samedi 19 novembre 2016 - par Robert Bibeau

La Seconde « Révolution » Américaine ? (Première partie)

 Le processus électoral aux États-Unis

 

Quelques jours avant l’élection notre webmagazine publiait un excellent résumé de la plus récente mascarade électorale américaine qui vient de connaitre un nouveau rebondissement dans la nuit de mardi le 8 novembre 2016.

Certains commentateurs parlent même d’une « Seconde révolution américaine », d’un tremblement de terre politique au pays de l’Oncle Sam ! Examinons cette soi-disant « Révolution » anti-establishment, tout en se rappelant qu’une secousse sismique politique trouve toujours racine dans les soubassements économiques d’une société.

Notre journaliste écrivait ceci : « Sur les questions électorales, la constitution américaine fonctionne comme une horlogerie abstraite implacable. Tout y est organisé de façon à ce que la classe politique ne puisse pas faire dépôt, comédon, caillot, et, ainsi, coller, se déposer, perdurer. Les élections sont à date fixe (si un président meurt ou est destitué, son vice-président termine le mandat — impossible, donc, soit d’étirer un mandat pour affronter une conjoncture contraire, soit de déclencher des élections anticipées pour profiter d’une conjoncture favorable), les mandats présidentiels sont restreints à deux (Franklin Delano Roosevelt tira sur la corde un peu trop dans les années de guerre et on vit, par le 22e amendement, à ce que ça ne se reproduise pas), le dispositif bicaméral est intégralement électif (pas de sénat nommé et inamovible, donc), le bipartisme est solidement institutionnalisé (fausse alternance politique, centre-droitisme et continuité de fait). Tout, dans ce dispositif, semble conçu pour assurer un roulement bien huilé de la classe politique » (1).

On constate qu’aux États-Unis il n’existe pas de « classe politique indépendante » – pas de dictateur à vie – pas de Politburo inamovible, le système est fait pour que personne ne s’incruste au pouvoir politique afin que la classe capitaliste s’incruste au pouvoir économique suprême.

 En effet, Les États-Unis se sont forgés dans du neuf. Une fois exterminées les tribus amérindiennes, les pères fondateurs ont rejeté les traces du passé aristocratique britannique et européen – ce que la bourgeoisie du vieux continent n’a pas eu l’opportunité ou la volonté de réaliser. En Europe, règne à la fois le passé, la guerre, et les puissances intervenantes les unes contre les autres, ce que l’Union européenne a finalement consacré et structuré. En Amérique, rien de tel, ni l’impérialisme canadien ni l’impérialisme mexicain ne font le poids face à la matrice étatsunienne. Le pays États-Unis c’est l’Amérique.

Si la classe capitaliste américaine rejette le concept et la pratique de « classe politique » telle que vécue en France par exemple, c’est pour mieux imposer son pouvoir de classe économique et financière. En effet, à travers ce « mécanisme d’horlogerie électorale implacable  » la classe capitaliste américaine s’assure que c’est bien toute la classe bourgeoise qui conserve le pouvoir hégémonique à travers ses officiers politiques – essentiellement des produits issus de leur classe et au service de leur classe. Le réseau des grandes universités se chargeant de formater les prochains larbins présidentiables. Et pour s’en assurer – chaque représentant, y compris les présidents (Lincoln, Nixon et Kennedy l’ont appris à leur dépend), est assis sur un siège éjectable (peu importe d'où viendra la secousse). La classe des riches fait consensus sur un personnage ou alors le personnage est écarté. Il semble qu’à l’élection 2016, le consensus fut difficile à réaliser, c’est que les États-Unis font face à la plus terrible crise sociale de leur histoire, ce qui a forcé la classe capitaliste à davantage de sournoiserie. Bref, les États-Unis entretiennent la "classe politique" la plus articulée qui soit, totalement inféodée à la classe capitaliste détentrice du pouvoir économique prépondérant. Les États-Unis d’Amérique impérialiste constituent le modèle le plus achevé de l’absolutisme financier ayant succédé à l’absolutisme royal. Le président de l’exécutif est le manager du conseil d’administration chargé d’assurer les affaires courantes du pouvoir capitaliste absolues. La démocratie bourgeoise est le masque de Janus derrière lequel se dissimule un despote et les hommes aux lunettes noires de sa garde rapprochée.

 

Donald la tornade, est-ce vrai ?

Mais voici que surgit dans l’arène politique américaine un dénommé Donald Trump, un matamore soi-disant anti-establishment. Aussitôt, une large section de l’oligarchie économique lance ses chiens de garde politiques et médiatiques aux trousses du malappris. Pendant une année nous avons assisté aux élucubrations de la petite bourgeoisie de gauche américaine et occidentale – féministes – LGBT – écologistes – altermondialiste – syndicalistes – ONG stipendiées, « progressistes de la go-gauche modérée », dans leur dernier sursaut avant d’être remplacée dans les arcanes du pouvoir par la petite bourgeoisie de droite aux intérêts identiques. Chaque bobo menacé dans son « job » d’entremetteur – de courroie de transmission – déchire sa chemise sur le parvis des hôtels de l’homme d’affaires à la main baladeuse, comme si la mascarade électorale américaine visait à recruter un marguiller de salle paroissiale aux mœurs dégradées, mais dissimulées. Pendant que les petites bourgeoises féministes geignent contre Donald l’insoutenable, des milliers de femmes tombent sous les balles à Mossoul, à Alep, au Yémen, en République Démocratique du Congo par la faute de leur héroïne féminine.

Ce que voyant, les éternels opposants – souvent des gauchisants – se croyant interpelés, ou par simple réflexe pavlovien, se précipitent à la rescousse du multimilliardaire conspué : « s’ils l’attaquent c’est que Donald est contre les énarques » pensent-ils, oubliant que le rêve américain de l’homme super héros – seul contre tous les bobos – est un mythe déclassifié. La classe capitaliste américaine est la classe bourgeoise ayant la plus forte conscience et la plus grande cohérence de classe qui soit. Si Donald Trump est là où il se trouve, c’est que toute une faction de la classe capitaliste le soutient fermement, sinon il n’aurait pas été plus loin que Bernie Sanders l’éternel soupirant. Les « révélations » des derniers jours de campagne à propos des courriels de madame Clinton et de la Fondation Clinton émanant de la NSA et du FBI en font foi (2).

Songez qu’un candidat doit collecter un milliard de dollars US pour mener campagne, de la première primaire – jusqu’à l’investiture. Il y a là un filtre monétaire infranchissable pour s’assurer de la fidélité de l’élu, fonctionnaire politique de la classe capitaliste américaine hégémonique.

 

Pourquoi la démocratie électorale bourgeoise ?

Mais pourquoi toute cette mascarade électorale que s’impose la démocratie bourgeoise ? Une mascarade électorale démocratique bourgeoise à trois fonctions :

a) Faire croire au peuple qu’il possède un réel pouvoir, puisqu’il est régulièrement consulté par voie électorale… C’est la fonction de construire l’illusion démocratique.

b) De la sorte, par le vote, compromettre le peuple et construire du consentement. « Tu as été consulté – tu as voté - tu dois donc vivre avec les conséquences du choix majoritaire (Trump ou Clinton, blanc bonnet ou bonnet blanc) ».

c) Enfin, à travers cette joute étriquée, les gladiateurs politiques s’affrontent dans l’arène médiatique afin d’être sélectionner marionnette de l’année la plus apte à suivre sans regimber les directives du pouvoir des banquiers, des industriels et des rentiers, des multimilliardaires détenteurs du véritable pouvoir économique.

 

Voilà le problème avec Donald Trump. Une forte proportion (mais pas la totalité) de l’establishment se sent soi-disant « inquiète » à propos de cet homme qu’ils prétendent « imprévisible » ce qu’il n’est pas du tout (ce que nous verrons dans le prochain article). La suspicion même de l’establishment est un soutien au candidat Trump qui déclare « souhaiter sortir du guêpier du Moyen-Orient et laisser la Russie et l’Union européenne s’y enliser » ; il veut s’entendre avec la Russie (espérant ainsi l’éloigner de la Chine, ce qui n’est qu’utopie) et négocier avec la Chine tout en maintenant la pression militaire sur ce concurrent ; il souhaite maintenir l’entente avec l’Iran si ce dernier s’acquitte de l’entente secrète signée à propos des pétrodollars ; il veut exiger un règlement de l’affaire israélo-palestinienne, cette épine dans le pied de tous les Présidents américains depuis 1967 ; Trump veut renégocier tous les traités de libre-échange à l’avantage des manufacturiers américains (ce qu’il ne pourra pas faire, car déjà l'Amérique n'est plus ce qu'elle était) ; et réduire les dépenses militaires ; réduire les taxes et les impôts et abolir l’Obama Care qui s’apprête à tripler ses tarifs et jeter sur le pavé des millions d’Américains de la classe moyenne (ce sur quoi il reculera également. Les assureurs privés sont trop engagés à engranger cette manne arrachée aux prolétaires américains). Et enfin, Trump propose de poursuivre la politique de Barack Obama et d’expatrier les millions d’immigrants entrés illégalement aux États-Unis. Le candidat Trump propose de dépenser 1 800 milliards de dollars US pour construire des infrastructures et réduire d’autant les taxes et les impôts faisant grimper drastiquement le déficit américain enfonçant ce pays décadent dans la panade vers la faillite en cavale. Voilà une promesse que Trump tiendra assurément, car elle concorde avec les intérêts à court terme de la classe capitaliste américaine qui pour terminer dévaluera sa monnaie flouant ainsi les capitalistes du monde entier.

Ce ne sont pas les frasques sexuelles de Trump qui dérange une large portion de l’establishment financier – ils ont tous fait pire –, mais ce sont ces mesures gouvernementales qui risquent de réorienter la tactique des riches Américains (nullement leur stratégie cependant) et vont à l’encontre des intérêts d’une faction qui voudrait prendre son temps avant de précipiter la dévaluation monétaire.

La première « Révolution » américaine est déjà ancienne et l’élection de Trump ou Clinton ne sera pas la seconde. La classe prolétarienne américaine n’a rien à faire dans cette galère électorale et elle s’est abstenue en grand nombre, chacun devrait suivre cet exemple lors des prochaines élections « nationales ». Nous règlerons nos comptes ailleurs que dans l’arène électorale. Une énigme demeure cependant. Pourquoi des millions de prolétaires américains se sont-ils soudainement inscrits sur les listes électorales pour participer à cette mascarade, eux qui pourtant avaient fait leur deuil de la démocratie absolutiste des riches ? (À suivre).

 

(1) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-democratie-electorale-americaine-comme-obstruction-bourgeoise-systematique/

(2) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/declaration-choc-un-coup-d-etat-186156

 

L’ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-seconde-revolution-americaine/



20 réactions


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 novembre 2016 12:53

    J’ai hâte de connaitre la réaction de Roman Garev à cet article !


    • Robert Bibeau Robert Bibeau 19 novembre 2016 14:32
      @Jeussey de Sourcesûre

      Pardon de Source insécure C’est qui ROMAN GAREV ?? Dois-je craindre ???

      Ne le dis pas à Grave mais je suis planqué en Afrique ( smiley


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 novembre 2016 14:39

      @Robert Bibeau

      Ta note n° 2 est un lien qui mène à un de ses articles.
      Je ne sais pas s’il faut craindre quoi que ce soit, mais comme il s’agit d’un garçon réactif, je m’attends à un signe de sa part, c’est tout.

  • alinea alinea 19 novembre 2016 13:19

    Vous allez faire pleurer tous ceux qui ont prié saint Trump depuis le 8 novembre ! Mais ils ne vous croiront pas, car les gens gens n’aiment pas être déçus ni malheureux.
    D’ici, nous avons vu quand même une parole moins guerrière, alors pourquoi bouder les quelques semaines ou mois de trêve ? Déjà Obama a changé son fusil d’épaule en Syrie et a annoncé ( ordonné ?) que l’on y combat l’EIL dorénavant !!
    S’il n’y avait que ça qui se réalise, ce serait déjà un grand soulagement pour des millions de gens !
    Mais on sait bien qu’au MO il y a aussi Erdogan et Israêl et que rien n’est gagné !


    • Robert Bibeau Robert Bibeau 19 novembre 2016 14:36
      @alinea

      Illusion mystique rêve - utopie - donner de la religion et du rêve au peuple (aujourd’hui on ne dit plus des jeux et du pain compte tenu de salaire des milliardaires du sports ) la religion et l’illusion sont moins onéreux

      NON très peu pour moi = Aucune trève en vue et attendez la suite mercredi prochain = la 2e partie = ça décoiffe ( smiley

      Robert Bibeau A BAS LES BOBOS HTP ://WWW.LES7DUQUEBEC.COM


  • lsga lsga 19 novembre 2016 13:34

    Un article plein de sympathie pour les classes moyennes blanches occidentales.

     

    Ces classe moyenne blanche occidentales représentent moins de 20% de la population mondiale et consomment plus de 80% des ressources naturelles planétaires. 

     

    La majorité des électeurs de cette classes moyennes ne veulent pas que ça change. Ils ne veulent pas perdre leurs emplois au profit des prolétaires du tiers monde, ils ne veulent pas voir leur pouvoir d’achat diminuer à cause du marché mondial. Ils ne veulent pas non plus d’un système social européen ou mondial qui leur serait moins favorable, ils ne veulent pas d’une démocratie planétaire qui les mettrait en minorité. 
     
     
    Pour assurer leur style de vie typique de la classe moyenne occidentale, ils veulent que leur bourgeoisie aille piller leurs richesses. Mais, surtout, plus que tout, ils veulent que leurs bourgeois construisent des murs et des camps de concentration pour qu’ils ne laissent pas tous ces métèques affamés venir se métisser sur leur terres. 
     

    • Olivier Perriet Olivier Perriet 19 novembre 2016 14:26

      @lsga
      il y a du vrai et du faux :

      si on n’avait pas décidé que certaines matières premières étaient des richesses, elles ne le seraient pas...


    • lsga lsga 19 novembre 2016 14:37

      @Olivier Perriet
      QUand on est matérialiste, par « richesses », on veut précisément dire « énergie » et « matière première ». Les chiffres alambiquées des pseudo-sciences financières, c’est bon pour les petits bourgeois idéalistes. Partager les richesses, ce n’est pas faire circuler des chiffres sur des ordinateurs.


    • Robert Bibeau Robert Bibeau 19 novembre 2016 14:45
      @lsga

      MISÉRABLE ISGA comme d’habitude tu lâches la PROIE pour l’OMBRE.

      Bien entendu que la PETITE-BOURGEOISIE (la classe moyenne ça n’existe pas = c’est une invention de l’école de sociologie bourgeoise de Chicago = MOYENNE DE QUOI ISGA ??) JE disais donc OUI la petite bourgeoisie est désespérée je le vois bien à te lire - mais ISGA tout ce que tu lui promets lui arrivera et pire de surcroit = TRUMP n’a rien à voir la-dedans

      Les lois de l’économie capitaliste sont impératives et incontournables ca fait des années que je t’explique .

      TRUMP est le bonhomme sept heures qui doit tenter d’assurer la chute en douceur ce qu’il ne fera pas personne ne peut faire cela.

      Je te reviens la semaine prochaine avec un pavé que tu auras bien du mal à avaler 

      Robert Bibeau Éditeur Http ://www.les7duquebec.com

      Demande à toute cette racaille de prétendus experts commentateurs de mes deux d se taire un peu = ils ne connaissent rien ni à l’économie ni à la politique qui en dépend 




    • Robert Bibeau Robert Bibeau 19 novembre 2016 14:50
      @Olivier Perriet

      Mon pauvre OLIVIER tu devais réfléchir avant d’écrire

      QUI a décidé ??? Ridicule.

      Le pain est une richesse (subventionnée pour faire taire la populace) parce que le pain a une valeur d’usage - JE PUIS TE LE PROUVER )

      L’or a une valeur marchande parce qu’elle a une valeur d’usage = assuré le négoce = circulation de la marchandise = de toutes les marchandises = et donc le réalisation de la plus-value 

      Voilà QUI A DÉCIDÉ QUE CERTAINES MATIÈRES PREMIÈRES .... PATATI - PATATA

      L’acier a valeur d’usage pour fabriquer des automobiles etc... 


       

    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 novembre 2016 15:03

      @Robert Bibeau

      Pourtant, dans le Manifeste du Parti Communiste, Marx et Engels parlent bien des « classes moyennes » (P. 14 et 15) :

      « Les classes moyennes, petits industriels, petits commerçants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie pour sauver leur existence de classes moyennes du dé- clin qui les menace. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices ; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l’envers la roue de l’histoire. Si elles sont révolutionnaires, c’est en considération de leur passage imminent au prolétariat : elles défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels ; elles abandonnent leur propre point de vue pour se placer sur celui du prolétariat. » 


    • Robert Bibeau Robert Bibeau 19 novembre 2016 15:16
      @Jeussey de Sourcesûre

      Ce fut une erreur de Marx et de Engels voilà tout = une métaphore pour désigner la petite bourgeoisie.

      Ce qui qualifie - identifie - détermine une classe sociale est sa position (son rôle - sa tâche primordiale) dans le procès de production

      Quelle est la position MOYENNE dans le procès de production capitaliste ??? Ridicule question Ca n’existe pas une TACHE OU UN ROLE MOYEN ...
      La petite-bourgeoisie a pour fonction d’assurer la courroie de transmission entre les seigneurs capitalistes propriétaires des moyens de production et la classe prolétaire assurant le travail salarié - la force de travail spoliée

      La petite bourgeoisie doit par exemple assurer la formation - l’éducation - les soins de santé - l’approvisionnement de la classe prolétarienne pour qu’elle retourne au travail jour après jour

      Il n’y ala rien de MOYEN - MOYENNE - De fait l’école de Chicago a repris cette approximation fautive de MARX pour établir une classification sociale en fonction du revenu salarial = CLASSE MOYENNE = CLASSE AU REVENUR MOYEN comparé aux ouvriers et aux capitalistes

      Tout ceci n’a plus aucun sens quand on sait qu’un capitaliste peut gagner 100 millions d’euros par an et un ouvrier 15 ou 20 000 euros = OU SERAIT LA CLASSE MOYENNE ??? Dans le caniveau camarade

      Marx n’est pas infaillible mais c’est sans importance son héritage est immense  



    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 novembre 2016 15:25

      @Robert Bibeau

      « Ce fut une erreur de Marx et de Engels voilà tout »

      Toi, au moins, tu manques pas de souffle !
       smiley  smiley  smiley  smiley  smiley  smiley  smiley  smiley  smiley  smiley  smiley  smiley  smiley  smiley  smiley  smiley 

    • alinea alinea 19 novembre 2016 16:46

      @Robert Bibeau
      C’est la classe « moyen de transmission », la classe traître à ses origines, la classe servile à ses maîtres ; oh que je vous suis bien ! et, pour finir, la classe qui se déclasse et retournera d’où elle vient !! terrible douleur, terrible déchéance pour ceux qui croyaient que le caviar de lump hebdomadaire faisait figure de repas seigneuriaux ! et pour qui la pensée unique, proximite du pouvoir lui serait une éternelle protection.


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 19 novembre 2016 19:32

      @Robert Bibeau

      le pain, l’acier ne sont pas des matières premières, mais des produits finis issus de la transformation de matières premières (blé minerai, charbon...).

      Je pense qu’ISga voulait parler pétrole, uranium, gaz, charbon...

      Mais c’est le modèle de développement occidental qui a décidé qu’on devait tous avoir des bagnoles fonctionnant à l’essence. Donc qui a donné sa valeur au pétrole.


    • Robert Bibeau Robert Bibeau 19 novembre 2016 20:57
      @Olivier Perriet

      Ca n’existe pas le modèle de développement occidental monsieur.
      Ce qui existe c’est le mode de production capitaliste dirigée administrée propriété de la classe capitaliste qui décide tout.

      Cette classe a été amené a imposer l’auto pour tous et même deux autos ici en Amérique pour une seule personne.... Jamais les capitalistes n’ont réellement demandé l’avis des occidentaux mais aujourd’hui ils adorent les gens comme vous qui viennent nous dire qu’on a aucun pouvoir de décision mais toutes les responsabilités. 

      NON monsieur ce qui a donné sa valeur au pétrole c’est que le pétrole a une valeur d’usage seulement quand il a été transformé par raffinement et travail ouvrier en essence - en carburant et sa valeur est déterminé par le temps de travail requis pour l’extraire - le raffiné et le transporté jusqu’à votre station service. 

      je n’ia pas le temps de vous expliquer comment et pourquoi les fluctuations du prix du baril qui est autre chose que sa valeur 



    • lsga lsga 22 novembre 2016 22:03

      @Robert Bibeau
      Bon j’ai pas eu le temps de lire tout le débat que j’ai suscité, je voulais simplement dire que j’ai utilisé le concept de « classes moyennes » au pluriel, avec un « s », comme dans le manifeste. C’est toujours avec grand plaisir que je lis vos pavés Robert. Moi je me contente de faire l’agitateur politique, ce que je fais plutôt bien somme toute. 


      Je vais quand même faire un petit effort de synthèse :

      - Depuis la guerre de Syrie, on assiste à une union des grandes puissances impérialistes contre leurs anciennes colonies. Les bourgeoisies nationales des USA, de Russie, et d’Europe unissent leurs armés pour tenter de mettre fin à la mondialisation libérale qui permet l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie de plus en plus puissante : celle des pays émergents. 

      - Comme toujours depuis au moins Louis XIV (et comme c’était déjà le cas dans l’Athènes antique), le système social est la pilule magique qui permet d’obtenir le soutient populaire nécessaire pour ces opérations militaires de pillage et de destruction. Les prolétaires blancs d’occident consomment 80% des ressources naturelles, et ne veulent pas que cela cesse. 

      - La forme de la 3ème guerre mondiale se précise donc : ce sera un Vietnam généralisé. Les armés les plus puissantes du monde bombardent sans relâche des populations civiles à peine armées. Celle-ci se défendent comme elles peuvent à travers un terrorisme indolore, typique des guerres asymétriques. 

      - En même temps, la gestion absurde et irrationnelle de la production par les forces capitalistes génèrent des changements climatiques. Des zones entières de la planètes vont devenir à proprement parler inhabitables, provoquant des mouvements intercontinentaux de plusieurs centaines de millions de personnes, peut-être même de milliards de personnes. 

      - Au même moment, le progrès scientifique et technologique permet l’émergence d’une automatisation généralisée de la production, créant un chômage authentiquement de masse en occident. 

      - Au même moment, cette automatisation fini d’achever le taux de profit, rendant la planification économique par les banques centrales totale, visible, évidente, incontournable, et surtout, complètement inefficace à cause de la nature pseudo-scientifique de la finance. 

      Voilà : vous avez le portrait robot de la Révolution Mondiale. A nous d’en faire émerger le socialisme planétaire. Pour nous autres communistes occidentaux, cela va consister à expliquer aux prolétaires occidentaux qu’ils vont devoir changer de style de vie, travailler beaucoup moins et consommer immensément moins, pour partager avec les prolétaires du reste de la planète, cela va consister à leur expliquer que la collectivisation de l’appareil de production est une démocratie mondiale dans laquelle ils seront minoritaires. 

      Vivement. 

    • Robert Bibeau Robert Bibeau 23 novembre 2016 10:20
      @lsga

      Merci ISGA pour cet exposé synthétique des idées les plus fondamentales que tu véhicules. Ta synthèse est remarquable tellement que j’utiliserai ton texte (en indiquant la source sois sans crainte) afin de rédiger mon prochain éditorial afin de réfuter ces thèses (que tu n’es pas le seul à défendre - la go-gauche est infesté de ces théories petites bourgeoises anti-prolétariennes) et la tâche révolutionnaire prolétarienne présente consiste à détruire l’influence des bobos et de leurs idées embourgeoisées parmi la classe ouvrière. (Note que je n’ai pas écrit communiste ni socialiste termes galvaudés et dénaturés par la petite bourgeoisie infiltrée dans les rangs prolétariens).

      Encore merci.

      Je ne vais pas plus loin aujourd’hui RENDEZ-VOUS SUR MON PROCHAIN TEXTE AGORAVOX ET LES7DUQUEBEC.COM MERCREDI PROCHAIN.

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com&nbsp ;&nbsp ;

    • lsga lsga 23 novembre 2016 11:50

      @Robert Bibeau
      et bien, c’est un grand honneur, que j’aprécie grandement. N’oubliez pas de faire une analyse matérialiste, qui se base sur la réalité de la production/distribution des matières premières à l’échelle planétaire, et non pas sur les pseudos sciences financières et leurs milliards virtuels. Expliquez nous donc au passage comment vous allez redistribuer les richesses matérielles au niveau mondiale sans réduire le consumérisme absurde des sociétés occidentales.


      Au passage, si vous voulez contredire plus en détail, je vous invite à lire cet article que j’ai rédigé il ya pas mal d’années déjà, et qui permet tout aussi bien de comprendre pourquoi les classes moyennes blanches américaine ont voté pour Trump :

      A cet époque là, j’avais encore du mal à accepter que le prolétariat occidental était réactionnaire jusqu’à la moelle, et que cela ne changera pas avant la prochaine guerre mondiale. 

    • lsga lsga 23 novembre 2016 12:02

      @lsga
      Je relis mon article : Pourquoi la France est réactionnaire ? Une analyse matérialiste


      Et je me rends compte qu’un des points essentiels que j’ai depuis oubliés est celuil-ci :
      « Ceci est d’autant plus vrai qu’une grande partie des prolétaires français sont fils ou petit fils de petit-bourgeois. En effet, dans les années 30, 60 % de la population française étaient artisans, commerçants, agriculteurs. Comme Marx l’avait prévu, il y a aujourd’hui 80 % de salariés en France. Ceci explique que même les partis d’Extrême Droite sont obligés de se convertir à la phraséologie gauchiste. Mais, bien entendu, la plupart des prolétaires français ont eu des parents ou grands parents poujadistes. Ainsi, à la réalité quotidienne de la désindustrialisation française, de l’immigration française, se rajoutent les analyses alcoolisées de leurs géniteurs : « Tout ça, c’est la faute aux noirs, aux arabes, et aux juifs ! ». » 

      Les prolétaires français contemporains sont encore avant tout des fils de petits bourgeois racistes et réactionnaires.

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