SANDRO FERRETTI

 

N'aime pas trop raconter sa vie. Préfère écrire sur celles des autres.




Cannes Reuters Cannes : raide carpette
Bon, ça y est, on remet la machine en marche, le maronnier en route : tapis rouge à Cannes. Red carpet. On le déroule, qu'on nous dit. Ca me fait penser qu'on ne parle jamais de ceux qui l'enroulent quand la fête est finie. Ni de l'endroit où il est stocké toute l'année, ce foutu tapis même pas volant. Festival des festivaliers. Un festival, des festi-veaux. Bref, pourquoi (...)
  A l’arrière des berlines...
« A l’arrière des berlines, on devine, des monarques et leur figurines, livrés à eux… », disait Bashung et son compère Jean Fauque. Parfois, à l’arrière des berlines, il y a une vie de chien. De chien abandonné à l’arrière de la voiture. A mi-chemin entre l’esthétisme canin de bon aloi et l’obsession récurrente, Martin Usborne, photographe londonien (...)
  C’est pas ce que vous croyez…
Trop de Brandy dans mon Vichy, je marchais sur le ponton à une heure avancée de la nuit et sans doute de ma vie. C’est là que j’ai vu la petite qui se noyait et appelait vaguement au secours, d’une voix déjà plus là. Et j’y suis allé. Sans réfléchir, comme on va aux putes, malgré le froid et la raison qui te disent de rester peinard à attendre ton cancer du poumon, (...)
  Extension du domaine de la flûte
La neige, c'est blanc. Au départ. C'est comme une vie : ça démarre cash, cristallin, pure laine, Woolmark. Et puis le temps te sale rapidement ta sale gueule. Les sableuses passent et repassent, sur ta petite vie qui ne trépasse pas encore, non, mais le compteur tourne quand même. Du coup, ca vire au gris sur les bas-côtés de ta départementale. Ca te met dans les dents 50 nuances de (...)
  Sociologie des bouchons Franciliens
« J'étais sur la route toute la sainte journée, j'ai pas vu le doute en toi s'immiscer » (1). Non, à force de mettre 1 heure 30 pour parcourir 30 kilomètres, je n'avais pas prêté attention à mon mollet gauche hypertrophié par les 180 coups d'embrayage nécessaires à mon arrivée jusqu'au bureau (pour contribuer 12 heures durant à l'éclosion du PIB), ni à (...)
  Vos luttes partent en fumée...
Ceci est mon testament. Car le 26 septembre, j'arrête de fumer. Une nouvelle fois, devrais-je dire, car c'est très facile d'arrêter de fumer : je l'ai fait au moins sept fois. Je fais donc mon testament, car j'ai peur d'en mourir. De faire le deuil de mes illusions, des bons moments, des volutes et de mes luttes. Je vous demande donc un peu de silence. Ceux qui fument (...)
  Osez, Séraphine...
C'est l'histoire d'une prune reçue au pays des pêches. Pour une bête histoire d'autographe refusé à de vaillants représentants de la maréchaussée férus de littérature noire, me voilà devant vous en scooter, en mobylette Motobécane, à pieds. Autant dire à poil. Mais ce n'est pas grave. Je sais qu'un jour viendra, qui tout paiera. Oui, il viendra, mon Godot à moi. (...)
  La mort des madeleines
Ceci n’est pas une nécrologie de Thierry Roland. Certes pas. Parce que je ne le connaissais pas, parce qu’on « ne partait pas en vacances ensemble », parce que j’étais rarement communiant aux grands messes footbalistiques, autrement que par désoeuvrement. Parce qu’il n’émane de son départ pour « la grande prairie » aucune émotion personnelle et intime. Mais toute (...)
  Une passante considérable
Il faisait chaud, trop chaud pour la saison. Je crois bien que c'était un temps déraisonnable, comme le reste. J'ai jeté un dernier coup d'œil circulaire à mon salon, un peu vieilli, un peu tapé. Ce fut un chouette salon design et art moderne, avec la table basse et la bibliothèque en verre dépoli entrelacé de fer forgé vert de gris. Une fleur artificielle en cristal (...)
  Je te promets le sel…
Hep ! Oui, vous. Vous ne savez pas pour qui voter, hein ? Peut-être même n’allez-vous pas voter du tout. Ça vous prend comme une envie, quand la ville est endormie… Je peux comprendre. Allez, montez dans ma vieille Ford Capri, je vous raconte. On sera tout seuls, peut-être, mais peinards. Je sillonnais la campagne en pleine période électorale, un bras à la portière, un peu (...)

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