mardi 25 mars 2014 - par Hamed

Y a-t-il une intention dans la pensée de l’Homme ?

  1. Les questions sur le signe de l’homme et du temps

 J’ai répondu à trois réactions dans mon précédent article (1). Deux autres réactions qui sont plus positives contrairement aux trois autressont intéressantes à plus d’un titre, elles ouvrent un champ insoupçonnable et qui ne peut qu’intéresser l’homme. L’homme qu’il est dans son entièreté.

 La première est très éloquente. : « Je pense que ce qu’il veut dire c’est que nous assistons à la réalisation concrète d’un programme politico-spirituel décrit depuis l’antiquité dans l’eschatologie chrétienne et musulmane (qui sont parentes) : l’avènement d’un souverain mondial imposant le règne de l’anomie (des lois inversant celles de Dieu). De façon neutre et objective c’est exactement ce qui se passe, qu’on croit en Dieu ou pas. Par exemple la sanctification par le mariage des relations homosexuelles est l’inverse du commandement du deutéronome qui en fait une abomination aux yeux de Dieu. Vous conviendrez que le programme politique poussant à l’avènement de ce monarque universel dépasse de loin la durée de l’existence humaine. Déjà en 1789 on parlait de république universelle, les marxistes rêvent que l’Internationale devienne le genre humain, HG Wells prédit un Nouvel Ordre Mondial... Pour les croyants la constance dans le temps de ce projet exige que pendant des centaines de générations des gens y consacrent leur existence sans en bénéficier eux mêmes. C’est donc le signe d’une force métaphysique persistante qu’ils appellent le malin. »

 Cette réaction n’est pas loin du sens de mon intervention, sauf que son auteur qui lui fait revêtir un habit religieux ne prend pas en compte le signe du temps, le signe de l’homme dans cette métaphysique-monde. Il ne prend pas en compte le pensé de l’homme et son essence d’être, i.e. comment et pourquoi il existe.

 La deuxième réaction est aussi à souligner : « Je vous invite à la recherche intérieure.

La partie « 2- L’homme qui pense » est le nœud gordien de votre écrit mais en fait ce nœud n’est point inextricable et nul besoin d’un coup de glaive pour le dénouer mais simplement comprendre ce qu’est la pensée. Son rôle, son utilité est essentiellement pratique, résoudre les problèmes du quotidien, qu’ils soient simples comme aller acheter le pain chez le boulanger du quartier ou plus complexes comme comprendre la course des planètes dans le ciel […] à une question du genre qui a créé le monde, la pensée ne peut pas répondre, les réponses formulées sont dans notre mémoire, le contenu de notre mémoire est notre savoir et la pensée qui fonctionne maintenant en mode automatique, puise une réponse dans le contenu. Jamais la réponse ne sera neuve, pertinente, toujours elle sera vieille, obsolète, usée par le temps et l’habitude, la pensée c’est le temps, aujourd’hui avec nos souvenirs nous imaginons le futur. Qui a créé le monde ? Réponse(s) : Dieu ou bien il existe de toute éternité ou bien c’est le Big-Bang ou bien ... une autre pensée puisée dans une autre mémoire, c’est une affaire d’arrangement personnel, une croyance, bref une pensée. Le piège est de croire qu’il y a un penseur qui pense, mais il n’est pas difficile de voir que la pensée précède le sentiment de penser que je pense et que la pensée fabrique un artefact qui est le penseur qui ainsi s’imagine qu’il pense, ce processus fabrique notre personnalité, notre ego qui n’a d’autre réalité que celle que nous lui accordons.

Ce processus est inhérent à tous les êtres humains, il fait de nous des frères, il est le facteur commun que nous soyons riches ou pauvres, quidams ou illustres, croyants ou athée (c’est la même chose), il est responsable de l’état du monde et le monde c’est nous. »

 Ces deux réactions montrent que les deux auteurs ont pris la mesure ontologique du sens de l’être dans son existence. Cependant, insuffisantes sur le plan épistémologique, ces réactions se cantonnent surtout sur l’aspect théologique, donc sur le dogmatique. Or, cet aspect de la question de l’humain n’a pas été mon thème. Aussi, je vais tenter de préciser ce que j’entendais par la « pensée de la Pensée ».

 

  1. L’homme et le « plan intentionnel », le plan « supraterrestre » ?

 Dans la compréhension de la nature humaine, tout doit être tenté pour comprendre ce que nous sommes, ce qu’est l’humain d’autant plus qu’il en va de nous, de notre « essence », de notre destinée, de notre devenir. Se savoir même si l’on se trompe n’est pas négatif, puisque l’on aura essayé. Ce qui est négatif c’est de ne pas avoir essayé.

D’autre part, peut-on arrêter la pensée qui pense ? Tout processus humain, je veux dire de ce que l’homme produit, est fait de vérités et d’erreurs, de bonnes choses et de mauvaises choses. Par conséquent, on ne peut qu’être légitimélorsque l’on interroge notre être, lorsqu’on s’interroge ce que nous sommes réellement. Et ma question dans le « qui sommes-nous ? » n’a rien à voir avec la religion. On peut à la rigueur dire que pour le croyant, la raison de l’univers est une chose entendue, elle dérive d’un « Dieu du monde » qui ne pourrait être connaissable par l’homme. Pour l’incroyant ou l’athée qui n’est qu’une posture, on la relativise pour la simple raison que l’on ne peut être incroyant (ou athée) que par la détermination de celui qui s’assigne à ne pas croire, alors qu’en réalité il croit déjà puisque sa pensée l’intime déjà à croire. Même s’il ne croit pas à ce que l’on croit généralement, il ne peut expliquer qu’il pense par cette pensée dont il n’a aucune prise. Toute incroyance reste une subjectivité, une posture, un refus du dogme. Une croyance à une inexistence d’une instance divinene changera rien à l’humain qui, tout bien considéré, n’est que par une pensée, qui ne lui appartient pas en propre, qui lui est donnée, en tant qu’existant. Et ce qui est important dans ce qu’il croit ou qu’il ne croit pas, c’est qu’il relève de son « libre-arbitre », une faculté qui est inscrite dans l’essence même de son penser.

 Pour pratiquement tous les hommes, croyants ou incroyants, entrer dans la métaphysique de l’existence n’est pas du tout intéressant, la comprend même stérile. L’homme qui est mû par une « pensée intelligente et pratique » sait que se poser des questions sur le sens de son être ne lui apporterait que peu de réponse sinon incompréhension, d’autant plus qu’il est confronté à toutes les vicissitudes de l’existence. Par conséquent, il use de sa pensée, de sa raison, de son intelligence et toutes ces facultés sont véhiculées par sa pensée, pour «  intelliger » le monde, son monde à lui, ce monde ou « être extérieur » qu’il voit et entrevoit. Au final, ce monde extérieur dans lequel l’homme conduit sa vie, communique, travaille, « comprend la course des planètes », étudie ce qui retient son intérêt, amasse en permanence des connaissances, à l’école, dans la rue, en famille, aime ou haït autrui (projette ou retire son affection dans l’autre qui devient une partie de soi), contracte des amitiés, etc., constitue son existence, constitue les péripéties de toute sa vie. Quand il meurt, sa pensée par lequel il a été quitte être son corps et rejoint son Créateur, du moins pour ceux qui croient.

 Précisément dans cette affirmation de l’être, de soi, dans l’intellection de soi et du monde, l’homme, malgré tout ce qu’il ne sait pas, sent qu’il n’est pas là, qu’il n’existe pas par hasard, sa présence sur terre relève certainement d’une intention. Mais il ne peut pas répondre, parce qu’il ne sait pas. Mais ce qu’il sait cependant, que tout l’univers est par l’homme, que l’homme par sa pensée, par sa raison pensée, par son intelligence pensée, sait qu’il témoigne par sa présence de cet univers grandiose et majestueux, peu sondable sinon qu’il EST dans cet univers. L’univers comme l’homme est « présence dans l’existant ». Sans l’homme et sa pensée qui intellige le monde, il n’y aurait ni univers, et donc ni lever ni coucher de soleil par lequel l’être est « réveillé dans le monde ».

  Sans l’homme, existerait-il cet univers majestueux ? Probablement oui, probablement non. Et dans les deux sens, l’univers sans l’homme et l’homme sans l’univers serait sans sens. Qu’il existerait indéfiniment ou n’existerait pas, il n’y aura alors point d’« intention ». Nulle part de visibilité ni de lisibilité de l’être et du monde. Et le témoignage de l’être et de l’univers grandiose s’accomplit par cet « éther infini » qu’est la « pensée ».Sans la pensée, sans l’« Essence » de la pensée, il n’y aurait ni homme ni univers ni néant. Et c’est ce qui nous fait dire qu’il y a une « intention » dans l’ « ek-sistence » (mot emprunté à Heidegger). Et ce n’est pas un hasard que l’homme existe. Un plan intentionnel, « supraterrestre » qui dépasse nos frontières terrestres, qui dépasse l’inimaginable de la terre, et que nous l’appelions Plan divin, ouplan du démiurge ou du Planificateur du monde, ou l’Instance intentionnel, ne changera rien au processus de la « Création ». Tout au plus, l’homme par la pensée en lui se trouve projeté sur et dans cette « intention connaissante et inconnaissable ».

 

  1. L’ « intention » contenue dans la pensée de l’homme ?

 Pour étayer l’intention supraterrestre qui existe dans la création de l’homme, prenons par exemple des hommes qui ont marqué l’histoire de l’humanité. Einstein a bien trouvé la « théorie de la relativité ». Est-ce que sa théorie s’applique comme ce qu’il a émis sur la dilation de l’univers. Une approche vraie ou fausse ? Pourtant c’est par voie mathématique, qu’il a mis en équation l’univers et l’homme. Mais ce sont aussi les voies mathématiques de la pensée. Le temps qui se dilate, l’homme, propulsé à une vitesse proche de la lumière et qui verrait, selon sa théorie, son corps grandir, sa masse augmenter, en revenant sur terre, verrait que, lui qui n’est resté que quelquesannées dans les espaces intersidéraux, sur Terre, ce sont des siècles, des générations et des générations d’hommes qui sont passées.

 Les trois dimensions universelles L (longueur), M (masse), T (temps) qui sont constantes sur terre, ne le sont plus à une vitesse proche de C (lumière). La théorie de la relativité a inspiré d’ailleurs des films de science-fiction. Einstein, avait-il tort de penser sa pensée ? Et même de poser dans ses équations une « constante cosmologique » qui joue dans l’explication du fondement de l’univers. Tout ce qu’on peut dire, il a cherché à comprendre l’univers, la nature de l’univers. Vraie ou fausse, la pensée le lui a permise, et cela relève de sa raison, de son intelligence et de son libre-arbitre inscrit dans sa pensée. De même, Planck, dans la constante que l’on appelle « constante de Planck » qui est mesurable et a une valeur précise, participe dans les sciences physiques de la nature. A défaut de calculer des phénomènes non calculables, on utilise les outils statistiques, et là encore ce qu’elle offre la pensée, comme substitut pour la connaissance.

 L’évolution des sciences, dans tous les domaines, a été progressive, et a suivi en permanence l’évolution démographique du monde humain. La science constitue aussi une réponse à l’humain. Les siècles passés où l’humanité était moins nombreuse, les hommes souffraient de multiples maux (la famine, maladies, guerres, etc.). Au fur et à mesure que la croissance démographique progressait, les découvertes scientifiques et les applications techniques qui en découlaient ont été l’impulsion de cette explosion démographique en assurant l’homme de moyens pour se protéger. Bien plus, par les moyens techniques que la science assurait dans les guerres, elle a montré les limites des conflits entre les peuples. Donc, la science a participé àla compréhension entre les peuples. Et c’est encore, par la pensée, que les idées de progrès, de l’humanisme, des luttes sociales, les sciences de la nature ont fait un gigantesque bond. Et c’est cela qu’il faudrait comprendre.

 Aujourd’hui, plus de 7 milliards d’habitants vivent sur cette Terre qui devient de plus en plus étroite, les famines n’existent pratiquement plus, rarement dans certaines contrées où le climat, la désolation et l’extrême pauvreté que vivent des êtres humains nous rappellent aussi notre pauvreté spirituelle et morale. Des brèches que les structures onusiennes tentent de colmater, en acheminant vivres, habits et moyens médicaux pour que les grandes puissances aient bonne conscience.

 L’urbanisme des villes a complètement changé. Depuis un siècle, le monde est entré dans l’ère des gratte-ciels. Les moyens de transport et de communication qui ont été révolutionné le doivent toujours et toujours à la pensée. A l’« intention » qui est contenue dans la pensée, l’homme se trouve dépassée par sa propre conscience, par sa propre pensée. Le monde court trop vite, sa pensée n’arrive plus à suivre son rythme. Et c’est la raison pour laquelle l’homme a recours souvent aux tranquillisants pour calmer son corps « fatigué » par sa pensée.

  Aussi, peut-on s’interroger : « Qui est cet homme devenu découvreur de tout sans savoir où il va ? Au point que le progrès n’est plus progrès, la science n’est plus la science, la philosophie n’est plus la philosophie. » Une question qui se pose à l’homme aujourd’hui et ne trouve pas réponse. Tout court tellement vite que nous ne savons plus où nous allons. Mais si nous ne savons pas où nous allons, la pensée sait où nous allons.

 

Notes

 

1. Pourquoi le Retour du Religieux est une Réponse aux « Nécessités » du Temps ? Les pseudos-religions contre l’Islam, par Medjdoub Hamed. http://www.agoravox.fr

2. Pourquoi l’homme est lié par l’humain ? L’essentiel est d’être positif dans l’acceptation ou dans le refus de l’autre,par Medjdoub Hamed. http://www.agoravox.fr



19 réactions


  • picpic 25 mars 2014 16:36

    A mon sens, il faudrait déjà essayer d’être simple.

    La pensée est un mécanisme qui s’est probablement emballé avec une prise de conscience de la mort.
    La pensée est un mécanisme qui évalue sans cesse l’environnement ( je nous inclut dans l’environnement) pour nous sécuriser.
    On ne pense jamais qu’au plaisir (lieu sans danger) ou à ce qui nous fait peur...toute la pensée n’est que la peur qui s’exprime.
    Oui, de ma pensée, l’ego n’est rien d’autre qu’une crystalisation de toutes nos peurs en un pseudo centre en nous même, qu’on appelle « moi ».
    Ainsi, c’est la peur elle même qui prie dans les églises qu’on la libère de la peur...et on comprends alors tout de suite l’impossibilité de cette libération.

    Comment ne plus penser ?
    Si on ose ce raisonnement, on comprends alors que sans peur : « On ne pense plus »...
    Un être profondément heureux ? A quoi pense t’il ? Rien...il vit, il est vivant !
    Il n’est plus affolé d’ailleurs et ne saccage plus rien.
    Il n’est plus un cerveau névrotique qui veut son paradis, il l’a.
    Tout l’atteint, tout est poésie et il n’a pas perdu tous ces désirs, il a atteint le désir le plus puissant qui soit « se sentir vivant ».

    Toute la civilisation humaine est construite sur la peur, elle est l’énergie le ciment qui la maintient en place et plus elle se complexifie et s’étend et plus il faut de peur...
    Voyez dans votre quotidien, la peur est en tout, cachée partout !
    Sous le moindre aliment, dans la boite aux lettres, derrière le regard étrange du voisin, à la télévision, votre travaille, vos relations, la crise etc...
    Qu’est ce que la civilisation humaine sinon un système articulé autours de notre peur de la mort ?
    La médecine, les religions, l’armée, les sciences...tout cela est lié à nos peurs, ce besoin d’atteindre une zone sécurisée, ce paradis, ultime lieu de sécurité ou nous sommes immortelles. Qu’il soit sur terre ou au ciel, on est bien dans une aberration du mental effrayé par sa fin.

    Oui, je soutiens que la plupart des hommes sont « le désir de ne pas mourir » et si ce que j’écris est intolérable pour vous, alors vous devriez vous demandez dans quelle mesure vous êtes votre peur ?
    Peut être vous rejetterez ce que j’écris et tout continuera comme avant, ou peut être pas et alors, mystère...
    Mais plus personne n’est curieux et audacieux de nos jours.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 mars 2014 17:30

      @ picpic

      Comme disait Girard, « c’est bon ça » !
      Mais ce serait trop long de dire pourquoi...

      @ l’auteur

      Je l’avoue, j’ai soupçonné chez vous un péché de gourmandise (des mots).
      Un peu d’ascèse m’aurait semblé pouvoir donner plus d’efficace à votre propos.
      Puis je me suis rappelé le traitement à la hache du premier auteur de commentaire.
      Vous pouvez être lapidaire aussi.
      Dès lors, me conformant à l’esprit de votre conclusion, je ne sais que vous dire... smiley


    • Hermes Hermes 26 mars 2014 17:34

      Oui picpic, la pensée n’est qu’un mantra qu’on se répète pour exorciser notre peur et croire que l’on survit identique à soi-même, d’un instant à l’autre.
      Rare sont les instants dans lesquels nait une véritable pensée qui ne soit pas une sorte de rabachage, quand ce n’est pas un rêve complet !
      Faire un « Stop » et constater.
      Prendre conscience de celà est un premier pas important vers la simplicité.
      Voir ensuite comment la peur remet tout ça en route est un premier pas vers la compréhension de soi.
      Reprendre contact avec le corps avec lequel on perçoit et que l’on perçoit, et qui en sait beaucoup plus qu’on ne le croit est un autre pas..... cela ouvre des portes.
      La véritable métaphysique est un chemin très physique.
      Bonne soirée. smiley


  • cathy30 cathy30 25 mars 2014 17:40

    L’homme est surtout fatigué par un rythme qui lui est imposé par la modernité, d’où les neuroleptiques.
    Et bien sûr que nous pensons tout le temps !


  • Jean Keim Jean Keim 25 mars 2014 19:52

    Un homme sans mémoire n’a pas de pensée, cette simple évidence devrait nous interpeler.
    Une chose existe dans ma conscience que si je pense à elle mais cette pensée n’est pas la chose.

     


  • howahkan Hotah 26 mars 2014 14:46

    Sans l’homme, existerait-il cet univers majestueux ?...................................est il demandé !

    Je vais me coucher !


  • Neymare Neymare 26 mars 2014 15:27

    La pensée (du moins telle qu’on la connait en tant qu’humain), tout comme le corps physique sont des outils permettant au véritable « nous », l’Esprit, de s’adapter à ce monde physique.
    L’ame aussi pense quand elle n’est plus dans le corps physique, mais sa façon de penser, de percevoir, est totalement inadaptée à ce monde, car les mondes de l’ame sont tout à fait différents à tous points de vue.
    Le véritable probleme de l’homme, la racine de tous ses problemes, ne se situe pas au niveau de la pensée.
    Quand l’homme arrive au monde il a encore la bonne perception du monde tel qu’il est, et ce pendant les premiers mois de sa vie.
    L’homme va ensuite perdre cette juste perception pour s’aligner sur ce qu’on lui apprend : ça commence par le « moi c’est moi, toi c’est toi » des parents, incompréhensible pour l’enfant quine fait qu’un avec ce qui l’entoure, et ça va continuer avec l’éducation, la religion, la politique etc...
    Au lieu de se faire sa propre idée du monde, on lui impose une idée toute faite, qui ne correspond en rien avec la réalité : ainsi l’homme croit qu’il est en compétition constante avec les autres, qu’il faut écraser les autres, qu’il faut croire en tel ou tel Dieu et suivre ses injonctions, qu’il faut etre dans tel ou tel parti politique, etc..
    L’homme actuel n’émet aucune idée de lui meme, aucun avis sur le monde qui ne viennent de lui meme, exactement comme ces gens embrigadés dans des sectes ou des extremismes religieux.
    Tout ça, je dis bien toute cette perception imposée du monde, de la société, de la politique, de la religion, etc... n’est que pure foutaise, au regard de la réalité du monde (qui est en fait une vaste illusion particulièrement structurée) nous sommes tous à 99,99% des sortes de raelliens ou de scientologues complètement déconnectés de la réalité.
    L’homme ne peut atteindre la réalité par la pensée, il ne peut l’atteindre que par l’affinement de sa perception


    • Hermes Hermes 26 mars 2014 17:40

      Oui Neymare, déshypnotiser la conscience de sa propre pensée afin qu’elle participe à la perception au lieu de la subir......


  • Neymare Neymare 26 mars 2014 15:50

    Pour en revenir au sujet qui nous interesse : la pensée et le corps sont des outils pour l’ame, l’erreur de l’homme est de s’identifier à sa pensée et/ou à son corps. Il se laisse dominer par ce qui est en fait un outil. La pensée sert à sortir de ce schéma, mais pour avoir la chance de partir sur ce chemin il faut se débarrasser de tout le conditionnement subit depuis l’enfance (pas tout, en fait le principal, il est impossible de se débarrasser de tout ce conditionnement, ça se fait au fur et à mesure) : et ce conditionnement est de plus en plus pregnant car nous sommes de plus en plus informés et « éduqués » : et par ce biais on nous tient par la peur : peur d’un Dieu vengeur, peur de perdre son status, sa position sociale, son petit confort, peur d’etre différent ou différent de ce qu’on attend de vous etc...
    Alors n’ayez plus peur, de toute façon vous avez dejà perdu le principal, vous avez perdu votre véritable identité, vous n’avez plus le controle de rien, tout ça pour avoir le confort de siroter une bière en regardant la télé réalité, ou en vous donnant bonne conscience parce que vous ne mangez pas de porc ou que vous allez à la messe le dimanche ou que vous votez FN, UMP ou PS pour que les choses aillent dans le sens que vous pensez etre le bon.


    • Jean Keim Jean Keim 26 mars 2014 17:22

      Bonjour Neymare,
      Oui peut-être !
      Mais si je peux me permettre une question, est-il envisageable que vous eussiez pensé ou écrit autre chose si votre chemin de vie avait été différent ?
      Dans votre commentaire vous parlez des autres « ...vous avez perdu votre véritable identité, vous n’avez plus le controle de rien ... » mais si les autres ont des opinions, des certitudes, des croyances, des habitudes, vous personnellement échappez-vous aux idées reçues.
      Ce à quoi nous pensons est notre prison.

       


    • Hermes Hermes 26 mars 2014 18:00

      On ne peut s’échapper de notre condition... La pensée est une échappatoire. Cesser de vouloir échapper peut aider.

       smiley

      Il faut regarder comment ça se passe dans le détail, c’est à dire le constater dans l’instant, pas dans l’analyse qui est encore une pensée : comment tente t’on de s’échapper et à quoi ? Quelle forme cela prend t’il pour moi ? De quoi est constituée mon illusion ?

      Il y a un lien entre une émotion diffuse et permanente que je ne sais pas tranquilliser (je sais juste l’anesthésier ou la calmer temporairement) et ces « pensées ». Et cette émotion prend la racine dans mon corps, sa spécificité, et mon passé lointain qui est toujours là.
      Le contexte présent alimente le mécanisme en justifiant parfaitement ce que je pense, et rabache.

      Ce mécanisme emprisonne une énorme énergie.

      Le retour vers la perception permet de voir cela et de récupérer cette énergie.

      Cela amorce un processus de réconciliation profond qui remplace la volonté de s’échapper, et alors on s’aperçoit qu’il n’y a a pas de différence entre les êtres humains qui justifie quelque violence que ce soit.

      Merci d’être passé par là ! Bonne soirée.


    • Neymare Neymare 27 mars 2014 09:01

      @jean keim
      "mais si les autres ont des opinions, des certitudes, des croyances, des habitudes, vous personnellement échappez-vous aux idées reçues."
      J’essaie. C’est un processus naturel, assez long et progressif, au cours duquel effectivement la réalité (la vraie) devient de plus en plus sensible, et ou vos certitudes, vos opinions finissent par etre largement relativisées. Pour l’instant, je ne peux y échapper totalement, sinon je serais dejà réalisé.
      Quand au chemin de vie, je pense qu’on le définit tous au départ dans ses grandes lignes, avec chacun ses objectifs particuliers.
      Je me suis rendu compte que, tout dans ma vie, et ce, depuis l’enfance, a contribué de façon dynamique à me faire arriver là ou j’en suis, rien n’est le fait du hazard.
      Mais ça m’a pris pas loin de 40 ans pour trouver la sortie : j’étais agnostique, et une série de circonstances, absolument pas fortuites, m’a permis de modifier totalement ma vision des choses, mais j’ai été largement aidé par ce qu’on m’a montré (qui ??), c’est une sorte d’appel, meme s’il faut au préalable etre pret (càd l’esprit souple libéré des dogmes, des idées rigides quelles qu’elles soient)
      Si vous n’avez pas l’esprit souple, vous ne pouvez entamer le chemin, car ce qu’il y a de l’autre coté est tout à fait en dehors des standards, et des concepts de ce monde, c’est pour cette raison que les religions ne peuvent qu’en donner une vision anthropomorphique, symbolique, bien loin de la réalité


  • howahkan Hotah 27 mars 2014 08:02

    De ce que je perçois uniquement par expérience, je laisse les suppositions de coté, la clé pour moi, pour les autres je ne sais pas, a chacun de percevoir pour lui meme, la clé pour moi a été cette capacité qui m’a semblé comme allant de soi de constater d’abord que cette vie , la mienne etait sans intérêt mais aussi souffrance psychologique ¢ forte selon le moment...

    Cette sensation de souffrance à laquelle je ne sais rien , ne comprends rien , j’ai découvert qu’elle ne peut s’analyser, enfin si bien bien on peut essayer mais l’analyse n’a jamais marché pour moi, en auto analyse, pas une seconde je n’ai envisagé un recours à un psycho bla bla..
    La souffrance est dure à vivre, du moins c’est ce que l’on pense...car en fait je ne la vis pas mais la fuis, enfin essaye de la fuir.....comment fuir quelque chose dont je ne sais rien du tout... ? alcool, drogue, médicaments, psy, travail, argent,pouvoir, sexe, guerre, lire des grands penseurs, suivre des religions, voyager, etc etc tout peut être utilisé pour fuir cela, cette non vie qui est souffrance même si je souris du matin au soir, car j’ai appris à jouer un rôle face aux autres, toujours au point limite de rupture.....
    Il est question de fragilité personnelle grâce à l’innommable d’une telle non vie en fait...bien sur elle peut être dorée, fun, groovy , sous les sunlights des tropiques !!etc..mais seul avec moi même la nuit les masques tombent toujours..

    Très jeune j’ai appris sans même le savoir à m’enfoncer en moi quand ça ne vas pas..pourquoi ? et bien pourquoi pas ?
    Il me semble que ce fut la cause d’une expérience dite de kundalini, j’ai saisis cela 40 ans après seulement...puis d’une journée entière ou le cerveau entier s’est ouvert et ou la pensée ordinaire analytique ne dirige plus le cerveau, reste à sa place , et laisse place à un état de l’esprit qui ne contient plus aucune souffrance, peur , angoisse , mais contient une sorte d’énergie étrange, qui est au delà de toute description verbale pour qui ne l’a pas vécu..dans de tels moments il n’y a plus de valeur donné , TOUT est intense, pas de petites choses pas de grandes choses, tout ceci a disparu comme aussi extraordinaire,fantastique ,grandiose, suprême, etc etc dans un tel moment la question du sens de la vie ne se pose pas, elle se pose quand il y a souffrance , et fuite de celle ci notamment dans des explications.....
    De ce que je sais pour moi cette souffrance de vivre n’est pas du tout un hasard, un exo phénomène, un épiphénomène etc ce serait long à aller là dedans..mais pour faire un raccourci saisissant je dirais que « moi » est la souffrance....comme cette partie analytique du cerveau est la seule qui nous reste, elle essaye de gérer cela avec ses moyens, or je dis que pour moi cette analyse ne pet résoudre le problème de la souffrance humaine, car elle en est précisément à l’origine est ce que j’ai découvert par et pour moi même, ceci en soi n’est pas une découverte bien sur..d’ailleurs pour moi « on » ne découvre rien qui ne soit, mais pour soi même des révélations sur soi même et la nature profonde de soi et des choses se produisent ..il est question d’éveil.....

    Le cerveau analytique en gros a une capacité qui est de se divisé entre « moi » et pas moi,entre « moi » et l’objet que moi regarde..pour ceux qui connaissent ceci est exprimé par krishnamurti comme ceci : the observer is the observed ..l’observateur est l’observé.....ceci veut simplement dire que psychologiquement, dans des domaines non pratiques de la vie courante, moi est la souffrance...........c’est la même chose...le cerveau analytique a appliqué le meme principe qui marche dans les domaines pratiques au domaines psychologiques.....ERREUR MONUMENTALE....

    je me suis divisé entre moi d’un coté et la souffrance de l’autre.....or ceci n’est pas, n’existe pas..alors j’essaye de faire ce que « je » peux, faire face ? comment faire face à ce qui n’existe pas ? expliquer, analyser, ignorer, fuir, travailler 24/24 etc et surtout imaginer, rêver le futur grandiose qui va etre le mien là ou d’accomplir des rêves va me rendre totalement heureux à jamais...en clair je pete un câble....j’ hallucine , je névrose et tout le reste..ceci à l’autre bout de la chaine va amener ,le vol, les guerres, les massacres ,les tortures etc etc
    Pour finir et faire court..la souffrance psychologique est une « aide » de l’intelligence de l’univers ,intelligence et souffrance ne peuvent vivre ensemble, alors la souffrance insique l’erreur,c’est un symptôme mais aussi comme je l’ai découvert pour moi même, pas une découverte en soi donc , un catalyseur qu’il faut laisser tranquille, ne pas y toucher mentalement n ne pas fuir, ne pas y faire face non plus car c’est moi en fait .....et là il peut se produire un miracle si je laisse cela vivre, être...cela va court circuiter quelques secondes la première fois le leadership de la pensée sur le cerveau , la pensée ne disparait pas, elle est vitale, mais dans de tels moments il est possible d’aller au delà de la pensée , et là il n’y a rien a faire..çà se passe tout seul ,l’autre cerveau commence à s’ouvrir...........par là est la vie.......


    • howahkan Hotah 27 mars 2014 08:21

      je voulais dire le parfum..sinon il n’y a pas de parfum, mais des « rêves » qui une fois atteint ne contiennent rien de ce qui etait espéré....d’où la frustration permamente, la souffrance ,la désillusion et le non sens...comblé par la possession, qui ne suffit jamais,car en soi c’est vide de vie..le moyen est devenu le sens, voila ou on est est....on aurait pu s’aimer donc aimer les autres, et utiliser des moyens pour survivre,mais en l’absence d’une partie du cerveau on aime les objets et utilisons les personnes et tout le reste..l’inversion est totale et partout....


    • howahkan Hotah 27 mars 2014 08:41

      tout ceci fait que tous les objets et possession sont alors tous ,comme les gens dont je dépends, chargé du sens que j’essaye de donner à ma vie.........tout ceci est fuite de soi même qui est impossible....là est la route..personne ne peut y aller pour un autre bien sur......cela dit le sujet peut bien sur être évoqué..ni dieu, ni maitre.....mais des êtres «  »éveillés«  » à eux même..pour aller au delà de la pensée analytique suffisante pour l’enfance mais qui devient toujours + ou - démente chez un adulte faute de cet éveil total du cerveau....pour moi nous sommes un « produit » fini, il n’y aura pas d’évolution, d’ailleurs y en a t’il jamais eu ? changement il y a eu oui, comme la graine devient arbre..mais évolution, je ne sais pas, ceci est peut être encore faux comme il est possible que soit l’expansion de l’univers qui pourrait juste être mouvement ?? .

      Quand au big bang,pourquoi être si radin, pourquoi un seul et pas 100 000.........ou zéro ??


    • Hamed 27 mars 2014 14:35

      @ howahkan Hotah

      Qu’il y ait évolution ou changement, ou expansion de l’univers qui reste à l’homme de chercher, de tenter de comprendre parce qu’il lui revient de tenter, tout faire pour comprendre, même s’il ne comprend pas assez, sinon il fait défaut ce à quoi sa vie est destinée. Comme votre vision de choses, de la vie et de ce que vous ressentez de cet être qui émane de vous, je ne peux que vous dire que vous êtes de votre pensée, ou plutôt de la richesse que votre « pensée » vous a donné et vous donne et vous donnera toujours. Puisque vous parlez de vous. Mais elle émane, parle aussi de vos sentiments combien généreux.
      Je vous remercie de vous avoir lu, et merci pour ces paroles écrites, pour ces mots et maux qui font le sens de notre vie, et qui vous viennent de votre pensée et du cœur.


    • Jean Keim Jean Keim 28 mars 2014 18:07

      howahkhan Hota,

      Vous avez vécu un événement singulier, merci de l’avoir relaté malgré l’insuffisance des mots, maintenant il en reste le souvenir, c’est ce que nous appelons l’expérience.
      Pourriez-vous si ce n’est pas indiscret, aller plus loin et nous dire comment actuellement l’expérience affecte votre cerveau et votre vie.

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