mercredi 14 mars 2012 - par Annie

Un scandale bien britannique, mais Atos une société made in France

Cet article m’a été suggéré par Foufouille, et je lui dédis tous les moinsages, tout en me réservant les bons points. Je l’écris avec un sens d’urgence, ce qui fait qu’il ne sera peut-être pas aussi documenté qu’il devrait l’être.

Lorsque Foufouille m’a suggéré d’écrire un article à propos des lois qui venaient d’être adoptées au Royaume Uni concernant les allocations handicapés et les allocations chômage pour les handicapés et les cancéreux, qui sont supprimées si ces derniers sont jugés aptes à travailler, je me suis dit que cela n’intéresserait pas forcément les Français, surtout en pleine période électorale.

Mais cela valait le coup d’essayer.

Parce qu’il s’agit d’un tel scandale, que je veux essayer de l’expliquer, mais surtout parce que ce scandale britannique dépend totalement de la complicité d’une entreprise bien française, et surtout d’un PDG qui a déjà fait ses preuves. 

Je donne juste quelques exemples, parce que sinon ce serait trop long, mais pour ceux qui comprennent l’anglais, le questionnaire pour déterminer si une personne est handicapée ou non est dans ce document officiel.

Pour les autres je vais résumer. Les critères pour établir le potentiel de réinsertion professionnelle des handicapés sont notamment le fait de pouvoir se laver le thorax, nous n’évoquerons pas le reste, le fait que l’on soit capable de se laver les fesses est un luxe que nous nous garderons bien d’imaginer, et si vous êtes incapable de le faire, cela ne veut pas dire que vous soyez handicapé, du moment que vous pouvez vous laver le thorax. Les maladies mentales ne sont pas prises en compte, enfin si, si vous êtes capable de remonter un réveil et si vous savez lire l’heure, vous ne souffrez d’aucun handicap mental et les cancéreux qui ont la chance d’avoir plus de 6 mois à vivre, car il s’agit bien là d’un critère défini par des politiciens, sont priés sanctions à la clé , de se présenter à des entretiens d’embauche. S’ils ne peuvent pas, parce qu’entre deux chimiothérapies, ce n’est pas toujours facile et qu’ils ne se sentent pas forcément bien, et encore moins lorsqu’il s’agit d’handicapés, et pour certains d’handicapés profond, leurs allocations sont supprimées. Et s’ils parviennent à assister à cet entretien d’embauche et refusent pour les raisons déjà évoquées l’emploi qu’on leur propose ou s’ils ne peuvent pas l’assumer, leurs allocations sont supprimées. Est aussi supprimée l’allocation aidant les handicapés à travailler. Il s’agit d’une allocation complémentaire qui prend en charge les frais additionnels encourus par des handicapés pour se rendre au travail ou pour accomplir leur travail. Tout est résumé ici dans cet article.

Plus de 140 personnes se sont suicidées en Grande Bretagne à ce jour à cause de la suppression de leurs allocations. Il faut aussi savoir que les handicapés ou les cancéreux qui ont les moyens physiques ou mentaux ou l’énergie de faire appel contre les décisions issues de ces évaluations parviennent à les faire annuler, mais beaucoup n’en sont pas capables. Ceci est mentionné dans cet article de wikipedia en anglais, mais pas en français, ce qui est intéressant. J’ajouterai très rapidement que vu le taux de chômage en GB, les emplois sont rares mais les personnes handicapées et les cancéreux jugés capables de travailler doivent participer à des programmes Workfare qui les obligent à travailler pour des entreprises ou même des associations caritatives pour un salaire équivalent à leurs allocations chômage, c'est-à-dire bien en dessous du salaire minimum. Mais il s’agit d’un autre scandale et d’une autre histoire, peut-être pour une autre fois…..

Lorsque Foufouille m’a suggéré d’écrire un article, après une campagne du gouvernement britannique, très virulente, reprise largement dans la presse de droite pour lutter contre la fraude des handicapés qui est parvenue à faire d’eux des parasites aux yeux des britanniques, alors cette fraude ne représente que 0,5% selon les chiffres officiels du gouvernement, je ne savais encore pas que ce potentiel de réinsertion professionnelle était évalué à l’aide d’un questionnaire qui avait été conçu par ?? je vous le donne en mille. Par Atos, une société dirigée par Thierry Breton, qui était déjà le directeur de France Télécom à l’époque où plus de 60 salariés se sont suicidés. Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur Agoravox sur les suicides à France Télécom, certains blâmant le management et d’autres les salariés, dénoncés comme des faibles, incapables de supporter la pression. Il est intéressant de noter que la technique TOP ou Lean de Breton appliquée aux salariés de France Télécom d’abord et d’Atos ensuite s’applique maintenant à ceux qui sont jugés improductifs en Grande Bretagne. Avec ce questionnaire, à moins d’être grabataire, le handicap a disparu. Atos est devenu dans ce pays synonyme de monstre, un qualificatif bien mérité, mais les associations d’handicapés ont du mal à s’organiser et à mobiliser l’opinion publique. 

Mais ne nous inquiétons pas trop pour Breton. Comme l’indique le blog du syndicat d’Atos, il s’en sort plutôt bien avec un salaire de 1 200 000 € sans oublier les primes et les stocks options. Par contre les salariés d’Atos ne sont pas heureux, c’est le moins qu’on puisse dire.

Ce qui est aussi intéressant à lire sur ce blog est le compte-rendu d’un pré-audit réalisé en 2011, qui a relevé un grand nombre d’irrégularités financières. Mais du moment que Thierry Breton touche ses 1 200 000 €, on ne va pas chicaner.

1 200 000 €, cela fait combien par suicidés ?



32 réactions


  • foufouille foufouille (---.---.---.158) 14 mars 2012 12:39

    a terme, ca va faire un paquet de mort
    chez les malades
    les invalides
    etc
    ca m’etonne qu’aucun ne petes un fusible
    ce qui montres aussi que les bureaucrates sont prets a obeir a tous les ordres


    • Annie (---.---.---.56) 14 mars 2012 12:54

      Merci Foufouille, pour m’avoir donné l’idée d’écrire cet article. Le problème à l’heure actuelle est qu’Atos est reconnu comme problématique, il y a eu 5 motions parlementaires déposées à son sujet, mais qu’il coûterait trop cher au gouvernement de changer de prestataire. En attendant, ce sont les handicapés et les malades qui trinquent.


    • amipb amipb (---.---.---.23) 14 mars 2012 18:57

      Pour une fois, je vous suis, Foufouille, cette campagne ainsi que l’implication d’Atos sont proprement scandaleux.

      Merci à Annie et à vous de venir en parler, il y a clairement des actions à entreprendre contre les dérives de ce groupe.

      Quant à Wikipedia et la traduction édulcorée en français, avez-vous essayé de soumettre votre propre traduction ? Il doit être possible de mettre à jour l’article.


    • Annie (---.---.---.56) 14 mars 2012 19:00

      Je ne sais pas comment faire avec wikipedia, mais je vais devoir m’y mettre. C’est une bonne idée.


  • K K (---.---.---.67) 14 mars 2012 14:45

    En France, en étant handicapé, il est très difficile de trouver un travail. Il faut arriver à convaincre les médecins du travail qu’on peut le faire sans risque d’aggraver notre santé et ils sont très méfiants. Lorsqu’ils donnent leur accord (apte avec des aménagements ), les conditions à respecter sont assez drastiques et on ne doit pas y déroger sous peine de ne pas avoir le sésame l’année d’après. Quand on connait le niveau des pensions mais aussi la volonté d’insertion des handicapés en général, cela parait ennuyeux, mais cette protection est indispensable. Le questionnaire de Breton est une pure honte, et on ne peut que lui souhaiter qu’un type soit asse désespéré pour se retourner contre lui plutot que de se suicider. Il est vrai qu’il est très difficile de se mettre dans la peau d’un handicapé avant de le devenir soi même, ce qi est dommage car de nombreux valides comprendraient alors pourquoi il est difficile de faire 100 m vers une place disponible, pourquoi il est difficile d’aller payer à l’horodateur, pourquoi il arrive qu’on renonce à aller à un rendez-vous faute d’emplacement pour stationner à proximité.


    • Annie (---.---.---.56) 14 mars 2012 15:21

      Parmi les handicapés qui font appel, 40% des décisions prises par Atos sont annulées par les tribunaux. Ce qui montre l’inadéquation d’un tel questionnaire, qui par ailleurs méconnaît totalement le handicap mental. Mais dans une certaine mesure, le gouvernement britannique savait bien ce qu’il faisait en singularisant les handicapés. Il est parfois très difficile pour une personne valide de comprendre les limitations d’un handicap, surtout lorsqu’il ne se voit pas.


  • paul (---.---.---.34) 14 mars 2012 17:24

    Atos, Thierry Breton ...et ses méfaits . Tout d’abord, une remarque avec cet article, c’est que les libéraux anglais et français agissent de la même façon envers les plus faibles, les plus démunis, sous prétexte de traquer la fraude et « l’assistanat ».

    Breton applique avec Atos, sa société de service en ingénierie en informatique , le Lean Management ( = amaigrissement ) conçu aux USA dans les années 1980 puis appliqué au Japon .Cette méthode est utilisée à France à partir de 2002 chez Télécom puis dans la RGPP pour le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux . Avec les dégâts que l’on sait .

     www.rue89.com/ 2011/ 05/ 24/ apres-france-telecom-thierry-breton-passe-atos-a-lessoreuse-204971 


    • Annie (---.---.---.56) 14 mars 2012 17:44

      La seule différence entre les libéraux français et anglais, c’est qu’en Angleterre ils évoluent dans un environnement favorable, avec des syndicats sans mordant, une presse aux ordres, et l’idée très popularisée que tous ceux qui touchent des prestations sociales sont des parasites.


  • easy easy (---.---.---.174) 14 mars 2012 17:38

    Atos aurait oublié un argument de discrimination « Si vous ne protestez pas contre notre avis positif sur votre aptitude au travail, c’est que vous en convenez et si vous protestez, vous la prouvez ».

    Pile je gagne, face tu perds.

    Ahhhhh ! Quel pied de réussir à mettre en pratique cette arnaque ! 




    Depuis 3 ans j’ai sous les yeux un Européen voisin qui avait été longtemps un commercial parcourant le monde pour vendre des groupes électrogènes. 
    Il est et était d’allure débonnaire. Mais à la maison, je pense qu’il devait être peu souple avec sa femme et ses enfants parce qu’il ne disposait pas de marge psychologique. Il est très intelligent mais comme 80% d’entre nous, il y a des sujets sur lesquels il ne peut pas céder sans se voir vidé. Il avait donc ses entêtements à la maison.
    Mais au travail il était parfait, acceptant tout (pas de blocages ou raideurs psys dans le domaine du travail).
    Du coup, son employeur en profitait pour lui en demander toujours plus en termes de disponibilité. Et il acceptait donc de passer sa vie à l’étranger puisqu’il se considérait chiant à la maison. Résultat, au fil des années, il s’est épuisé au boulot et a démarré un premier burn out. 
    A partir de là, de cette chute dans le boulot, ses collègues l’ont dénigré afin de prendre sa place. Il menait désormais une guerre dans son entreprise pour y rester. Tout ce qu’il avait pu supporter jusque là lui est devenu insupportable et en quelques mois il a perdu toute souplesse dans le domaine du boulot. Même avec des clients, il devenait irrascilble ou susceptible. 

    Résultat il a converti son burn out en dépression chronique et constamment arrêté, il a fini par se retrouver dehors. 

    Très fier, il n’a rien demandé, il a accepté le divorce et il a tout quitté pour venir se planquer du monde en France, dans un château qui avait bien besoin de lui pour tondre les pelouses et réparer les tracteurs contre un petit logement. 

    Puis une parente avocate lui a dit qu’il devait réclamer une indemnité genre invalidité et après des années de bras de fer, il a obtenu 1000 € de rente d’invalidité de la part de cet Etat voisin. Mais là, il y a un médecin expert qui le harcèle en affirmant qu’il peut travailler.

    Et bien moi qui le vois, je peux affirmer qu’il est incapable de revenir à un boulot de cadre et que même pour balayer des feuilles, si c’est aux ordres d’une entreprise, il ne le supporte pas. 
    Là, il bosse bien 12h par jour mais il n’a personne au-dessus de lui. Le proriétaire du château sait sa problématique, a déjà « embauché » d’autres burn outé comme lui. Il ne leur donne que des indications globales de travail et s’il y a une bêtise de commise par ces fragiles, même grosse, il ne blâme jamais. Jamais.


    Ces dépressifs apprécient de se voir confier un boulot global du genre « Bon tout ce qui est jardinage, tu t’en occupes. Je te fournis les outils, les ingrédients et tu fais au mieux » . Et les résultats sont parfois très valables en termes de productivité. Mais parfois nuls. 

    Il y en a un dans cette équipe d’éclopés qui peut, sans prévenir, ne plus sortir de sa chambre pendant 5 jours. Et t’as beau tambouriner, tu n’entends rien. Je dis qu’il fait le sous-marin en plongée profonde. Et puis un jour il réapparaît avec un grand sourire, comme s’il n’avait dormi que 8h. 

    Aucun d’eux ne peut plus vivre avec un conjoint. Ils sont devenus trop écorchés vifs. 

    Ils peuvent faire des bêtises énormes. Par exemple l’un deux découvre, à la suite du dégel, une fuite sur un tuyau placé dans les combles. Il coupe le robinet général mais il le ferme mal. Ca continue de couler. Il croit que c’est ce qui reste dans les tuyaux qui finit de se vider « Pas grave » Mais trois jours après, quand il voit que ça pisse encore autant, il persiste à croire que ce sont les tuyaux qui finissent de se vider. Et là dessus, sans prévenir, il part en voyage pendant 4 jours. A son retour, on lui dit qu’il avait mal compris le problème, que l’eau sous pression arrivait toujours et que tous les plafonds sont morts. Il est alors navré et effondré mais la semaine suivante il peut recommencer une bêtise similaire. Mal fermer un poêle, alors une bûche tombe, roule et met le feu au parquet.

    Ils peuvent bien réparer un tracteur et le casser dix jours plus tard par mégarde

    Ces éclopés font un boulot qui n’était pas le leur au départ, ils font ce qu’ils peuvent pour se rendre utile mais ont du mal à se concentrer et à réussir un sans faute dans leur nouvelle activité. On ne peut pas les payer comme on payerait un salarié en pleine forme psychologique. Ce n’aurait aucun sens économique. On ne peut que leur offrir un logement et les laisser faire ce qu’ils veulent, ce qu’ils peuvent. 
     
     


    • Annie (---.---.---.56) 14 mars 2012 18:10

      C’est une très bonne illustration de l’expérience des personnes qui souffrent de handicaps mentaux. Ce n’est pas parce qu’ils sont capables de faire un geste aujourd’hui qu’ils pourront le faire demain, ou dans le cadre d’une activité professionnelle. Pour les handicapés moteurs, ce n’est pas parce qu’il font un geste une fois qu’ils pourront le répéter sans souffrir. La difficulté est d’aider une personne handicapée à retrouver un travail, mais aussi d’accepter que certaines ne pourront jamais retravailler ou seulement dans des conditions très encadrées.
      Atos utilise principalement un logiciel où il suffit de cocher des réponses oui/non, et le personnel médical qui l’utilise, et qui devrait faire preuve de jugement, se repose presque entièrement sur le système. Ce n’est toutefois pas un accident ou une preuve d’incompétence. Alors que la fraude aux allocations handicapées représentent 0.5%, la mission d’Atos est de dégraisser 20% du budget handicapé.


    • amipb amipb (---.---.---.23) 14 mars 2012 19:07

      @easy : la médecine sait désormais traiter à peu près ce genre de traumatismes, notamment via l’EMDR

      Votre histoire en dit long sur l’aliénation que peu produire le productivisme moderne. Les derniers suicides à la Poste en sont d’autres exemples flagrants.


    • easy easy (---.---.---.174) 14 mars 2012 22:10

      @ amibp,

      Merci pour cette info.

      Je leur en parlerai.

      Mais je vais vous informer de faits paradoxaux.

      Il se trouve que dans ce château, il y a régulièrement des stages genre méditation, vipassana, yoga...Et bien figurez-vous que les gens dont j’ai parlé poursuivent leurs activités tout autour, jardin, potager, cuisine, course, ménage, mais n’ont aucune envie d’entrer dans ces groupes. 

      Avec un médecin, donc à deux personnes dans un cabinet, je pense qu’ils accepteraient le contact thérapeutique. Mais sinon, ils sont devenus rétifs aux relations sociales. Ils aiment bien se retrouver à bosser du côté château où le proprio sait leur cas mais ils ne veulent pas approcher les groupes de clients qui sont pourtant zens.

      Tout est toujours plus complexe que ça n’y paraît.

      Par exemple :
      Comme ils ont été des cadres ayant tout donné pendant des années, comme ils se sont retrouvés marris par rapport à des employeurs trop exigeants ou ingrats, le fait de se retrouver paternés par un « employeur » tolérant, se pliant à leurs facéties, ne les abandonnant jamais, ça les console. Ils veulent vivre pleinement cette situation d’handicapés admis. 
      La thérapie c’est bien gentil mais rien ne vaut de pouvoir vivre enfin quelques années de tolérance pratique, avec un noyau de gens compréhensifs et dans un cadre où ils sont non pas des patients mais des opérateurs.



      Si on leur avait proposé l’EMD avant qu’ils trouvent ce cadre de vie spécial, ils auraient accepté en « Il faut que j’y passe pour retouner à ma vie d’avant »
      Mais maintenant qu’ils coulent là des jours heureux, hyper libres car plus de conjoint, plus de gosses, plus de responsabilités, plus besoin de se raser, de se faire les ongles, de porter une cravate, ils n’ont plus trop envie d’en sortir.
      Ils ont un logement, ils ne dépensent quasiment rien, ils touchent donc une pension d’invalidité, ils se sentent utiles à l’endroit, ils sont contents.


  • Loatse Loatse (---.---.---.42) 14 mars 2012 18:16

    Bonjour Annie et Foufouille,

    Excellente idée ce partenariat :)

    Le monde du travail est déjà très particulier.. Cela ne date pas d’aujourd’hui et nul doute que nous serions surpris du nombre de suicides dû aux condtions de travail dans certaines entreprises/administrations avant la médiatisation de l’affaire france telecom...

    Mises au placard, jeux de pouvoir (les « petits chefs ») qui ont pour but de faire craquer le salarié afin que celui ci démissionne....

    L’argent , la concurrence, la compétitivité.. nos politiques n’ont que ce mot à la bouche...Bien entendu afin de ne pas toucher aux privilèges de ceux qui s’en mettent plein les poches en cette période de crise (grands patrons, spéculateurs, gros actionnaires), nos dirigeants préfèrent cibler les plus faibles, quand ils ne les montrent pas du doigt en les rendant responsables de la mauvaise gestion financière de nos sociétés, du chomage, de la hausse des impots etc....

    et ca marche :(

    Après avoir désigné à la vindicte populaire les rsastes, les petits fraudeurs... Ne manquait plus que les handicapés... on y vient.

    Un handicap physique impacte toujours sur le plan psychologique.. la pauvreté également, Les humains ne sont pas des objets qui redeviennent fonctionnels dés que l’on change les piles...mais des êtres complexes et pour lesquels il faut regarder au délà des apparences...

    Si nous ne le faisons pas, si en ce 21ème siècle la valeur d’un être humain se résumera uniquement à sa valeur marchande, il nous faudra alors rayer le mot « humanité » du dictionnaire...








    • Annie (---.---.---.56) 14 mars 2012 18:21

      Bonjour Loatse,
      Un truc que j’ai du mal à comprendre de la part du public en général est que depuis cette campagne du gouvernement pour dépeindre les handicapés comme des fraudeurs, les agressions contre les handicapés se sont multipliées. Quand vous parlez de perte d’humanité, on n’en est pas loin.


  • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty (---.---.---.42) 14 mars 2012 18:22

    Bonjour.

    Merci à l’auteur de nous interpeller sur les bienfaits du libéralisme.

    http://3.bp.blogspot.com/_vFrHV9ySAI0/SnQZJ-WNi1I/AAAAAAAAESk/ytMBPbnzRow/s1600/neuesvolk.jpg

    Nous avons le droit de ne pas oublier le passé. Il serait bon d’en faire usage.

     


  • restezgroupir44 restezgroupir44 (---.---.---.161) 14 mars 2012 18:37

    Merci @ Annie et foufouille,


    Quand la bêtise humaine accouche d’hommes sourds et aveugles,
     
    Alors, naissent des enfants muets qui apprennent à lire et à écrire,
     
    Pour ne rien servir, ne rien voir et ne rien entendre.
     
    L’ignorant dresse des murs, le craintif s’abrite, la brute s’étourdit.
     
    Ainsi, les êtres de cœur et de raison ne sont pas entendus.

    Cachons ces handicapés que nous ne saurions voir.............

    Bientôt chez nous si nous ni prenons garde....................
     
     
     
    S’ils pouvaient entendre …

  • Patrick Samba Patrick Samba (---.---.---.207) 14 mars 2012 18:59

    Bonjour,

    ce qui doit nous interpeler dans cette affaire c’est l’apparente disparition du sens critique chez les élus ayant voté en faveur de ces lois. Comment ont-ils pu en arriver à de telles décisions ?

    Mais parce qu’ils sont conservateurs tout simplement (vous ne nous le précisez pas mais comme ce sont eux qui sont au pouvoir...), ils réagissent logiquement en conservateurs en période de crise.... 

    L’intérêt aurait été de savoir si des travaillistes s’étaient associés... Pour avoir, par analogie, une idée de ce que le PS, dans le contexte européen et mondial actuel, ferait dans une situation analogue. 


  • Annie (---.---.---.56) 14 mars 2012 19:07

    Bonsoir Patrick,
    Vous posez une question intéressante parce que la réponse est oui. Tous les partis sont d’accord là-dessus à des degrés différents, la raison étant qu’ils suivent l’humeur populaire, et elle est carrément hostile aux handicapés. Le parti travailliste est plus modéré, mais il n’ose pas l’attaque frontale. Plusieurs alliances se sont créées pour lutter contre ces dernières lois, mais j’en discutais avec certains handicapés, ils ont vraiment du mal à s’organiser et à mobiliser l’opinion publique. Certains mouvements comme Occupy et UncutUK les soutiennent, mais ils auraient vraiment besoin de plus de soutien.

    Merci Pierre-Marie et Restezgroupir44,
    Vos commentaires et ce poster sont vraiment d’actualité. Beaucoup de personnes handicapés sont persuadés actuellement qu’il s’agit d’une tentative de les éliminer. Cela paraît excessif, mais elles n’arrivent pas à comprendre pourquoi elles sont ciblées alors qu’elles sont déjà tellement vulnérables.


  • easy easy (---.---.---.174) 14 mars 2012 19:40

    C’est parce qu’on refuse qu’il y ait la moindre évasion qu’on passe de l’île l’Elbe à Sainte Hélène ; qu’on passe d’une prison ouverte à un Alcatraz.

    Et qui râle contre les évasions ?
    Qui proteste quand un Hannibal Lecter s’évade ?
    Ce n’est pas tout le monde mais pas loin.
    « Oh la la, rentrez à la maison les enfants, ya un Hannibal dans la nature »

    Entre 90 % de la population qui crie quand un Jack l’éventreur s’évade et 30% de la population qui crie quand un DSK est en liberté, ça ne fait pas grande différence en termes d’impact hystérisant. Le propre des cris c’est d’être sur-entendus. Il suffit donc qu’une poignée crie pour que tout le monde convienne qu’il faille les rassurer « Bon, OK, faites donc des prisons 100% sûres, ça les calmera »
     
    Le résultat de cette perfection du contrôle c’est que quand on a fini d’y soumettre un groupe, en l’occurrence les patibulaires, on y soumet les autres groupes.
    100% des employés doivent être performants
    100% des contribuables doivent contribuer
    100% des chômeurs doivent chercher du travail et accepter ce qu’on leur propose
    100% des gens doivent être valides, mobilisables, enrôlables

    Il ne faut surtout pas d’exception, surtout pas la moindre fraude ou tricherie.




    Il y a peut-être dix ans, il y avait eu dans le nord de la RP, une évasion étonnante. Cette prison neuve étant isolée dans les prés (vers Cergy-Pontoise) des bandits avaient foncé droit dessus, puis à quelques mètres ont tiré au bazooka sur la porte et ont réussi leur évasion sans faire de morts.
    Tout le monde était dépité.
    Je veux bien que ça passe pour une défaite pour un ministre de la Justice mais chacun de nous devrait rester philosophe et comprendre que cette évasion, l’air de rien, offre de l’espoir à l’humanité.
    Le jour où une évasion à la Midnight Express ne sera absolument plus possible, le jour où l’on ne pourra vraiment plus traverser une frontière en fraude, l’espoir sera mort mais en sourdine car aucun d’entre nous n’osera dire que c’est une catastrophe.
     
    C’est donc en sourdine, que nous entreprenons, à marche forcée, de parvenir à ce moment là.



    On avait toujours cru et on croit encore, qu’il est possible de différencier le cas des bandits de celui des invalides ou éclopés du travail. On a cru et on croit encore qu’on peut être très dur envers les premiers et tolérant, caressant, envers les seconds.
    On croit que le manichéisme résout tout « Si on torture les vilains, on pourra dorloter les aveugles ; les sourds, les tétraplégiques, les autistes, les trisomiques, les schizophrènes, les dépressifs »

    « Si la société est hyper dure envers les méchants, mes enfants vivront peinards dans du coton ».

    C’est à mon sens la plus grande erreur que commet l’humanité contrôliste.

    Il n’y a pas de véritable cloison entre les vilains méritant la torture et les autres. Dans chacun de nous il y a de tout, dans toutes les familles il y a de tout.

    Je ne sais pas bien quand nous finirons par comprendre que le cas des bandits, des éventreurs, des violeurs, est indissociable du cas commun et que l’intolérance amplifiée, larsénisée, hystérisée à l’extrême, quand elle exclue un groupe, elle devient automatiquement damoclès de terreur sur les groupes voisins et de proche en proche sur tous les groupes. Mais pour l’instant, rien, absolument rien ne m’indique que nous commençons à le comprendre.

    Quand on jette quelqu’un au dieu Volcan, ça soulage chacun le jour même « Ouf, ce n’est pas tombé sur moi, pas sur mes enfants ! »
    Mais dès le lendemain, l’angoisse recommence à saisir tout le monde car chacun sait qu’ici, on résout les imperfections humaines par la torture, le bûcher ou l’exclusion, le fichage de Police



  • S.B. Sabine (---.---.---.182) 14 mars 2012 21:02

    Je rêve d’un monde où ne travailleraient que ceux qui en ont envie. Je rêve ? Oui, je sais. En même temps, avoir un travail même si on n’en a pas forcément envie, ou pas envie de celui qu’on a, est ce qui relie à la société, qui donne donc un certain sens à la vie. Compliqué, tout ça. Personne n’a jamais, un soir, dans une rue déserte, coincé Breton pour lui expliquer la vie entre quatre yeux ? Les gens sont trop gentils. Merci Annie pour cet article vraiment informatif.


    • Annie (---.---.---.56) 14 mars 2012 21:18

      Bonsoir Sabine,
      Breton ne serait pas capable de faire cela tout seul, sans ses petits soldats du corps médical qui se prêtent à cette bouffonnerie. Il suffit de lire les expériences des personnes qui ont subi ces examens, l’internet en est plein bien qu’Atos ait fait fermer 4 sites internet et les a menacés de les poursuivre pour « diffamation ».
       Apparemment le fait de dénoncer le fait qu’un malade en train de mourir est apte au travail (cas vrai) est considéré comme une diffamation.


  • Pie 3,14 (---.---.---.47) 14 mars 2012 21:35

    Votre article est intéressant.

    En période de crise, les gouvernements conservateurs cherchent systématiquement des bouc-émissaires, la gauche moins car le discours anti-capitaliste ou contre les dérives du capitalisme fait office de bouc-émissaire.

    En France, ce sont les étrangers qui en font les frais. Vous nous expliquez que la Grande-Bretagne a choisi les handicapés.
    C’est aussi répugnant et très surprenant, vu de ce côté de la Manche car les handicapés sont ici intouchables ( comme le film).
    Un homme politique français peut dire qu’il y a trop d’étrangers sans expliciter ses critères, juste comme une évidence, sans susciter de tollé mais s’il attaquait les handicapés, il serait pulvérisé.

    J’ai toujours été surpris par la violence des conservateurs anglais. Ils sont encore fidèles à leur culture de stigmatisation sociale.


    • Annie (---.---.---.56) 14 mars 2012 23:06

      Merci Pie de votre commentaire qui est intéressant parce qu’effectivement si les immigrants illégaux sont la cible de bien des attaques en GB, les étrangers en soi sont relativement épargnés. Il ne faut pas oublier que la première mesure prise le parti travailliste de Blair avait été de supprimer les allocations des femmes élevant seules leurs enfants. Ce qui a changé aujourd’hui, c’est l’échelle des changements, et leur portée. Il s’agit véritablement d’une question de vie ou de mort pour beaucoup de personnes handicapées.


  • sleeping-zombie (---.---.---.176) 14 mars 2012 23:12

    Dans cette histoire, Atos est une arme. Non dénuée de responsabilité certes, mais faut pas croire que le gouvernement britannique a laissé toute latitude au prestataire de service pour définir ce qu’est un handicapé.
    La plus grosse responsabilité en revient au gouvernement (ou chambre des lords, je sais plus trop comment ça marche au RU).
    Atos n’a fait que répondre à un appel de marché. Si les donneurs d’ordres l’avaient voulu, le formulaire se composerait d’une unique question « Etes-vous handicapé ? » avec 2 cases (oui/non). Facile a produire, facile a remplir, facile a traiter (ceux qui cochent les 2 cases sont considérés comme « oui »).


    • Annie (---.---.---.56) 14 mars 2012 23:27

      C’est tout à fait vrai. J’ai eu la même réaction que vous, surtout en pensant aux marchands d’armes qui ont toujours la même réaction : si nous le faisons pas, quelqu’un d’autre le ferait à notre place. Mais la réalité est que ces politiques gouvernementales ne pourraient pas être mises en œuvre sans la complicité de sociétés comme Atos. Sociétés que n’intéressent que le profit, mais il est possible de commercer éthiquement. En fait votre argument est exactement celui d’Atos qui n’a qu’un statut consultatif, et peut rejeter la responsabilité sur le ministère compétent, mais le fait est qu’Atos est le seul prestataire de conseils spécialisés, qu’il est difficile de questionner lorsqu’on n’a aucune compétence médicale. 2% seulement des évaluations d’Atos ont été questionnées par les centres d’emploi qui sont chargés de supprimer ou de maintenir les allocations handicapé.


  • restezgroupir44 restezgroupir44 (---.---.---.116) 15 mars 2012 10:40
    Bonjour Annie,

    Sans vouloir exagérer , mais Atos me fait vraiment penser à la période ou un petit caporal moustachu Autrichien a pris le pouvoir en Allemagne or ce pays qui vivait à ce moment là de son histoire la grande dépression qui semble nous guetter et qui a faciliter son accession au pouvoir avec les premières mesures - chasse aux juifs,handicapés,homosexuels qui ont inaugurés les camps de concentration -il me semble que nous nous dirigions tout droit vers le même schéma.

    Etranges similitudes non ?

  • Olivier Perriet Olivier Perriet (---.---.---.51) 15 mars 2012 10:58

    Intéressant.

    J’avais lu dans « Le Monde merveilleux [ou enchanté, je ne sais plus] de Tony Blair » de P Auclair (jour,naliste) que la Grande Bretagne comptait par rapport à la France peu de chômeurs, mais beaucoup de personnes assimilées handicapées ou invalide. Et que si on ajoutait les deux on se trouvait avec un taux rejoignant le taux de chômage français.

    Ces deux informations sont-elles complémentaires ou contradictoires ?


    • Annie (---.---.---.56) 15 mars 2012 11:23

      C’est à tout fait vrai. Le nombre de personnes en invalidité a explosé sous Blair, bon nombre de chômeurs étant requalifiés en personnes handicapées, ce qui a caché les vrais chiffres du chômage, ce qui était l’intention. D’un autre côté, il y a eu une réelle hausse du nombre de personnes ne pouvant pas travailler pour cause de maladie. Surtout dépressions, maladies mentales qui constituent aujourd’hui le gros des personnes en invalidité. Le management par objectifs embrassé par la société britannique, poussé à l’extrême et totalement déshumanisant a eu et a toujours un effet catastrophique sur les travailleurs.
      Cela dit une réforme était nécessaire pour remettre de l’ordre dans la comptabilité du chômage, et pour rationaliser, dans le sens non libéral du terme, le système de prestation sociale des handicapés. Le gouvernement conservateur en a profité pour dégraisser ce budget et requalifier cette fois-ci les handicapés en chômeurs, qui parce qu’ils sont incapables du fait de leur handicap d’accepter un travail, perdent leurs allocations handicapées et chômage, ou s’ils peuvent travailler mais ne sont pas embauchés sont forcés de travailler bénévolement pour des entreprises, c’est-à-dire qu’ils ne touchent que leurs allocations chômage. C’est tout bénéfice pour ces entreprises qui n’ont pas à les rémunérer, et le contribuable paye la note. Il s’agit d’un autre scandale que j’évoquai, Workfare.


  • Annie (---.---.---.56) 15 mars 2012 11:00

    @restezgroupir44
    Cela me fait surtout penser à Noami Klein et la stratégie du choc, qui consiste à ultralibéraliser la société, à privatiser tous les services publics (le gouvernement britannique prévoit la privatisation de 75% du service national de santé) et à favoriser la disparition de l’état nation, sans une pensée pour les victimes de ce système criminel.


  • Radix Radix (---.---.---.94) 18 mars 2012 11:39

    Bonjour Annie

    Cette loi est la conséquence du camouflage du chômage dans les années 90 où l’Angleterre a massivement déclarée handicapés une grosse partie des chômeurs, histoire qu’ils ne figurent plus sur les listes et que l’Angleterre passe pour le modèle en Europe.

    Ce qui est particulièrement dégueulasse actuellement c’est que les vrais handicapés sont pris dans ce retournement et verront leurs allocations supprimées.
    Lorsque l’on voit les critères pour être déclaré apte au travail, seul les grabataires ont une chance d’y échapper et encore...

    Radix


    • Radix Radix (---.---.---.94) 18 mars 2012 12:00

      Excuse-moi Annie je n’avais pas vu ta réponse plus haut nos messages se sont croisé, mais nous sommes d’accord.

      Radix


    • Annie (---.---.---.56) 18 mars 2012 12:31

      Bonjour Radix,
      C’est toujours le cas. Les personnes qui étaient autrefois reconnues comme handicapées et qui sont jugées aujourd’hui comme aptes au travail ne font toujours pas partie de chiffres du chômage, parce qu’elles sont casées dans une voie de garage différente. La manipulation des chiffres bât toujours son plein. 


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