imprécise et variable, les résultats des études ont une grande variabilité (de 5 à presque 12 % pour l’anglais).
Le lien entre dyslexie et difficulté phonétique de la langue existe, mais il est difficile à quantifier, et ne peut servir de critère absolu de difficulté d’une langue.


Tout est relatif : pour un francophone, l’italien sera plus facile que l’arabe, le chinois, l’allemand ou l’anglais.
Pour un chinois, une langue du même groupe sera plus facile.
Pour un Français qui baigne depuis l’enfance dans l’anglais (obligatoire de fait, sinon de droit), dans un environnement médiatique et politique pro-anglais (influence culturelle américaine, Union européenne), il aura l’impression que celui-ci est plus facile.
Les difficultés de l’anglais sont pourtant reconnues par les linguistes, par le ministère de l’Éducation nationale, par Churchill ! Mais c’est un sujet que nos médias évitent. Certains sites publient même une pseudo-liste de l’Unesco dont l’anglais est absent ! (Non sourcée, l’IA Claude conteste que l’Unesco publie un tel classement).
Le mur de Babel existe toujours, et les enjeux économiques et politiques autour de la langue de communication sont trop importants pour que le débat soit objectif.
À notre avis, le 20e siècle aurait dû, aurait pu être celui de l’espéranto, le 21e sera celui de la traduction automatique orale.
Si les facteurs qui rendent les langues difficiles sont identifiables, on peut donc envisager d’agir dessus. Il eût été normal que nous les simplifiassions !
En fait, cela a déjà été fait à plusieurs reprises : Lomonossov pour le russe, Dante en italien (controversé), Eliezer Ben-Yehuda qui est à l’origine du renouveau de l’hébreu ; l'indonésien a été standardisé à partir du malais.
En France, la loi du 6 décembre 1990 a réformé l’orthographe après une rude bataille, ses recommandations furent lentement acceptées, les anciennes formes cohabitant avec les nouvelles, ce qui ne facilite pas les choses…
L’espéranto a été conçu par Zamenhof dans cet esprit, en agissant sur chacun des facteurs de difficulté, à partir de plusieurs « grandes langues » européennes de son époque, afin de proposer une langue auxiliaire disposant de toutes les fonctions d’une langue tout en étant très largement plus facile à étudier. Mais les obstacles politico-économiques ont freiné sa diffusion.

En résumé, il est impossible d’établir un classement absolu de la difficulté des langues. Cette difficulté dépend de l’éloignement avec notre propre langue, (et notre groupe linguistique), et de facteurs personnels tels que la motivation et le temps qu'on y consacre, outre le niveau de langue qui est visé. Ce sera dans tous les cas un travail considérable...

Bibliographie : nombre d’exemples linguistiques proviennent du livre de feu Claude Piron (ex-traducteur à l’ONU et l’OMS, polyglotte, psychologue), de son livre « Le défi des langues » , collection L’Harmattan.
Sur la dyslexie et les langues :
https://www.letemps.ch/societe/dyslexie-deux-plus-frequente-aux-etatsunis-quen-italie?srsltid=AfmBOopm89htahdL9y2gt8nP0rqdj5TLxfNq9POuCkMi9g6pn2I7OHs5

https://ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/110/Chapitre_7.html
https://quillbot.com/fr/blog/foire-aux-questions/la-dyslexie-concerne-t-elle-toutes-les-langues/
https://www.psychologue.net/articles/lapprentissage-dune-langue-par-les-dyslexiques-pourquoi-pas-lesperanto
Deux sites évoquent un pseudo-classement par l’Unesco, en excluant l'anglais... et sans donner de référence :
https://www.en-vols.com/inspirations/culture/langue-plus-difficile-unesco/
https://alltradis.com/top-10-langues-difficiles/
Un autre cite comme source une étude à la fois « relayée en Europe » et issue de l'Unesco (?) ou du Foreign Service Institute (américain...)
https://www.scolinfo.net/voici-le-classement-des-langues-les-plus-dificiles-au-monde-selon-une-etude-europeenne/
Tout ça semble provenir d'une seule source non citée, « info » reprise par de nombreux médias, comme cela arrive souvent maintenant, hors des publications académiques.

Sur les difficultés de l'anglais :

https://1to1progress.fr/blog/2022/06/08/difficultes-apprentissage-anglais/

Sur l’apprentissage précoce des langues, je renvoie à mon ancien article sur Agora vox :
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=17493



72 réactions


  • Gégène Gégène 10 février 18:41

    C’est sûr, le russe et ses déclinaisons, c’est un peu de l’hébreu . . .

    For sure !


    • skirlet 10 février 19:59

      @Gégène
      Non, l’écriture est plus simple, la phonétique s’approche du principe « une lettre — un son », on lit les lignes de gauche à droite, et il n’y a pas de voyelles « occultées », contrairement à l’hébreu. De plus, il y a trois temps verbaux, plus le conditionnel qui est formé avec le passe et une particule écrite séparément. Les déclinaisons ne sont pas plus difficiles que, par exemple, les temps verbaux français et leur concordance, pas vraiment logique... Ah oui, il faut apprendre un autre alphabet smiley


    • SilentArrow 11 février 08:27

      @Gégène
       

      C’est sûr, le russe et ses déclinaisons, c’est un peu de l’hébreu . . .

      Ben non, en fait, c’est comme le grec et le latin classiques.

    • Gégène Gégène 11 février 09:12

      @SilentArrow

      Dit autrement : LA difficulté du russe, ce sont les déclinaisons smiley
      L’alphabet, ça fait peur aux novices, alors que non, en fait smiley


    • Fanny 11 février 18:43

      @Gégène
      C’est sûr, le russe et ses déclinaisons,

      Vécu : je prends allemand en seconde langue, mon meilleur copain prend russe.

      Notre progression dans ces deux langues (avec déclinaisons) étaient strictement parallèles.


  • ricoxy ricoxy 11 février 08:03

     

    « notre langue maternelle » : c’est la langue que le bébé entend dans le ventre de sa mère. Il est déjà préparé aux sons de la langue.

     

    « [le russe] mais sa phonétique ets relativement régulière » — altérations phonétiques systématiques en fonction de l’accent tonique en russe. Par exemple, la voyelle o peut se prononcer o ou eu : kolokeu [колокол : la cloche], accent tonique sur le o initial, mais se prononce eu et a dans keuleukala [колокола : les cloches], accent tonique sur le a final. Autre exemple : o se prononce eu ou a (deustayefskiï, Достоевский : Dostoïevski, l’écrivain, accent tonique sur le e avant la finale, avec passage du v en f devant sk, etc. etc. etc.

     

    Le chinois : rien de plus simple apparemment au niveau grammatical que le chinois : il y a le caractère chinois, inscriptible dans un carré, et qui est immuable comme un bloc de pierre. Le même caractère peut être sbstantif, adjectif, adverbe, verbe, interjection... Pas de singulier, pas de pluriel. Le plutiel par exemple est indiqué par un autre caractère qui signifie plusieurs : 我 woo : je ; 我们 woomen : je-plusieurs : nous. Pas de temps conjugués... etc, etc. etc.

     

    Le fait d’avoir appris une langue ou deux prépare le cerveau à apprendre plus facilement une autre langue (plasticité cérébrale).

     


    • skirlet 11 février 10:30

      @ricoxy Les sons « atténués » qui ne reçoivent pas l’accent tonique ne sont jamais les « eu ». Les « o » et « a » prennent une forme intermédiaire entre les deux, prononcée sans appuyer. Les « e » et « i » — pareil, une forme intermédiaire. Un phénomène similaire existe en catalan, par exemple. Un Français qui apprend le russe et qui se mettrait à coller les « eu » partout aura un horrible accent... Et il ne faut pas trop forcer sur l’assourdissement des consonnes, dans « Orlov » c’est entre le « v » et « f » smiley
      Ceci dit, dans certains dialectes russes les « o » restent les « o », pareil pour les « a », indépendamment de l’accent tonique. Et un étranger restera compréhensible sans les finesses susmentionnées smiley


  • Goldo Du Goldo Du 11 février 08:51

    Une langue plus facile ?

    La langue de bois.


  • Decouz 11 février 09:05

    Venant du français, je trouve le chinois plus difficile que l’arabe, la grammaire est simple certes, mais il y a plein de manières de se tromper, la difficulté ce sont d’une part les tons, d’autre part le nombre de caractères à mémoriser (pas d’alphabet). Le pinyin, outil de prononciation basé sur l’alphabet latin a facilité les choses aussi bien pour les étrangers que pour les chinois, il permet aussi la saisie sur les outils modernes, téléphones et ordinateurs. L’écriture : à la base et encore pour les lettrés, c’était une écriture pure, visuelle, des symboles graphiques, et non pas une simple transcription des sons comme pour la plupart des écritures, un lettré pouvait lire dans différents pays sans comprendre, parler, la langue locale. On dit chinois, mais il y a, sans parler des différences de prononciation du chinois officiel, le mandarin, des langues autonomes comme le cantonnais, hakka, hokkien, shanghaïen, les langues des minorités ethniques :

    https://www.youtube.com/watch?v=a5L5aPz1grc&t=53s

    Je vois trois difficultés ou facilités pour apprendre les langues :

    -l’éloignement mental ou structurel de la langue, la différence avec les langues latines.

    -la motivation, affaires, mariages, religion, voyages.

    -l’offre pédagogique et son attractivité (avant il n’y avait que le système scolaire et quelques institutions spécialisées, avec internet c’est bien plus vaste), pour celui qui maitrise un anglais basique, il y a une foule de sites en chinois, des films en accès libre.


    • Krokodilo Krokodilo 11 février 12:20

      @Decouz Merci de ces précisions. Internet a effectivement changé beaucoup de domaines par l’offre pédagogique : tutoriels de bricolage, du jeu d’échecs, les langues, même le sport (j’avais appris le geste du bowling comme ça !), la finance, etc.
      Néanmoins, en matière d’enseignement des langues, la question est 90% politique, 10% pédagogique, au grand dam des milieux pédagogiques toujours à la recherche de la méthode miracle. On a eu jadis les cabines de langues, les voyages scolaires, puis l’oral, etc. mais les difficultés restent les mêmes.


    • skirlet 11 février 12:21

      @Decouz
      Je pense que le plus important, c’est la motivation. Sans elle, il est difficile d’avancer même dans une langue très proche de la sienne... Et si elle est vraiment forte, toute langue paraîtra plus facile smiley


  • Decouz 11 février 09:26

    J’aurais du rajouter comme élément attractif, la culture, mais dans ce domaine il y a les passeurs, les traductions, les ouvrages historiques etc qui font connaitre les pays dans notre propre langue, on peut donc connaitre la culture d’un pays sans parler la langue (pas aussi bien, et on n’a pas accès à tout).


  • ZenZoe ZenZoe 11 février 10:29

    Super intéressant comme sujet !

    C’est vrai que la maîtrise d’une langue étrangère ne va pas de soi. Traduire mot à mot ne mène pas loin, tant la culture, les usages locaux font qu’on peut dire plus ou moins la même chose mais de manière très différente.

    Il y a la façon de dire les choses, et bien sûr il y a l’accent ! J’ai vécu dans des pays anglosaxons très longtemps, mais jamais je n’ai pu me débarrasser de mon accent français, même s’il n’était pas toujours reconnu comme tel. De nombreux profs là-bas m’ont souvent dit qu’une bascule se fait autour de 8-10 ans. Avoir l’oreille musicale aide beaucoup aussi pour saisir les intonations, je l’ai remarqué.

    Par ailleurs, une langue maternelle reste dominante dans des contextes particuliers. On m’a raconté que les services secrets utilisaient autrefois une astuce pour déterminer la véritable origine d’un espion. Ils lui donnaient un coup sec sur le corps, et là, l’espion disait ’’aïe’’,mais dans sa langue maternelle, hé hé, pas bête...

    Sinon, tout ça mis à part, on peut dire qu’on a atteint un certain niveau de bilinguisme quand on est capable de parler l’autre langue directement, sans traduction mentale préalable, et qu’on pense, et qu’on rêve dans l’autre langue.


    • skirlet 11 février 10:33

      @ZenZoe
      Quand on réfléchit dans une langue ou dans une autre, en ensuite on se demande : dans quelle langue je l’ai fait, au juste ? smiley


    • ZenZoe ZenZoe 11 février 11:15

      @skirlet
      Surtout à partir d’un certain âge, on ne se rapelle d’ailleurs même plus ce qu’on vient de penser, au juste  !
       smiley


    • skirlet 11 février 12:13

      @ZenZoe
      Oh mais là, vous approchez de la perfection dans la maîtrise des langues ! smiley


    • Krokodilo Krokodilo 11 février 12:30

      @ZenZoe Effectivement, la plus grande aptitude musicale des enfants de moins de 8 ans environ est une des rares choses prouvées dans ce domaine où les dogmes sont plus nombreux que les certitudes scientifiquement confirmées. Du fait de la difficulté de réaliser des études dont de nombreux facteurs sont diffiiciles à définir et à isoler, d’autre part à cause des facteurs politiques, le puissant lobbyisme pro-anglais.
      A une époque, j’avais fait quelques articles sur ces sujets, tâchant de démêler tout ça, les articles académiques linguistiques étant souvent ardus, d’autres grand public tout simplement mensongers (genre l’étude précoce des langues rend intelligent, etc.)
      Skirlet a cité plus haut mon ancien article sur l’(apprentissage précoce des langues :
      https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/apprentissage-precoce-des-langues-57580
      Il y en avait un autre :
      https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/l-apprentissage-precoce-des-17493


  • Decouz 11 février 10:46

    Il y a des polyglottes qui maitrisent ou ont des notions de dizaines de langues, entre avoir des notions et maitriser il y a une différence, entre connaitre le langage courant et lire  Proust par ex, entre maitriser Proust et maitriser tel philosophe ou penseur etc

    Pour l’Europe il y a un cadre commun, A, B, C, avec deux degrés dans chaque niveau, C2 serait équivalent à la connaissance de la langue native. Mais on distingue écrit et parlé, écoute et expression, on peut comprendre plus ou moins, sans être capable d’écrire, savoir écrire sans bien parler etc 

    En Chinois c’est HSK, jusqu’à 6 ou plus, ce ne sont pas tout à fait les mêmes requis, en arabe il y a plusieurs systèmes, le problème vient de la diglossie, entre arabe standard, presse, médias, mais aussi classique, religieux et littéraire, et l’arabe du quotidien qui varie selon les pays.


    • Krokodilo Krokodilo 11 février 12:39

      @Decouz Oui, le CECRL, Cadre européen commun de référence en langue, avec ses subdivisions, la première tentative européenne de créer une échelle de niveau rigoureuse et fine, grâce à ses distinction entre actif/passif et écrit/oral, et à ses subdivisions. Mais dès son introduction, elle a été manipulée grossièrement parce que le niveau cible initialement fixé au bac était largement surestimé... Je crois qu’il a ensuite été abaissé d’un cran.
      J’essaie de retrouver dans quel article j’en avais parlé ici.
      Sinon, il y avait le TOEFL (test of english as a foreign langage) pour les ingénieurs ou les candidats à l’expat chez les anglophones.


    • Krokodilo Krokodilo 11 février 13:02

      @Krokodilo Ah ça y est, j’ai retrouvé, tout ça date de 2008 et j’ignore totalement la situation actuelle :
      https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=41398
      Et les problèmes structurels à l’école :
      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-langues-a-l-ecole-elitisme-92817


  • Fergus Fergus 11 février 11:58

    Bonjour, Krokolido

    Outre le français (évidemment), la langue la plus facile est de très loin... l’anglais.

    Pour une raison simple : nous multiplions les contacts avec cette langue tout au long de notre vie.


    • Fergus Fergus 11 février 12:03

      C’est pourquoi je suis presque biliingue français-anglais alors que je n’ai eu droit durant ma scolarité chaotique qu’à 6 mois d’enseignement de cette langue tandis que je maîtrise très peu l’allemand, malgré 4 ans d’étude cette langue, et pas mieux l’espagnol en dépit de 2 ans d’étude. 


    • Krokodilo Krokodilo 11 février 12:13

      @Fergus Ah ! Bonjour aussi. Je m’attendais à cette pique... mais effectivement, j’ai parlé de cette apparence de facilité. A noter que cet article est une nouvelle mouture d’un article refusé il y a quinze ans, probablement parce que les difficultés de l’anglais y étaient traitées dans un chapitre à part et trop développé...


    • Krokodilo Krokodilo 11 février 12:41

      @Krokodilo Euh en fait, je viens de réaliser qu’un autre était paru en 2007, totalement consacré aux difficultés de l’anglais :
      https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/l-anglais-facile-realite-ou-mythe-18980


  • Fantômas Fantômas 11 février 13:04

    Bon article, cependant pour l’esperanto, ce qui a le plus freiné sa diffusion est à mon sens plus la culture que des freins politico-économique.

    Toutes les langues sont adossées à une culture sauf celle-ci, et quand on souhaite apprendre une langue, c’est généralement qu’on s’intéresse à la culture qui y est adossée.


    • skirlet 11 février 13:26

      @Fantômas
      L’anglais est appris parce qu’il est imposé, et l’argument principal est « vous allez vous faire comprendre partout ». Cette fonction est remplie par l’espéranto bien mieux, et de manière incomparablement plus efficace.
      Les freins réels existent, la liste serait longue, je mentionnerai juste le circulaire français interdisant l’espéranto dans les écoles — la seule langue jamais interdite explicitement...
      Ceci dit, l’espéranto a la culture. Là aussi, le sujet est vaste.


    • Fantômas Fantômas 11 février 14:50

      @skirlet L’anglais est certes appris parce qu’imposé, mais aussi par la culture, la culture (américaine en particulier est partout : musique, film, littérature) et, cette langue est rattaché à plusieurs pays, tu peux faire des voyages linguistique. Pour s’immerger dans l’espéranto tu va ou ?
      Non, il n’y a pas de culture espéranto, hormis dans quelques groupe militants.


    • Fantômas Fantômas 11 février 14:51

      @skirletJ’oubliais, même si l’anglais ne permet pas d’être compris partout, je suis désolé, mais avec l’espéranto tu ne seras compris absolument nulle part.


    • Krokodilo Krokodilo 11 février 15:05

      @Fantômas Un enfant ne souhaite pas apprendre l’anglais, on le lui impose, actuellement dès l’école primaire. Comme dans toute éducation ou presque, la part réellement choisie est minime, qu’il s’agisse des matières scolaires, de religion ou autre. Même en matière d’activités extra-scolaires, sport ou autre, l’environnement (familial, structures) et le hasard jouent un grand rôle. 
      L’immense majorité de ce que nous savons des autres cultures nous vient des traductions. Les étrangers capables d’apprécier Shakespeare ou Molière en VO sont une infime minorité, car le vieux français ou anglais, ou les références culturelles et l’humour sont un niveau de langue que bien peu atteignent. La question d’une langue auxiliaire mondiale ou européenne est totalement politique, et les grandes langues ont toujours bloqué l’espéranto, concurrent diplomatique potentiel qu’il convenait de tuer dans l’oeuf ; la France a lutté contre du temps de l’ancêtre de l’ONU, la Société des nations :
      https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=84262
      Quant au plurilinguisme européen, il est devenu l’anglais-roi. Seuls les naïfs ont cru ces fadaises propagées par les hypocrites. Le mur de Babel de la communication existe toujours, et la guerre des langues et des empires également. 
      A mon sens, l’espoir du 20e siècle était l’espéranto, celui de demain la traduction automatique sur smartphones — l’espéranto étant toujours une option possible.
      L’envie d’étudier une langue par attirance pour sa culture existe, bien sûr, mais au final, cela ne sera le cas que pour très peu de monde, même parmi ceux qui ont étudié cette langue, faute d’atteindre un niveau suffisant. Par ailleurs, la question de la communication internationale est à mon avis un sujet distinct, souvent tabou.


    • Krokodilo Krokodilo 11 février 15:12

      @Fantômas Bien sûr qu’il existe une culture espéranto. Ou bien une culture ne peut-elle exister que si sa langue est parlée dans les grands hôtels du monde entier, ou les conférences économiques et scientifiques, ou si elle a produit un classique lu partout ? Ce serait une définition très restrictive de la culture qui relèguerait au rang de barbares de très nombreuses ethnies, et pas seulement des peuples premiers.


    • Fantômas Fantômas 11 février 15:39

      @Krokodilo Bien sûr l’anglais est imposé mais, la culture anglo-saxonne est malgré tout partout, de mon temps, les musiques les plus populaires était le rock et la pop anglo-saxonne, il me semble que c’est toujours le cas aujourd’hui (peut-être moins pour le rock. Ce qui fait que les ados ont tendance malgré tout à s’intéresser à l’anglais, ce qui ne signifie bien sûr pas que la plupart des gens arrivent à un niveau élevé, mais il y a cette motivation supplémentaire.
      Bien sûr la plupart des gens (moi le premier) parlent un anglais d’aéroport, mais on ne peut pas négliger la culture dans la prédominance de l’anglais. De tout temps les pays dominants ont imposé leur langue, en même temps qu’elle s’imposé d’elle même, on peut le déplorer, mais c’est un fait.
      Pour l’UE, c’est encore autre chose, aujourd’hui il n’y a plus de pays qui à l’anglais comme langue officielle (sauf peut-être Malte), mais l’anglais reste la langue d’usage, après tout l’UE est un vassal des USA donc ses élites parlent (ou plutôt baragouinent) la langue du suzerain. Quant à la culture en espéranto, 99,9% des gens n’en ont jamais entendu parler. Je reste convaincu que même sans opposition politique, l’espéranto n’aurait pas réussi à s’imposer comme langue mondiale, pas que je sois contre l’espéranto, je trouve même que c’était une belle idée, mais une langue sans histoire ni culture est morte-née.


    • skirlet 11 février 15:47

      @Fantômas
      La France est un pays acculturé depuis l’époque du plan Marshall. La culture anglosaxonne n’est EN RIEN supérieure aux autres cultures, mais son imposition rapporte énormément d’argent aux anglosaxons, et les zélites européens sont complices.
      L’espéranto n’est pas une langue « déracinée », ses racines sont essentiellement les langues européennes, mais son fonctionnement est similaire à certaines langues asiatiques, notamment au chinois. Tous ceux qui l’ont apprise, peu importe jusqu’à quel niveau, y voient des choses familières.

      Avec l’anglais on n’est pas compris partout, mais je parlais de l’argument de vente, de la raison (fallacieuse) qui « justifie » l’impossibilité de choisir une autre langue dans les établissements scolaires où l’anglais est devenu première langue sans autre forme du procès.


    • skirlet 11 février 15:49

      @Fantômas
      J’ai oublié : les oeuvres d’origine anglosaxonne sont si abondamment traduites que peu de gens voudraient apprendre l’anglais pour y accéder, elles sont déjà surreprésentées dans l’environnement.


    • ZenZoe ZenZoe 11 février 16:02

      @Krokodilo
      Sur l’esperanto : ça ne prendra jamais, parce que cette langue n’est adossée à rien, aucun pays, aucun pouvoir, aucune civilisation conquérante..
      Il y a un fort élément psychologique à prendre en compte. De tous temps, les élites (ou ceux qui veulent en faire partie) ont voulu se démarquer en parlant la langue du pays considéré comme le plus significatif de l’époque.
      Hier, c’était le français, terre de culture, de raffinement et de diplomatie. Et pays des victoires napoléoniennes par la même occasion. Aujourd’hui, c’est l’anglais, langue de l’Empire et de la colonisation d’abord, puis langue des Etats-Unis, des affaires,de la technologie et du très important soft power.
      Demain ou après-demain, qui sait si ce ne sera pas le chinois ?


    • Fantômas Fantômas 11 février 17:21

      @skirlet Ou ai-je dis que la culture anglo-saxonne était supérieur aux autres ?
      L’espéranto est une langue déraciné, c’est une langue artificielle qui a été créé dans un but (noble), mais aucun pays ne parle cette langue. Tu ne trouveras pas dans le monde un seul village qui parle l’espéranto.


    • Krokodilo Krokodilo 11 février 17:53

      @ZenZoe Mais c’est aussi sa particularité, n’être d’aucun pouvoir, d’aucun empire. 
      Et « ça ne prendra jamais » est difficile à définir, puisque c’est la seule langue construite efficace (possédant toutes les capacités d’une langue, comme un test de traduction et rétro-traduction), et qu’elle a pu se transmettre de génération en génération pendant 1,25 siècle ; Internet a même permis un développement. Il n’y a donc pas d’élément de comparaison : comment dire en combien de temps une création aussi révolutionnaire devrait « prendre », un siècle, deux , plus ? Jamais ? Je ne sais pas, mais les faits incontestables, c’est son existence, sa transmission, son développement, sa présence internationale et, naturellement, sa marginalité au regard des « grandes langues ». 
      Son rejet très marqué en France dans nos grands médias donne une fausse idée, ainsi qu’une méconnaissance de la question.


    • Krokodilo Krokodilo 11 février 18:10

      @Fantômas Plutôt construite qu’artificielle, puisque construite à partir de diverses langues européennes tout ce qu’il y a de naturelles. Les racines étymologiques sont « naturelles ». C’est un débat que j’avais souvent eu ici à l’époque où j’avais commis quelques articles sur les langues, leur enseignement et l’Eo.
      Un exemple : « Alia mondo eblas » = un autre monde est possible.
      Alia vous reconnaîtrez la similitude avec altérité, alien, aliéné.
      Mond-o, le monde, mondial, etc.
      Ebl-as, formé à partir d’un suffixe comme la fin de possible, probable.
      Bref, rien que du naturel, issu des siècles de progrès humain. Ce qui a été inventé par Zamenhof, c’est le degré et la façon de simplifier, d’agir sur chacun des facteurs de difficulté indiqués dans mon article, ainsi que quelques astuces remarquables.
      Alors que le Volapuk, créé dans le même esprit, s’est avéré moins fiable. Quant aux autres conlangues type Klingon, elles ne sont pas de vraies langues, n’en ont pas les possibilités (comme une traduction fiable).
      Sur Internet, ne serait-ce que sur Wiki, vous trouverez beaucoup de renseignements, ainsi que des citations de grands esprits sur l’espéranto.


    • Krokodilo Krokodilo 11 février 18:16

      @Fantômas Marginale oui, mais comment dire d’une langue qui existe, vit, se transmet depuis un siècle, qu’elle est mort-née ? 
      Méconnue en France, oui. Un journal parfois snob comme Télérama est capable de faire trois pages sur les conlangs (langues construites) , le Volapuk et les langues de fiction (Tolkien) ou de cinéma (klingon), sans mentionner la seule qui soit réellement une langue, qui en ait tous les attributs (la seule à permettre une traduction fidèle, par exemple). Nombre de linguistes l’ont confirmé, parfois avec réticence, parfois admiratifs (beaucoup ont essayé de faire mieux...)


    • skirlet 12 février 11:13

      @Fantômas
      Selon votre logique :
      — les langues sont apprises pour leur culture
      — l’anglais est appris par beaucoup de monde ->
      la culture anglosaxonne est supérieure aux autres.

      Non, elle ne l’est pas, et on l’impose sous prétexte d’avoir un moyen de communication internationale. Sauf que l’anglais y convient très mal à cause de ses difficultés — et de la culture qu’il véhicule, comme toute autre langue. Sauf la neutre, comme l’espéranto. Il ne prétend pas avoir une culture « pesante » (malgré la fait qu’il en possède une). Juste pour communiquer entre les personnes de langues différentes, pas besoin de se farcir la culture de l’anglais...
      Et l’efficacité de l’espéranto en tant que moyen de communication internationale a été prouvée. C’est une langue qui permet d’exprimer les nuances les plus fines, en restant neutre.


  • Francis Francis 11 février 15:15

    Il faut dire qu’avec l’existence de traducteurs automatiques, plus besoin d’apprendre des langues si c’est seulement pour voyager loin ou renseigner des touristes étrangers.

    Par exemple ça au hasard

    plus de 21 000 avis, note moyenne 4:6/5


    • skirlet 11 février 15:40

      @Francis
      Il faut être prudent avec les traducteurs automatiques, malgré leur utilité... j’ai constaté qu’ils font souvent des bourdes. Il faut être prudent avec les avis aussi smiley


  • Eric F Eric F 11 février 16:35

    Parmi les difficultés des langues, il y a les sonorités. Ainsi je me souviens d’interlocuteurs anglophones, quand ils parlaient, je n’entendais qu’un brouhaha indifférencié, le seul son discernable étant le h fortement expiré (comme un éternuement). smiley


  • xana 12 février 16:02

    La langue (si l’on peut dire, car en fait c’est juste un sabir) anglaise est rendue quasiment obligatoire, parce que cela correspond à une volonté de nos élites.

    Ces élites favorisent l’enseignement obligatoire de ce sabir, et le contact quotidien pour encourager son utilisation dans les pays européens. Le but est simple : Faire disparaître les cultures authentiques au profit de la pseudo-culture si bien nommée « consumériste ». 

    C’est justement cette anti-culture qui plaît tant à notre bon Fergus, avec son nivellement par le bas, au profit des marchands en tous genres.


    • Krokodilo Krokodilo 12 février 17:30

      @xana L’avant-projet de l’introduction des langues étrangères à l’école primaire, mentionnait nommément l’anglais... Je m’en souviens, j’en avais parlé ici à l’époque. C’était clair dans l’esprit des concepteurs. C’est seulement par prudence politique et hypocrisie que le nom officiel est devenu « aux langues étrangères » ! Il y a bien eu quelques tentatives ici ou là dans les régions limitrophes, comme l’allemand en Alsace, mais les difficultés structurelles (intervenants parents d’élèves, manque de profs de langue, etc.) ont vite tué dans l’oeuf ces velléités.
      Idem pour la variante d’Erasmus destinée aux étudiants hors-UE (Erasmus Mundus) : l’immense majorité des projets retenus proposaient des cours en anglais. Pas d’anglais = pas de pognon ! C’est seulement plus tard que les facs ont rajouté quelques cours en langue locale (de quoi acheter son pain en français) !
      Bref, alors qu’officiellement on nous vantait une UE plurilingue, un Homme nouveau, l’Européen polyglotte dans 3 ou 4 (?) langues, tout était fait pour que l’anglais devienne la langue commune de l’UE.


  • ahtupic ahtupic 13 février 14:30
    Y a-t-il des langues plus faciles que d’autres ?

    Bien sur, les langues fourrées 


  • Jason Jason 15 février 19:31

    J’aime bien l’expression « Prendre langue » dans le jargon juridique : prendre contact.


    Pour l’Anglais, ne vous y trompez pas, la langue poétique, littéraire, philosophique, la langue des contrats (dans laquelle on retrouve des mots de l’ancien Français), autant de domaines qui demandent un apprentissage particulier. Mais pour le quotidien, c’est plus simple car il n’y a pas une quinzaine de terminaisons d’adjectifs, et la très grande majorité des substantifs sont neutres, etc. Donc, facile au début, après, ça se corse... Comme c’est une langue très souvent écorchée, les gens s’habituent. A propos, comment prononcez-vous sweat shirt ?


  • Jean Keim Jean Keim 16 février 07:59

    Chaque langue s’exprime dans une bande passante particulière, ce paramètre est rarement pris en compte, par exemple il sera difficile d’apprendre l’anglais, dont la bande passante est plus large que celle du français, avec un casque ou des enceintes bas de gamme.


    • skirlet 16 février 10:34

      @Jean Keim Tiens, de nouveau cette ridicule théorie des « fréquences », faite par un gars dont je ne citerai pas le nom, qui vendait son casque « particulier » « pour bien apprendre les langues » smiley Sauf qu’il est impossible de trouver des chiffres précis pour ces « bandes » de chaque langue, hormis les affirmations vaseuses et les graphiques fumeux.


    • Jean Keim Jean Keim 16 février 21:02

      @skirlet

      C’est qui le gars au casque en question ?

      C’est pourtant évident que les langues s’expriment dans une gamme de fréquences différentes, celles-ci pour autant ne se déclinent pas à la fréquence près.


    • skirlet 16 février 22:12

      @Jean Keim
      Il ne faut pas se fier aux « évidences » smiley Souvenez-vous ce que sont les fréquences, trouvez-moi des chiffres propres à chaque langue, et on en reparlera. Même le nom du gars est facilement trouvable, je ne veux pas faire la pub aux théories fumeuses.


    • Jean Keim Jean Keim 17 février 07:21

      Tomatis disait que pour parler correctement sa propre langue, voire en apprendre une nouvelle, il faut très logiquement l’entendre correctement.

      A tort ou à raison, Tomatis sortait des sentiers battus, il affirmait par exemple que l’écoute ne se fait pas uniquement avec ‘’l’oreille’’, mais que le corps, comme une caisse de résonance, y participe en entier. Ses théories ne font pas l’unanimité auprès de la gent O.R.L ; il fut de son vivant radié de l’ordre des médecins, néanmoins il semblerait que sa méthode de rééducation de l’écoute donnait de bons résultats.


    • Jean Keim Jean Keim 17 février 07:26

      ••• il semblerait que sa méthode de rééducation de l’écoute donnait – et donne toujours – de bons résultats.


    • skirlet 17 février 10:03

      @Jean Keim
      C’était soit un charlatan, soit un gars qui a inventé une théorie et s’y accrochait. Le fait d’être radié ne prouve pas du tout que c’est un pauvre opprimé contre « la mafia médicale ». Les ORL n’ont rien à craindre, leur domaine n’est pas l’apprentissage des langues. Et « il semblerait » n’est pas une preuve mais une supposition.
      Soyez factuel : quelles « fréquences » pour quelle langue ? En chiffres, avec des explications. La physique est une science exacte.


    • Krokodilo Krokodilo 17 février 18:31

      @Jean Keim Bonjour, j’en avais parlé dans un article lorsque l’émission E=MC2 avait évoqué ce sujet. A mon avis, c’est à peu près aussi sérieux que l’astrologie ; d’ailleurs plus personne n’en parle, E=MC2 s’était fourvoyé, faute d’avoir creusé la question.
      https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=102333


    • Jean Keim Jean Keim 18 février 18:57

      @Krokodilo

      Oui c’est possible, je n’en fais pas une affaire personnelle.


  • Decouz 16 février 10:43

    Tomatis, 


    • Decouz 16 février 10:52

      @Decouz

      Chaque langue a : une répartition particulière des voyelles (formants), une certaine richesse en consonnes sifflantes, gutturales, nasales, etc, une prosodie spécifique (rythme, accent, intonation).

      Ce que dit la linguistique : Il y a une part de vérité acoustique, mais pas au sens fort de Tomatis.

      Toutes les langues utilisent globalement : environ 100 Hz à 8 000 Hz pour la parole. Les différences portent sur la distribution statistique de l’énergie, pas sur une bande isolée.

      En acquisition des langues : Le cerveau apprend à filtrer les contrastes pertinents. Les bébés distinguent tous les contrastes au départ. Vers 10–12 mois, ils se « calibrent » sur leur langue maternelle.

      Il existe des profils fréquentiels moyens différents selon les langues. Il n’existe pas de « bande passante nationale » rigide.

      Autre chose qui concerne non pas les connexions cérébrales mais la formation des cartilages, qui pourrait expliquer que lorsqu’ils ont perdu leur souplesse, certaines lettres deviennent difficiles ou impossibles à prononcer (en arabe).





    • skirlet 16 février 13:00

      @Decouz
      Ces « profils fréquentiels moyens différents selon les langues » n’existent que dans les écrits de ce type — ou les textes issus de ces écrits. En dehors, impossible de les trouver.


    • skirlet 16 février 13:02

      @Decouz
      Et de quels cartilages parlez-vous précisément ?


    • Decouz 16 février 17:33

      @skirlet 
      larynx plus souple, cordes vocales plus courtes et fines, après descente du larynx (plus chez les garçons), ossification, cavités de résonances changent, moins de souplesse (pas impossibilité mais les automatismes sont aussi installés, ils peuvent rendre difficile l’apprentissage de lettres non habituelles.
      Aussi : un enfant peut entendre des sons très aigus et plus graves, mais là c’est une limite de détection (d’où les appareils pour éloigner les adolescents). Il y a aussi un changement dans les circuits cérébraux (pas rédhibitoire absolument mais peut décourager si pas de motivation).


    • Decouz 16 février 17:44

      @skirlet
      la phonologie est une spécialisation, il y a des appareils de mesure, idem pour l’étude des timbres. Il me semble que Tomatis avait raison sur un point : l’influence des conditions locales, ce qu’il appelle les impédences, la réaction acoustique du milieu, pression atmosphérique, forêt ou plaine etc influenceraient, pour cela différents mots issus du latin seraient automatiquement prononcés différemment en anglais, et l’anglais américain aurait une nasalisation proche de la nasalisation des langues indiennes. L’aspect intellectuel, structurel de la langue peut être transposé tel quel, mais tout ce qui touche à l’action corporelle est plus ou moins influencé par le milieu.


    • Decouz 16 février 17:52

      @Decouz
      sans parler de fréquences ou de mesures précises, on reconnait ou on peut identifier une langue à l’écoute, sans la comprendre ou la parler, sans doute on perçoit spontanément les rythmes ou la présence statistique de telles ou telles sonorités.


    • skirlet 16 février 17:55

      @Decouz
      Il est certain que les enfants sont plus adaptables. De l’autre côté, il n’existe aucune langue dont les sonorités se trouveraient proches de l’ultrason ou de l’infrason... Même les sons des langues qui utilisent des sifflements sont audibles pour n’importe quel adulte normalement constitué...
      Et de toute façon, connaître bien une langue et bien la prononcer sont des choses différentes. Il y a des personnes qui possèdent un vocabulaire étendu et manient adroitement la grammaire et l’orthographe, tout en gardant un accent marqué, et d’autres avec un niveau bas de langue et une prononciation très correcte.


    • skirlet 16 février 19:24

      @Decouz
      Pourquoi et comment les langues sont apparues, nul ne le sait... Et pourquoi, dans des conditions géographiques et climatiques similaires, on peut trouver des langues assez différentes.
      On reconnait une langue étrangère qu’on ne parle pas uniquement à condition d’avoir déjà été en contact avec cette langue, quand une certaine « image » est présente, sinon une langue inconnue apparaît comme du charabia smiley


  • Decouz 16 février 10:56

    Une autre critique ou nuance par rapport à Tomatis, ce sont les langues à tons, car les tons jouent non pas sur la fréquence d’une lettre isolée, fréquence relativement stable (il faut distinguer le « bruit » des consonnes des vibrations continues des voyelles), mais modulent musicalement cette lettre.


  • Decouz 16 février 11:09

    L’aspect politique : c’est l’état qui décide de l’enseignement obligatoire, à une époque dans les petites villes, c’était anglais/allemand, latin et grec pour les classiques, après l’allemand a régressé, c’est l’espagnol qui est venu en second.

    Le russe était choisi pour avoir accès à des lycées prestigieux, cette année sans doute pour la question ukrainienne, il n’y a pas de recrutement de professeurs de russe, je ne connais pas la situation aux Langue O.

    Il y a moins de recrutements de prof d’arabe parce que certains ont peur de l’influence islamiste, ce qui est un mauvais calcul, car d’une part des professeurs formés par l’EN aurait un enseignement diversifié sur tous les aspects, d’autre part il y a une demande et les gens vont aller vers les mosquées où l’enseignement sera plus étroit et centré sur la religion.

    En rapport : l’enseignement du chinois et la sinologie sont anciens en France, indépendants de l’état et de la politique chinoise, tandis que les pays africains n’ont pas cette expérience et sont tributaires de Pékin.

    Toujours : les Chinois apprenaient avant souvent le russe, puisque c’était un pays frère, le grand frère même, c’est un peu resté, mais en déclin, la langue étrangère qui vient en premier maintenant c’est l’anglais.


    • Krokodilo Krokodilo 17 février 18:44

      @Decouz Je vous rejoins, l’enseignement des langues est une question 100% politique et structurelle (le politique décidant des structures), car les langues ne sont pas UNE matière scolaire mais autant de matières que de langues proposées à l’école (nombre de profs, heures disponibles, etc.), d’où un terrible casse-tête, un chaos total qui ne tient que par le tout-anglais ou presque.
      J’avais il y a longtemps plaidé pour une profonde réforme, qui concilierait liberté totale de choix et réalisme (sur le niveau cible à l’école) :
      https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=63233


  • Decouz 16 février 11:15

    Le cas de l’allemand est emblématique, l’Allemagne et la France sont en couple parait-t-il, mais c’est l’anglais partout aussi bien en France qu’en Allemagne, et d’ailleurs sur le plan culturel européen c’est pareil pour tous les pays, on ne connait pas les chanteurs, écrivains, films populaires en Espagne ou en Italie, il n’y a pas de communication entre les pays tout passe par l’anglais et la culture américaine, de même les traduction automatiques fonctionnent à partir de l’anglais comme matrice.


  • Decouz 17 février 09:40

    Je corrige un peu : même si il y a des modifications physiologiques, ce ne sont pas elles qui entravent l’apprentissage des langues après l’enfance sur le plan phonétique, c’est plutôt la difficulté de maitriser de nouveaux mécanismes moteurs aussi bien que de différencier des sons non habituels.

    Analogie : dans votre environnement vous avez plusieurs sortes de gris, vous pouvez les distinguer et les nommer tous, mais pour quelqu’un qui vit dans un autre paysage, il ne verra qu’une seule couleur.

    Appliqué aux langues : si vous n’avez pas appris jeune à distinguer deux voyelles, comme (approximativement) le i et le u en japonais, vous ne parviendrez pas plus tard à les distinguer ni à les exprimer, de même une lettre inexistante dans votre langue maternelle, ce n’est pas impossible, mais ça revient à modifier vos schémas d’analyse et d’expression ou être capable de les étendre, comme si vous appreniez à marcher de différentes façons sans problème, en plus de votre manière habituelle de marcher.

    On sait aussi que les connexions neuronales des jeunes enfants vont dans tous les sens, ensuite elles se spécialisent et se réduisent (certaines drogues font le même effet).


    • skirlet 17 février 10:05

      @Decouz
      Une lettre inexistante ? Vous voulez dire que seuls les enfants sont capables d’apprendre un autre alphabet ? Quand même pas smiley


    • Krokodilo Krokodilo 17 février 18:56

      @Decouz Comme je le dis dans mon article, la seule chose réellement prouvée, qui fasse consensus, c’est la plus grande aptitude musicale des enfants (environ moins de huit ans), leurs adaptabilité — ce qui semble logique pour un cerveau en pleine croissance et structuration. Inversement, un grand enfant peut oublier presque totalement sa langue natale ou seconde s’il est changé d’environnement (retour d’expatriés, facteurs affectifs, etc.).
      Mais comme Skirlet le signale, il n’est pas impossible d’apprendre à l’âge adulte d’autres alphabets et des sons qui nous sont peu familiers, même si ça peut être très difficile. Je ne sais plus quel écrivain francophone était passé chez Pivot, il parlait un français littéraire parfait, mais avec un terrible accent : il n’avait pas d’oreille musicale, comme on dit.
      D’ailleurs, si à mon époque on apprenait en gros que le cerveau périclitait et commençait à perdre ses neurones dès la maturité (vers 25 ans ?), les connaissances actuelles sont plus rassurantes : les réseaux de neurones peuvent de reconfigurer, le cerveau, même déclinant, a une certaine capacité de guérison, d’adaptation.


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